Snorkeling à Lembongan

Une matinée snorkeling à l’Est de Lembongan

A peine levés, c’est avec un petit déjeuner sous le bras (riz sauté du coin), maillot de bain enfilé, palmes, masques et tubas dans les mains que nous partons vers la plage. Le petit bateau de plongée nous attend à quelques mètres dans l’eau. Plouf, plif, plaf, deux douzaines de pieds sautent dans l’eau, ça va elle n’est pas trop fraîche. Et vroum, le hors bord part à grande vitesse vers le premier arrêt. Le soleil joue à cache cache avec les nuages, prions pour qu’il emporte la manche !

“Tiens regarde c’est la plage d’hier !” le chemin parcouru en bateau ce matin est bien plus rapide qu’en vélo la veille. Nous dépassons les bateaux de pêcheurs amarrés, les grands hôtels et restaurants, quelques installations touristiques surprenantes (dont une sorte de gigantesque plateforme à deux étages avec toboggan aquatique, bourrée de Chinois en gilets de sauvetages intimidés par l’eau) pour contourner l’île et arriver dans une partie bien plus sauvage.

Manta Bay / Point

Le bruit assourdissant des moteurs s’arrête en même temps que la brise, et nous nettoyons nos masques pour sauter à l’eau. La mer bleue nous enveloppe de sa douce température. Après quelques minutes “raie manta dessous !” Une, puis deux, puis trois. Ces énormes animaux marins sont majestueux. Le temps parait ralenti alors que leurs amples nageoires ondulent lentement pour les propulser et faire tournoyer. Leur longue queue fine et pointue suit les mouvements avec retard. Des petites bulles d’yeux nous observent avec étonnement et désintéressement. “C’est qui ces petits zouaves (oui oui, certaines d’entre elles dépassent les deux mètres de large comme de long) aux yeux de verre et conduits noirs ?”

Raie manta

Pourquoi sont-elles ici ? la géographie du lieu est particulière. En-dessous de nous, il y a un profond gouffre d’où elles remontent pour se faire nettoyer par des petits poissons qui viennent leur récurer la carrosserie. Nous sommes à la station de lavage des raies mantas 🙂

Alors nous suivons leur danse lente, plongeons à leur rencontre sans trop les déranger. C’est un moment magique, d’observation mutuelle.

Raie manta majestueuse

C’est notre première baignade et endroit de snorkeling en Asie. Et malheureusement notre premier rendez-vous avec la pollution. Les pauvres raies et autres poissons tentent de se frayer un chemin parmi les sacs plastiques et paquets de fils coincés entre deux eaux, tandis que nous parmi les gobelets, sachets de shampoings et bouteilles en plastique qui flottent à la surface. C’est triste, désolant, et nous avons le coeur bien lourd. Nous apprendrons que l’Indonésie fait partie du tragique trio de tête des pollueurs au plastique. Devant l’ampleur du désastre, que faire…

Crystal Bay

Notre deuxième arrêt est pour découvrir les fonds marins de Crystal Bay. Nous avons de la chance le soleil perce et illumine de couleurs les coraux et poissons de cette baie qui porte bien son nom.
Avec le recul, c’est un des plus beaux spots que j’ai eu l’occasion de visiter.

Coraux

Survoler (surnager ?) de quelques centimètres à quelques mètres les coraux champignons (sortes de grosses girolles aux contours ondulés), se frayer un chemin parmi les bancs de poissons scintillants, ou encore jouer avec ceux aux formes et couleurs incroyables. Mère nature a le droit de figurer au côté de nos artistes d’art contemporain.

Coraux

Mangrove

Le dernier arrêt est bref car la pluie arrive bientôt et nous commençons à avoir frais (oui oui, même avec une eau à presque 30°C). Ici les coraux sont bien attaqués et trop d’entre eux sont blancs et morts. Quelques poissons noirs et bleus tentent de trouver les derniers vivants pour leur petit déjeuner.

Retour

Ce matin nous avons vécu une expérience inoubliable. Et c’est avec un grand sourire que nous rentrons, ravis d’avoir découvert les raies mantas véritables reines des mers et ces fonds plein de vie étrange et colorée. Mais nous ressentons aussi de la crispation et de l’amertume face aux dérives de notre civilisation, qui amène tant de plastiques et détruisant les récifs coralliens en altérant les équilibres chimiques de l’eau.

Bateau de plongée

Lembongan, mélange des cultures

Lembongan, c’est la petite île au Sud Est de Bali, collée à la plus sauvage Nusa Penida. Avant de poursuivre le chemin du retour, nous avons décidé de venir nous essayer à la vie insulaire (enfin, encore plus insulaire) indonésienne.

Une arrivée en trombes

On commence à être rodés niveau organisation, Emi à la recherche des hébergements, et moi à la logistique transport. C’est une affaire qui roule !
A Ubud, nous embarquons dans un mini-bus de touristes à destination de Sanur, ville côtière de Bali. Petite pause rapide à la petite agence climatisée de la compagnie de bateau, avant de sauter à l’arrière d’un petit camion et nous voici à l’embarcadère. Emi va nous chercher du riz et du poulet aux cacahuètes enveloppés dans une feuille de banane (ah, pas de déchets plastiques, parfait !) et nous attendons de monter dans le hors-bord en regardant les locaux jouer aux échecs sur les bancs.

Joueurs d’échecs

Le bateau ressemble fort à celui que j’ai pris au Viêt Nam pour accéder à la baie d’Along. C’est un long hors-bord qui rebondit sur chacune des vagues avec fracas. On s’accroche et prions pour que personne ne soit malade. Trente minutes plus tard, nous débarquons sur Lembongan. La mer est bleu turquoise et magnifique !

La longue plage est jalonnée de bateaux de pêcheurs et de plonger. Des petites échoppes vendent quelques fruits et snacks. De part et d’autres, des restaurants et bungalows. Un nouveau ‘bus ouvert’ et nous sommes déposés devant notre hôtel.

Bambous climatisés

C’est les vacances ! alors nous avons réservé un bungalow de luxe. Une grande cabane en bambous, à deux étages où le niveau supérieur abrite la chambre d’où la baie vitrée dévoile la piscine. Aaah on est biens, et seulement à dix minutes de la plage. Le patron aux Raybans métallisées nous indique nonchalamment où on prend le petit déjeuner le matin et les activités du coin.

En deux jours et demi, nous en avons bien profité. Sauter dans la piscine de jour comme de nuit pour se rafraîchir, lézarder dans les canapés pour récupérer, et rayonner dans le village principal de l’île.

Lembongan

Lembongan est une île étrange. S’y mélangent un tourisme massif et des villages traditionnels locaux. Le long des plages, les restaurants et hôtels n’ont pas décidé entre palaces occidentaux et architecture indonésienne. Des bars crachent les watts sur des tubes américains, d’autres affichent leurs menus sur des ardoises noires, leurs voisins en bambous proposent des plats locaux et simples.

Si on s’éloigne des plages et des rues principales, l’odeur et le bruit de l’Indonésie reviennent. Plats sautés et grillés, terre détrempée après l’orage, pétarade des deux roues, yeux étonnés des grands-mères. Un jour à 15h, j’ai pu tester mes premiers mots de bahasa indonesia (indonésien) pour chercher à manger. C’est à une roulotte ambulante que j’ai fini par acheter une soupe de nouilles et boulettes de viandes, servie dans un petit sac plastique (comme les poissons rouges dans les foires).

Couchers de soleil

Deux jours sur place, deux couchers de soleil !
Le premier de Mushroom Bay, à l’écart des restaurants aux petits lampions colorés allumés dessous lesquels les blancs sirotent leurs bières affalés sur des grands poufs. La végétation verte sombre s’accroche en haut de falaises jaunes.
Le deuxième sur la longue plage de Paradise Beach, où s’alignent les bateaux de plongeurs aux couleurs vives. Nous faisons face à la grande île de Bali dont le volcan Agung est perdu dans la brume épaisse. Ses pentes vertes pâles virent au jaune œuf avant de tomber dans l’obscurité bleu violacée. Les raies oranges marbres le ciel et nous rentrons avec quelques frissons.

Coucher de soleil

Balade à vélo

L’après-midi de notre arrivée, ragaillardis par une micro-sieste et les lumières de fin de journée, nous négocions ardemment deux vieux vélos rouillés. Et nous voiçi partis à la découverte de l’île.

Sitôt sortis de la rue principale, nous empruntons des chemins de terre entre les maisons locales. Petites échoppes, habitations deux pièces microscopiques, foyers sentant bon les brochettes de poulet grillé. Nous retournons vers la plage, et changement de décors avec ses bars et restaurants tantôt de bric et de broc, tantôt branchés.

Puis nous retrouvons la route qui traverse l’île, et… montons ? Ah ben oui ça monte et pas qu’un peu ! et avec le vélo rouillé aux pignons aléatoires, ce n’est pas une mince affaire. Si on avait su, on aurait acheté des marrons à mettre dans le nez, les vieux tacots qui dégazent dans la montée nous auraient fait bouillir les châtaignes dans les narines.
Dans un tournant, nous faisons halte pour apprécier la vue : elle en valait la chandelle. Vue imprenable sur le village de Lembongan, la plage, toute la baie jusqu’à Bali avec le volcan Agung qui se dresse au fond.

Vue sur le village

Nous reprenons la route, accompagnés par un chien errant ange gardien. Sur le bord de la route, un étrange cimetière où chaque pierre tombale est protégée d’un petit parapluie coloré. C’est aussi étrange que mignon.

Ombrelles sur tombes

Plus loin, nous entrons dans un village et sommes stoppés par une procession. Une cinquantaine de personnes vêtues de jaune et de blanc font jouer gongs et autres instruments en chantant. Ils entrent tous sous une arche d’un temple hindou avant de s’assembler et s’asseoir parterre. On n’en saura pas plus, nous ne sommes pas conviés à l’événement.

Procession

Une longue descente nous amène à la plage découverte à marée basse. Il est déjà 18h passés et les touristes avancent vers les petits restaurants pour profiter du coucher de soleil. Alors nous prenons notre courage à deux jambes et pédalons vite vers Mushroom Beach pour profiter des dernières lueurs du jour.

Comme nous n’avons pas de phare, ce fut bref et nous rentrons dard dard au village. Complètement au Nord de l’île, sur la langue de terre protégeant la mangrove, nous trouvons un petit resto Routardé qui sert de bons poissons. Le Français de la table d’à-côté nous rassure : le Jackfish est excellent. Et on confirme !

Warung poisson

Retour à Bali

La virée à Lembongan aura été rapide, mais nous en avons bien profité. Quelques jours de plus nous auraient porté à la découverte de Nusa Penida et sa nature sauvage. Ce sera pour une prochaine vie.

Rembobinage de l’histoire pour le trajet de retour jusqu’à Sanur. De là, nous regardons pour prendre un bus. Bien évidement les chauffeurs de taxi nous alpaguent pour nous offrir une course bien trop chère. Nous négocions au même prix que le bus (quasiment) et pour 160 000 Rp, nous faisons route vers Ubud ! Ni à attendre le bus une heure, ni à marcher à la gare de bus avec nos sacs. Affaire rondement menée. Un petit luxe qu’Emi s’offre volontiers alors qu’elle a été malade ces deux derniers jours.
En route, on aborde plein de sujets comme la religion hindoue (on en a fait un article), l’achat de mobylette sous forme de prêts, la ‘bizarrerie’ des musulmans à mettre un voile alors qu’ici il n’y a pas de sable. Surtout, il nous file plein de conseils pour aller à Java tranquilles. Au top.

Lembongan, c’est aussi le snorkelling et ses stars : les raies mantas !

Une journée en scooter autour d’Ubud

Aujourd’hui, on se dépêche de se lever, il fait beau les matins et autant en profiter ! Nous avons commandé un petit déjeuner local : Black Rice Pudding. C’est du riz noir mariné et cuit lentement. Le résultat est une sorte de risotto sucré et crémeux, avec des copeaux de noix de coco sur le dessus. C’est bon !

Nous négocions rapidement le scooter aux gars de l’hôtel. Ce n’est pas tâche difficile, suffit d’annoncer le prix normal (50000 la journée, ils avaient tenté 70000 les bougres), et nous sommes parés casques sur la tête à partir !
“Il n’y a pas d’assurance en Indonésie, s’il vous arrive un truc, vous passez au garage et vous réglez”. Euh, ok, on croise les doigts alors. “Pour l’essence, passez aux stations service plutôt qu’aux vendeurs du bord de la route, c’est moins cher. Et demandez 15000 roupies de plein”. Ah ok.

On file donc dans les rues d’Ubud, Emi à l’arrière, et moi au guidon ! Les quelques premières centaines de mètres je me familiarise avec le poids du scoot, ça n’a quand même rien à avoir avec un vélo. Surtout avec deux personnes dessus ! Mais ça se conduit tellement simplement. Et hop, je me fonds dans la circulation chaotique asiatique. Après mes expériences au Cambodge, c’est cela dit assez simple ici.

Zouh, la prochaine étape est la station service et… c’est 28000 après le plein, affiché sur la pompe. Ah, bon.
Ce n’est que plus tard que j’ai un affreux doute, et sens que j’ai du me faire rouler, le gars n’avait pas du remettre la pompe à zéro avant de me servir… Tsss erreur de débutant.

Goa Gadjah

Plein Est d’Ubud, nous arrivons à notre première étape : le temple de Goa Gadjah, temple des éléphants. “Park here, park here please !” on avait lu que le parking était payant ici, finalement ce n’est pas le cas mais toutes les femmes tenant des échoppes de sarong s’empressent de nous faire garer devant la leur pour ensuite nous proposer une boisson ou un “sarong, c’est obligatoire pour entrer dans le temple !”
On ne se fait pas avoir, et nous empruntons les sarong mis à disposition des visiteurs à l’entrée 🙂

Le long escalier descend en contrebas vers le temple. Tout le complexe avait été laissé à l’abandon pendant des siècles et n’a été rouvert au public qu’en 1923, et restauré en 1954 par les Hollandais (toujours eux).

Entrée de Goa Gadjah

En plein centre, deux bassins avec des statues tenant des barils dont jaillissent quelques filets d’eau. L’élément le plus connu du temple étant une nef creusée dans la roche, dont l’entrée sculptée est impressionnante : il faut passer par la bouche d’une grosse figure (Boma) qui fait peur pour pénétrer dans la crypte troglodytique où sièges des divinités sur trois petits hôtels. Il fait encore plus moite dedans que dehors, alors on ressort vite fait bien fait.

Pour les Hindous “Boma” (ou “Kala”, ou encore “Kittimukha” en sanscrit) est le fils du dieu des eaux Wishnu et de la déesse de la terre Parwati.

Un temple “classique” avec ses pagodes, salles de rassemblement et pièces logistiques (cuisine, toilettes, etc.) jouxte les bassins aux statues. Nous nous éloignons un peu plus loin pour suivre la rivière et descendre vers un mini temple bouddhiste (où un moine veut nous bénir moyennant un billet. Nada !) A défaut d’être subjugué par ces temples, nous aimons l’endroit dans la jungle, avec des plantes colorées jalonnant les escaliers et chemins de pierre.

Yeh Pulu

Allez, c’est décidé, tentons de sortir des sentiers battus. Je regarde la carte du coin et aperçois un petit temple au milieu de nulle part. Zouh allons-y. Je sors le scooter du trafic de la route principale et nous pénétrons dans les rues étroites d’un petit village, où il faut éviter nids de poules et poules bien vivantes.

Une vieille dame vient quémander un droit de parking dérisoire (2000 roupies). Nous posons les casques, achetons le droit de passage au temple, déclinons l’offre d’un guide local pour un trek dans les rizières avoisinantes et partons le pique-nique dans le sac.

On ne croise qu’une touriste ! Effectivement, on est hors des sentiers battus. Un artisan sculpteur de souvenirs qui a installé son petit atelier sur le bord du chemin nous tape la discute. Cela n’a pas l’air d’être simple de vivre d’art part ici il n’y a vraiment pas grand monde, et c’est désolés que nous lui achetons rien (c’est joli et pas cher, mais il faut vraiment qu’on fasse du vide dans les sacs à dos avant de pouvoir s’alourdir à nouveau).

Yeh Pulu

Le petit temple du XIVe siècle est minuscule. Mis au jour en 1925, il est constitué de vingt cinq mètres de bas-reliefs sculptés à même la pierre qui présentent des scènes de vie courante et divinités. Yeh veut dire eau, et Pulu bassin, mais même en cherchant on n’a pas trouvé de vasque dans les sculptures. Une mémé édentée arrive avec un grand sourire pour nous asperger d’eau avant de nous montrer l’urne au pied de Ganesha (la déesse à la tête d’éléphant). Euh… on a déjà payé l’entrée non ?

Ce fut bref, mais les conseils du guide ne sont pas tombés dans les oreilles de sourds. Une porte basse à l’arrière du temple mène dans la jungle. Nous suivons sur quelques dizaines de mètres un sentier (enfin parait-il), en faisant attention de ne pas glisser sur la terre argileuse, fermons les yeux face à une cascade entourée de déchets plastiques, et… tombons sur des rizières en terrasse !

Hop hop hop, nous longeons le bord des terrasses emplies d’eau et de jeunes plants de riz, et grimpons en altitude. Il faut chaud et la faim arrive. Alors quoi de mieux que de se poser dans un abri en bambou dans ces rizières, tels des travailleurs locaux ? D’ailleurs ces mêmes travailleurs locaux, en pause dans la cabane d’après nous regardent avec des yeux circonspects. Ce midi, c’est riz enveloppé dans une feuille de bananiers avec les restes de notre repas de gala de la veille. Miam !

Dans les rizières

Nous finissons de traverser les rizières, pendant que les agriculteurs enfoncés jusqu’aux genoux dans l’eau et la boue brûlantes (comment font-ils) plantent le riz avec le dos plié en deux (maintenant que nous avons travaillé dans les champs, nous compatissons doublement).

Route vers Tampak Siring

Nous revoici sur la selle matelassée du scooter, faible amortissement entre les soubresauts de la route et nos coccyx. Pas de doutes, nous sommes bien dans la zone dense de Bali. Les villages s’enchaînent en laissant peu de place à la nature ni même aux champs pour s’exprimer. Échoppes de toutes sortes, petits restos, maisons avec petits temples hindous.

Ça monte, ça monte, et nous arrivons à la fin de cette belle route large goudronnée : Tampak Siring. En avant pour les deux “attractions phares”.

Tirta Empul et ses eaux sacrées

C’est l’avantage de s’organiser seuls : en regardant la carte sur téléphone, nous tombons sur “Entrée dérobée du temple”. Ah ah ! Haha 🙂 Allons-y Alonso ! Au bout d’une impasse, nous posons le scoot’ et descendons un étrange escalier sans savoir où nous allons vraiment et nous enfonçons dans des portions sous-terrainnes. Un mélange de couloir de RER en banlieue Nord avec des filets d’eau qui tombent du toit et de chemins d’université entourés de jardins bien verts. Très surprenant. La fréquentation ? Nous sommes les seuls blancs, et il semblerait que ce soit le rendez-vous des jeunes couples adolescents qui doivent trouver ici le calme (à défaut de la romance) à leurs amours interdits.

Ah bien oui, ça descend au temple ! Avant qu’on ne nous remarque, nous enfilons un semblant de pantalon souple et un foulard autour de la taille et nous mêlons l’air de rien dans la foule au plus vite. Puis nous rejoignons l’arrière de l’entrée officielle pour attraper un sarong de prêt coloré. Zou, ni vu ni connu, ça a marché !

C’est noir (ou plutôt bariolé) de monde ! C’est dimanche et les locaux en profitent pour visiter, assister aux cérémonies des prêtres et participer à la purification.
Tirta Empul est un temple aux eaux sacrées et protégées. Plusieurs bâtiments hindous hérissés en petites pagodes sont autant de lieux de repos que logistiques. Au centre un prêtre dressé de blanc bénit l’encens, l’eau et le riz dos à une rangée de fidèles. Puis il éclabousse du bout des doigt cette eau sur chacun des membres de l’assistance avant de leur distribuer du riz qu’ils s’empressent de se coller dans les cheveux, au-dessus des oreilles, et entre les deux yeux. Les voir ensuite avec ce riz collé sur le visage vaquer à leurs occupations est tout à fait particulier. C’est cette surprise permanente que nous adorons en voyage : être étonnés des pratiques, tenter de comprendre et surtout accepter les différences sans arrières-pensées.

La deuxième partie du temple est la plus typique. De l’eau de source fait bouillonner le sable au fond d’un grand bassin. La clarté de l’eau et les algues teintent le tout d’un joli bleu vert. Cette eau sacrée est ensuite canalisée pour sortir par une multitude de petites fontaines. Les foules se pressent, habillées de sarong, plongées dans l’eau jusqu’à la taille pour ensuite s’asperger d’eau de chacune de ces fontaines.

Pélerinage à Tirta Empul

On enfile à tour de rôle la grande écharpe d’Emi (sarong improvisé) et nous mêlons aux locaux pour ce pèlerinage original. Des “Bule” (touristes blancs) font la même chose avec des guides, dans leurs sarong vert fluo, au moins nous passons davantage inaperçus ! Mais nous profitons des explications. Chaque fontaine guéri un mal particulier. Les premières sont pour le corps, puis l’esprit, puis l’âme. Une prière au mauvais endroit, et attention aux effets indésirables ! Nous verrons bien.
Ouch elle est fraîche ! Torse poil sarong flottant dans l’eau, je ne suis pas le seul à grelotter. Bien qu’il y ait une pseudo-queue, les familles n’hésitent pas à se passer les unes devant les autres, mais ce sont les cris, les rires et les sourires qui dominent ici. J’aime vraiment l’ambiance locale, les gros poissons qui m’effleurent, et la multitude de pétales de fleurs qui flottent sur l’eau. Je tente au hasard quelques prières devant les petites fontaines surmontées de pyramides d’offrandes, et croise les doigts pour ne pas me gourer ! ne s’agirait pas de devenir chauve demain 🙂

Purification

Nous rendons notre sarong, et rebroussons chemin par la “sneaky way”. Plus que d’échapper au prix du ticket, c’est l’adrénaline et l’aventure de passer inaperçu qui nous a bien plu !

Gunung Kawi

En avant pour l’autre joyau de la ville. “Sarong mister”, “que voulez-vous boire ?”, ça doit être touristique également…

Gunung Kawi

Nous descendons les longues marches le long des échoppes de souvenirs, jusqu’à déboucher au pied d’une gorge décorée de rizières et cocotiers. Tout en bas, les falaises ont été creusées et sculptées pour faire apparaître de grandes pyramides “Candi”. Sanctuaire, temple et résidence dans la nature avec quelques petites cascades. L’ambiance de fin d’après-midi et loin des villes rend ce lieu propice à la relaxation. Nous y prenons notre temps (comme d’hab) à déambuler parmi les vieilles pierres emplies d’histoires tandis que le prêtre prépare la cérémonie de la bénédiction pour un jeune couple et leur enfant aussi turbulent que désintéressé 🙂

Prêtre à Gunung Kawi

La remontée des marches est longue et fatigante sous la chaleur, et nous sommes admiratif devant les deux femmes devant nous.

Portage périlleux

Route dans la campagne

Quitte à conduire un scooter, autant en profiter. Alors nous partons nous perdre dans la campagne et les villages sur une route secondaire pour retourner à Ubud. Par Kedisan puis Pakudui nous traversons de belles rizières, des ponts au-dessus de gorges, des grandes forêts aux grands cocotiers, et des bastions de l’artisanat local. Les petits villages parfois en pierre sont emplis de petits temples décorés de fleurs. Et les échoppes vendent toutes la même chose : des sculptures en plâtre ou bois de divinités hindous. Leur confection manuelle est admirable !

Emi au volant

Rizières de Tegallalang

C’est déjà à la nuit tombante que… “Ici ici ! garez-vous là ! vous voulez des cartes postales ?” Pas de doute nous sommes arrivés aux rizières de Tegallalang. L’air bleu noir donne un air mystique à ces terrasses cultivées et fleuries qui bordent une gorge poilue de grands arbres. C’est joli !

Petit warung local

Arg, des gouttes, ça va flotter. Nous nous arrêtons dans un petit warung sur la route, négocions le prix et nous installons par terre aux petites tables. Nouilles sautés à la sauce soja sucrée, avec œuf et boulettes de poulet. Plat typique indonésien. Nous discutons avec un moment avec ce patron de warung fort sympathique qui pour une fois n’essaie pas de nous vendre des tours organisés et nous donne de bon cœur ses conseils.

Brochette au warung

Épique retour de nuit sous le déluge

Il est temps de reprendre la route. C’est le déluge. Cape de pluie sur le dos, les jambes, le crâne sous le casque, les sacs à dos, les trombes d’eau tentent quand même de s’infiltrer. Ce coup-ci la route descend en pente douce, et se transforme avec une rapidité déconcertante en torrent. Nous avançons doucement alors que des gerbes d’eau giclant de part et d’autre des roues. Toutes les odeurs disparaissent, mes lunettes se teintent de points flous lumineux. Le bruit des moteurs est perdu dans le claquement de la cape de pluie sous le vent et les glouglous et le flouch de l’eau qui jaillit de partout. Eh beh, ça ne plaisante pas la flotte ici !

On rentre même pas mouillés ! alors à la piscine !

Et demain ? On traverse le pays à travers les rizières dont certaines sont classées au patrimoine mondial de L’UNESCO, et pleins d’autres merveilles ! La suite, c’est ici.

Un week-end à Ubud

Ubud, capitale culturelle de Bali, est un passage quasi obligé pour les touristes. Bien située au cœur de l’île, elle est l’un des points de bifurcation pour aller à l’Est, à l’Ouest et au Nord.

Ubud est une ville de contrastes. Sport, détente, shopping, authenticité, calme, agitation…Entre le bruit de moteur trafiqués des mobylettes on entend aussi les mélodies plus douces des tubes de bambous et autres instruments traditionnels.

Boutique

Dans les 3 rues principales, on trouve bar et restaurants occidentaux, warungs locaux, boutiques de souvenirs (avec des objets insolites!), supermarchés… Mais, en sortant des grands boulevards, on découvre aussi un Ubud plus rurale, plus authentique, au cœur des rizières.

rizières

Ah, une dernière chose ! Les macaques qui se promènent nonchalamment sur les trottoirs, les toits, les câbles électriques, constituent une mafia bien rodée qui, quand bon lui semble, vous réquisitionne lunettes, déjeuner, ou tout autre objet odorant ou brillant.

La mafia

Prêts pour un week-end à Ubud ?

Premier jour

On se met dans l’ambiance

Décalage horaire oblige, on est réveillés tôt. Qu’à cela ne tienne nous profitons du petit dèj indonésien de rigueur : Nasi Goreng -riz sauté- smoothies et fruits -tiens ça faisait longtemps qu’on n’avait pas mangé salé le matin! et nous allons nous installer sous une petite pagode face à la piscine pour travailler un peu.

Nico en plein travail

Une ambiance sonore de bambous et percussions métalliques nous accompagne, un peu comme une incitation à la méditation et à l’exotisme. Qu’on aime ou pas, il faut s’y faire, à Bali, la musique est incluse dans le contrat ! Nous pour l’instant, on apprécie.

Un article plus tard, il est 13h. Que le temps file ! Partons explorer Ubud, la fameuse capitale culturelle de l’île.

Toutes premières impressions de Bali

Il est déjà 14h, alors pourquoi ne pas commencer par un peu de découverte culinaire ? Nous prenons place au Tulasi Vegetarian où un charmant petit gars nous accueille en sarong et tout sourire. Il prend notre commande et revient avec des brochettes de poulet au sate (c’est végétarien le poulet ? aha ils sont forts !) avec une sauce aux cacahuètes (“sate”) et des boulettes de tofu (“tahu”) à la sauce tomate dont nous sommes ravis.

En sortant, nous observons plus ce qui nous entoure. Il est frappant de voir que mis à part quelques warungs comme celui où nous avons mangé, il y a beaucoup de restaurants pour occidentaux (pizzeria italienne, pubs…) et des boutiques de souvenirs avec d’étranges objets (dont des décapsuleurs en forme un peu…phallique… pas si prudes ces asiatiques !)
On croise une rivière encaissée, plastiques et textiles déchirés retenus par les branchages. Spectacle désolant qui n’est malheureusement pas le dernier du voyage.

Une forêt de singe

La découverte de la ville continue à la Monkey Forest (qui mérite un article à elle-seule; disponible ICI)

Sacrés Monkeys

 Il pleut, c’est la fête à la grenouille

17h, une pluie diluvienne s’abat dans les rues qui débordent. Par endroits, nous avons de l’eau jusqu’aux chevilles. C’est notre première grosse pluie, mais on comprendra que c’est tous les jours pareils ! du beau temps le matin, un déluge l’après-midi.
“Massage”, “Massage” ! nous proposent les filles des salons de spa. Sous nos capes de pluies dont il faudra nous accoutumer, nous traversons la rue principale pour aller réserver le restaurant “Bebek Bengil”, un super endroit au bord de la rizière où l’on mange bien. Nous avons quelques chose à fêter demain !

Puis, en se perdant dans les petites rues moins touristiques et plus résidentielles, nous trouvons un QG pour le repas du soir : le Warung Sopa.

Une fin de journée en douceur

Nous retirons les capes de pluie ruisselantes, laissons nos tongs à l’entrée, et nous installons en tailleur sur les coussins autour d’une petite table basse. Un thé au citron vert pour moi, et une infusion de citronnelle et gingembre pour Nico.

C’est au comptoir que nous choisissons quoi mettre dans notre Nasi Campur, comprendre riz avec assortiment de préparations de légumes, beignets et autres mets délicats. Miam ! Du tofu grillé, un curry de patates douces et haricots, des beignets de tofu fondant, du tempe (tofu à croute croustillante aux graines de soja fermenté à sec).

Deuxième jour

Balade dans les rizières : le Campuhan ridge track

Ce matin, nous décidons de reprendre les bonnes habitudes en allant marcher un peu. Nous choisissons le Campuhan ridge track pour aller voir les rizières. C’est un chemin déjà bien emprunté, donc on reste dans les sentiers battus, mais cela nous donne une première idée de la région.

Après avoir trouvé le début du chemin (derrière une école, un grand escalier descend et donne sur un temple à moitié dans la jungle), nous commençons à grimper les marches de pierre.

Il n’est que 10h mais déjà le soleil derrière les nuages et l’humidité étouffante nous mettent la puce (et la sueur) à l’oreille : ici pour randonner, il va falloir se lever beaucoup plus tôt !

le long de la Campuhan ridge track

Le chemin pavé sur la crête d’une colline nous permet d’avoir une vue dégagée sur les rizières et la forêt qui s’étend dessous et en face de nous. Nous sommes ravis du spectacle offert par la nature !

Nous traversons un petit village avec quelques échoppes qui proposent des thés et des cafés, puis à nouveau, les rizières inondées d’un vert de jais s’étendent devant nous, à perte de vue, ou presque. Le sentier se termine et donne à présent sur la route, nous continuons un peu, mais opérons un demi-tour après avoir tenté de “couper” le chemin pour faire une boucle. D’après les locaux, c’est impossible de traverser la gorge, et on veut bien les croire !

La paillotte de rizière

Nous allons nous consoler sur une paillote au dessus de la rizière. Après manger, une grande fatigue se fait sentir, sans doutes la chaleur et le décalage horaire, alors nous nous abandonnons à une petite sieste sur bambou qui nous régénère.

Les temples d’Ubud

Dalem Temple

Sculpture sur temple

La plus remarquable partie du temple est sa porte extérieure, en pierre finement sculptée. Il commence à pleuvoir, et en attendant de voir s’il s’agit d’une averse ou d’une pluie torrentielle, nous nous abritons un moment sous le toit d’une scène. Nous découvrons alors de nombreux instruments traditionnels et ne résistons pas à l’envie de les essayer !

Apprenti percu

Le temple aux lotus Pura Taman Saraswati

Finalement, c’est bien une pluie torrentielle, mais, il va falloir nous accoutumer à la pluie en cette saison. Avec nos capes colorées nous longeons la rue principale jusqu’au temple des lotus.

Avec cette météo, nous sommes les seuls sur place. Quelle chance ! Ce palais possède une magnifique devanture. Cachée derrière un restaurant, une longue allée mène à la porte principale. Sur le côté, de grands bassins remplis de lotus géants. La pluie ruissèle sur leurs immenses feuilles en goutes épaisses. J’adore ! Derrière, l’eau jaillit du temple pour tomber de terrasses en terrasses et faire miroiter le sol. Magique.

La beauté des choses simples

Dès que la pluie cesse, la badeaux arrivent avec leurs appareils photos. On leur laisse la place, et prenons la direction du Palais d’Ubud.

Ubud Palace

Le Palais d’Ubud est fermé au public, mais les “jardins” sont accessibles. Après le temple des lotus, l’architecture me semble un peu fade. Il n’en demeure pas moins que c’est un beau bâtiment avec des portes et statues intéressantes.

Un repas aux chandelle

Sur une pagode face à la rizière, dans le restaurant Bebek Bengil, nous prenons place à la table n°3 que nous avons réservée. C’est la meilleure du restaurant alors on s’installe et on savoure. Assis en tailleur sur des petits coussins, bougies au milieu, notre cocktail arrive. Tchin ! à nos 2 ans ! Wahou deux ans ! ça passe trop vite !

Le bebek Bengil

Allez, c’est jour de fête, en plus du canard commandé la veille, on ajoute des entrées à partager pour piocher plein de goûts différents ! Merci tata Sophie pour ce joli cadeau ! Ici, les euros que tu nous as envoyés se transforment en fortune que nous utilisons pour un repas princier.

On fête notre anniversaire

On découvre les chips d’épinards et notre plat, un canard avec du riz et pleins de légumes. C’est absolument délicieux ! On mange peu de viande, mais si on en mange, on apprécie quand le plat est de bonne qualité !

Ubud te plaît ? Tu veux l’explorer un peu plus ? On t’emmène faire un trip en mob ! Tu veux une aveture sauvage en plein coeur de la ville ? On te fait visiter la monkey forest !

The Sacred Monkey Forest Sanctuary

On m’en a tant parlé de cette “Monkey Forest”, ce parc en plein centre d’Ubud où les macaques sont légions. Allons voir de quoi il en retourne !

Déjà dans les rues adjacentes, ça crie, ça se chamaille, ça déambule nonchalamment, ça grimpe aux poteaux électriques. Des panneaux de signalisation routière indiquent : “attention traversée de singes”. Atypique.

Premier témoin de l’inflation touristique : le prix du billet qui augmente tous les ans. C’est avec un grand sourire que le garde en habit militaire contrôle notre billet et nous laisse pénétrer dans le parc. Les grands arbres aux lianes laissent filtrer quelques rayons de soleil bien jaunes. Les statues de pierre représentant des divinités hindoues et des animaux profitent de cette belle lumière, teintées de vert mousseux.

Statue

Il y a du monde, mais encore plus de macaques. Plus de six cents primates à longue queue balinais ici (macaca fascicularis de leur petit nom technique) alors que le parc fait à peine la taille de deux stades de foot. Les cinq tribus se sont répartis le terrain et gare à ceux qui s’en éloignent : ça fait du foin ! Surtout que pour la baignade il n’y a qu’une rivière et l’accès se fait par un des territoires d’une tribu. Bizarrement ça rappelle les conflits entre hommes non ?

Famille macaque

On en voit de toutes les tailles (et donc âges). Les femelles sont adultes à quatre ans, les mâles à six. Alors que les mâles vivent jusqu’à quinze ans et femelles vingt.

Ça va je récite bien l’exposé ? Je continue ? 🙂

D’après le petit dépliant de l’entrée (en français s’il vous plaît), le sanctuaire est bâti selon le concept du Tri Hita Katana. Pour en savoir plus, ce sera [ici !]

Nous déambulons donc parmi les sentiers, les statues, les temples en pierre et briques aux petites pagodes aux toits en chaume locale. Les singes sont omniprésents, surtout ne pas croiser leur regard (ils prennent ça pour de l’affront), ni montrer les dents (même chose).

Il y en a un qui approche de moi, l’air de rien, euh… en deux temps trois mouvements, il est sur mon épaule, à manger sa banane tranquillement. Comment dire, cinq kilos de poils gris sur l’épaule qui mâchent bruyamment en postillonnant dans vos tympans, c’est cool non ?
Émilie me rassure en me disant qu’il ne cherche pas à me chiper quelque chose, ni à m’ennuyer. Il est juste là pour me faire un câlin 🙂 Apparemment, il ferme les yeux et m’enlace le cou de ces bras fins et poilus. Je tends le doigt et sa toute petite main l’enserre, c’est tellement mignon.
Finalement, de peur qu’il découvre que mes lunettes brillantes sont tout de même sacrément chouettes, je tente de le faire descendre (même s’il n’en a pas tellement envie). Je ressors ravi de cette expérience, instant de partage avec un de nos cousins.

Monkey Nico

Pas loin du temple Prajapati, nous découvrons un grand cimetière aux pierres tombales. C’est là que sont enterrés les morts avant crémation (qui a lieu tous les cinq ans). Le dieu vénéré ici est Hyang Widhi, et a une tronche qui fait peur avec ses grandes dents et yeux ronds exorbités. Pas de doute, la mort, ce n’est pas drôle.

Cimetière

Quelques touristes achètent des bananes pour nourrir les primates. Excités ils n’hésitent pas à monter sur les hommes à la recherche de choses à chaparder. Ça ne manque pas, un grimpe sur le sac d’Émilie et y attrape une petite bouteille d’eau. Surtout, ne pas résister (et paniquer). En quelques coups de dents, le macaque perce le plastique et en suce le contenu. Pas de doute, il connaît son affaire.

Dans un bâtiment, une exposition temporaire présente des peintures d’un peintre local. Peintures spectaculaires autant en taille qu’en qualité et couleurs. Les portraits sont poignants, scènes campagnardes réalistes, et bouquets de fleurs éclatants.

Expo de peintures

Nous continuons la balade entre les temples, les promenades le long de la rivière encaissée. Malgré les pétarades des scooters des rues adjacentes la verdure sauvage est ressourçante. C’est mon premier contact avec la flore locale ! Des feuilles aux proportions déconcertantes (ma taille, oui oui), des lianes tombant des cocotiers (tant que ce ne sont pas les noix ça va), des tapis de plantes vertes luisantes après la pluie (oui il a commencé à pleuvoir, comme toutes les après-midis).

Temple dans le parc

Nous quittons ce sanctuaire contents : ça y est on est prêts à vivre l’aventure en Indonésie !

Du pays des kiwis à la moiteur de Bali

On the  road again

Ce matin, nous avons mis le réveil un peu tôt pour avoir le temps de terminer notre sac. Pas peu fiers de nous, à 10h45 nous voilà prêts ! Ce n’était pas une mince affaire que de passer d’un van à un sac à dos, cela nous aura pris du temps mais tout tient dans notre backpack de 50L et notre petit sac à dos de voyage. Ouf !

Après avoir donné les quelques victuailles qu’il nous restait aux nouveaux occupants du AirBnB où nous avons passé la semaine (chez des indiens très accueillants), nous prenons la route, à pied et sous la pluie, pour le bus de l’aéroport. A l’arrêt, nous réservons nos tickets sur smartphone (moins cher et cela nous évite de sortir du cash en dollars néo-zélandais dont nous n’aurions que faire en Indonésie).

L’aéroport d’Auckland

A midi et quart, l’aéroport international d’Auckland nous accueille. Loin de la folie de Charles de Gaulle, c’est un bâtiment à taille bien plus humaine où il n’est pas compliqué de trouver ses repères. Ni une, ni deux, nous emballons nos sacs à dos dans leur pochette de protection (essentiel si vous voulez garder un sac en bon état au long terme) et le posons sur le tapis roulant.


Oups… 16kg !! Au moins 4 kg de trop pour moi (nous avons le droit à 30, mais je parle en terme pratique, 12 kg me semble être le poids maximal que je doive transporter pour voyager sereinement). Nico lui, s’en tire avec 17,8 kg…beaucoup ) mon sens, mais lui dit que ce n’est pas si terrible.
Au moment de vérifier nos papiers, comme prévu, l’hôtesse nous demande notre billet retour, qu’on lui tend. Je croise les doigts (pourquoi ? ahah ! On vous prépare un petit quelque chose à ce sujet, patience patience.. en attendant, saches que nous avons “loué” notre billet de retour!). Bref, elle vérifie tout : la date, le numéro de vol…et hop ! ça passe. Ouf !

Direction, la sécurité…où je découvre que mon petit sac à dos, fait lui 5kg… poin poin poin poin… il va falloir virer 2, ce qui fait 6kg en tout à enlever, ça va être un peu compliqué !

Les couloirs de l’aéroport sont sans fin et nous avons bien fait de venir en avance. Côté immigration, pas trop de problème, je rentre mon passeport dans le scanner, je passe un portique, et hop, c’est règlé ! Trop facile !

Avec un peu de retard par rapport à l’heure prévue, dû à des conditions météorologiques complexes (je veux bien les croire…on ne voit rien du tout et il pleut des trombes), enfin, l’avion décolle.

Le trajet

Peu de places pour les jambes, un repas un peu chiche (et sincèrement mauvais), la compagnie Quantas, pourtant très bien notée, n’est pas la plus agréable que l’on ai connue… tant pis, on assume, nous avons fait le choix de l’itinéraire le plus “responsable” à savoir une ligne droite (AUckland-Sydney / Sydney-Denpassar) plutôt que les vols un peu moins chers des compagnies Thailanses qui nous obligeaient à passer par Bangkok, pour redescendre. Je n’en dis pas plus, on prépare quelqe chose sur ce sujet. L’aiguille de notre montre remonte de deux heures pour se caler sur l’heure de Sydney.

A Sydney, pas le temps de rêvasser, c’est avec un pas très préssé que nous rejoignons la porte 37 pour monter dans le second avion.

Le vol est plus long, mais le personnel plus sympathique et le repas plus goûtu…ah et nos écrans fonctionnent…ce qui permet quand même de faire passer le trajet plus rapidement. En bonus, 3 sièges pour deux, c’est le paradis.

Nous règlons à nouveau notre montre sur l’heure d’arrivée (Denpassar) soit 3 heures de moins… Notre cerveau commence à trouver cela bizarre.

Arrivée à Bali

A 21h, heure locale, nous voilà dans la moiteure de Bali. Dès que les portes du cockpit s’ouvrent, une humidité chaude allourdie nos vêtements. Nos paupières sont lourdes et notre corps accuse le coup : pour lui, il est 2h du matin.

A la douane, on opte pour le visa à 35 dollars (parce qu’il nous donne la possibilité de le renouveller 1 mois). En Indonésie, il y a torp à voir, et surtout, nous devons refaire le passeport de Nico (ce qui prend parfois plus d’un mois).
A l’immigration, on ne rigole pas, l’agent me regarde avec suspiscion “What are you doing in Indonésia?” “Euh, tourism” “Sure????” “Yyyyyes…” Pam pam pam, 2 coups de tampons et voilà mon passeport avec une belle vignette. Youhou !

On récupère notre sac en quelques minutes, on l’extrait de sa protection pour le remettre sur notre dos et finallement, on sort de l’aéroport.

On change d’ambiance

“Taxi”,”Taxi”,”Taxi”, “Cheap price for you”, “Special price for you”… finit le pays des chatons gentils de Nouvelle-Zélande, nous voilà dans la jungle de la négotiations typique des pays d’Asie.
Nous avions lu sur internet que le prix officiel pour un transfert aéroport-Ubud est de 300 000Rp. Une trentaine de chauffeurs nous interpellent en nous proposant des prix de 350 000 à 450 000 (parfois par personne!). Je rie gentiement, et explique que je sais que le prix officielle est 300 000Rp. Déçus, certains s’en vont en trainant les pieds;retrouvant espoir au touriste prochain qu’ils abordent à nouveau avec énergie pendant qu’une pluie diluvienne et assourdissante s’abat sur le toit. D’autres, plus patient, tente une entrée en négotiation. Nous pensions initialement partager un taxi avec un voyageur solitaire, mais il est tard et je nous dégote un chauffeur prêts à nous emmener pour 250 000 Rp, car il rentre chez lui, à Ubud. Va pour celui-là, il nous semble difficile d’obtenir un meilleur deal.

J’avais oublié ! Ici les lignes sur la route sont principalement des ornementations décoratives et le principe même de la double voie n’existe pas…chacun empruntant la voie qui lui permet de gagner quelques secondes, jusqu’à ce qu’une voiture en face arrive, à la même vitesse, et que l’un des deux se range sur le côté. Je m’agrippe au siège plusieurs fois ! Nous avons dû éviter 3 chiens, 15 scooters, 1 camions et un nombre incalculable de voiture sur la route. J’ai l’impression que nous avons consciemment (notre chauffeur en tous cas) grillé plusieurs feux rouge (des feux quoi?). Mon karma doit être au top ces jours-ci, tant mieux !

A 23h30, enfin, nous sortons de la voiture et sommes accueillis par deux réceptionnistes. Pas mécontents d’avoir opté, cette fois, pour un hôtel plutôt qu’une auberge, nous prenons place dans notre chambre calme. Je pose mon sac à dos, enfile mon pyjama, envoie un message à ma famille pour dire que nous sommes bien arrivés, m’affale de tout mon long sur le lit épais (et moite), et m’endors. Mon cerveau crie victoire, pour lui il est presque 5h du matin. La journée à été longue.

Demain, on vous raconter Ubud et la Monkey Forest !

 

Auckland et son festival de la culture maori

Une belle façon de terminer le voyage en Aotearoa

Aujourd’hui c’est lundi, et surtout, c’est férié ! Le dernier jour de l’Auckland Anniversary. Chacune des régions de Nouvelle-Zélande possède son propre jour férié. Et à Auckland c’est ce lundi. Il y a du monde en ville, et de nombreuses festivités. Alors ce matin, on se lève suffisamment tôt pour en profiter. 9h30, nous sommes dans le bus en direction du centre ville. Le soleil brille, le ciel est d’un bleu parfait, et la rue principale est à demi déserte. Les quelques boutiques ouvertes sont bien vides, les badauds préférant les bords de mer.

Au programme ? Passer la journée au festival de la culture maorie : Te Tāmaki Herenga Waka. Pour en profiter un max : on s’organise en prenant vite les billets des différentes activités fortement demandées, on mise sur la chance qui nous sourira, on se décontracte, et zou !
Au bilan ? pas un seul temps mort, tout gratuit et du bonheur en barre 🙂

Immersion dans la culture

Au rez-de-chaussée, les bénévoles de tous âges du festival s’empressent de nous souhaiter la bienvenue et nous tendre le programme. Nous déambulons parmi les quelques stands.

Le premier est dédié à la sculpture sur bois, avec de beaux totems maoris aux yeux irrisés de coquillages nacrés (paua). Un prof explique le fonctionnement de son école et propose des séances d’initiation aux visiteurs.

Totem sculpté

A côté, sont exposées des robes traditionnelles tissées en plumes, lin local et ornées de pierres. Tantôt masculines (s’arrêtant à la taille), tantôt féminines (s’arrêtant au-dessus de la poitrine). Deux femmes âgées initient les plus jeunes à tisser la flax pour en faire des sacs (Kete), des vêtements, ou des paniers.

Plus loin, ce sont des lits en mousse réhaussés qui accueillent les visiteurs qui souhaitent immortaliser leur peau avec des motifs maoris. Nous sommes surpris, nous ne pensions pas que sur un coup de tête on pouvait se décider à faire un tatouage à vie… Comme quoi, ici la culture est bien différente. La majorité des Maoris (et de nombreux Kiwis Pakehas) arborent des motifs sur leur peau.

Stand de radio et stand de télé se font face : on ne pige pas grand chose, ne parlant pas maori 🙂

“Maori Games” : des enfants se tapent dessus avec des frittes de piscine, sous l’oeil amusé des adultes et dépité du personnel essayant de leur enseigner l’art du combat avec un baton.

Nous finissons par la grande tente consacrée aux herbes médicinales et médecine traditionnelle, avec ses petits flacons mystérieux qui sentent bon. Emilie tente sa chance avec un baume réparateur, censé donner une seconde jeunesse à votre visage… en tous cas le parfum d’essence de bois rare et fleurs des îles est agréable !

Un spectacle vivant : chants et danses traditionnels

Nous affalant dans des poufs moelleux, nous prenons place devant la scène au milieu des autres spectateurs de tous horizons : Aucklandeurs, Maoris, voyageurs… Une vingtaine de jeunes arrivent sur la scène, vêtus de beaux costumes traditionnels faits de flax tressée, ornés de noir, blanc et rouge, de maquillages tribaux sous le menton pour les filles et sur tout le visage pour les garçons. Un présentateur nous explique la signification de chaque chant, tantôt sur l’amitié, la famille, la protection des siens, ou encore la guerre. Nous avions adoré la démonstration à Rotorua dans le village maori et c’est toujours aussi bien ici !

Les femmes chantent en première ligne. Leurs expressions faciales sont puissantes, communicatives. Elles ouvrent de grands yeux que l’on voit de loin, avec ce petit pétillement dans le regard. Leurs mains et bras tremblent volontairement. Elles les ramènent vers elles par ondulations. Ce faisant, elles apportent de l’énergie vitale dans leur coeur pour avoir la force de chanter. Du moins, c’est ce que l’on avait appris la dernière fois. Savoir cela rend le spectacle plus fort pour nous, car on sent qu’ils chantent avec passion. Nous avons des frissons partout !

Spectacle

Tantôt à l’arrière lors des chansons d’amour ou de paix, tantôt à l’avant pour les chants guerriers, les hommes chantent d’une voie grave pour compléter celle des femmes. Lorsque l’intimidation est de mise, c’est avec puissance qu’ils tapent au sol, se frappent le corps de leurs mains en faisant trembler leurs muscles et ouvrent de grands yeux en tirant la langue.

Le bouquet final est un Haka traditionnel à l’ambiance guerrière pour les hommes et au maniement des poi pour les femmes, ces boules blanches comme des bolas de jonglage. Nous apprenons alors que haka est avant tout une danse protectrice et d’amour envers les siens, une démonstration de l’attachement des membres d’une tribue.
Pour clôturer la cérémonie, l’intimidant Haka des All Blacks !

Exposition d’œuvres d’art

Petite pause avant la suite des événements planifiés avec un tour à l’étage (et à l’ombre !) Des artistes et créateurs exposent leurs œuvres. Des sacs à main en jute tressée (Kete en maori), des poi en verre soufflé et torsadé, des peintures modernes, sculptures en bois, en pierre, en os. Notre emploi du temps minuté nous empêchera de profiter de l’initiation à la peinture, tant pis !

Kete tressé

Et la Nouvelle-Zélande fût !

Dans la salle adjacente, une petite expo numérique avec un superbe film d’animation sur la légende des deux îles. Maui, le demi-dieu de nombreux mythes parti un jour à la pêche avec ses frères lorsqu’il aperçut une raie géante. Il utilisa un hameçon couvert de son propre sang, car nul de ses frères ne voulu lui prêter d’appâts. Le bateau commença à prendre de la vitesse sur l’océan. Les frères avaient tant tiré sur le poisson qu’il était tout cabossé. Finalement, le canoë se retrouvera sur la terre, la raie devint l’île du Nord, avec ses Monts et ses volcans.

Plus tard, les frères reprirent leur Waka qui s’échoua sur un rocher. Avec le temps, l’embarcation devint la terre du Sud. Pour échapper à la tempête, les hommes montèrent sur le radeau cassé et se transformèrent en pierre petit à petit, formant les chaines de Montagnes du Sud. Le plus haut de ces monts, le Mont Aoraki, n’étant autre que les restes de Maui.

Pour en savoir plus (en anglais), vous pouvez consulter les archives [ici].

Une pause déjeuner comme on les aime

Pour la pause déj, nous choisissons le plat traditionnel : le hangi. Un peu de porc, un peu de poulet, quelques pommes de terres, patates douces et chou cuites à la vapeur. Nous dégustons ce plat face à la vue sur le port d’Auckland et sa grande tour (en béton…), avec la musique maorie, les rires des enfants heureux de tester les jeux… aujourd’hui, c’est jour de fête, et on est bien !

Pour se fondre dans le décor, nous allons faire un petit tour au stand de tatouages. Émilie a droit au tatouage sous le menton, réservé aux femmes, ainsi qu’un “bracelet”. Nico opte pour le tatoo du front (qui lui va particulièrement bien, un vrai guerrier!)… Nous craquons aussi pour la petite raie ! On dirait de vrais Maoris maintenant, alors nous immortalisons le moment au stand photo (où on se marre bien pour faire la meilleure bouille possible). Pleins d’énergie guerrière, nous sommes prêts pour la traversée du port en Waka tradionnel !

Tatoo et expressions, on donne tout!

En Waka, ça pagaie

Tout au long du festival, nous sommes heureux de constater la bienveillance et la gentillesse du personnel encadrant. Bénévoles ou employés, Maoris ou Pakehas, tous sont là pour nous faire profiter un maximum.

Notre prochaine activité sera aquatique : montée à bord d’un canoë traditionnel à rames. La femme Maorie qui nous reçoit nous rassure une bonne dizaine de fois sur la sécurité, et donne à Nico un superbe petit gilet de sauvetage rose pour enfant. Parfait.
S’ensuit une initiation au pagayage en règle et en rythme, selon les consignes du capitaine. 4 ordres différents : repos/soyez-prêts, en avant, en arrière, et position du salut. Chaque ordre est répété trois fois et est exécuté lors de la troisième fois.
Comme tout le monde galère à piger, notre instructeur au gros bide désespére et ne peut s’empêcher de nous répéter : “ooh you’re killing me”. haha !

C’est parti, on embarque ! Célestine accrochée sur la lanière d’appareil photo, lui même attaché avec des mousquetons. Aujourd’hui, rien ni personne à l’eau ! Pas même les belles pagaies de bois qui ne risquent pas de couler.

Prêts à embarquer pagaies à la main

Nous prenons place juste devant le capitaine debout qui tente de stabiliser le rafiot. Pas simple avec les malabars Maoris bronzés devant nous, qui embaument l’huile de coco. Prêts ? En arrière toute !
Le capitaine donne le rythme par ses ordres cadencés : “En arrière” pendant lequel tout le monde plonge sa pagaie et donne tout ce qu’il a, “hiiii” tout le monde répond en remettant à plat sa pagaie et en tapant la tige contre le flanc du canot. “En arrière” et on recommence, “hiii”, “en arrière”, “hiii” !

L’équipage à l’unison, à l’unirame, à l’unimouvement est impressionnant. “En avant…”, “hiii !”, “En avant…”, “hiii !”, “1,2,3”, “1,2,3”, “a,b,c”, “a,b,c”, “talk-to-me”,”talk-to-me”. Haha, le capitaine est un rigolo et varie un peu.
“Salutations”, “hiii”, “Salutations”, “hiii”, “Salutations”, et hop tout le monde lève sa pagaie bien droit. C’est beau, c’est propre, c’est saisissant.

Rentrés au port, les Maoris tout sourire nous font descendre et sont heureux de constater que nous sommes aux anges.

Baignade en sous-vêtements dans le port !

Pfiou… c’est que c’est particulièrement physique comme exercice ! On a eu bien chaud… tous les enfants Maoris sautent dans l’eau du port, accompagnés de leurs grands frères et grandes soeurs…c’est trop tentant ! tant pis pour les maillots de bain qu’on a laissés à la maison, on fonce se rafraichir… on sèchera au soleil avant notre escapade en voile dans la baie.

Baignade dans le port

Hissez les voiles !

Le beau hanui, chevalier des mers

Nous embarquons à bord du Haunui. Un superbe bateau de bois, deux coques, trois voiles dont un foc toutes décorées d’insignes Maoris. L’équipage nous accueille chaleureusement, nous prenons place. Hissez les voiles, tenez la barre et nous sortons du port pour explorer la baie !
Il faut beaucoup d’énergie et de balancier à la petite jeune qui tient la barre tant celle-ci à l’air lourde… elle se débrouille très bien !

Jamais vu une barre pareille !

Une toute petite cabine sert à l’équipe pour la cuisine, manger…et sous nos pieds à l’intèrieur des coques, pas moins de 16 couchettes pour accueillir un équipage qui fonctionne par quarts… pendant six heures, quatre membres de l’équipage sont responsables du navire. Ce Waka a déjà fait le voyage jusqu’à San Francisco ! C’est un bel exemple de conservation du patrimoine culturel, détenu et maintenue par une communauté dont de nombreux bénévoles (la Te Toki Voyaging Trust).

La belle voile

C’est sur de telles embarcations que les Polynésiens sont arrivés ici, en Nouvelle-Zélande. Contre vents et marées, contre tempête et calme plat… ils ont réussis à traverser l’océan pacifique !

Les matelots…dur la vie !

C’est un plaisir pour nous, que de vivre cette expèrience. Il nous manquait un peu cela dans notre voyage, de mieux comprendre l’histoire des premiers occupants du pays. Le bateau change de direction, le foc tourne avec le vent, et hop, on file comme l’éclair, silencieusement sur l’océan. Que du bonheur !

Auckland depuis le waka

Prévention sur les routes

Nous l’avions constaté à de nombreuses reprises, les Kiwis aiment boire. Par boire, il faut entendre boire de l’alcool pour les effets de l’alcool. C’est naturellement qu’il y a un stand de prévention routière sur les risques de prendre le volant après quelques verres (dizaines de verres, quoi ? vraiment ?). Allons-y pour voir !
Il s’agit de mettre des lunettes déformantes et de slalomer entre des plots de chantier sans les heurter. Eh beh, c’est pas simple ! Nous sommes contents d’avoir tenté l’expérience et encore plus de voir qu’elle attire du monde (sûrement grâce aux goodies qu’on y récolte à la fin 🙂 )

Cirque en ville

Ce week-end prolongé, c’est aussi le festival du cirque de rue. En allant chercher en glace (il fait tellement chaud) nous nous arrêtons devant un clown qui épate les enfants (et les plus grands) en créant des multitudes de bulles qui s’envolent dans le public.

Les bulles préférées des enfants

Trois boules glacées plus tard (hmmm), nous nous asseyons pour observer deux Japonais faisant les pitres sur de la musique swing (oh yeah !) et sur… des monocycles de plus en plus haut. Humour typiquement Japonais, exagéré avec des mimiques grotesques, mais prestation épatante de ces acrobates. Ils ont même eu le record guiness avec leur pentacycle.

Les Japonais acrobates

Ces arts de rue sont parfaits dans l’ambiance estivale et vacancière de la ville d’Auckland. Les badauds se promènent par-ci par-là sur les bords de mer et le port. Ce qui nous surprend toutefois c’est l’absence totale de délicatesse lorsque les artistes réclament que le public leur donnent une pièce à la fin (un gros billet même). Sur un spectacle de vingt minutes avec deux pirouettes et beaucoup de mise en scène, cinq minutes pour marteler au public qu’ils doivent donner de l’argent, bon… Choc des cultures, quand tu nous tient.

Parade de fin et baignade

La journée de festivités touche à sa fin. Une petite parade de Waka passe tranquillement sous le pont en rythme. Rythme cadencé des pagaies qui frappent contre la coque et des voix des navigateurs musclés menés par leurs chef(fes) – oui, il y a une femme cheffe youhou ! On adore !

Waka traditionnel dans la civilisation moderne

La baignade était tellement agréable, qu’on y retourne… pourquoi se priver ? C’est assez rare de se baigner en pleine ville dans une eau chaude, face aux bâtiments emblématiques. La journée se finit dans les rires des enfants, les jappements d’un chien qui panique dès que son maître plonge sous l’eau, et aux ploufs des jeunes qui font la bombe depuis les quais… tous ces visages souriants, nous ça nous rend juste heureux !

Whanganui River – Bonus : nos compagnons de voyage rencontrés sur la rivière

Lorsqu’on voyage en van, on n’a pas souvent l’occasion de rencontrer d’autres voyageurs de tous horizons. Durant ces trois jours de descente organisée, le rythme et la proximité différents ont été propices aux échanges !

Christian, le Suisse globe-trotteur

Grand, brun, des yeux bleus profonds, élancés, bien habillé en vêtements technique, un sourire de publicité pour dentifrice, Christian semble parfait. D’ailleurs, il est en kayak solitaire, part avant tout le monde (à 6h30 il n’est déjà plus sur les campings) et arrive avant tout le monde. Il a dressé la tente et manger lorsque toi, pauvre terrien tu accostes après une heure de paysage intensif et que ta seule envie est de trouver les toilettes les plus proches pour faire pipi !
Il est tellement parfait, qu’il t’aide à monter tes bidons car il voit que toi, tu en as vraiment beaucoup ! Et encore plus parfait, lorsqu’il passe de l’anglais au français, et du français à l’allemand, avec une facilité déconcertante.

Christian sait aussi te parler de ses voyages. Notamment l’épisode de l’avion en Inde, qui est assez cocasse. Il était tranquillement dans un aéroport rempli de gens qui rachetaient des tickets pour monter dans un petit avion. Il n’y avait visiblement plus de place disponible alors tout l’aéroport s’est finalement vidé. Il a avait pour bagage un sac et un vélo et, embêté, il est resté là un moment sans trop savoir que faire. Jusqu’à ce que finalement une hôtesse revienne en disant “finalement, notre pilote d’aujourd’hui est bien et expérimenté, on peut prendre trois personnes de plus…”
“J’ai dis ‘moi je viens’ mais j’ai pensé très fort qu’il avait vraiment intérêt à être bon” nous confit-il avec un grand sourire et de petites rides aux coins de ses yeux amusés.

OK, il est presque trop parfait mais on l’a quand même beaucoup aimé ce business man du milieu de la joaillerie, qui regrette de devoir passer sa vie un blackberry à la main et qui attend chacune de ses aventures en pleine nature avec une impatience enfantine. Nous laisserons ces propres mots pour conclure son portrait : “Il n’y a pas de plus belle liberté que celle de pouvoir être là face à ce paysage et cet espace immense.”

Les pépés Australiens, des chasseurs à chasser !

Autant vous le dire de suite… ces deux-là n’ont pas été nos plus grands amis durant l’épopée. Arrivés là comme en terre conquise, Dupont et Dupond avec un accent de l’outback, partent en guerre avec leur pagaie. On ne les verra pas beaucoup lors de la traversée mais on ne le regrettera pas compte-tenu de la conversation dont nous avons profitée dans le bus du retour.
Nous avons été choqué de les entendre parler de la cérémonie Maori comme d’un “brainwashing d’indigènes…” On vous passe les détails croustillants, mais nous pensons que voyager c’est aussi partir à la rencontre de gens aux coutumes et idées différents. Peut-être que nous ne croyons pas comme eux, peut-être que les dieux de la rivière relèvent pour nous davantage du folklore que de la “vérité”, mais il est à nos yeux parfaitement irrespectueux d’en parler en ces termes ! Lorsqu’ils ont suggérés de chasser les Maoris au fusil comme au bon vieux temps, c’en était trop. Ces deux-là, définitivement, on ne les aime pas !

Les jeunes mariés Hollandais

Charmants et serviables, ces beaux jeunes mariés sont venus nous aider à remonter notre canoë lorsque nous avons coulés… et à en vider l’eau. Heureusement qu’ils étaient là ! Car à deux nous aurions sans doute dû écoper jusqu’à la nuit. L’occasion de se sécher un peu, reprendre nos esprits et aussi de papoter un peu avec eux. Ces amoureux dont le voyage de noce est passé par une petite île au Vietnam avant de se poursuivre en Nouvelle-Zélande, dont ils nous parlent avec des yeux qui brillent ! Des voyageurs comme on les aime 🙂

La famille Kiwie

Papa ours, maman ours et leurs deux petits oursons sont sur un canoë plus long que le nôtre et gonflable. Comment font-Ils pour avoir autant d’affaires que nous avec deux marmots en plus ? Ils nous saluent dès que nous les croisons sur la rivière. Ça a l’air d’être une affaire qui roule ! Euh…qui pagaie ! Et même les enfants y mettent de l’entrain. Le soir, pleins d’énergie, ils courent pieds nus dans l’herbe (glagla) avec les autres voyageurs, devenus leurs amis le temps d’un jeu spontané, pendant que leurs parents prennent un thé en refaisant le monde avec les voisins.

Les jeunes Allemands

La vingtaine, ces deux allemands sont venus pour l’aventure ! Et ça ne rigole pas ! Non non… ça ne rigole pas du tout, l’un d’eux est même venu voir Nico pour lui expliquer comment mieux remplir les bidons avant le départ…parce que bon là c’est pas assez bien organisé ! Euh… vraiment ? Cela dit, ça permet à Emi de relativiser : il y a pire que son travelmate en matière de “carré-itude.”

Passé ce premier contact un peu rigide, nous avons discuté avec eux pendant tout le trajet aller… Et si l’un d’eux n’a pas l’air d’être là pour s’amuser, son compatriote est très facile d’accès, souriant et a l’anecdote de rando facile. Le soir, après une boîte de conserve vite avalée (visiblement, ils en sont un peu las d’après le grand souriant) ils jouent aux cartes avant d’aller reprendre des forces sous la tente. C’est drôle de voir, que même sans comprendre la langue, nous comprenons ce qui se trame lors de la partie… les mimiques sont universelles !

Charlène et Luc, les Frenchies avec leur petite vache

Charlène, diplômée en valorisation du patrimoine et Luc, informaticien, sont deux français sympathiques qui voyagent avec leur petite vache (nouvelle amie de Célestine !) et un van miniature coloré qu’ils prennent partout en photo. D’ailleurs, vous pouvez suivre leurs aventures sur leur blog ici.
Ces deux là se sont trouvés ! Ils se promènent en Nouvelle-Zélande depuis un an et ont prolongé leur visa pour trois mois supplémentaire… le temps de gagner suffisamment d’argent pour mener leur super projet à terme : partir d’Istanbul et rentrer à la maison en vélo en 4 mois ! On a vraiment hâte de lire leurs aventures… après ça ? Oh, juste l’Australie pendant un an, puis sans doutes l’Amérique latine. Ohlala ça fait rêver…
Organisés, gentils comme tout et grands voyageurs, croiser la route de Charlène et Luc nous a beaucoup plu !

Les Anglais à la cool

Nous avons bien tenté d’entrer en contact avec eux lors de quelques coups de rame dans l’eau à leurs côtés… mais globalement… on a rien compris de ce qu’ils nous racontaient… et on croit que c’est réciproques ! Pendant qu’ils nous parlaient de la choucroute, nous parlions des petits oiseaux, dans une conversation entrecoupée de blancs. Le temps de comprendre et renchérir, jusqu’à réaliser qu’on ne se comprenait pas. Bref… l’accent du Nord de la Grande Bretagne nous aura échappé 🙂

Whananui River – Bonus 1 : Expérience maorie

Nous faisons partie de la famille Maorie !

Prélude

Avant de commencer la-dite cérémonie d’introduction, nous avons droit à un petit briefing sur les us et coutumes maories. Et c’est tant mieux, cela nous évitera un impair lors de la cérémonie officielle imminente !

La maîtresse des lieux Maorie nous accueille devant un portique de bois. C’est par celui-ci que tout nouvel invité doit entrer pour la première fois. Dans la société Maorie, il n’est pas possible de pénétrer sur les terres d’une tribu sans passer par la cérémonie d’initiation “the welcoming ceremony”. Malgré la répétition quotidienne de cette événement avec de nouveaux étrangers, nous sentons que notre hôtesse y met toujours du cœur, et que c’est important pour elle. Elle nous donne toutes les informations pour que la célébration se déroule suivant la tradition et que les hôtes (nous) soient bien accueillis.

Entrée en scène

Nous entrons dans un ordre précis sous le portique : les hommes devant, leurs femmes (et éventuelles marmailles) derrière. Au début de la cérémonie, ne sachant pas encore l’issue, les hommes protègent leur famille dont ils sont les ambassadeurs. Devant nous, un spacieux terrain, sur lequel se dresse un grand totem (qui nous sera expliqué dans quelques minutes), le marae de la tribu (la maison commune), quatre rangées de bancs pour les invités (faisant face au totem et au marae), et deux rangées de bancs pour les locaux (à côté du marae). Emi suis donc Nico de près, et lorsqu’il prend place sur le 1er banc, elle s’installe sur le 2ème banc à son niveau.

Nos hôtes restent très concentrés et concernés : Elle, porte un tissu aux motifs tribaux, Lui, garde un air solennel appuyé sur sa canne. Notre rythme cardiaque s’accélère, et nous nous sentons présents, entièrement.

Accueil Maori

Notre hôte nous parle en Maori pendant un moment, puis nous traduit en anglais. Lorsque des tribus se rencontraient, il en était de même : leur langue locale, puis une langue commune. “Je suis l’homme de la maison, et voici ma jolie femme derrière moi. Vous êtes sur les terres de notre divinité locale (il nous montre le totem). Je vous souhaite la bienvenue dans notre demeure. Après cette cérémonie vous serez ici chez vous et je vous pris d’agir comme les membres d’une même et grande famille. Protégés par le totem de nos dieux (il montre le totem à nouveau), j’espère que vous passerez un agréable séjour avec nous.” Ensuite, sa femme s’approche de lui et commence à chanter un chant Maori. Elle bredouille à un moment, on la sent timide. Alors, son mari qui ne l’a pas quitté des yeux, commence à fredonner avec elle, comme pour lui donner un peu de son courage, et surtout, son affection. C’est un moment qui nous touche beaucoup.

Réponse des invités

C’est au tour des hommes invités de se présenter. D’abord le père de famille Kiwie suivi de sa compagne qui chante la chanson de Disney “Moana” (réprimandée par sa fille qui dit “c’est pas comme çaaaaa !”) ; puis l’Anglais suivi d’un chant aux consonances celtiques, après, le Hollandais (qui parle d’abord dans sa langue d’origine puis traduit en anglais). Ils chantent avec sa femme une sorte de comptine. Nos hôtes ont l’air ravis d’entendre ces sonorités de partout : à la fois les langues maternelles, et les mélodies des chants originaux !

Enfin Nico nous présente à l’assemblée : “Bonjour, je m’appelle Nicolas et suis ici avec ma partenaire Emilie. Nous sommes Français, et venons de Paris. Nous sommes en Nouvelle-Zélande pour vivre de belles expériences comme celle-ci, et nous vous remercions chaleureusement pour votre magnifique accueil”.
Emi se force un peu pour chanter quelque chose devant tout ce beau monde… mais puisque tout le monde l’a fait, elle passera moins inaperçu en participant qu’en ne faisant rien ! Ce sera donc un chant un peu jazzy qu’elle apprend aux colons (pas les Pakeha bien entendu, mais les enfants des colonies de vacances). Dynamique, cette petite mélodie semble plaire à nos hôtes Maori.

 ♪ Calme, Cool, je ne vois rien qui soit suspect, j’peux continuer,
 Planquez-vous dans ce coin là j’ai vu bouger
 C’est pas le moment de s’amuser
Approchons-nous, tout, dou-ce-ment, allons y que chacun reste Calme ♫

Une fois terminé, quelques applaudissement émanent des bancs derrière et de nos hôtes… Emilie devient toute rouge… pour passer inaperçu, c’est raté ! (mais bon ça fait quand même plaisir).

Le salut traditionnel

Nous avançons en ligne jusqu’à nos hôtes devant leur maison. Ils nous prennent la main droite et colle leur front sur le nôtre. Ça y est ! Nous avons fait notre première intégration Maorie ! Dorénavant, même si dans plusieurs années nous revenons, nous aurons le droit de siéger à côté d’eux lors des futures cérémonies, et n’avons pas pour obligation de la refaire. Sauf ! si nous sommes accompagnés d’autres membres de la famille qui n’ont ne sont pas passés par le rituel (ouf, Célestine est tranquille!).

Histoire et compromis

Nous apprenons ensuite que la famille vit sur cette terre depuis des générations, mais que cela n’a pas toujours été simple. A l’arrivée des colons, leurs terres leur ont été confisquées par la couronne d’Angleterre. Pour autant, ils ont continué à y résider “illégalement”, ne voulant pas quitter leurs traditions, ni leurs Dieux de la rivière. Difficile d’imaginer des gens vivre ici, loin de tout, avec pour seul accès à ce terrain la rivière qu’ils descendaient (et remontaient aussi forcément) en waka (canoë) ! Cela dit, cette petite tribu à résisté encore et toujours à l’envahisseur… jusqu’à ce qu’un accord avec le Department of Conservation soit trouvé : faire de l’espace devant leur terre un camping du DOC pour accueillir les canoéistes (comme nous) et qu’ils deviennent les gardiens de la terre. Dans leur discours ils semblent contents de cet accord, même si d’autres Maoris ne l’ont visiblement pas accepté. Cela doit être délicat comme choix, et nous n’aimerions pas être à leur place : trouver un compromis en cédant sur ce qui pourrait déjà relever de l’injustice ou tenir sa position pour ne pas se sentir lésé…

Il paraît incroyable que les colons aient pu s’octroyer tant de droits, laissant les natifs sans ressources, forcés de s’accoutumer à une culture qui n’était pas la leur.

Encore aujourd’hui, nous n’avons pas le réel sentiment que Maoris et Blancs aient trouvé une harmonie constructive en faisant fi du passé (et notre avis mitigé est alimenté par ce que nous avons appris dans les musées, cf autres articles).

Totem et plantes symboliques alentours

Après la cérémonie, la femme nous explique l’histoire et la symbolique du Totem. Celui-ci est en Totara : bois très dur et rouge, abondant en Nouvelle-Zélande, permettant de réaliser canoë (waka), totems (logique) ou encore maisons, tout en étant sculptés, peints et ornementés.

Sculptés sur le totem, nous découvrons des divinités : Au pied, la plus grande est Te Kainga : celle protégeant la partie de la rivière qui passe juste ici. Ta Kainga est également le symbole de cette tribu, donc, de ce Marae… On comprend mieux le nom du Campsite !

Au-dessus, se succèdent les trois autres protecteurs de la rivière (situés en amont et aval) ainsi que les représentations divines de Taranaki et Ruapehu, les deux volcans les plus imposants.

Sur la propriété, d’autres symboles sont présents 

  • des fougères aux grandes feuilles, dont les jeunes pousses (koru) forment une superbe spirale poilue. Ces korus sont le symbole du renouveau de la vie, d’un nouveau commencement. Et par extension de la vie en perpétuel mouvement tout en restant la même. Il semblerait que les korus se mangent…et ont un goût d’asperge !
  • la flax (lin local) harakeke représente avec ses feuilles la famille (whānau). Les feuilles centrales sont les enfants, entourées et protégées par ses parents (awhi rito) puis grands-parents (tūpuna) à l’extérieur.

Déjà au-revoir

Tout le monde est parti et nous sommes encore les derniers… oui mais c’est tellement chouette de vivre ce moment authentique qu’on y resterait bien plus longtemps… Cela dit, il est temps d’aller chercher notre embarcation et de reprendre, car 4 heures de navigation nous attendent.

Notre hôte insiste pour nous prendre en photo à côté de ces plantes, pour nous souhaiter du bonheur et un nouveau commencement. Puis elle nous quitte en nous rappelant de bons conseils pour bien naviguer la dernière portion de rivière…
“Surtout, si vous chavirez, n’oubliez pas : vous serez alors bénis par le dieu de la rivière” (n’oublions pas ce détail important pour la suite….ahah) “et revenez nous voir !”

La rivière Whanganui : l’expèdition en canoë (partie 3)

De Tieke Kainga à Pipiriki

Calme, cool, la rivière brillante de bleu et de jaune nous emporte à nouveau vers de nouvelles péripéties. Nous entamons notre dernier jour plus tôt que les précédents… avec une heure de retard sur le planning prévu. Mais nous n’avons aucun regret et c’est avec des étoiles dans les yeux après ce que nous avons vécu ce matin que nous nous dérouillons les épaules et reprenons le rythme de l’eau. Quatre heures de rivière nous attendent et l’étape nous promet des rapides plus retors que ceux des derniers jours. “Attention ! après Ngaporo il y a un rapide à prendre à gauche, sinon c’est crash dans les rochers et chavirement assuré”, ça promet !

Into the wild

Avant Ngaporo, nous passons à nouveau dans des gorges, au fond desquelles l’eau tranquille nous donne le loisir de les contempler à notre rythme. Le grand soleil et la lumière du matin offrent de splendides contrastes d’ombres et de couleurs. Et pour magnifier le tout, des cascades creusées dans les falaises jaillissent des tréfonds de la végétation sombre pour éclater leurs gouttes étincelantes dans la rivière. Il fait déjà chaud, mais pas assez pour risquer une douche glacée.

La famille Kiwie et les Anglais accrochent leurs embarcations à un rocher pour faire une pause baignade en profitant du décor. Pour nous, eh bien… euh… on verra plus tard… et nous poursuivons notre route en chantant pour cadencer les coups de pagaie dans l’eau. Tranquillement mais sûrement, nous arrivons vers le camping de Ngaporo et ses fameux rapides derrière. Derrière ?

Oups, un rapide !

Nous apercevons la plage de pierre de Ngaporo, où se sont arrêtés les Hollandais, qui nous regardent attentivement. Euuh, pourquoi ? Ah ben oui, il y a un rapide qui a l’air un peu plus balèze là, droit devant nous, qui zigzague entre deux plages de galets. Au centre de la rivière se dessine le V salvateur, celui qu’il faut naviguer en son milieu d’après les fameux (fumeux ?) conseils que nous avons reçus. Alors en bons élèves, nous nous élançons, pagayons plus vite que le courant pour garder le contrôle du canoë, et fonçons au centre du V… qui se termine par une grande série de hautes vagues et rouleaux !

PLOUF

Accrochez-vous ça va remuer ! Nico : “t’inquiète ça va passer tout seul, on y va, go go go !” Premier rouleau, Emi devant est trempée. Deuxième vague stationnaire, de l’eau s’engouffre dans le bateau. A la troisième, on a de l’eau jusqu’aux genoux… Aaaah c’est mal barré (Nico : “eh je fais ce qu’on m’a dit pourtant !”) ça va finir à l’eau cette histoire ! Aussitôt pensé, aussitôt réalisé ! et plouf, on saute à l’eau.

Le canoë soulagé de nos poids, reste à flot tranquillement, grâce aux barils sellés et plein d’air. Bon, notre première pensée va à la coutume maorie : on est bénits par la rivière ! Mais c’est pas le moment de s’amuser, le canoë pèse un âne mort, et sans avoir pieds (que nous relevons dans le sens du courant pour nous protéger des pierres) nous tentons de maîtriser la trajectoire pour sortir du courant et accoster sur la plage. Avant de sauter, Nico a juste eu le temps d’enfiler ses sandales et les tient du bout des orteilles pour ne pas les perdre. Pas simple c’t’histoire.

Trois minutes plus tard, alors que nous retrouvons pieds et gagnons en confiance, les Hollandais viennent nous aider à sortir le canoë de l’eau et à le renverser et vider ses mètres cubes d’eau grise. Nous sommes sortis d’affaire ! et heureusement que tout était ficelé sur le bateau autrement nous aurions pu dire “adieu” à nos affaires. A part quelques bleus, on s’en sort bien. On ne peut pas en dire autant de l’appareil photo de Nico qu’on retrouve penaud dans une poche hermétique mal fermée visiblement, en pleine apnée… La divinité de la rivière en aura décidé ainsi, trop de photos prises certainement…

On reprend nos esprits et c’est parti!

Le soleil est tellement fort qu’à peine 20 minutes plus tard nous redécollons tout secs affronter les “vrais rapides”. Sans blague ! Mais maintenant nous sommes prêts ! Dorénavant, on saura que le “V”, il faut le prendre mais pas jusqu’au bout ! Et que si de l’eau rentre dans le canoë cela ne veut pas dire qu’il va sombrer : pas besoin de sauter pour le soulager. Il “suffit juste”de rester assis dedans en le stabilisant en jouant des abdos, quitte à écoper plus tard. Franchement, ils auraient pu nous dire ça au briefing…

C’est fois c’est la bonne

Et c’est donc sans problème que nous passons les rapides suivants réputés difficiles : des branchages tordus ? à l’aise qu’on les contourne ; des tourbillons dans tous les sens ? à l’aise qu’on trouve la voie subtile pour juste profiter du courant ; un rocher droit devant ? à l’aise qu’on évite le crash ; des grosses vagues qui noient le canoë qui nous précède ? à l’aise qu’on les effleure (faut bien s’amuser un peu tout de même) ; une rangée de cailloux et peu de fond ? à l’aise qu’Emilie se dresse en vigie pour trouver le meilleur passage, et que Nico slalome au planté de pagaie. Enfin… en vrai, il y a un ou deux rapides qui font dresser le poil à Célestine : le courant nous emmène là où il le veut, et les bords bien bas du canoë canadien font pâle figure devant les remous. Alors il arrive parfois d’en venir à devoir hêler le maire de Meaux.
Nous poursuivons notre chemin avec deux nouvelles découvertes.

La remontée d’un joli affluent de la Whanganui River, hautement conseillée par PapiRanger du Refuge n°1 : nous nous faufilons le long de gorges pour déboucher au pied d’un torrent, dans un cirque de végétation dense.

Au détour d’un coude de la rivière, nous découvrons deux grandes grottes coincées dans les falaises. Elles sont sacrées pour les Maoris et alors nous décidons de ne pas nous y aventurer. Il parait que dans la première on a de la boue jusqu’aux genoux (miam), et qu’une belle cascade coule dans la seconde (nos oreilles nous le confirment).

Le paysage s’éclaircit, la rivière s’élargit, les berges deviennent moins pentues, les falaises grises laissent place à des pentes de pierres blanches ou bien des pâturages. Nous apprécions aussi cette dernière heure de canoë dans ce nouvel arrangement de roches, de végétation et d’eau.

Retour à la terre ferme

Un dernier virage, un rapide bien négocié parmi les tourbillons, les vagues retorses et les rochers, nos derniers coups de pagaie (nos épaules nous remercient) nous permettent d’arriver sur la rampe de fin de parcours. Nous sommes les derniers de notre compagnie ! yes ! on a été les plus longtemps dans l’eau nananèèèèreeeeuuu ! 15 minutes de retard seulement, on s’en sort pas mal en étant partis avec 1h de retard le matin.

Pas le temps de dire ouf que toutes les personne déjà arrivées nous sortent de l’eau, nous aident à défaire tout notre barda, et en deux temps trois mouvements, le canoë canadien est arnaché dans la remorque. Et zouh, le minibus décolle. Les autres ont déjà eu le temps de boire leur verre de jus de fruit et leur petit muffin au chocolat maison. Nous ce sera une véritable prouesse d’adresse que de ne pas renverser nos verres et nous retrouver le nez plein de chocolat fondant alors que notre conducteur aux gros bras fonce à toute allure sur la route de terre tortillarde et cabossée.

1h30 plus tard, la faim au ventre (toujours pas mangé notre déjeuner !) nous descendons du van et tandis que le personnel s’affaire à laver et désinfecter barils et gilets de sauvetage, nous faisons nos adieux à nos compagnons et rangeons tout notre fourbi dans le van.

Cet après-midi, c’est tranquillou ! Les nuages sont de la partie alors pas besoin de se presser. Après une pause logistique pour faire le plein d’eau et la vaisselle, nous nous posons à nouveau dans le grand champ, seuls, pour étendre les affaires trempées et préparer à manger. Et le soleil revient !
Alors nous en profitons pour lire, ranger, puis manger à nouveau le soir, et regarder un petit épisode de série avant de sombrer sur nos bons matelas du van.

Article co-écrit avec Nico 😉

La rivière Whanganui : l’expédition en canoë (partie 2)

De John Coul à Tieke Kainga

Ce matin, on est fous, on tente une inversion ! Emi à la barre, Nico à l’avant.

Les rôles dans le rafiot

A l’avant, l’immersion dans la nature est encore plus forte, à suivre les ondulations des vagues, ne rien avoir devant soit que de l’eau, de la végétation et du ciel. Etre plus prêt de l’eau qui éclabousse voire trempe les habits lorsque les rapides mènent la vie dure au frêle esquif. Devant c’est aussi la liberté de choisir de quel côté on pagaie pour gérer la fatigue des muscles, ainsi que d’imposer le rythme.
A l’arrière, les responsabilités sont autres. La direction pour éviter de se prendre une branche, un rocher, bien entrer dans un rapide impose de forcer sur les bras et de jouer avec la pagaie. Et c’est aussi optimiser les trajectoires en prenant les plus forts courants le long des falaises ou raccourcis en évitant les contres-courants et tourbillons.

Wonderland

Le paysage aujourd’hui est encore plus beau que celui de la veille. Les gorges se resserrent et les falaises se dressent en rempart protecteurs de la forêt. Les strates géologiques du temps sont bien visibles et les fougères profitent des plus friables pour s’y cramponner. Au sommet, des racines puissantes tiennent la crête qui s’effrite et permettent aux arbres de se dresser droit et affronter les éléments sans broncher. Parfois, des grottes et cavités se logent dans ces parois verticales. A l’abordage ! zou, nous sautons sur une berge étroite pour partir en explorer une.

Des gouttelettes tombent des racines à l’air libre qui pendent au-dessus de l’entrée. Quelques oiseaux s’envolent en nous voyant, et nous imaginons bien que cette grotte ait pu servir d’abri aux voyageurs le long de cette rivière.

Nous suivons le cour à travers ses méandres qu’il creuse dans la roche  et fait découvrir à chaque virage une nouvelle perspective. Tantôt l’eau rapide met nos réflexes à l’épreuve, tantôt l’eau calme nous permet de contempler les yeux en l’air cette masse de verdure et de nature. Nous nous sentons tout petit face à tant de puissance élémentaire

La minute militante

Cette végétation, qui change tous les ans un petit peu. Des fougères naissent, des arbres tombent, des berges se cassent. La rivière est en perpétuelle changement. Et pourtant toujours la même. Il y a des millénaires elle était déjà là, avec les mêmes espèces, les mêmes couleurs, les mêmes formes. La biodiversité est restée inchangée, ou presque.
Cela nous fait réfléchir à notre condition d’homme. Petits humains qui ne changeons pas tant que ça d’une année à l’autre, mais humanité qui a tellement modifié le monde, sa culture, son empreinte sur la nature en l’espace de quelques centaines d’années. La richesse de cette biodiversité renouvelable nous rend humbles, nous autres qui ne devons notre résilience temporaire qu’à l’épuisement des ressources et matières premières qui nous entourent!

Bridge pour nul part ?

Une petite cascade ! Une deuxième ! Aujourd’hui le thème c’est : soleil, couleurs, falaises et cascades qui ruissellent. Comme nous avons pris notre temps, nous passons notre tour pour la seule randonnée du trajet, celle qui mène au “Bridge to nowhere”. Pont qui va nulle-part ?
Ce pont a été construit en plein milieu de la forêt après la première guerre mondiale. Il faisait partie d’une route créée pour aider les soldats revenus du front à installer des fermes dans le coin. Mais la nature hostile leur a donné tellement de fil à retordre que les fermes n’ont pu subsister et que le pont a été abandonné. La nature a repris ses droits et maintenant ce pont tout en béton qui n’a rien d’extraordinaire est devenu une attraction touristique : des tours opérateurs enchaînent les voyages en hors bord pour transporter des badauds à Mangapurua, départ de la petite randonnée qui mène à ce pont perdu. Bref, d’après les retours de nos compagnons de voyage qui y sont allés, on n’a rien loupé !

Rivières adjacentes

À la place, nous partons explorer les affluents de la Whanganui River. A l’aventure ! Allez on donne tout ce qu’on a ! pagaie à gauche ! l’autre gauche ! rame, rame, rameur, ramez ! Technique et force conjuguées nous permettent de sortir des tourbillons, d’éviter les courants puissants près des falaises, pour nous extirper de la grande rivière et réussir à pénétrer dans l’eau bien moins trouble et plus calme de l’affluent. On l’a fait ! Yes ! Attention aux branchages ! Ramons à contre-courant, c’est à pagaies dans l’eau, et pagaies poussant les obstacles que nous poursuivons la remontée de la rivière aux tanins marrons.

Autant dans la Whanganui, nous nous sentions libres et perdus dans la nature, au bout du monde, mais avec un sentiment de grandeur et de place. Autant ici, nous ressentons un confinement agréable, encore plus près des espèces végétales et animales. Les bruits de la forêt rappellent la jungle. La girafe Célestine arbore d’ailleurs son grand sourire éternel 🙂 Nous prenons quelques minutes pour s’imprégner de cette nature absolue et aimons penser que peu d’hommes (“et de femmes” corrige Emi!) se sont aventurés par ici.
Puis nous recommençons notre descente. Sur le chemin, nous faisons un nouvel écart. Nous entendons une énorme cascade, alors partons à nouveau remonter l’affluent qui y mène. Mais cette fois les branchages sont trop imbriqués et nous empêchent d’apercevoir la source de ce bruit grondant parmi la verdure et les pierres.

Dernier coup de pagaies

Temps pour nous de puiser dans les dernières forces de nos muscles (merci les petits biscuits au chocolat !) pour terminer ces 7 heures de descente et tenter d’arriver à l’heure au camp. Ce soir, c’est cérémonie d’accueil maorie !

Deuxième camping : Chez les Maori

La canoë accoste en grinçant un peu contre les cailloux. Nous jetons les gilets de sauvetage sur les sièges et courons comme des dératés sur la colline pour essayer d’arriver (plus ou moins) à l’heure pour la cérémonie de 5h… mais il est 5h20 et malgré tous nos efforts, elle a déjà commencé. L’hôtesse nous demande de patienter devant l’entrée car elle est en pleine explication et nous ne pouvons entrer dans leur domaine sans avoir vécue la cérémonie d’accueil.

En bons élèves, nous nous adossons sur un pilier de la paillote, au soleil, en récupérant notre souffle. Une demi-heure passe gentiment… sans que nous puissions bouger… finalement, l’hôtesse Maori vient nous voir et nous explique que pour ce soir nous ne pouvons pas rentrer dans leur espace mais que nous sommes les bienvenus sur l’aire de camping. Demain, elle fera une cérémonie d’accueil pour ceux arrivés après 17h (et ô soulagement, nous ne sommes pas les seuls, la petite famille de kiwi et les anglais viennent d’arriver). Chouette !

Nous dressons la tente. Mention spéciale pour Nicolas qui se l’est joué Mac Giver en tendant la bâche par dessus notre tente de fortune et en réalisant une jolie entrée (avec des bouts de bois et en profitant de la pente pour planter les piquets de manière à avoir le moins de vent possible). Une photo vaut mieux que des mots..voici son œuvre ! Il n’a pas un pépé scout pour rien 😉

 

Article co-écrit avec Nico.
Pour lire la partie 1 c’est ICI ! Partir 3 : bientôt en ligne.

La rivière Whanganui : l’expédition en canoë (partie 1)

Après la région de Taranaki (bientôt en ligne!) nous partons pour une expédition de 3 jours en canoë le long de la Whanganui. Cet article a été aussi l’occasion de nous essayer à l’écriture à 4 mains ! Nico et Emi, supervisés, bien entendu, par Célestine. Bon voyage !

Jour 1 – Mercredi 15 novembre

L’heure du départ

Riiing, riiing! Ouch il est 6h30 déjà ? Il a fait tellement froid cette nuit qu’on est encore bien dans les vap’s lorsque le réveil sonne. D’ailleurs dehors l’humidité est forte, alors que le soleil tente de dissiper le nuage dans lequel nous sommes. On s’empresse de tout plier, avaler un petit-déjeuner, clore chacun de nos 7 barils (euh, 8 me dit-on dans l’oreillette, en comptant le gros pas trop étanche), garer le van, et s’empresser de rejoindre (on est les derniers, comme d’hab, haha) les 4 autres couples dans la salle commune pour le briefing.

Nos bagages

8 barils ! Mais qu’est-ce qu’il y a dedans ? Heureusement, ils ont chacun une étiquette que l’on a baptisé au marqueur noir pour savoir ce qu’ils contiennent (et éviter de tous les ouvrir dès qu’on veut une barre de céréale, pas bête hein !). Enfin, ça c’est la théorie, car pour les fermer hermétiquement il faut appuyer dessus avec le genou tout en cerclant avec les deux mains, et évidemment les labels se décalquent rapidement sur le pantalon de Nico plutôt que de rester gentiment là où ils auraient dû.

  • Baril n°1 : les affaires de jour, le matériel électronique, les barres de céréale, les chapeaux, la crème solaire et les biscuits au chocolat
  • Baril n°2 : l’eau. Oui oui, on a un baril avec 7 bouteilles d’eau, on ne sait jamais! (Il n’y a pas d’eau potable sur le trajet, sans être bouillie au préalable)
  • Baril n°3 : les vêtements et changes
  • Baril n°4 : les habits chauds et vestes, avec les polaires et tutti quanti
  • Baril n°5 : la bouffe ! avec les conserves, le pain, les soupes lyophilisées, les pâtes, la confiture et le beurre de cacahuète. Pas question de se laisser abattre !
  • Baril n°6 : les sacs de couchage, les draps de soie et la bâche
  • Baril n°7 : la couette et la couverture en polaire, car nos duvets sont loin d’être faits pour les températures nocturnes de Nouvelle-Zélande…
  • et le numéro complémentaire, le n°8, le gros bleu pas trop étanche : la tente, les tapis de sol et les ustensiles de cuisine

Le briefing avant la mise à l’eau

Nous voici donc tous assis dans la salle commune, avec le nuage qui s’estompe et découvre à travers la baie vitrée le paysage ensoleillé sur les collines vertes avec au fond le massif du Tongariro. Magique !

Le fils de la famille qui tient le business arrive avec ses bras de kayakiste à faire pâlir un rugbyman. Il nous fait le briefing sécurité à coup de “sweet as” bien kiwis (Emi était morte de rire car avec la prononciation du terroir, elle pensait qu’il nous appelait “gentils culs” pendant toute la présentation). S’ensuit alors un topo de près d’une heure, schémas et vidéos à l’appui, de comment prendre les rapides, comment pagayer, comment accoster, comment écoper, comment faire si on chavire… Euh, la rivière est si compliquée que ça ? Vous voulez le savoir ? haha, nous vous laissons découvrir la suite 🙂

Un café maison, du pain maison et de la confiture maison plus tard, on embarque tout le beau monde dans un minibus direction le point de départ. Plus d’une heure à tortiller sur des routes de terre, à la vitesse kiwie, ça donne un peu le mal de mer… surtout avec le délicat fumet des deux bon gros pépés Australiens du bush de devant et de la testostérone des deux jeunes Allemands derrière nous

Les pagaies sont dans l’eau ! Avec les barils bien accrochés par des cordes passant dans chacune des deux poignées. Les barils et tous les objets par ci par là sont fixés à des bouts de ficelle car “si vous vous renversez vous ne ne les reverrez jamais” (vue la couleur de l’eau marron trouble : on comprend bien pourquoi !).

11h00, c’est parti pour l’aventure ! « See you in 2 days ». Nous nous élançons dans notre canoë canadien deux places, Nico à l’arrière à la barre, Emi à l’avant prête à fendre la bise.

Au fil de l’eau

Première étape : De Whakahoro à John Coul

La rivière aux eaux brunâtre nous porte doucement et il nous faut à peine quelques minutes pour prendre nos marques dans le canoë. Avant tout, il s’agit d’équilibrer ce rafiot car on penche sérieusement à droite, ce qui n’est pourtant pas notre genre ! On joue donc sur le chargement des barils grâce à des tensions de cordes pour revenir parfaitement à l’équilibre (enfin, jusqu’à ce que ce soit au moins au standard kiwi “good enough”).

Après quelques centaines de mètres, notre petite rivière Retaruke se jette dans la grande : la Whanganui River. C’est la rivière navigable la plus longue de Nouvelle-Zélande. Par navigable il ne faut pas espérer y voir passer des péniches, car lorsque rapides il y a, la hauteur de fond ne dépasse pas le mètre. Seuls les canoës et les jetboats (ces hors bords ultra-puissants) sont acceptés par la rivière.

C’est parti ! Plus de 100 kilomètres en trois jours à descendre ! Et vu le courant, heureusement que le parcours est dans ce sens là… Très vite, nous nous sentons immergés en pleine nature sauvage (“into the wild” finalement). Et nous prenons place au milieu de ce cours large et puissant dont l’eau nous emmène, sillonnant entre des berges pentues couvertes de végétation lorsque les falaises le permettent.

Oula ! un premier rapide droit devant ! Bon, pas d’affolement, il est juste temps de mettre en pratique la formation du matin. Où est le “V” de l’eau ? un peu à gauche ! Aussitôt dit, aussitôt dedans et sortis sans encombre. “Easy peasy” comme ils disent par ici. Et franchement, si on n’a que des rapides aussi faciles, avec quelques vaguelettes et sans cailloux, ça va être tranquillou. Notre Ardèche française, ou autres gorges et torrents de montagne sont d’un niveau hautement plus sérieux ! Et Nico met en pratique aisément ses coups de pagaie directifs, tandis qu’Emilie se dresse debout avant chaque rapide pour scruter les éventuelles difficultés. Ces deux-là, ils iront loin 🙂

Nous avons été les bons derniers à partir et conservons notre position avec force et volonté : nous sommes absolument seuls à observer ce qui nous entoure. L’ambiance doit être bien différente en plein été lorsqu’il y a des centaines de canoës sur le trajet. Et c’est tranquille mimille que nous arrivons à une petite plage de rochers pour déjeuner. Emi saute du devant, la corde d’amarrage à la main, pour sortir le canoë du courant et permettre à Nico de débarquer les pieds secs. Ah non loupé ! pieds trempés aussi, sacrément glissantes ces pierres…

Quelques conserves plus tard, nous partons de Mangapapa. Ce site de camping, nous sommes bien content de ne pas devoir y passer la nuit vue la planéité du sol toute relative !

Plus le temps passe, plus nous devenons efficaces à pagayer. Et heureusement faut dire, car quitte à passer 7 heures par jour sur l’eau à pagayer, pagayer, pagayer,… autant économiser nos muscles et faire avancer correctement le rafiot ! A l’arrière, Nico alterne deux coups de pagaie à gauche, deux coups à droite, un rétablissement de direction, et devant Emi impose le rythme. Plouf, plouf, plouf, plouf, pfiou, pfiou, pfiou..! ça déménage !

Alors que les heures passent, les nuages aussi, et c’est un ciel de plus en plus bleu qui égaie nos visages et nos sourires de plus en plus larges. Le soleil jaune vient baigner la rivière qui se teinte aux couleurs du ciel, et faire éclater les verts de la végétation qui s’accroche aux berges. Herbes claires tout d’abord, remplacées par des buissons plus foncés, puis des fougères dégradés du vert au rouge, et enfin des arbres massifs, des arbres fougères et quelques palmiers.

Planquez-vous, j’ai vu bouger ! ah non ce ne sont que des chèvres sauvages aux petites cornes, tantôt noires, tantôt blanches, tantôt les deux, qui broutent les herbes en regardant passer les touristes. Approchons-nous… tout… doux… ce….ment : pas farouches ces têtes de biques ! 

Comme la fin d’après-midi se fait sentir, allons-y, retournons pagayer vers notre destination ! La signalisation du chemin laisse à désirer. Pas que nous ne sachions lequel prendre, car comment dire… il n’y a qu’une rivière à descendre. Mais plutôt que la carte qui nous a été donnée est peu précise et qu’il n’est pas simple de savoir où nous sommes. Et pas un seul panneau sur les côtes ne nous dit : “prochain site de camping 5km”, ou “vous voulez une glace ? eh bien il va falloir ramer pendant 2 jours !”. Et nous pagayons, pagayons, évitons des branches, pagayons… Toujours pas vu Ohauora, un site de camping à partir duquel il nous reste encore 2h à pagayer. Et il est déjà 18h, oups ! Vous avez déjà fait du canoë en pleine nature, sur une grande rivière au courant imprévisible, à la frontale ? Pas nous, et on va éviter !

Nos yeux voient-ils bien clair ? serait-ce un panneau 500m au devant ? Ouiiii ! Les paris sont ouverts : Ohauora ? on serait alors bien à la bourre et on risque de finir de nuit… John Coul ? alors ce serait une grande surprise car cela voudrait dire que nous avons été plus rapide que les temps annoncés. Emi : John Coul. Nico : Ohauora. Suspens intenable… C’est Emi qui l’emporte ! Et nous sommes tous les deux bien soulagés car on n’en aurait pas mené large (ou plutôt étroit vues les gorges) de nuit.

Le Premier camping : SuperPapi ranger

C’est avec soulagement que nous accostons sur la rive de notre premier camping, accueillis par un papi radieux qui nous salue d’une main, l’autre posée derrière son dos. Nous retirons les 8 bidons du canoë et attachons à un bout notre véhicule pour la nuit, à un branchage aux feuilles encore vertes sur les conseils du loueurs (sinon il risque de partir à Pipiriki sans nous attendre dans la nuit !) Une fois tous les bidons hors du canoë, nous les grimpons jusqu’au campement avec la force des bras qu’il nous reste. Il y a juste une petite place entre la tente des français et celle des allemands. Au dessus, la famille de kiwis a déjà investi la place et en-dessous, le Suisse et les Anglais. C’est un campement international ce soir !

Nous avons à peine le temps de sortir la tente des bidons que déjà SuperPapi rangers vient nous voir. Il nous demande comment s’est passé la journée, si nous avons apprécié les paysages, si nous avons bien tout ce qu’il nous faut…et nous invite même à utiliser le refuge pour nous faire à manger ce soir, au chaud, car il semble qu’il va faire un peu froid.

Nous nous préparons les petits plats de la cantine militaire que Nico a vaillamment gagné en aidant l’armée à Christchurch à désembourber leur véhicule. Ils mangent bien les escadrons néo-zélandaise ! Un demi « butter chicken » et un demi « tajine veggie » plus tard, nous faisons chauffer un peu d’eau pour une soupe (améliorée avec un fond de purée lyophilisée et quelques morceaux de choux), puis une tisane…histoire de sortir de la tente toute la nuit pour aller faire pipi ! Allez…zou au lit.

JOUR 2 : 16 novembre

Au petit matin, à 6h30, un soleil radieux nous accueille et nous rangeons nos duvets e tutti quanti dans la tente. Emi file au refuge pour préparer le petit déjeuner : tartines et thé bien chaud pendant que Nico remballe les dernières affaires dans les bidons en laissant la tente sécher. Après un petit dej où nous avons discuté avec les français de nos voyages respectifs, nous retournons voir notre maison prête à rentrer dans le bidon ! Hop hop hop nous descendons les barils…et…on ne sait pas par quel miracle, alors que nous étions quasiment les premiers levés (le Suisse étant hors concours!) nous voilà, encore, les derniers partis ! Ah oui…c’était sans compter sur SuperPapi Ranger qui nous a tenu la conversation pendant une petite demi heure, avec grand enthousiasme, sur sa mission de ranger qu’il réalise deux fois par an avec cœur. Allez…on ne ne lui en veut pas, nous avons adoré papoter avec lui ! Et c’est aussi pour ça qu’on voyage !

Pour lire la suite : C’est  là !

Cet article a été co-écrit avec Nico (et publié également sur son blog!

La route oubliée

Une vieille route

Aujourd’hui, 11 novembre 2017,  nous empruntons la forgottern Highway qui relie Statford à Taumarunui. Longue de 156 km, il faut compter 3 heures de trajet. En réalité, ce matin nous commençons de Douglas, où nous avons passé la nuit sur le parking, près de la route derrière un tas de cailloux ! Sexy…

C’est parti jusqu’à Pohokura saddle. Un panneau touristique nous apprend que la route  fut construite en 1890. A l’époque, 8h de trajet étaient nécessaire pour relier le point 1 au point B.  Poussière, forêt dense et hostile, c’est tout ce que vous auriez pu trouver là. 

Une petite Répulique perdue

Hop, Whangamomona! Une république indépendante en Nouvelle-Zélande. En signe de protestation contre le gouvernement (qui avait décidé arbitrairement de les changer de district), les habitants de cette commune ont été créatifs dans leur résistance.

L’âme libre des Whangamomoaniens

La ville est tout simplement riquiqui, il s’agit d’une rue principale avec les vestiges de maisons abandonnées style années settlers.

Visiblement toute une aventure !

Nous longeons la rue et nous arrêtons un moment devant une vieille échoppe fermée dotée de quelques panneaux d’informations et de pleins de photos du village.

Une petite visite rapide au bar pub du coin, qui fait aussi office de bureau de tamponnage des passeports (monnayant une devise), puis nous pique niquons près du vieux rail abandonné… mais pas tant que ça ! Car nous voyons arriver, triomphalement, une escorte de petits vieux dans des voitures de golf customisées avec des roues à rail…

Ils sortent de leurs voiturettes, fières d’avoir bravé la nature pour arriver jusqu’au village ! Les dames descendent, le buste haut avec leur grosse valise à roulettes aux imprimés crocodiles, pendant que ces messieurs vont garer l’engin.

Les bolides des aventuriers

De belles gorges

La pause a assez duré, il est temps de reprendre la route. Après Tahora Saddle, un autre joli col, une route de graviers commence à Tangarakau gorge usqu’à Morgan’s grave. C’est notre endroit préféré ! Une route encaissée entre les hauteurs des falaises des gorges; une végétation jurassique et un sentiment d’être, encore, au bout du monde. Après cette magnifique portion, la route reprend ses habitudes et nous mène doucement à Taumarunui.

jusqu’à…nul part !

Dès les premières minutes, nous comprenons que ce que nous espérions être une grande ville avec un Pack’n’Save pour y faire nos courses, une jolie bibliothèque pour écrire nos articles ou un pub convivial pour y boire une bière, n’est en fait qu’un bled tout perdu, voire déserté.

Courage et PERSÉVÉRANCE…

Il nous faudra prendre notre courage à deux mains pour, malgré l’heure tardive nous faire un petit plat plus sain que celui proposé au seul fish and chips du coin. Nous échouons – c’est le terme adéquat- sur un parking en face d’une aire de jeux.

Ps : heureusement, on se prépare pour la descente de la Whanganui !

Stratford et sa tour animée

La baisse après le rythme EFFRÉNÉ

La nuit est longue, le soleil met du temps à se lever. Et pourtant c’est la tête embrumée avec une impression forte de gueule de bois, la barre sur le front, que nous nous levons. Une alternance de chauds et froids toute la nuit, symptômes de la fièvre, m’ont empêcher de dormir. La migraine de ce matin ne passera qu’après le renfort de doliprane, litres d’eau, et huiles essentielles magiques d’Emilie la naturopathe. Nous redescendons sur terre et prenons conscience véritablement que nos corps respectifs ont besoin de se requinquer.

Comme nous n’avons plus rien à manger, nous passons faire les courses au supermarché, et nous nous laissons tenter par du boeuf en promo. Ne laissons rien au hasard, pas question d’être anémiés, en manque de vitamine C, de magnésium ou sel. Alors le boeuf, le miel, les agrumes, le chocolat, et les chips salées seront au menu de la journée.

Un peu de logistique avant la suite

Après être rassasiés, nous partons pour la bibliothèque de Stratford. Beau bâtiment rénové, avec de grandes baies vitrées aux piliers extérieurs colorés, l’intérieur n’a rien à envier aux autres bibliothèques rencontrées jusqu’à présent. Tables, prises de courant et WiFi gratuit et illimité, c’est parfait !
Comptes, emails en retard, tri de photo, préparation des jours prochains, maintenance des appareils électroniques, la logistique bas son plein et nous emmène à coups de thermos de thé jusqu’à 15h30, heure à laquelle nos estomacs crient famine à nouveau.

Après un tour éclair à l’office du tourisme où la dame de l’accueil nous alimente d’informations intéressantes sur la Forgotten World Highway (notre prochaine étape), puis la descente en canoë de la rivière Whanganui, et les randos près du Tongariro (massif volcanique du centre de l’île), nous regagnons le van pour des tartines avec du fromage et des fruits. Nous ouvrons notamment la conserve de prunes qui m’avait été offerte par Rose et Rodney lorsqu’ils m’avaient invité à Aramoana. Le sirop sans sucre ajouté est un tout petit peu aigre mais les fruits sont parfaitement conservés : miam !

Essence, plein d’eau, vaisselle, puis nous attendons 19h pour observer sur la grande tour horloge imitation colombages noirs sur chaux blanche, les petits personnages sortirent et se trémousser au rythme d’une voie criée par les hauts parleurs. Stratford est la jumelle de la British, ville de naissance de Shakespeare, alors c’est Roméo et Juliette en moins de 2 minutes qui se joue ici sur la tour. C’est “cheap” mais marrant (et apparemment la seule horloge parlante animée de Nouvelle-Zélande). Et en quittant la ville vers la Forgotten World Highway, nous remarquons que toutes les rues de la ville sont des noms de personnage d’oeuvres de Shakespeare. Regan, Dorabella, etc.

En route vers le centre de l’île et sa route oubliée

C’est avec derrière nous le Taranaki qui se découvre pour la fin de journée que nous pénétrons dans un paysage de collines vertes pelées où ovins et bovins paissent tranquillement. Chaque mètre carré de terre est possédé par un agriculteur, la route étant bordée de clôtures partout. Les villages sont minuscules (déjà que dans toute la région de Taranaki il n’y a que 100 000 personnes, ici le recensement doit se compter sur les doigts de la main). Alors que nous recherchons un lieu à l’écart pour y poser le van et passer la nuit, nous tombons sur une belle maison en pierre avec devant une pancarte : douzaine d’oeufs $4. Cooool ! les moins chers du monde de la Nouvelle-Zélande de la région !

Finalement ce sera sur une aire de pique-nique au bord de la route, à côté d’une voie de chemin de fer, garé contre des tas de cailloux utilisés pour faire la chaussée, que nous faisons halte. Glamour non ? Il n’y a pas à dire, ils ont des progrès à faire pour embellir leurs aires de repos…

Repas aux chandelles sous les étoiles

Ce soir, nous sortons le grand jeu : table dehors avec les chaises, cuisine dehors, assiettes, verres à vin, et bougie ! Au menu ? Choux et oignons revenus dans l’huile d’olive et sirop de prune, poireaux cuîts de la même façon, tomates provençales à la poëlle, maïs crémeux chaud, et steack à point. Un vrai repas complet comme on n’en a pas mangé depuis longtemps. Pour accompagner : du Shiraz, qui après avoir respiré une bonne demi-heure est bien plus appreciable que juste débouchonné.

La nuit tombe et le ciel se couvre d’étoiles qui tentent de percer à travers le feuillage des quelques arbres en rang d’oignons qui parsèment la campagne. Quelques nuages laissent planer le suspens sur la météo du lendemain. Bonne nuit !

Le Mont Taranaki jusqu’au Tarn : Pouakai, côté Nord

Plus tôt que les poules

C’est un réveil bien matinal à 6h et quelques qui nous extirpe des bras de Morphée. La tête un peu dans le gaz, nous mettons tout de suite le cap (en pyjama pour Emi) sur la Mangorai Road, point de départ de la randonnée du jour.

Plutôt que sous la pluie et la brume…

Pourquoi se lever si tôt pour une randonnée de 5h seulement ? Et bien, en vérifiant la météo hier, nous avons conclu que le meilleur moment possible pour avoir une vue sur le Mont Taranaki serait dans la matinée.
A 13h, la vue est censée se boucher, puis une éclaircie à nouveau entre 15h et 17h avant de n’être plus visible du tout…

Divaguations sur le temps des voyageurs

Le rythme de voyage s’accelère car nous devons vendre le van dans un mois et demi avant la fin du visa de Nico. Impossible donc, d’attendre la semaine prochaine pour les éclaircies puisqu’il nous reste 5 semaines pour faire nos visites sur l’île du Nord.
5 semaines ? La plupart d’entre vous rirons en disant que c’est déjà plus que leur propres vacances, et nous en avons bien conscience… mais une fois que l’on commence à voyager doucement, le rythme change réellement… nous attendons la meilleure météo possible pour chaque endroit et dès lors qu’il pleut nous visitons les attractions culturelles telles que les musées… ou nous réfugions dans les bibliothèques pour écrire. A quoi bon faire une randonnée sous la pluie pour ne rien voir ? Depuis quelques jours nous sentons que ce timming ne sera bientôt plus, et que nous devons avancer… avancer oui, mais intelligemment.

Tout ça pour…

Voilà pourquoi, nous sommes au pied du Mont Taranaki à 6h45 ce matin… sous une brume bien épaisse. La météo a dû se tromper un peu… nous déjeunons donc et nous nous recouchons en attendant, dans l’espoir que la chappe blanche lève son voile.

C’est parti !

A 10h30, les nuages se dégagent, nous chaussons les chaussures de randonnée, remplissons le gros sac d’un pique-nique un peu frugal (il ne reste plus grand chose dans la glacière) ainsi que quelques couches de vêtements, les lampes torches (on ne sait jamais nous connaissant) et hop, c’est parti.

Le rêve

Tout d’abord, nos pas foulent un sentier de cailloux assez large qui grimpe jusqu’au panneau du DOC 5 minutes plus loin. De là, on nous promet l’accès à la hut dans 2h30, puis 20 minutes jusqu’au plateau volcanique et le petit lac d’où l’on peut prendre une belle photo du mont et de son reflet.

La réalité

La randonnée commence par une installation en bois, de longues marches à travers la forêt. Une demi-heure après… nous sommes toujours sur le sentier de bois construit par le DOC, au milieu de la forêt, à gravir ces marches qui n’en finissent pas de monter… 1 heure plus tard…même chose.

Avez vous déjà gravi un phare en colimaçon ? On se demande quand les marches s’arrêteront ! Et bien là c’était pareil, pendant une heure et demie ! 90 minutes de marches en pente drue sans vues quelconques… autant dire que mon intérêt pour cette randonnée décroît plus nous montons.

Heureusement, nous pouvons discuter tous les deux et élaborons une stratégie à mettre en œuvre pour être en mesure de sortir notre premier article commun (si cet article sort un jour, c’est que la stratégie à fonctionné !)

Yeah !!!

Les 20 dernières minutes seront un peu plus intéresantes, entre passages de ruisseaux, petits rochers et à flanc de montagne avec vue sur l’horizon… En moins de deux heures nous atteignons le refuge et c’est tant mieux car depuis la crête, un vent incroyable s’est mis à souffler sur nous. 1h50 pour monter au lieu de 2h30, youhou !

Pique-nique dans les nuages

Nous nous abritons un moment, le temps de discuter avec un local qui prend son pique-nique, puis de faire de même. Les nuages sont toujours là, alors, au lieu de redescendre de suite, nous décidons d’attendre encore un peu en allant faire une sieste dans le dortoir du refuge. 20 minutes… sait-on jamais ! Lorsque l’on émerge, une vraie éclaircie apparaît en face de nous dans la vallée et sur la mer, chic ! Malheureusement, derrière le chalet ce n’est pas le cas. Et c’est par là que se trouve le lac. Allez, au pire c’est 20 minutes aller, cela serait dommage de ne pas tenter notre chance.

Le prisé et mystérieux Taranaki

Je cherche mon baton de marche qui a disparu. Zut, quelqu’un a dû le prendre… tant pis ! En commençant le sentier qui mène au second plateau, un vent décapant sévit. Une fois sur le plateau, devant nous, drapé d’une écharpe de nuage mais visible tout de même, se dresse majestueux, le mont Taranaki. Quelle chance !

Partie de cache-cache

Le pic est encore bien sous la neige, mais moins que du côté opposé lors de notre précédente randonnée. Les nuages se mouvent beaucoup et avec eux, plein de formes se créent… tantôt sous un lèger voile, tantôt totalement invisible, le volcan joue à cache-cache avec mon appareil photo et se laisse saisir, parfois.

Les éléments

Nous empruntons le petit sentier le long de la crête, dans une végétation marécageuses : une terre spongieuse, des herbes hautes, jaunes, oranges et vertes, des épineux de-ci-et-là… et le long des cours d’eau, des nappes multicolores comme si de l’huile se répandait partout.


Le vent ne nous a pas oublié et souffle encore très très fort. Je suis obligée de mettre ma super veste en Goretex pour ne pas être frigorifiée malgré l’effort qui me tient plutôt au chaud.

La récompense

Au petit lac Pouakai, la brise (plus douce car protégée des buissons) crée de petits vaguelettes sur l’eau. Mais la vue reste à couper le souffle et nous restons là un moment, heureux d’être arrivés jusqu’ici, d’avoir grimpé ces marches de bois, bravé le vent, usé de patience… pour admirer la beauté de la nature.

Le retour

Je retrouve mon baton ! finalement, “l’emprunteur” n’en voulait plus certainement, et après quelques photos pour se souvenir de cet endroit magnifique, nous redescendons rapidement la montagne pour arriver au van… enfin rapidement… il nous faudra tout de même deux bonnes heures, les marches à répétition étant assez mauvaises pour les genoux alors nous faisons attention pour les préserver.