Le Barong de la débrouille

Pendant notre semaine de volontariat à l’Ijen Shelter, en plus de notre “accompagnement sur le management de son éco-projet”, nous avons eu la chance de laisser libre court à notre créativité pour confectionner une boite à suggestions décorative, haute en couleur et en traditions locales.
Alors, nous allons créer un Barong (originellement de grandes marionnettes occupées par deux hommes qui servent lors des défilés), dont la bouche sera le receptacle des suggestions des clients.

Pour en savoir plus sur ce qu’est un Barong, Nico nous a rédigé un petit article.

Retour sur les étapes d’une œuvre qui nous a demandé temps et patience, ingéniosité et débrouille, et un vrai travail d’équipe.

De l’idée au croquis

Au dessin, c’est Émilie qui s’y colle. Elle compare sur internet différents modèles et commence quelques croquis. Ses expériences en dessins, volumes et colorisation nous font gagner un temps précieux.

Maintenant que les traits sont faits, sur quel support le réalise-t-on ?

Mais au fait, qu’a-t-on comme outils et matériaux ?

Là commence l’aventure. Car la contrainte est de taille : réaliser le Barong avec les moyens et matériaux du bord.

Nous allons faire un tour sous l’appentis des rebus en quête de nos supports – attention aux serpents et scorpions qui hantent ces lieux.
Un vieux pneu, des bottes trouées en caoutchouc, du bois vermoulu… mmmh bon, pas vraiment. L’idée d’utiliser ces matériaux ne nous enchantent pas, ça ne colle pas avec le projet.

Nicolas va vérifier les outils dont on dispose et revient, tout fier avec une scie sauteuse et quelques clous… Ok, il nous faut du bois alors !

Un bout de planche pétée ? des bouchons de bouteilles en plastique colorés ? des bouts de ficelle ?

Une heure plus tard, nous sommes face à deux grandes planches de contreplaqué à ressusciter, des scies, une multi-prise, un crayon à papier et une gomme. C’est parti !

Négociations dessin / réalisation

Nous discutons de la faisabilité de la découpe (aux commandes de cette partie M. Piquemal !) en réadaptant les croquis d’Émilie. Deux contraintes : ils doivent être compatibles avec le maniement des engins, et limiter les chutes de bois inutilisables. Qu’à cela ne tienne, nous optons tout de même pour des formes spéciales.
Emi se charge de la tête et de la bouche aux détails minutieux, tandis que Nico tente les motifs exotiques de l’arrière plan.

Le dessin

Menuiserie en menue scierie

L’étape de la découpe est arrivée. Pas le droit à l’erreur ! Nico passe les planches au papier de verre pour leur redonner une seconde jeunesse.
Puis vient la traditionnelle mise en position / maintien en position / usinage. Fabriquons-nous une scierie-atelier improvisé.

Les débuts de la découpe

Mise en position ? La planche repose hasardeusement sur un bord de terrasse en béton et des bouts de bambous et bois bancales, à quelques centimètres à peine du sol pour laisser passer la scie.

Nico à l’oeuvre

Maintien en position ? Bon, on oublie les serre-joints. Emi s’assoie et fait plier les bambous juste ce qu’il faut pour pas que ça bouge. Côté sécu on repassera.

L’art du détail

Usinage ? La multiprise qui pend du plafond semble fonctionner. Nico met le derrière vers le ciel et la scie au sol, et c’est parti !

Un peu de ponçage

Une bonne heure d’effort plus tard, nous avons de jolies planches que l’on superpose les unes sur les autres. Ça prend sacrément forme c’t’histoire.

Retouche des courbes avant la découpe

Peinture aboie

Ajustement des contours pour la colorisation

C’est dimanche et nous n’avons pas suffisamment de peinture pour commencer la coloration. Il faut en effet commencer par les couleurs pâles pour aller progressivement vers les couleurs plus vives et le noirs (en cas de râté, c’est plus facile à retravailler). En fin de journée, Daniella revient triomphante de sa chasse au pots de peinture : on a le droit à du blanc, du bleu et du jaune (pour métal), en plus des orange passé et vert mou (sous couches antirouilles ?), et noir et rouge brillants (pour métal aussi ?). On fera de notre mieux.

Par petites touches

On laisse sécher la peinture

Nous appliquons alors les premières touches de couleurs. Noooon ! Les deux chiens de Daniella sont lâchés… Vite faut tout ranger avant qu’ils ne sautent partout.

La touche finale

On passe aux tons clairs

Notre barong est beau mais ressemble beaucoup à un barong balinais. Quelle est la différence avec le Barong local javanais ? L’arrière plan a des grandes plumes colorées.

Alors nous décidons d’ajouter une couche de plus à l’arrière. C’est ambitieux… Sur bois ce serait trop lourd, on opte pour upcycler un grand bout de rouleau plastique qui sert de bouche-trou pour les toitures.

La directrice de colo en pleine activité

Le style est plus flou et impressionniste que les premiers éléments, c’est Emi qui exprime ses talents d’artiste.
Le lendemain on y ajoute le bleu, sous les yeux curieux des enfants des clients qui viennent nous demander ce qu’on l’on fabrique.

Et ça rend bien !

On a mis les mains dans le camboui

Il est 23h, la veille de notre départ de l’Ijen Shelter… et il faut que cela sèche. Alors tant pis faut finir. Émilie essaie d’ouvrir le pot de laque noire qui est scellé par une couche de vieille peinture puis… plouf ! d’un coup d’un seul, se retrouve la main dans le mazout. Beurk !

ouuuuuups

Évidemment ce n’est pas de la peinture à l’eau.
Après avoir péniblement enlevé la peinture de ses mains (et sans doute un peu de peau) elle achève sa mission.

Finitions de noir

Un ptit clou et le tour est joué

Nico passe à l’action le lendemain matin, il coupe, cloue et glue le tout. Et voilà, un beau barong réalisé avec patience et coopération !

On sent la maîtrise

Un ptit clou et puis c’est tout

Daniella la couturière se charge de la barbe-sac qui sert également de recueil à suggestions.

on en est assez fiers

Glissez votre petit mot dans la bouche et le tour est joué !

Le barong prend possession des lieux

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2 réflexions sur “Le Barong de la débrouille

  1. guillaume laurent dit :

    Cela donne énormément de voyager. C’est un très bon carnet de voyages comme celui de Darwin ou autres aventuriers. On en veux plus. Et pourquoi ne pas le publier en livre ?

    • Emilie dit :

      Merci Guillaume ! C’est un plaisir d’écrire et de voir que les articles plaisent !
      Oui, pourquoi pas un livre…tu as raison c’est dans les tuyaux, il faudrait s’y mettre… =)

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