Délice des sens au Tamarind

C’était un de ces soirs pluvieux à Luang Prabang. J’ai un rendez-vous avec des inconnus rencontré à l’auberge. Je trouve le Tamarind, grâce à maps.me, le long du fleuve. Un peu en retrait du tumulte de la grande rue, la petite salle est pourtant pleine. Les lumières des lampions donnent à l’atmosphère une douce chaleur accueillante.

Le Tamarind, c’est comme un secret que les voyageurs se confient de bouche à oreille. A la vue de la carte, je salive déjà. J’opte pour le plateau découverte qui comprend 4 petits plats et un riz gluant. Mes compagnons de voyage choisissent soupes, poulet Lao, options végétariennes. A vrai dire, tout donne envie.

Quelle délicatesse ! Après la Thailande, la plupart des plats laotiens me semblaient, bons, mais plutôt fades. Et bien ce n’est plus le cas ! A la fois raffinés et justement épicés, tous les plats sans exceptions étaient divins. Même le riz gluant, qui n’a pas ma préférence habituellement était délicieux.

En partant, j’apprend que le restaurant offre également des cours de cuisine à la journée. Il ne m’en faut pas plus pour me convaincre d’aller faire un tour !

Pour lire mon expérience “Cours de cuisine au Tamarind” c’est là.

Vous pouvez consulter le site du restaurant pour vous faire votre avis.

De Ayuttahyah à Nang Khai

Mes premiers pas en solo

Chacun sa route, chacun son chemin

C’est le grand jour ! Nico part à la frontière Cambodgienne, moi Laotienne. Après avoir voyagé un an ensemble en itinérance, dont 8 mois dans un van et 4 mois en Asie, l’idée de chacun nous retrouver seul est un peu étrange.
Il part pour une mission, j’en profite pour découvrir le Laos. Le lonely est déjà dans mon sac et nous prévoyons de nous retrouver d’ici 3 semaines au centre du Laos, à Takek.

Après avoir vérifié nos sacs, fait l’inventaire de nos trousses à pharmacie respectives, réparti les médicaments, téléchargé les guides de voyage, fermé les sacs et déjeuné… nous sommes prêts ! Il nous suffit de traverser à nouveau la rivière à l’aide des petits bateaux de bois et marcher 5 minutes pour arriver à la gare.

Comme dans les films

Le train en direction de Bangkok part à 9h, le mien à 9h40. Un gros câlin sur le quai de la gare, comme dans les films, et Nico traverse la voie ferrée. En quelques secondes il grimpe dedans, agitant sa main depuis le compartiment pour me dire au revoir, jusqu’à ce qu’il disparaisse avec le bruit des rails qui grincent.

Bye bye snif snif

Le goût du voyage

A 9h45, mon train entre en gare. Je monte dans un wagon réservé à la 3ème classe et avance doucement en enjambant les sacs et cartons qui traînent sur le chemin.
Je retire mes chaussures, monte sur la banquette pour coincer mon grand sac à dos au-dessus de ma tête sur le rail de rangement. Je prends place sur mon siège et pousse un petit soupir, mi-amusée mi-déçue : le trajet risque d’être long !

Roots…oups!

Nous avions déjà pris le train 3ème classe avec ventilateur, mais ceux-ci avaient des sièges raisonnablement confortable. Ici, ils sont droits comme des piquets avec très peu d’espace pour les jambes. Une banquette pour deux peut accueillir en réalité une personne et demi. Les fenêtres sont grandes ouvertes mais l’air ne va que dans une direction : celle du siège qui est dans le sens de la marche (pas de bol, je suis en sens inverse). Quant au confort de l’assise… mon fessier risque de s’en rappeler. Aie Aie Aie.

Ne nous laissons pas décourager pour si peu (enfin, 9h de trajets quand même) et occupons-nous comme possible. Je reprends alors la lecture de mon livre du moment, en changeant régulièrement de fesse pour m’asseoir sur le bout de la banquette.

Y’a d’la joie

Le couple en face de moi semble avoir déménagé une quincaillerie de Bangkok. Ils ont des sacs partout, des cartons sous les sièges, des piscines en plastique encore dans leurs emballages, des sacs poubelles remplis d’objets divers qui débordent du bastingage. Je trouve une petite place pour mes pieds, sur l’un de leur carton et une heure passe, sans que je m’en rende vraiment compte.

L’innocence et le jeu

Un petit garçon qui ne doit pas avoir plus de 3 ans saute de siège en siège (sur les genoux des grands mères) surprises, mais amusées. Puis, il se saisit d’un petit train en plastique et le fait rouler dans l’allée, passant sous les jambes que les passagers lèvent lorsqu’il approche.

Une très vieille dame sur la banquette de droite entame la discussion avec tous les voisins qu’elle trouve. Ses mains pleines de bagues sont aussi pleines de rides, comme son visage. Lorsque le contrôleur passe pour poinçonner les tickets, il joue des castagnettes avec sa trouyotteuse pour s’annoncer. La grand mère aux milles bagues arbore un immense sourire qui tire les plis de sa peau, et rajeuni ses yeux, lorsqu’elle tend son billet.

Un peu d’air

Une dame dort sur la banquette, une femme porte un gros pull en laine (comment fait-elle?), les voyageurs se baladent pieds nus, les enfants rient et les paysages défilent. C’est aussi pour cela que j’aime voyager doucement, prendre mon temps, privilégier les classes populaires au confort des classes aseptisées pour les touristes occidentaux : il y a de la vie, partout, tout le temps, et prendre le train, c’est une étape de voyage aussi riche qu’une visite culturelle.

Mieux qu’au cinéma

Petit à petit, le paysage change. Le train passe au dessus d’un lac immense où les gens se baignent, des pêcheurs lancent des filets à la main et de petits bateaux de bois se baladent à un rythme tranquille. Au loin, de grandes étendues vertes ou de terre ocre. D’après maps.me, je traverse la province de Lopburi. Tiens, une idée pour une prochaine excursion en Thaïlande !

Grand lac

Une horde de héron s’envole lorsque le chemin de fer vrombit, dessinant des ombres blanches dans un ciel bleu traversé de lumière. Les paysages de rizières autour rendent le spectacle plus magique encore.

le trajet réserve encore quelques surprises

Après 4h d’un long trajet et d’une chaleur étouffante, le train s’arrête beaucoup plus régulièrement, toutes les 10 minutes. Chaque gare semble différente avec ses maisons colorées, ses toitures aux ornements dorés.

Gare

Tantôt toutes petites avec un simple panneau annonçant la ville, tantôt plutôt grande avec des guichets et plusieurs quais; une seule chose ne change pas, les vendeuses de repas. A chaque étape, des dames se promènent sur les voies, un seau à la main dont elles sortent des sachets de nourriture en tout genre. En passant leur main par la fenêtre, elles incitent les passagers à leur acheter quelque chose.
Mes voisins saisissent des brochettes, d’autres des sachets de fruits, d’autres encore des filaments colorés dont la provenance est un mystère.

Il reste 2h30 de route lorsque mon wagon frôle un buffalo, avec ses grandes cornes. De sa queue, il envoie de l’eau presque à travers la fenêtre. Le temps de saisir mon appareil pour immortaliser l’instant et le train continue sa course.

Buffalos

En face de moi, un petit garçon me fait des grimaces. Il porte des habits trop grands pour lui et de petits bracelets de pierre. Je réponds à sa mimique par une autre. Il éclate d’un rire clair, innocent, qui contamine l’assemblée de voyageurs encore présent dans le train.

Presque arrivés

Une heure et demi avant l’arrivée, les wagons se désertent. Je saisi mon sac et rejoins le wagon première classe, au frais et sur un vrai siège pour savourer un peu ce que l’on appelle le confort. Après ce beau, mais fatiguant trajet, je l’apprécie encore plus, ce confort!

Nong Khai, le train s’arrête. Je descends avec précaution la haute marche du train jusqu’au quai, et en quelques minutes trouve un TukTuk qui accepte de m’emmener à ma chambre d’hôte pour un prix justement négocié (celui de mon guide).

A la frontière Lao-Thai, un climat serein

C’est avec un immense plaisir que je découvre le jardin, occupé par de nombreux hamacs en bambou et balançoires qui swinguent un peu au gré de la brise du soir. Encore avec mon sac sur le dos, j’assiste avec émerveillement au coucher du soleil sur le Mékong. En face, le Laos. Il m’attend !

Couché du soleil sur le Mékong

Avant de dormir ce soir, je passe faire un tour au marché de nuit. L’ambiance y est très agréable, les locaux achètent plein de petites choses aux commerçants et vont les partager sur le quai. Il y a de la musique qui sort des hauts parleurs, les gens ont l’air heureux et l’ambiance est paisible. Je m’achète une salade (profitons d’être seule pour manger un peu moins!) et je vais la déguster dans le jardin, face au Mékong.
Et si j’en profitais pour essayer la méditation Petit Bambou du programme “Manger en conscience” ?. L’endroit est parfait, alors je me laisse porter par la voix pour une expérience méditative de 10 minutes. Un petit moment rien qu’à moi qui met l’accent sur “profiter de l’instant présent”.

Si mon visa ne s’arrêtait pas demain, je resterai bien quelques jours encore ici, une autre idée pour un prochain voyage! Pour le moment, il est temps d’aller lire sous la moustiquaire avant que Morphée m’emporte. Il me faudrait de l’énergie pour passer la frontière demain !

Deux bus, une route, de Banjarmasin à Pangkalan Bun

Alors que les (rares) touristes qui viennent dans le Kalimantan font généralement le trajet en avion en 1h20, nous commençons un voyage d’une journée pour rejoindre Pangkalan Bun, dans le Kalimantan Sud Central. Il parait qu’on y croise des orangs-outans !

Préparation de l’itinéraire

On l’a maintenant bien compris, à Bornéo trouver des informations fiables est d’une complexité redoutable. Le Lonely Planet a des infos périmées, les locaux ne savent pas grand chose mais ne veulent pas l’admettre. On se retrouve alors avec une tonne de données contradictoires. D’où on part ? à quelle heure? combien de temps met le trajet ? combien il coûte ? Même Internet reste un peu trop sec à notre goût.

On quitte Banjarmasin !

Ce matin, nous sommes réveillés par le room service du petit déjeuner. Pleine d’espoir, Emi ouvre la porte et récupère notre plateau… deux tranches de pain grillé et un thé très (très très) sucré. Euh, vraiment ? c’est tout ? une pauvre tranche de pain? Bon… ce n’est pas fou, mais restons sur un réveil positif. Si on oublie que la salle de bain sent les égouts, la bonne nouvelle c’est qu’on quitte Banjarmasin, et que mis à part l’expérience du joli marché flottant nous n’avons pas adoré cet endroit.

Nous descendons à l’accueil une fois les sacs bouclés (facile, ils avaient à peine été ouverts). Nico réserve un GrabCar (taxi au prix déjà négocié, le Uber d’Asie) et Emi file chercher une petit déjeuner.
Une rue plus loin, au stand de banane, elle demande “banana empat”, paie “empat pulu ribu” (4 000 Rp) sous le regard mi-amusé, mi-adminiratif du mari de la commerçante qui lui demande si elle parle indonésien (bahasa indonesia). Eh ben oui ! “un tout petit peu”, “little little” accompagné du signe de la main qui va bien. S’ensuivent alors quelques questions, comme pour vérifier qu’elle maîtrise bien la langue, d’où elle vient, quelle ville, combien de temps on reste en Indonésie…

Eh oui, après cinq semaines dans le coin, il est possible d’avoir une conversation (très basique) avec les locaux. Cela facilite grandement les négociations et attire la sympathie.

Au stand d’à côté, un jeune homme vends quelques tofu (tahu) et légumes frits sur un chariot à roulette. Parfait, ça fera l’affaire, il faut nous dépêcher ! Emi demande “enam” (six) boulettes, paie le dû avec un sourire en le remerciant d’un “terima kasih” et rebrousse chemin.

Une gare inattendue

Nico a dégoté un chauffeur qui passe nos sacs à l’arrière de sa voiture et nous demande si nous avons déjà les billets. Surpris d’apprendre que nous ne les avons pas il semble soucieux pour nous. Oups, peut-être fallait-il réserver ?

Nous suivons tout doucement un cortège de jeune étudiants avec leur vestes d’écoles vertes qui militent dans la rue contre le gouvernement. Ils sont suivis de près mais nonchalamment par des policiers détendus, voire même amusés.

A mesure que nous sortons du centre ville, nous longeons de grands bâtiments plus modernes, et comprenons alors que là où nous étions n’était pas le quartier abritant l’économie vibrante et moderne. Voitures et magasins sont ici plus récents.

Un petit quart d’heure plus tard, nous sommes à la gare centrale du KM 6 (en gros la gare de bus à six kilomètres du centre ville). Enfin, c’est plutôt une rangée d’une demi-douzaine de bus en tous genres, tailles et qualités, alignés sur un bas côté en terre. Rien n’indique que c’est une gare de bus.
  

Deux agences de voyage, et quelques vendeurs de ballotins de riz et bouteilles d’eau sont cachés derrière. C’est ça qui draine tout le flux des voyageurs de Banjarmasin ? La plus grande ville du Kalimantan ? Cela donne un peu une idée du degré de “hors des sentiers battus” où nous sommes… Hahaha 🙂

Billets en poche

Le chauffeur nous aide à demander où acheter le billet et nous emmène jusqu’au guichet d’une compagnie. Il fait la demande pour nous : trop facile ! Une femme assise au comptoir remplie un ticket sur son carnet à la copie carbone et demande 460 000 Rp pour deux billets. C’est à peu près ce qu’Emi avait investigué, alors elle règle et part rechercher son sac et Nico qui prend le pouls de l’ambiance locale. Le bus part dans 15 minutes, juste le temps pour courir à la supérette du coin acheter quelques biscuits pour le trajet ! Elle revient en nage, mais au moins on ne mourra pas de faim.

Bolide lancé

Finalement, le bus aura 10 minutes de retard, le temps pour Emi de reprendre son souffle. Le chauffeur prend place à son siège et allume la multiprise collée sur le tableau de bord. Disque dur externe, télé, radio, chargeur de téléphone portable, tout s’éveille. Un tour de clé et le moteur vrombit à 9h40, c’est parti pour… douze heures de trajets d’après le Lonely !

Petit bus, ce dernier est tout de même climatisé, et vue la chaleur c’est déjà un grand réconfort. Nous essayons de choisir une place où la distance entre le siège et celui de devant permet de poser ses jambes (hein ? eh bien oui, toutes tous les sièges ne sont pas disposés pareil, certains doivent faire des contorsions pour s’asseoir, mais nous sommes les seuls surpris). Parfait, les places treize et quatorze sont libres et semblent tout à fait correctes, il est même possible de rabaisser les sièges pour dormir un peu, on n’en demandait pas plus ! Et en fait, on découvrira deux heures plus tard que ce sont les places qui nous ont été attribuées sur nos billets. Le hasard fait bien les choses.

Comble du luxe, le bus n’étant qu’à moitié plein (que de locaux), nous profiterons de deux sièges chacun. Ah ces occidentaux qui ont besoin d’espace, je vous jure !

Car à hoquet

Dès les cinq premières minutes, nous voilà dans l’ambiance. La télévision suspendue au pare-brise s’allume, un DVD est lancé, c’est ambiance karaoké. Ça rappelle la Moldavie à Emi, et le Cambodge à Nico. Les clips à l’eau de rose racontent des romances mielleuses locales avec un play-back aussi bien fait que ceux des années 80. Du grand spectacle. Tout ça avec une image délavée, saturée de blanc pour atténuer la peau bronzée des acteurs/chanteurs… Vous voyez le tableau ?

Chacun se fait un plaisir de suivre les lignes qui se colorent de jaune au fur et à mesure de la chanson, au rythme des enceintes déjà à fond qui crachent au-dessus des passagers. Tous les deux, on se regarde en biais sans trop savoir s’il faut rire ou prier pour que cela ne dure pas tout le trajet… douze heures, c’est long.

Le suspens des suspensions

Avec cette musique, il ne reste plus qu’à danser ! Et voilà qu’à chaque imperfection de la route, c’est désormais une réalité. Tous les passagers bondissent au moindre nid de poule, bosselette, cailloux ou graine de soja. Nous faisons des sauts de cabris à manquer de tomber des sièges (surtout lorsqu’on tente une sieste), il semblerait que les suspensions du bus soient un peu usées. Suspens… tombera, tombera pas ?

A travers les vitres

Dehors, le paysage défile mais pas vraiment à toute allure. Les suspensions imposent un rythme tranquillou au bus et rappelle à Nico le gag de Gaston avec Prunelle qui a le temps de cueillir les pâquerettes au bord des routes.
Pas de pâquerettes ici, plutôt des bribes de jungle et surtout des forêts d’arbres trop fins et d’immenses champs de… rien. De rien ?

Aigrie culture

On apprendra bientôt que l’agriculture dans ce coin de l’Indonésie est une vaste mauvaise blague. Face à la pression du cours du riz (l’Indonésie importe du riz n’arrivant pas à faire face à la consommation, malgré les cultures omniprésentes), le gouvernement a décidé de faire du Sud de Bornéo une nouvelle terre à rizières.
Plusieurs années à déforester massivement en incendiant les forêts, à délocaliser des familles vers ces terres à conquérir, à planter du riz blanc. Eh bien c’est plutôt choux blanc. Ou même rien du tout. Précipitation sans réflexion.
L’eau salée de la mer à proximité est remontée, et des marécages acides se sont développés. Impossible de faire pousser quoique ce soit de comestible. Qui plus est la région n’est pas volcanique et les terres trois fois moins fertiles qu’à Java, Bali ou Sumatra. Désastre écologique autant qu’humain, les familles délocalisées ayant tout perdu.

Culture mêlée

Nous traversons le village de Basarang : les maisons ont leurs petits temples hindous comme à Bali, des artisans en fabriquent de nouveaux, les écolières n’ont pas le voile sur la tête.
Plus loin, des panneaux indiquent des églises. D’autres des mosquées. Pas de doute, les religions se mêlent par ici.
Les tribus ancestrales s’appellent les Dayak et sont animistes. Ils vénèrent notamment l’oiseau Hornbill, endémique de la région, à la tête si particulière (une corne au-dessus du bec). Les architectures des bâtiments s’inspirent d’ailleurs de ce celui-ci.

On s’attendait à trouver des maisons plutôt construites de bric et de broc, ce sont pourtant des bonnes bâtisses en bois et tôle voire même en béton qui jalonnent la route. Souvent munies d’une grande parabole horizontale (pas de doute, on s’approche de l’équateur). Nombreux sont les chantiers abandonnés où les parpaings se couvrent de traînées grises.
Les bâtiments les plus grands et costauds sont encore ces blocs de bétons sans fenêtres, au sommet desquels tourbillonnent les “swallow birds” élevés pour le marché chinois.
Autre curiosité du coin ? Les toitures, souvent bleues pétard. Ça rappelle le Cambodge où les bâtiments du parti au pouvoir (et maisons des maires) avaient toutes le toit bleu. Mais ici il parait que c’est juste la mode, une marque de matériaux de toiture un peu “cheap” a décidé le bleu, et zou tout devient bleu.

Un air d’autoroute

A 11h20, le bus ralenti et s’arrête. Presque quatre heures que nous roulons déjà. Vous allez dire voilà qu’il ne sait plus compter… quatre ? eh oui quatre ! à quelques kilomètres à peine de Banjarmasin on a croisé un fuseau horaire.
Voici une sorte d’aire de repos : une grande cantine et des toilettes. On ne sait pas si on s’arrêtera à nouveau, ni combien de temps exactement dure la pause, alors nous saisissons notre chance. Gageons que le bus ne reparte que lorsque tout le monde sera à bord. On guette d’un oeil les allés et venues du chauffeur, prêts à bondir.

Ici, personne ne parle un mot d’anglais, alors nous observons les autres et faisons de même. On montre les plats qui nous tentent, un poulet, deux légumes, des œufs (les plats sont minuscules, alors on charge la barque). On nous sert un grand saladier (ou plutôt un égouttoir) de riz avec, ouf.

Bonne surprise à la cantine!

C’est une bonne surprise, nous mangeons très bien, tout a du goût et semble assez frais. Nous qui pensions ne pas tout finir, il ne reste plus rien.
Petits suspens quand Emi va payer. Le premier c’est le chauffeur qui a disparu de notre champs de vision depuis quelques minutes. Le second c’est l’addition, car il nous reste exactement en porte feuille 132 400 roupies et on n’a aucune idée du prix… On s’en tire pour 80 000 roupies… Ouf ! on ne va faire la plonge ! Le bus redémarre à 12h00 pétantes.

Future capitale de l’Indonésie ?

Un feu rouge ! Wouhou ! Le premier de Bornéo ! Pas de doute on arrive dans une grande ville. Des bâtiments imposants de l’armée nous accueillent aux abords de Palangka Raya. Le gouvernement réfléchit à délocaliser les administrations du pays à Bornéo, ici même, pour rappeler que l’Indonésie c’est bien une multitude d’îles et pas seulement Java. Décidément, il est bien ce nouveau président.

Il est 13h45. Après cinq heures de trajets et 185km seulement, nous comprenons qu’il est temps de descendre du bus pour en changer. On passe au comptoir de notre compagnie PO Logos : il y a une correspondance de deux heures. Et il faut attendre dans un bâtiment tout en béton où la température nous accable. Youpiii !

Terminal de bus de Palangka Raya

Nous sommes les seuls blancs à attendre ici, parmi les locaux qui nous regardent surpris. Le grand terminal de bus a quelques alcôves occupées par des supérettes de fortune, des petites cuisines, des toilettes, et des salles de prière musulmanes.

Nous prenons place sur un banc, et utilisons la prise électrique aux fils qui pendent pour recharger nos PC.
Nous tombons sous le charme de petits chatons mignons qui cherchent la fraîcheur : quoi de mieux que l’aération du distributeur de boissons !

Un peu de frais

C’est reparti

A 15h50 nouvelle heure, notre nouveau car grand confort démarre. Il bombe pleine balles sur la route. Heureusement que la suspension fonctionne mieux ce coup-ci, car sinon on sauterait au plafond. Aaah pas de clip sur la télé… mais une radio bien forte qui nous empêchera de dormir un peu.

Grand car grand confort

C’est la fête à la grenouille

Il pleut, croisons les doigts pour que les pneus tiennent la route. Route passante d’ailleurs, chaque village croisé est bien plus développé et moderne qu’on aurait pu l’imaginer. On y aperçoit même des salles de jeux vidéos, où des jeunes sont assis parterre en face de leur télé, une manette de ps2 ou ps3 dans les mains.
Puis c’est à nouveau la campagne, des forêts denses aux petits arbres fins, qui tentent de repousser après les coupes rases.

Confortablement installée

Cantine de nuit

17h50 le bus s’arrête à nouveau. 100km seulement depuis le changement de bus. Soit 285km depuis que nous avons quitté Banjarmasin il y a… 9h déjà ! et il reste 365km à faire. No way. On va arriver à quelle heure ? Le Lonely Planet marquait 12h de bus, à part un miracle c’est mission impossible.

La nuit tombe, et les musulmans de notre bus vont faire leur prière à la mosquée. Visiblement c’est également la pause repas du soir, alors nous prenons place dans la petite cantine avec deux “mie bakso” (des soupes de nouilles avec des boulettes) et deux thés.

18h20, le bus repart sur les chapeaux de roues.

Pimp my bus

C’est la nuit noire maintenant, et chaque bus rivalise de kitch-kéké avec ses rangées de diodes vertes, bleues, et phares qui clignotent aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Certains vont même mettre jusqu’à des néons fluo dans les bas de caisse.

Fin de trajet

Encore une pause à 21h, au terminal de bus de Sampit, dernière grande ville avant l’arrivée à… 230km encore. Déjà 407km, wouhou ! Selon le timing du Lonely Planet, on est censés être arrivés.
21h24, zouh, c’est reparti.

Nico tente de lire un peu

Pop indonésienne toujours dans le hauts-parleurs, on tient bon. Nous tentons la sieste : Emi a prévu le drap de soie, le masque de nuit et l’oreiller gonflable. Nico n’a que son pull et son pantalon pour ne pas geler sur place – merci la clim’. Nico jette l’éponge et essaie de lire grâce aux lumières positionnées débilement juste au-dessus du siège. Oui vous avez bien lu, juste au-dessus du siège. Ça sert à quoi d’éclairer le sommet du crâne des passagers ? Nico jette une seconde fois l’éponge, mission impossible, surtout avec la musique et les soubresauts de la route.

Vingt kilomètres avant la fin, à 1h30 du mat’, on s’arrête. Deux autres bus d’une autre compagnie sont arrêtés. Une panne ? Verdict inconnu, et notre chauffeur redémarre après dix minutes.

Deux heures du matin, 17h20 après être partis, nous voilà à Pangkalan Bun, enfin ! Nous sommes les derniers à sortir du bus alors que nos chauffeur nous dépose devant notre hôtel : le seul encore ouvert à cette heure tardive.

Pas fâchés d’être arrivés, on monte dans notre chambre sans fenêtres (mais propre dans un hôtel pour professionnels, avec une salle de conférence).
On apprendra plus tard que le trajet met habituellement 18h avec une pause obligée à Palangka Raya. Nous sommes presque en avance alors. Merci le Lonely pour ses informations erronées.

Et pourtant le temps est passé vite

Étrangement, nous nous habituons à ces longs trajets. Nous sommes surpris d’observer notre patience, ainsi que la “rapidité” avec laquelle le temps finit par passer. Nous prévoyons à chaque fois moultes occupations, une quantité d’articles à écrire, de livres et informations à lire, et n’avons pas le temps d’en terminer le quart.
Les heures de transport ce sont les rares moments du voyage où la tête peut se reposer, se laisser aller dans ses pensées, et voir défiler tranquillement le paysage. Alors pourquoi s’en priver ?

Déclarer un vol à la police en Indonésie

La grande majorité des Indonésiens sont adorables mais comme partout il y aussi des gens moins fiables. Dans une foule dense, je me suis fait voler des appareils électroniques.

Chez Chapka (et les autres aussi certainement) il faut impérativement déclarer à la police dans les 24h le vol avec agression pour espérer un remboursement partiel des biens.

Nous avons demandé conseil aux locaux sur comment fonctionne la police en Indonésie. Le réceptionniste de l’hôtel où nous étions ne parlant pas anglais, il est allé cherché un client 🙂 Client qui nous a noté sur une feuille l’adresse du poste de police le plus proche (Polsek = poste de police) ainsi qu’en Indonésien une description de ma demande.

Polsek – Poste de police

Nous voilà donc partis pour Polsek Genteng, le poste de police ouvert 24h/24. On sort de la Go-car (Über local) et un policier vient nous demander ce que nous voulons. Notre papier écrit en Indonésien (rapport de police pour vol = surat keterangan kecurian) est d’une grande utilité !

Il nous fait asseoir dans le petit poste. Trois policiers en uniformes sont derrière leurs bureaux et ordinateurs. “Français ?” “Zidane ?” c’est universel =) L’ambiance est très décontractée ici, rien à voir avec l’intimidation à la cow-boy des flics Français. Les policiers Indonésiens sont avant tout là pour aider, avec le sourire rassurant. Les locaux sont tout aussi décontractés d’aller au poste.
Je me suis habillé pour les démarches administratives : en pantalon et non en short. Il parait que c’est mieux et plus respectueux.
Personne ne parle bien anglais ici, mais le gendarme souhaite prendre les choses en main et nous répète régulièrement “je vais vous aider ne vous inquiétez pas”. Nous comprenons que le meilleur endroit pour un dépôt de plainte est le commissariat de police de la ville, et nous commande un Grab (autre Über local) pour nous y emmener. Il donne même des ordres aux chauffeur pour qu’il prenne bien soin de nous !

Polrestabes – Commissariat de police

Une demi-heure plus tard, le chauffeur de Grab nous dépose devant l’entrée du commissariat, services administratifs. Il insiste pour nous offrir la course ! Vraiment trop gentil.

Nous entrons dans la salle toute neuve. L’ambiance est autre ! Trois rangées de sièges emplis de personnes qui attendent leur tour leur ticket à la main. A gauche, une salle de jeux pour enfants et des tasses en libre service pour du café ou du thé chaud gratuit. Le personnel compte une dizaine d’âmes, habillées simplement, assis derrière leur bel écran plat d’ordinateur en recevant les demandes. Au fond de la salle, des vraies toilettes propres avec lavabo et savon ! Et la salle est climatisée.

Dès qu’on entre, nos gros sacs sur le dos, tous les regards se portent sur nous et deux agents en polo se précipitent pour s’enquérir de notre demande. Ils choisissent pour nous la catégorie du ticket de file d’attente (laporan polisi = rapport de police) et nous prient de nous asseoir.

Il est midi trente, et c’est parti pour deux heures d’attente. Notre catégorie est la seule à rester immobile. En fait, le comptoir qui s’en occupe est vide depuis un moment, l’agent étant parti. Mais on nous rassure, on va passer. Ah.

La principale attraction est le clip qui passe en boucle sur la télé juste au-dessus de notre tête. C’est une vidéo des 72 ans de la police où on y voit tous les services de police danser et chanter. Oui oui ! tous les services de police ! Des officiers en uniforme avec un balais à la main et un serre tête décoratif, au personnel administratif se trémoussant sur le chaise derrière leur PC, ou encore les hauts gradés faisant des roues avec leur hanche les bras en l’air. Enormissime ce clip. Il en dit long sur l’état d’esprit qui règne ici en Indonésie ! Cela confirme d’ailleurs ce que nous avions déjà entendu par un ami expat’ Français : la police est très proche de la population et est avant tout là pour aider (surtout après la récente grande vague anti-corruption). Génial ! Magique ! Emi surprend un des personnels à chantonner et bouger la tête en rythme sur la musique traditionnelle du clip : lorsqu’il s’en rend compte il lui renvoit un grand sourire. C’est cool ici ! Pour un aperçu du clip c’est là, attention sourire garanti !

A 14h30, la télé est éteinte, le distributeur de tickets de file d’attente aussi, et les trois quart de la salle d’attente est vide. Euh… avec le personnel qui s’en va on n’en mène plus large. Heureusement qu’on est arrivé avant 14h !

Un employé m’invite à son bureau et m’invite à expliquer la situation. Je lui formule ma demande, à grands renforts de Google Translate (très utile la carte SIM !). Il est préoccupé par le lieu de l’agression car le dépôt de plainte doit être fait obligatoirement dans la région d’occurrence du vol. Il faut bien une demi-heure pour que nous nous comprenions vraiment et que trois collègues s’en mêlent, y compris le seul policier en uniforme qui valide les documents un peu à l’arrière de la troupe administrative.

C’est bon ! On commence à remplir un rapport jaune. Tout mon état civil de mon passeport est soigneusement recopié, puis commence le dépôt de plainte. Des allers-retours Google Translate permettent de clarifier la situation, à coup de renforts de mimes et expressions faciales. Tout est consigné, et je dois signer la déposition écrite en indonésien (Bahasa Indonesia). Croisons les doigts pour qu’il ne soit pas écrit que je leur doivent un million d’euros !

Et… le rapport est confié à une autre personne qui se charge maintenant de tout recopier sur ordi. Efficacité de l’administration, il n’y a pas qu’en France où on a des progrès à faire. Au moins ici tout le monde à le sourire !

Une fois le document imprimé, je dois le signer à nouveau avant qu’il passe devant le commissaire aux lunettes et uniforme qui tire la tronche. C’est bon ça passe !

“Voilà !” : on me donne un résumé du dossier écrit tout en indonésien où est juste marqué “déclaration de vol” (Pecurian). Je relis mon état civil et… je suis passé musulman ! Religion : Islam. Haha, pas sûr que l’assurance en ait quelque chose à faire, par contre ça ne va carrément pas suffire pour l’indemnisation ! “A oui mais le dossier complet est propriété de la police, on ne peut pas vous en fournir une copie”. Riza, une jeune femme avocate et amie d’un des policiers vient donner un coup de main, c’est la seule parlant anglais de l’assistance, et elle est embauchée pour nous suivre pendant la suite. Nous comprenons que maintenant il s’agit d’aller dans un nouveau bureau.

Il pleut, et nous sortons du bâtiment d’accueil du public pour aller vers un bâtiment beaucoup plus rustique. Un ascenseur dans lequel il est difficile de rentrer avec nos gros sacs nous emmène à l’étage des dépositions. Une petite dizaine de policier en uniforme blanc, derrière des bureaux, sur des canapés à regarder la télé, ou fumant leur cigarette nous regardent avec des yeux ronds. Eh oui, il va falloir bosser les gars ! On nous offre de l’eau, nous dit de nous asseoir, et bientôt on m’appelle au bureau. Tout le monde a le sourire aux lèvres : “dua bule” (deux étrangers blancs) c’est l’attraction ! On nous interdit de prendre des photos, par contre eux ne s’en privent pas.

Riza m’explique qu’il s’agit maintenant de faire la déposition pour la recherche de l’agresseur et du matériel. Au final, l’employé de police face à moi retape consciencieusement une nouvelle fois le rapport fait deux heures auparavant, supervisé par un collègue qui vérifie à côté. A part une correction ou deux, aidé de Riza, c’est une nouvelle heure de passée pour pas grand chose. Musique, télé et cigarette dans une ambiance détendue : ils bossent à leur rythme mais professionnellement et en souriant ! Je donne la liste de tout ce qui m’a été dérobé avec les détails. Ah, ce coup-ci j’espère pouvoir une copie pour l’assurance ! “Désolé, ce rapport n’est que pour la police”… Zut !

Retour à la case départ, dans l’espace ouvert au public, le seul endroit bien neuf du commissariat. C’est quasiment désert à part deux trois péquins qui attendent patiemment leur tour. Je repasse devant un employé qui tape à l’ordi. Heureusement Riza a bien compris ma préoccupation : j’ai besoin d’un rapport de police en anglais indiquant vol avec violence (ou agression) et listant précisément tous les items volés. Après quelques relectures (ils avaient noté perte au lieu de vol, oublié agression et pas listé les items) me voilà en possession du précieux document.

Il fait nuit ! 6h de démarches administratives pour un papier, mais ce fût une belle aventure. Et merci Emi pour tout ton soutien !

L’heure pour nous de poursuivre la route : direction le port pour attraper le premier ferry vers Bornéo. A la sortie du commissariat, un homme nous demande ce qui nous est arrivé. Devant notre récit, il est désolé pour nous : “il y a encore trop de criminels dans ce monde”. Nous le rassurons : “nous aimons beaucoup l’Indonésie, les gens sont tellement gentils !” Il nous sourit, s’excuse encore pour les criminels et s’en va. Nous attendons à l’abri de la pluie notre taxi (Go-Car) et le voyons revenir : “tenez, quelques biscuits à grignoter pour votre trajet en ferry”. Tellement adorable !

Bilan de cette journée

Les Indonésiens se sont pliés en quatre pour nous mener la vie facile, nous rassurer et nous accompagner. Après le désarroi des jours précédents, la chaleur au cœur est revenue ! Et je sens qu’on va passer la nuit à avoir la musique du clip de la police dans la tête…

Résumé dans l’ordre :

  • Dans les 24h, aller au commissariat de police (Polrestabes) le plus proche (dans la région d’occurrence du vol), le plus tôt possible après l’ouverture
  • Apporter son passeport, et de la patience
  • Ne pas partir sans un papier en anglais mentionnant vol avec agression, et la liste de tous les items.

Déclaration à l’assurance (Chapka)

Je parle ici de mon expérience pour l’assurance Chapka. La déclaration doit se faire sous 5 jours après l’agression, directement en ligne avec les numéros écrits sur la carte d’assuré.

On m’a demandé les pièces justificatives suivantes :

  • Ma déclaration détaillée avec les circonstances de l’agression, l’explication des pièces justificatives suivantes, l’estimation du préjudice (non modifiable après validation)
  • Rapport de police mentionnant vol avec violence
  • Passeport : page identité et visa du pays visité
  • Billets d’avion : pas très clair. Demandent le billet de départ du pays d’origine, mais quid lorsque voyage à vélo ou voyage multi-pays ?
  • Relevé d’Identité Bancaire pour recevoir l’indemnisation
  • Factures de chacun des items, et les factures doivent être nominatives à votre nom !Les cadeaux ne sont pas indemnisés, à part ceux faits par les parents, facture et déclaration sur l’honneur à l’appui.

Il est possible d’envoyer la déclaration sans toutes les pièces jointes, qui seront transmises ensuite durant l’instruction du dossier.

Guide de la poste en Indonésie

Parfois en voyage, on accumule des affaires (souvenirs, vêtements, documents) dont on ne souhaite pas se débarrasser mais qui alourdissent beaucoup trop ! Un petit colis à la maison, c’est encore ce qu’il y a de plus simple pour que notre dos nous remercie.

Kantor Pos Indonesia

En ce matin du 7 mars 2018, on décide de s’alléger donc, et de poster quelques cartes. Voici comment ça s’est passé.

La poste en Indonésie s’appelle simplement Pos Indonesia. Les logos sont noirs et orange, et on en trouve plusieurs bureaux (Kantor Pos) dans les grandes villes. Dans les campagnes, je ne sais pas trop comment ça se passe.
Notre expérience est à Surabaya.

Nous débarquons donc à un petit bureau de poste à 10h du mat’ (Kantor Pos Gubeng). Deux agents sont derrière le comptoir et seulement deux clients. C’est rapidement notre tour (moins de 5 minutes d’attente) et nous sommes accueillis avec grands sourires. Un des deux agents parle un peu l’anglais, et Google Translate fait le reste. Vraiment adorables, pas très rapides certes, mais attentionnés. Ils nous offrent les cartons pour les paquets, la dernière enveloppe qu’ils ont et prennent soin de bien tout scotcher pour que ce soit hermétique et protégé.

Informations à avoir pour les colis

Pour l’adresse du destinataire, il faut ajouter un numéro de téléphone de contact.
Pour l’expéditeur on nous a demandé notre numéro de téléphone également, et une adresse (celle du Kantor Pos suffit).

Il faut également lister tous les items envoyés et estimer la valeur globale pour l’assurance incluse. Il est possible d’envoyer des batteries.

Coûts et délais

Colis

Il y a plusieurs moyens de transport, tous avec suivi et assurance inclus.

  • Par avion en 4 jours, environ 450000 Rp par kg
  • Par avion en 10 jours, environ **300000 Rp par kg** (peut-être
  • limité à 2 kg)Par bateau en 70 jours, environ 125000 Rp par kg et impact environnemental bien plus faible.

Nous avons choisi la dernière option pour 3,3 kg et en avons eu pour 408000 Rp.

Courrier

Pour le courrier, nous avions une enveloppe de 50g à envoyer à l’international (Nouvelle-Zélande). 4 timbres (magnifiques !) pour un total de 20000 Rp. Le délai est moins d’une semaine.

Bilan

Nous aurons passé près d’une heure, mais avons été ravis de l’attention, de la gentillesse, et de la compétence du personnel. Ils ont été patients et compréhensifs face à nos hésitations et nous ont aidé à optimiser les coûts. Notre dos nous en remerciera !

Escapade à Bromo, la vallée des mystères

Jour 1

Arrivée de nuit

Le trajet fut long. Il est 18h passés lorsqu’on s’extirpe du minibus. La toute première sensation ici : nous sommes saisis par la fraicheur du lieu ! Wahou ! On ne se croirait pas du tout en pays tropical, mais plutôt retournés à l’automne en Nouvelle-Zélande.

Il fait nuit, mais les nuages nous cachent les étoiles pour le moment.

Hôtel de luxe et restaurant gastronomique

Un jeune homme ne parlant pas du tout anglais nous ouvre la porte de la Sedulur Ghosthouse (euh Guesthouse) et nous laisse entrer dans un grand salon au carrelage froid. Il porte une grande écharpe sur les épaules et nouée à la taille. Quelques canapés verts et chaises en plastique posés contre les murs habillent un peu la pièce. En face de nous, une TV sans fil, un grand poster vieilli des volcans Bromo et ses frères, et une horloge.

Le jeune homme pousse la porte d’une chambre avec deux lits doubles roses fluo. Une petite couverture sur chacun d’eux mais pas de draps. L’endroit est aussi froid à l’intérieur que notre première impression en sortant du bus.

Nous demandons à voir d’autres chambres et choisissons la plus loin de la route, pour dormir plus au calme.

L’hôtel, à part nous, est désert. Alors lorsque notre hôte nous laisse, nous avons l’étrange impression d’être arrivés dans un hôtel fantôme.

Le ventre crie famine et il s’agit de le calmer au plus vite. Les quelques warungs de la rue principale ne sont pas folichons. On rentre dans le seul avec du monde. Erreur… les nouilles sautées sortent juste du paquet Indomie et ne sont même pas bien cuites, et le riz sauté au poulet a le goût de fruits de mer passés. Heureusement, on discute avec un couple de Français Bretons bien sympas et roots, ça nous fait la soirée !

On se faufile dans nos draps de soi avec toutes les couvertures que nous avons trouvées dans la maison sur nous et nous nous serrons l’un contre l’autre.

Jour 2

La vallée de Bromo

Mis à part l’ambiance austère du lieu, nous avons correctement dormi. C’est donc un peu reposés que nous chaussons les baskets de randonnée et partons à la découverte de la vallée de Bromo.
Nico, dans ses recherches (pour avoir tous nos bons plans, c’est [là](https://BLABLABLA)), nous a trouvé une petite entrée dérobée pour accéder au parc en toute liberté.
La descente est raide dans un chemin de boue, mais après seulement 20 minutes, nous posons le pied dans le coeur de la vallée.

L’atmosphère garde un peu de ce que nous avons vécu hier soir, à croire que cet endroit est mystique. Un toit de brume surplombe toute l’étendue plate, mais l’on devine en face un volcan et l’on aperçoit, bien plus loin, le mont Bromo derrière ce qui semble être une forteresse.

Paysage mystique

Les cavaliers de la Brume

Takatak takatak Takakak, au loin, un cheval, crinière au vent, guidée par un homme des sables couvert d’un cheche sur tout le visage se rapproche de nous tout doucement.

Cavalier de la Brume

Nous traversons ce qui semble être la route de sable, et sommes croisés par une cavalerie entière. Ca vous rappelle l’apocalyspe ? ahaha, oui cet endroit a des airs de bout, ou de fin, du monde ; à la fois beau, sauvage, dangereux, énigmatique !

Apocalyspe ?

Le monastère isolé

Entre les couches de sable fossilisées qui forment des plaques craquelées, nous approchons de la forteresse, qui se trouve être un monastère. A l’intérieur, un petit temple et 3 fidèles en train de prier. Comment sont-ils arrivés là ?

Temple isolé

Le cratère de Bromo

Les visages figés

L’ascension du cratère Bromo n’est pas très difficile. Une quinzaine de minutes le long des coulées de poussières nous permet de remarquer quelques visages figés dans la roche sableuse, tel les témoins d’un autre temps, coincés entre le monde des morts et celui des vivants.

Nico brave la fumée

Les nombreuses marches s’arrêtent à la bouche du cratère. Nous prenons notre temps pour admirer la fumée qui sort de l’eau grise plusieurs centaines de mètres sous nos pieds. Par moment, une légère odeur souffrée parvient à nos naseaux, mais rien de comparable au Mont Ijen ou Rotorua (Nouvelle-Zélande).

Les coulées

Le problème du plastique

C’est malheureux à dire, mais il n’y a pas que des coulées de lave le long de Bromo… il y a aussi celles de déchets. Bouteilles, sachets, mégots… on déplore l’attitude désinvolte des locaux qui, sous nos yeux, jettent leurs déchets sans aucuns remords.

Poubelle ou parc naturel ?

Sur la crète

Nous n’irons pas loin car le tour du cratère semble un peu trop dangereux, cela dit, quelques pas le long de la crète suffisent à nous donner des émotions. D’un côté le cratère à pic, de l’autre les coulés de lave ancienne (pas si ancienne en fait) qui ondulent telles du carton. Devant ce spectacle aride et grandiose, nous sommes tout petit !

Emi sur la crète encore stable

Un peu de repos

Sur la vallée

De retour à la chambre, nous nous reposons un peu avant d’aller manger, car demain, c’est un lever plus que matinal qui nous attend !

Jour 3

Encore un lever avant le soleil

Trois heures du matin. Outch ! C’est les yeux encore tout collés, que nous nous extirpons des couvertures en laine synthétique et de notre drap de soi pour sauter (à l’allure du paresseux) dans notre pantalon de trek et nos chaussures. Lampe frontales sur la tête, nous voilà prêts. Encore baillant, nous fermons la porte de la chambre et commençons la marche.

L’ascension

Il nous faut d’abord traverser le village. Nous nous demandons pourquoi les lumières du devant des maisons sont allumées alors que tout le monde semble encore endormi. On apprendra plus tard que l’Indonésien a peur du noir et pas de sa facture d’électricité. Au bout de 40 minutes, la route goudronnée se raidit et nous en suivons les lacets pentus. Il ne fait plus froid du tout ! Nous voilà tout en nage même si, lorsque nous expirons, on y voit de la buée !

En haut du monde

Après quelques plateformes qui nous ont fait hésiter (serait-ce mieux plus haut ? sera-t-on tous seuls ?), nous choisissons de grimper jusqu’au King Kong Hill, le plus haut de tous les points de vue accessibles à pieds par ce côté.
Zut ! on est un peu déçus, il y a déjà du monde ! Les bougres sont arrivés en mobilette. Mais (le désespoir a dû se lire dans mes yeux) un ptit gars d’ici vient me voir, se penche et parle doucement, comme pour nous dire un secret “Be carefull, very slippery. But up, better. Just 3 minutes”. Vous avez entendu ? Alors c’est parti, on reprend espoir de voir le spectacle sans trop de flash inutiles !

Il n’avait pas menti, c’était bien raide, bien glissant (même pas peur avec mes nouvelles chaussures) mais quel bonheur une fois en haut ! Il n’y a que quelques autres marcheurs méritant et leur guide. Nous trouvons une place et y restons jusqu’à ce que le soleil soit vraiment sorti des nuages.

De la nuit à la pénombre

Levé de soleil sur Bromo

En quelques minutes, on sent que le jour va pointer le bout de son nez. Le noir complet laisse place à une ambiance entre chiens et loups.

La piscine à débordement : les nuages dans la vallée

Marée nuageuse sur Bromo

Le spectacle devient encore plus magique lorsque tous les nuages qui se trouvaient dans la vallée de Bromo commencent à déborder sur le village, découvrant la mer de sable, le monastère et le pied des volcans.

Le monastère se découvre

Les lumières du soleil

A travers les nuages qui changent de formes, les lumières se fraient un chemin. Nous sommes les témoins privilégiés d’un moment qui a certes lieu tous les jours, mais qui vous donne le sentiment d’assister à un spectacle unique dont vous êtes les invités.

Biketrip jusqu’à la vallée

Il est 6h30 passés, et nous sommes seuls. Aaah, on ne changera pas ! l’expérience seule est toujours mieux.
Après une négotiation en bonne et dûe forme, nous chevauchons les mobilettes de deux locaux.

Un aventurier

Une descente de dix bons kilomètres avec des vues extraordianires et surtout, la sensation d’être totalement libres. Quel bonheur !

Les motos de Bromo

Nous atteignons le bas de la vallée et traversons la mer de sable sur nos bolides. Le petit côté Indiana Jones et Lara Croft en vadrouille nous plaît bien et on immortalise le moment par quelques photos avant de rejoindre le centre de la vallée où déjà, les touristes en jeep commencent à arriver.

La vallée vue d’en bas

Nico grimpe le Gunung Batok

(La plume change de main, pour cette partie Nico prend le relais)

La mer de sable est déjà pleine de touristes, à pieds, à motos, en jeeps, en cheval. Les ombres à contre-jour sur les nuages s’entrechoquent telles des fourmies difformes. Je laisse Emilie dans la chaleur montante pour m’élever sur les pentes du Mont Batok.

Le mont Batok est le cousin éteint de Bromo. Ses parois vertes ondulées lui donne la forme d’une grosse charlotte aux fraises dont les boudoirs auraient été trempés dans du jus d’épinard. Bizarre mélange non ? A l’attaque !

Le Batok

8h07, je décolle et me fraie seul un chemin parmi les haute herbes, GPS à l’appui. Le chemin est malheureusement utilisé par les locaux pour créer des décharges sauvages d’enfouissement de bouteilles plastiques. Il faut que je contourne les trous béants pour ne pas finir enterré avec. Et la pente se raidit toujours et encore. S’ensuit une montée de 30 minutes bien corsée. Le chemin ne suit pas de lacets, non non, c’est plus simple tout droit dans les ravines étroites et glissantes creusées par l’eau. C’est de l’escalade tout le long des 280 mètres de dénivelés.

Arrivé en haut, je souffle un bon coup (ça faisait longtemps que je n’avais pas fait du sport comme ça) et apprécie le paysage. Seul au monde, je domine toute la mer de sable, Bromo et ses fumées sulfureuses, les pentes de carton ondulé, et les nuages qui s’amusent à tout effacer. Des pratiquant courangeurs ont déposé quelques offrandes sous la petite statue hindou de ganesha (éléphant).

Et c’est reparti pour la descente en vingt minutes, sur les quatre fers pendant une bonne partie puis en petite foulée pour garder le rythme. Je croise trois Indonésiens montagnards tout sourires et content de voir qu’un Français partage la même passion qu’eux.

Emi part se reposer

Dernier coup d’œil sur ce spectacle grandiose

Je prends le même chemin qu’hier pour rentrer après avoir immortalisé par de jolies photos Nico qui crapahute à bon rythme sur le petit mont qu’il a décidé de gravir.
A la chambre, je profite d’un moment tranquille : douche bien chaude, lecture et application d’un masque à l’aloe vera qui trainait dans mon sac depuis Taiwan (bah oui faut faire de la place hein !) Je ne sais pas si ma peau est hydratée, mais j’ai le sentiment d’avoir les traits moins tirés malgré le manque de sommeil. Un pur petit plaisir de fille =)

Un départ compliqué

La porte vole en éclat (j’ai toujours le masque sur le visage) et un monsieur que je ne connait ni d’Eve ni d’Adam débarque en agitant son téléphone. “Nicolas”, “Nicolas…” dit-il avec un regard qui lui sort des orbites.
“Euh, non moi c’est Emilie, mais oui, lui c’est mon partenaire, il va bientôt rentrer il faudra repasser”.
Il s’avère que c’est notre chauffeur (Nico devait réserver le minibus pour le départ). Il me dit qu’il repasse dans une heure, mais ce monsieur n’est jamais revenu.
A son retour, Nico est contrarié. Il avait contacté le chauffeur pour un départ à 11h et il n’est même pas 10h10… Du coup, il va nous falloir trouver le bus local. On met les sacs sur le dos, et on part pour une tout autre aventure, celle de réussir à monter dans un bus tout rouillé tenu par un chauffeur aigre et brut. Youpi !!!

Guide pour renouveler son visa 30 jours en Indonésie

Souhaitant rester deux mois nous avons du renouveler notre visa 30 jours. Nous avons choisi la ville de Yogyakarta (agréable et plein de choses à faire) pour faire les démarches qui prennent plusieurs jours.

Quel visa est renouvelable ?

En Indonésie il y a trois types de visa touristes (visit visa) :

  • Le visa gratuit qu’on obtient à l’arrivée. 30 jours, non renouvelable.
  • Le visa payant ($35) qu’on obtient à l’arrivée. 30 jours, renouvelable une unique fois 30 jours.
  • Le visa payant ($35) qu’on obtient avant l’arrivée, 60 jours, renouvelable une unique fois 30 jours.

A savoir avant de commencer

  • Impossible de renouveler un visa gratuit obtenu à l’arrivée
  • La démarche de renouvellement prend au moins 4 jours (hors week-ends et jours fériés). Prévoir de rester dans la même ville à ce moment-là.
  • Il y a 3 rendez-vous : la dépose du dossier, la prise d’empreintes et de photo et le paiement, la récupération du passeport.
  • Il est possible de passer par une agence, mais cela est onéreux et il faudra de toute façon se déplacer pour le 2e rendez-vous
  • La liste des villes proposant un service d’immigration est disponible ici

Bureau de l’immigration de Yogyakarta

Situé à côté de l’aéroport, il est accessible en transports en communs. Le TransYogya (ligne 1A) met 30 minutes depuis le centre (rue Malioboro) pour 3500 Rp par personne. En heure de pointe le matin, ça peut mettre 45 minutes.

Une fois arrivé à la gare routière de l’aéroport, se frayer un chemin à travers le parking pour rejoindre la grande artère principale. Le grand bâtiment blanc de l’immigration est le premier à gauche. L’entrée est en haut des escaliers.

En moto, il y a un parking sécurisé sous le bâtiment (1000 Rp).

Il y a des toilettes gratuites dans le parking (pratique pour se changer), et une boutique qui fait des photocopies pour 500 Rp la page.

1ère étape – Dépôt de dossier

On nous avait prévenu d’arriver pas trop tard, nous sommes vendredi et il est 12h30 lorsque nous passons les portes. Le personnel de l’accueil n’est pas désagréable mais plutôt blasé. Il faut jouer des coudes pour ne pas se faire passer devant et faire notre demande de renouvellement.
On nous donne un dossier rose, et une feuille blanche à remplir.
Un peu démunis, nous voyons la grande salle d’attente derrière, pleine. Quelques Français nous indiquent qu’il faut arriver avant 10h du matin pour retirer un ticket, avoir tous les documents de la liste prêts, et être habillés “convenablement” (pas de tongs, pas de débardeurs et pantalon obligatoires). Une Française nous dit aussi qu’à l’accueil ils ont oublié de nous fournir les formulaires pour le sponsor obligatoire, le local qui doit se porter caution pour nous. Après investigation, ce sponsor n’est nécessaire qu’en cas de visa social (donc pas le touristique).
Aujourd’hui c’est choux blanc, on reviendra lundi à l’ouverture. Trois jours de perdus, le temps d’une excursion à Borobudur !

La liste des documents à avoir :

  • Passeport (ils le gardent durant tout la procédure)
  • Copie du passeport, sur une page A4 (ils ont refusé l’impression sur une page A5…)
  • Copie du visa actuel, sur une page A4
  • Impression d’un ticket de sortie du territoire avant la date de fin du visa demandé (si vous n’avez pas de ticket de retour, ou voyagez comme nous sans avion, on vous livrera notre astuce très vite !
  • Preuve de logement durant l’instruction du dossier (peut-être optionnel, mais on nous l’avait fortement conseillé
  • Le formulaire remis par l’accueil dûment rempli
  • Le tout dans la chemise rose distribuée à l’accueil (dont la couverture doit être complétée par vos informations personnelles)

Pochette rose

Formulaire

Avec quoi venir :

  • Pas d’appareil photo
  • Des chaussures fermées, chaussettes, un pantalon, un haut manches longues pour les femmes et une écharpe
  • Un stylo noir (les leurs ne fonctionnent pas)
  • De la patience et de la bonne humeur (pour contrecarrer la leur) !

Lundi matin, nous sommes à 7h10 devant le bâtiment. Nous sommes les seuls étrangers. A 7h30 les portes s’ouvrent. Nous sommes les seconds à tirer les tickets de passage (Dxxx).

Les bureaux ouvrent à 8h et commencent à débiter la file d’attente. Le bureau réservé aux étrangers a fait la grasse mat’, il n’ouvre qu’à 8h20. Deux personnes, un homme aussi direct que désagréable, et une jeune femme plus douce et accueillante.

Nous n’avions pas eu le temps d’imprimer quelques documents. Je fait un aller-retour express dans la boutique informatique la plus proche. Il faut réussir à traverser l’artère principale 2×2 voies, partir sur la gauche et prendre la première à droite. En face de l’Uni hôtel, il y a une boutique mais qui était fermée lors de notre passage. Il y en a une plus loin sur la droite à environ 350m de l’artère Jalan Jogja Solo. Le patron parle anglais et fait les impressions pour 500 Rp la page.
Pendant ce temps, Emi vérifie les rendez-vous et échange ses tickets avec ceux de la voisine pour me laisser le temps de revenir de ma “mission impression”.

Nous passons à 9h au comptoir, chacun notre tour. Ils collectent notre dossier complet et nous pris de patienter. Une demi-heure plus tard, tout est bon, ils gardent tout le dossier, passeport compris, et nous donnent un petit papier imprimé écrit en indonésien où est marqué le montant à payer : 355000 Rp.
D’après ce que nous disent les expat’ et touristes récurrents, s’ils avaient du bloquer notre demande, ils l’auraient fait maintenant. Donc a priori tout est bon !

Sur cette feuille ils ont également marqué les prochains rendez-vous :

  • 2e rendez-vous : dans deux jours, le matin à 9h
  • 3e rendez-vous : dans trois jours, l’après-midi à 13h

Photo du papier

Nous repartons en bus, l’heure de pointe passée. Bilan : nous confirmons qu’il faut arriver tôt, mais arriver à 9h permet encore de passer sans trop d’attente.

Payer le nouveau visa

Pour payer le visa il faut se rendre dans un bureau de poste (Kantor Pos) ou dans une banque. Il semblerait que toutes les banques n’acceptent pas. Nous optons donc pour un bureau de poste. Manque de chance, le petit bureau de poste dans lequel nous allons en ville n’accepte pas ce paiement.

Nous payons donc à la poste centrale de Yogyakarta (en face du musée Sonobudoyo). Il est aussi possible de payer directement dans le camion Kantor Pos sur le parking du bâtiment de l’immigration (mais personne ne vous le dira!).

On présente l’imprimé avec le code barre, on paie, on récupère le papier et un reçu que nous gardons précieusement.

2nde étape – Paiement, photo et empreintes

A 9h et quelques, nous arrivons directement au comptoir entre deux “clients”, et donnons nos reçus de paiement. Ils prennent acte et préviennent la photographe de notre arrivée.

Nous attendons 10 minutes, puis on nous appelle par notre nom. Émilie se fait interroger brièvement sur notre raison du renouvellement, moi non. Photo du visage, et prise d’empreintes des dix doigts. Et zouh, c’est terminé pour aujourd’hui !

3ème étape – Récupération du passeport

A 13h et quelques, nous arrivons directement au comptoir des agents chargés des étrangers, sans prendre de ticket. Le personnel nous reconnaît et nous demande d’attendre un instant. Cinq minutes plus tard, ils nous tendent nos passeports et nous font signer un registre.

Easy peasy !

Photo de nous avec nos passeports

Bilan

Une fois le premier passage long, stressant et exigeant, le reste n’est que formalité administrative. Et avec ce guide, vous pourrez barrer le stressant et exigeant !

Remerciements

Nous remercions l’agence Bali Floating Leaf pour son [article](https://balifloatingleaf.com/extend-visa-bali) applicable à Bali (en anglais), qui nous a permis d’anticiper un peu les démarches.

Le [site officiel de l’immigration](www.imigrasi.go.id/index.php/en/public-services/visit-visa#procedure) est avare en explications.

Le Barong de la débrouille

Pendant notre semaine de volontariat à l’Ijen Shelter, en plus de notre “accompagnement sur le management de son éco-projet”, nous avons eu la chance de laisser libre court à notre créativité pour confectionner une boite à suggestions décorative, haute en couleur et en traditions locales.
Alors, nous allons créer un Barong (originellement de grandes marionnettes occupées par deux hommes qui servent lors des défilés), dont la bouche sera le receptacle des suggestions des clients.

Pour en savoir plus sur ce qu’est un Barong, Nico nous a rédigé un petit article.

Retour sur les étapes d’une œuvre qui nous a demandé temps et patience, ingéniosité et débrouille, et un vrai travail d’équipe.

De l’idée au croquis

Au dessin, c’est Émilie qui s’y colle. Elle compare sur internet différents modèles et commence quelques croquis. Ses expériences en dessins, volumes et colorisation nous font gagner un temps précieux.

Maintenant que les traits sont faits, sur quel support le réalise-t-on ?

Mais au fait, qu’a-t-on comme outils et matériaux ?

Là commence l’aventure. Car la contrainte est de taille : réaliser le Barong avec les moyens et matériaux du bord.

Nous allons faire un tour sous l’appentis des rebus en quête de nos supports – attention aux serpents et scorpions qui hantent ces lieux.
Un vieux pneu, des bottes trouées en caoutchouc, du bois vermoulu… mmmh bon, pas vraiment. L’idée d’utiliser ces matériaux ne nous enchantent pas, ça ne colle pas avec le projet.

Nicolas va vérifier les outils dont on dispose et revient, tout fier avec une scie sauteuse et quelques clous… Ok, il nous faut du bois alors !

Un bout de planche pétée ? des bouchons de bouteilles en plastique colorés ? des bouts de ficelle ?

Une heure plus tard, nous sommes face à deux grandes planches de contreplaqué à ressusciter, des scies, une multi-prise, un crayon à papier et une gomme. C’est parti !

Négociations dessin / réalisation

Nous discutons de la faisabilité de la découpe (aux commandes de cette partie M. Piquemal !) en réadaptant les croquis d’Émilie. Deux contraintes : ils doivent être compatibles avec le maniement des engins, et limiter les chutes de bois inutilisables. Qu’à cela ne tienne, nous optons tout de même pour des formes spéciales.
Emi se charge de la tête et de la bouche aux détails minutieux, tandis que Nico tente les motifs exotiques de l’arrière plan.

Le dessin

Menuiserie en menue scierie

L’étape de la découpe est arrivée. Pas le droit à l’erreur ! Nico passe les planches au papier de verre pour leur redonner une seconde jeunesse.
Puis vient la traditionnelle mise en position / maintien en position / usinage. Fabriquons-nous une scierie-atelier improvisé.

Les débuts de la découpe

Mise en position ? La planche repose hasardeusement sur un bord de terrasse en béton et des bouts de bambous et bois bancales, à quelques centimètres à peine du sol pour laisser passer la scie.

Nico à l’oeuvre

Maintien en position ? Bon, on oublie les serre-joints. Emi s’assoie et fait plier les bambous juste ce qu’il faut pour pas que ça bouge. Côté sécu on repassera.

L’art du détail

Usinage ? La multiprise qui pend du plafond semble fonctionner. Nico met le derrière vers le ciel et la scie au sol, et c’est parti !

Un peu de ponçage

Une bonne heure d’effort plus tard, nous avons de jolies planches que l’on superpose les unes sur les autres. Ça prend sacrément forme c’t’histoire.

Retouche des courbes avant la découpe

Peinture aboie

Ajustement des contours pour la colorisation

C’est dimanche et nous n’avons pas suffisamment de peinture pour commencer la coloration. Il faut en effet commencer par les couleurs pâles pour aller progressivement vers les couleurs plus vives et le noirs (en cas de râté, c’est plus facile à retravailler). En fin de journée, Daniella revient triomphante de sa chasse au pots de peinture : on a le droit à du blanc, du bleu et du jaune (pour métal), en plus des orange passé et vert mou (sous couches antirouilles ?), et noir et rouge brillants (pour métal aussi ?). On fera de notre mieux.

Par petites touches

On laisse sécher la peinture

Nous appliquons alors les premières touches de couleurs. Noooon ! Les deux chiens de Daniella sont lâchés… Vite faut tout ranger avant qu’ils ne sautent partout.

La touche finale

On passe aux tons clairs

Notre barong est beau mais ressemble beaucoup à un barong balinais. Quelle est la différence avec le Barong local javanais ? L’arrière plan a des grandes plumes colorées.

Alors nous décidons d’ajouter une couche de plus à l’arrière. C’est ambitieux… Sur bois ce serait trop lourd, on opte pour upcycler un grand bout de rouleau plastique qui sert de bouche-trou pour les toitures.

La directrice de colo en pleine activité

Le style est plus flou et impressionniste que les premiers éléments, c’est Emi qui exprime ses talents d’artiste.
Le lendemain on y ajoute le bleu, sous les yeux curieux des enfants des clients qui viennent nous demander ce qu’on l’on fabrique.

Et ça rend bien !

On a mis les mains dans le camboui

Il est 23h, la veille de notre départ de l’Ijen Shelter… et il faut que cela sèche. Alors tant pis faut finir. Émilie essaie d’ouvrir le pot de laque noire qui est scellé par une couche de vieille peinture puis… plouf ! d’un coup d’un seul, se retrouve la main dans le mazout. Beurk !

ouuuuuups

Évidemment ce n’est pas de la peinture à l’eau.
Après avoir péniblement enlevé la peinture de ses mains (et sans doute un peu de peau) elle achève sa mission.

Finitions de noir

Un ptit clou et le tour est joué

Nico passe à l’action le lendemain matin, il coupe, cloue et glue le tout. Et voilà, un beau barong réalisé avec patience et coopération !

On sent la maîtrise

Un ptit clou et puis c’est tout

Daniella la couturière se charge de la barbe-sac qui sert également de recueil à suggestions.

on en est assez fiers

Glissez votre petit mot dans la bouche et le tour est joué !

Le barong prend possession des lieux

Snorkeling à Menjangan

On part en snorkeling sur Menjangan

C’est le 12 février, j’ai 28 ans aujourd’hui ! Oh! 28 ? Déjà ? On s’inquiète un peu de la météo car il fait bien gris ce matin… tant pis on tente, ce serait dommage de ne pas célébrer ça. Et on fait bien, car à partir de 9h les nuages se dissipent doucement pour laisser place à un beau ciel bleu qui durera toute la matinée !

Le gérant de notre centre de plongée passe nous chercher et nous dépose à la base pour essayer l’attirail masque tuba et palmes. Tout est ok, on peut y aller ! On grimpe alors dans un bus (Nico remarque que c’est un Mitsubishi la même marque que son van… mais celui là si on avait voulu le vendre cela aurait été plus compliqué !)

Quinze minutes de trajet le long de la côte en traversant les petits villages nous sont nécessaires pour rejoindre le port. Une petite jetée sur un ponton de bois et de nombreux bateaux de pêcheurs colorés. Magnifique !

C’est parti !

Nous embarquons avec nos compagnons de la journée, un couple de retraités suisses venus faire de la plongée. Le bateau démarre et nous longeons le port de pêcheurs et sa mangrove. Le paysage est paradisiaque. Sur la route, nous accueillons un autre couple de la république tchèque et c’est à 6 plus le moniteur de plongée, le guide de snorkeling et le gentil capitaine, que nous prenons le large. En face, mais pas si près, Menjangan nous attends, à 30 minutes de traversée.

Cathedral cave et Base 1 : un si beau monde envahit par le plastique…

Le masque sur le nez, le tuba dans la bouche, les pieds palmés, nous voilà harnachés comme Cousteau (ou presque…) ! On saute dans l’eau.

Nous avons pieds et déjà pleins de poissons multicolores se baladent autour de nous. Trop chouette ! Pendant une petite heure, nous allons longer la côte.

Plastique ou méduses

A ma droite, un récif corallien avec peu de fond et plein de petits poissons mignons dans des coraux multicolores. A ma gauche, un mur qui descend à pic, orné de coraux très variés et occupé par des poissons de plus en plus gros. Un pur moment de magie, jusqu’à ce que je croise un sac plastique, puis deux, puis trois… C’est un corail-de plastique et un banc de bouteilles qui flottent à la surface. Plus ça va, plus je suis attristée par ce spectacle. Qu’avons nous fait à notre belle planète ?

Je n’y tiens plus, je ramasse ce qui se trouve sur ma route et le range dans la poche de mon pantalon (oui je fais du snorkeling avec un bermuda de sport…ça évite de prier pour de l’aloe vera le soir venu). En sortant, mes poches sont pleines à craquer et je les mets dans la poubelle… Un petit effort, et j’espère quelques poissons et tortues de sauvées mais vu ce qu’il reste dans la mer, je me sens presque impuissante !

Nous déjeunons sur le bateau un Nasi Goreng et une petite biche vient sur la plage nous dire bonjour.

Blue garden, un festival de couleurs !

A quelques minutes du premier spot de plongée, Blue Garden. Je n’aurais pas cru qu’aussi près, le spectacle serait si différent ! Déjà, pas de ponton pour accoster le bateau, il faut sauter à l’eau dans une mer bleue foncée d’où on ne voit pas le fond. Ça fait tout drôle de se retrouver au milieu de l’océan à ne voir que ses petites palmes (oui petite, j’ai eu les palmes enfant car mes petons sont trop fins et riquiqui haha).

Des oeufs ?

J’avance de 10 mètres… et là, la magie opère. Déjà, pas un plastique à l’horizon, youpi !! Près de la falaise, au milieu de l’eau se dresse un gros rocher de plusieurs dizaines de mètres recouvert de coraux de toutes sortes. Du vrai corail, ces champignons beiges qui poussent en bandes, des gorgones, sortes de grandes feuilles de mer aux teintes orangées, du corail bleu, un vrai labyrinthe pour ces petits poissons, du corail mou et spongieux et du corail de feu. Un vrai festival je vous dis !

Coupé net, le plancher corallien dessine une falaise sous marine qui descend si profond que je ne vois pas le bout, et, sous moi, je sens le vide de la profondeur. De ci et là, des bulles remontent à la surface. Les plongeurs ne sont pas loin.

Némo

On voit de tout, du petit poisson clown (le cousin de Némo), à la demoiselle, en passant par des armadas de poissons perroquets multicolores et j’en passe… Nous avons essayé de prendre des photos, mais forcément, la réalité est tout autre ! On a a-do-ré ! A tel point qu’on tourne en rond autour du bateau pour continuer à les observer jusqu’à ce que le guide nous dise qu’il est temps d’aller chercher les plongeurs. Wahou !

On a faillit rester au milieu de l’océan

Au milieu de chemin de retour, alors que les vagues se font plus fortes, le moteur s’arrête. Le capitaine finit par démonter le moteur. Rien ne semble marcher mais tout le monde reste calme. Un autre bateau de pêcheurs vient à notre secours et accroche une toute petite corde pour nous tracter. Forcément, celle-ci rompt… On en essaie une deuxième ! Après plus de dix minutes à tout petit train car le moteur du bateau qui nous tracte semble peiner un peu, notre moteur redémarre, et c’est sans embûches, que nous atteignons le port. Ouf !

La belle vie à Pémuteran

Pemuteran, coquillages et plages (pas vraiment) abandonnées

En arrivant à Pemuteran par la route du Nord, on est accueillis par les singes qui toisent les véhicules le long de la route. Petit village local transformé en station balnéaire. Ici s’enchaînent les centres de plongée, les restos locaux redécorés à la mode touristique, les spas et centres de massage, les petits hôtels juxtaposés aux gros complexes avec bungalows et restaurants de luxe. Ne croyez surtout pas qu’il faut passer son chemin, il y a de belles surprises =)

Sur la plage principale, des enfants locaux jouent au foot. L’un marque un but entre les deux noix de coco représentant la cage de son adversaire. Il saute, bras en l’air et grand sourire, avant de passer son t-shirt rouge derrière son cou, tel un sportif professionnel.

Les enfants jouant au foot sur la plage

Des familles se baignent, tous habillés de leurs vêtements quotidien qui, lorsqu’ils ressortent de l’eau leur colle à la peau. Les chants musulmans se font entendre près des cabanes de pêcheurs à travers des hauts parleurs et le soleil commence à se coucher, laissant dans le ciel, des traînées colorées.

Pour vous faire vivre un peu cette ambiance détendue, nous avons collecté les souvenirs agréables que nous avons de la ville.

Home Sweet Home

A Tri Jaya Guesthouse, Le personnel est d’une gentillesse déconcertante. Habillés de rouge et en sarong, petit turban sur la tête, ils nous accueillent avec leur sourire, un jus de fruit, et du thé à volonté.
Dans notre grande chambre simple et épurée (pour un tarif raisonnable de 110000 roupies, soit moins de 7€ pour deux) nous apprécions particulièrement la salle de bain, dont la douche est une cascade qui s’écoule sur les petits cailloux au sol et contre les rochers (faux mais réalistes) des murs.

Une cascade dans ma chambre…Wahou !

Boy sweet boy

Après le snorkelling pour mon anniversaire, je découvre sur le lit un joli pliage de serviette en cygne avec pleins de fleurs rouge et un petit mot : “Happy 28th birthday Emilie”.

Une jolie attention

L’un des jeunes du personnel vient me voir (il est en congés…) pour me dire que c’est aussi son anniversaire et qu’il attendait notre retour pour me fêter une merveilleuse année, maintenant, il part faire la fête avec ses amis. Quelle gentillesse !

Snorkelling et tonnerre

Pemuteran, c’est aussi ses plages avec des fonds marins en reconstruction. Ils ont été détruits par de la pêche intensive (bombing, oui, vraiment ça existe) mais maintenant protégés. Deux après-midi successives nous avons testé le coin juste avant la pluie. Et de toute façon, dans l’eau on est mouillés quand même alors bon. Nous empruntons un masque à un adorable monsieur (celui qui nous a vendu le snorkelling à la Putu Guesthouse) et nous faisons un tour sur le BioRock®.

Le Biorock®

Le Biorock® c’est une drôle de construction alimentée par du courant électrique. Oui oui vous avez bien lu !
Depuis la plage, on entre dans un “couloir” sécurisé (où il n’y a pas de câble) et quelques mètres plus loin, on enfile son masque pour partir découvrir ces coraux “artificiels”.

Devant le peu de vie marine après une pêche trop intensive, les locaux, aidés par quelques ONG, on eu l’idée de faire pousser du corail !
Rien que pour le projet, on valide !

Biorock

Quelques némos, un serpent de mer, de jolis jeunes coraux de plusieurs couleurs, a priori on peut dire que le projet à l’air de fonctionner. Si cela n’a rien à voir avec la richesse et la diversité de ce que l’on a pu voir lors de notre sortie snorkelling à Menjangan, l’endroit est facile d’accès pour tous, gratuit, et promeut la conservation et la restauration des écosystèmes, ce qui, bien entendu, vaut des points!

Frangipane et douceur

Pémuteran, c’est aussi un endroit chouette pour profiter des douceurs du massage balinais. Après avoir sélectionné notre spa dans une ambiance romantique et près de la plage (le Tirta Sari), nous prenons place sur les tables de massage.

J’ai choisi une huile à la frangipane (qui me rappelle les vacances et le soleil). La masseuse lance la musique balinaise, à la fois exotique et relaxante et disperse quelques fleurs dans la pièce.

Après une heure de détente totale, des pieds à la tête, on en ressort parfumés aux onguents fleuris, la peau douce, les cheveux défaits et le visage détendu. I’m in heaven !

J’ai pas l’air détendue là ? =)

Quand l’appétit va tout va

A Pemuteran, on ne s’est pas laissés mourir de faim ! Les petits restaurants locaux le long de la route nous on régalé d’Ayam Betutu Goreng (cuisse de poulet frite avec des légumes et du riz), de Nasi Goreng (Riz sauté) au poisson, d’assiettes garnies au tahu (tofu fris) et steak de soja sur petits légumes…

Goûter pluvieux, goûter heureux

Le 12 février après-midi, le ciel se couvre de gris, le tonnerre commence à gronder et les gouttes perlent sur le sol…il est temps de prendre un goûter d’anniversaire ! Je commande un thé, un pancake à la banane et des beignets à la banane que nous partageons sur la terrasse en regardant les gouttes.

Les pieds dans le sable, ambiance magique

Toujours le 12 février, on clôture la journée de célébration de mon anniversaire par un restaurant au bord de la plage.

Un endroit parfait pour fêter son anniversaire

Il fait nuit, mais on entend le remous des vagues. Je pose mes pieds dans le sable gris et j’observe toutes les petites lumières multicolores accrochées dans la pagode. Il n’y a personne hormis 4 serveurs.
On nous présente la carte et nous choisissons nos cocktails apéritifs, deux plats de poissons et un dessert en guise de gâteau. Tout est bon, tout est raffiné, bien présenté… Je souffle ma bougie sur une crêpe verte garnie à la noix de coco, et nous partons faire dodo après une journée très réussie ! Comme quoi prendre un coup de vieux, ça peut avoir du bon ! =)

Et sinon le snorkelling c’était comment ? Tu peux aller lire cet article pour le savoir.

De Munduk à Pémutéran

Adieu Munduk

Aujourd’hui, on change de région !
On se lève tôt car il faut décoller à 8 pour être à temps à Seririt pour le bus. A Bali il n’y a pas vraiment de transport en commun dans le centre. A Munduk, il y a parfois un bus local, mais on ne sait jamais quand ni si il part.
Dernier petit déj face à la montagne : tartines de pain de mie avec crème de marron française 🙂 et on finit ainsi le super colis de Noël familial !

De Munduk à Pemuteran

On prend donc le taxi avec notre hôte. Son chauffeur a trop mal à la tête, on comprend qu’il a la gueule de bois suite à une soirée en peu arrosée. Trajet tout en descente, sous un grand soleil. C’est dimanche, les locaux s’affairent dans les temples et écoles pour remettre en état les jardins et plantes. Ça coupe, cisaille, replante, enlève la mousse.
On passe par la capitale balinaise du durian, ce gros fruit ovale jaune à l’écorce piquante. Plein d’échoppes vendent ces fruits qui puent sur le bord de la route. Notre hôte nous explique qu’il a interdit ces fruits dans les chambres tellement l’odeur incommodante est forte !

Seririt et les transports publics

Seririt, grande ville animée locale et sans touriste. Notre chauffeur nous laisse sur le bord de la route. Visiblement c’est là l’arrêt de bus (impossible de le savoir, il n’y a rien de marqué), et les bemo (mini-bus locaux) sont un peu plus loin. La compagnie de bus est Putra Jaya (ou Adi Jaya) et fait passer 2 à 3 bus les matins entre Surabaya et Gilimanuk, en fonction du monde. Vaut donc mieux viser les premiers pour être sûr qu’il y en ait un. Ils passent à horaire variable et il faut les héler sur leur trajet.
Comme on n’en voit pas passer, un chauffeur de bemo vient nous alpaguer. 100000 roupies pour deux ! on n’accepte pas à plus de 80000 roupies (5€).
Et on monte dans ce mini-bus tout rouge, dont on voit la route à travers le sol. Dix minutes plus tard, on est chanceux, il démarre avec nous seulement à bord. Normalement il part que lorsqu’il est plein.

Route Nord

Sur le trajet, notre bus peine à dépasser les vingt-cinq kilomètres heure. La route va être longue. On se fait d’ailleurs doubler par d’autres bemos plus rapides mais tout aussi vides.

La route Nord longe la mer et traverse des petits villages locaux.
Scooters, petits camions, petits bus, voitures, il y a du monde.
On effleure un scooter qui tente de doubler dangereusement, et Boooom c’est la chute. Les deux occupants avaient un casque mais on du mal à se relever. Tout le trafic s’arrête, les scooters s’empressent de bloquer la route et porter secours, alors que notre chauffeur impassible grogne et ne ralentit pas. Ce n’est que plus loin, à l’abri des regards qu’il s’arrête pour constater les dégâts sur l’arrière de son bus, dépité.
Qui est en tort ? on n’a pas su. Mais on a été surpris en bien de la rapidité d’action des Balinais pour porter secours, et surpris en mal du comportement du chauffeur du bemo.

Pemuteran

Après un trajet modérément long mais épique, nous arrivons à Pemuteran. Il ne nous reste plus qu’à trouver notre maison d’hôte et y déposer nos sacs à dos.

Cultures et traditions balinaises

 

Au cours de nos déambulations balinaises, nous avons rencontré les locaux qui nous ont appris les us et coutumes de leur île. Voici ce que nous avons retenu.

Castes et prénoms

Pour parler des prénoms, il faut commencer par les castes. Nous apprenons alors qu’en Indonésie il y a quatre castes. Apparemment ce n’est pas comme en Inde avec des relations hiérarchiques entre les castes. Ici, ce sont plutôt des ethnies. Autrefois, il n’était possible de se marier qu’entre personnes d’une même caste. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, à part une d’entre elles : la caste musulmane stricte (représentée au Nord de Sumatra vers Aceh).

Alors pourquoi les castes sont elles reliées aux prénoms ?
Les prénoms sont par ordre d’arrivée dans la famille. Il y a donc “le premier garçon”, “le deuxième garçon”, “le troisième”, “le quatrième”. Pareil pour les filles. Et ensuite on revient au début. Le cinquième c’est donc le même prénom que le premier.
Enfin presque, car par “ordre” il y a le choix entre deux à trois prénoms. Par exemple, dans la caste de notre chauffeur Roja, le premier peut s’appeler “Putu” (tient, c’était aussi le nom de notre chauffeur de la veille), en gros “l’aîné”.
Marrant nom ? euh, marrant non ?

Religion et karma

Bali est à plus de 60% hindoue. La grande majorité des maisons a son propre petit temple familial où vénérer les divinités.

Les Hindous sont sensibles au Karma. Ils croient en la réincarnation : si le Karma d’un mourant n’est pas parfait, il se réincarne à nouveau pour continuer d’améliorer son Karma. La libération étant lorsqu’il n’y a plus de réincarnation.
Pourquoi notre chauffeur Roja croit à la réincarnation ? les bébés lorsqu’ils naissent, ils crient et pleurent non ? alors que ça devrait être un moment joyeux. C’est donc qu’ils reçoivent la lourde tâche de vivre à nouveau une vie dure sur terre.

Ce que nous comprenons néanmoins est que la religion pousse la population a avoir un bon Karma, donc un bon comportement. La vie des Hindous est basée sur le concept du Tri Hita Katana (trois / joie, bonheur / façon, moyen) : les trois voies permettant à tout Hindou d’atteindre le bien-être physique et spirituel. Ces trois voies étant : respect de ses dieux, respect des autres, respect de la nature.

Pour le respect des dieux, c’est bon ! Chaque maison de chaque village a son petit temple, et les offrandes (riz, piécettes, biscuits dans des petits paniers en feuille) sont omniprésentes au pied des statues, devantures de magasins et paliers.

Pour le respect des autres, il est vrai que nous sentons un état d’esprit d’entraide et non de compétition. Nous avons été témoin d’accidents de la route, tout le monde se précipite à la rescousse des victimes. Et d’un point de vue plus général, la majorité de la population est adorable et serviable. Nos discussions avec les locaux (chauffeurs de taxi et hôtes notamment) confirment qu’il y a peu de vols, incivilités et autres crimes à Bali par rapport aux autres îles d’Indonésie. D’après eux, leur religion en serait la cause.

Pour la nature… eh bien… les tonnes de plastique polluant la terre et les cours d’eau, les déchets jetés par terre, le savon directement dans les canaux des rizières, nous en font penser autrement. Mais il faut dire que tout change vite, et que les infrastructures ne suivent pas. Depuis des centaines d’années les gens n’ont que des matériaux biodégradables, ils ne sont pas habitués aux matières polluantes.

Bali et l’environnement

Plusieurs fois nos interlocuteurs ont été sensibles aux questions d’environnement. Et c’est tant mieux !
Par environnement, ils comprennent pollution de l’eau et gestion des déchets. Parfois on nous parle de changement climatique et ses impacts sur le climat local qui se dérègle.

Un de nos chauffeurs (Roja) nous raconte que son village a décidé d’améliorer sa propreté. Roja fait partie de l’organisation de la collecte des ordures en triant compostable et recyclable (deux poubelles). Il n’est visiblement pas possible (prend trop de place) de composter dans le village, il faut donc tout transporter à la décharge et au centre de tri. C’est un coût de 9000€ au village tous les ans, et apparemment un réel effort budgétaire que chacun peine à supporter.

Avec la quantité de plastique dans les cours d’eau, champs, rues, quel avenir pour Bali si les infrastructures de tri ne sont pas supportées par l’état ?

Deux balades à ne pas manquer à Munduk

Munduk est propice aux balades. Nichée au sommet d’une crête qui redescend vers la mer, entourée de forêts tropicales et rizières, c’est une destination de choix.

Nous avons naturellement traîné nos semelles sur deux circuits :

  • le classique de Munduk (les trois cascades) avec des variantes hors
  • sentiers battus,et le “à la carte” perdu dans un coin de paradis dans les rizières.

Les trois cascades

Durée : 2h30 en boucle en prenant son temps
Dénivelé : moins de 200m, une bonne volée de marches
Difficulté : Rando facile
Période : Commencer le matin pour éviter les grosses chaleurs, et profiter des vues ensoleillées avant l’arrivée des nuages

On chausse les baskets de randos, direction la randonnée des 3 cascades. Les hôtels du coin donnent une carte dessinée à la main, le mieux étant encore d’avoir Maps.Me ou Viewranger avec la carte du coin chargée dessus (Nico en parle ici). Le mieux est de faire la boucle en sens horaire, elle commence juste à côté du Taman Ayu Homestay (d’ailleurs le restau est top, la dame charmante et les plats simples, excellents et bons marchés) par un petit chemin bétonné pour motos.

Un guide pas comme les autres

Sur le chemin, nous faisons la rencontre d’une petite chienne pas bien épaisse et très amicale qui semble vouloir nous montrer le chemin. On l’adopte pour la balade, avec ses petits yeux marrons luisants, elle nous fait craquer. Nous avions lu que dans la région il y avait de nombreux chiens errants qui effraient les touristes. Nous avons notre ange gardien avec nous !

Ange gardien

1ère cascade – Laangan Melanting

Nous traversons les petits sentiers sous les bois. Pas vraiment possible de se perdre, le chemin passe le long des petites maisons en béton, bois et tôle où on nous propose quelque fois un thé ou un café contre quelques billets. Ce sera pour une prochaine fois !

Nous sommes surpris de voir l’intérêt des locaux pour agrémenter les bords de chemin avec des plantes colorées locales. C’est certes simple, mais joli et attentionné. Plantes d’intérieurs en Europe, ici elles poussent et se repoussent tellement le climat leur plaît. Feuilles vertes foncées, grises, roses, rouges, bleues, et parfois tout en même temps.

Belle plante colorée

Le chemin de béton s’arrête, et nous traversons la rivière pour gravir une pente qui nous fait éliminer le petit déjeuner vite fait (ou du moins évaporer le thé). Au croisement, nous prenons à gauche pour redescendre les marches toujours bordées de belles plantes jusqu’à la première guérite pour payer l’entrée de la cascade (un concept qu’on ne connaissait pas). Notre ange gardien fait fuir les chiens qui aboient dans les maisons alentours, merci la miss !

Emi grimpe

Nous poursuivons la descente vers la chute d’eau, qui déjà à plusieurs dizaines de mètres de distance nous plonge dans la brume. Des arbres cultivés (café, durians, jackfruits) et belles araignées (même un serpent) agrémentent la balade.

Araignée

Soudain la voilà, elle en impose, mais difficile de s’approcher de trop près. On déplore quelques morceaux de plastique de ci-et-là. Il est temps de remonter toutes les marches deux par deux et continuer notre chemin.

Laangan Melanting

2ème cascade – Labuhan Kebo

Notre deuxième arrêt est plus caché et il reste notre préféré ! Après une descente à travers la jungle, nous sommes entourés de plantes aux couleurs variées : jaunes, rose, rouge, violettes… un jardin tropical dans la forêt, arrosé par une haute et puissante chute d’eau. Magique ! (et gratuit !)

Labuhan Kebo

Pause déjeuner à flanc de montagne face aux plantations de café

Le sentier continue à travers les plantations de café, vanille, haricots, gingembre… tous les jardins des petites huttes en bambous sont directement dans la jungle. A l’intérieur des zones sauvages, se trouvent des lopins de terre cultivés. Grâce à notre guide fidèle, les aboiements des chiens alentours ne sont qu’avertissement. Notre compagnon de route passe sereinement devant ses congénères inquiets que l’on puisse pénétrer chez eux. La tête haute et l’air heureuse, elle montre que nous ne sommes pas une menace. Un soulagement pour Emi, car ces grosses bêtes, on ne sais pas trop à quoi s’attendre !

La pluie fait son apparition au moment où nous passons à côté d’un petit Warung rural (le Sareswati). Alors on s’arrête pour laisser passer la pluie et remplir nos estomacs de nasi (riz) et mie (nouilles) goreng (sauté), les spécialités indonésiennes. Nous apprécions vraiment ces moments de totale quiétude où seuls le chant des oiseaux et les sonorités de la jungle viennent ponctuer le spectacle de la forêt tropicale, sous la pluie de fin de saison. Un instant de grâce.

3ème cascade – Red Coral

La troisième et dernière cascade de la balade est la plus connue et la plus touristique. Encore ici, un petit guichet où Emi obtient sans mots dire (ça devait être le sourire) l’entrée pour deux au prix d’une. Malheureusement les très fortes pluies ont quelque peu ravagé les infrastructures du lieu, qui flottent à présent sur les rebords de la rivière. La cascade est quand à elle, absolument grandiose. Peut-être moins délicate que sa précédente sœurette, mais bien plus tumultueuse et vibrante. S’en approcher et se sentir souffler par la force du flot d’air expulsé par l’eau qui prend sa place, c’est un régal ! Nous en sortons bien mouillés mais réjouis.

Red Coral

Retour dérobé par les jardins en terrasse

La majorité des visiteurs remontent à la route pour ensuite descendre vers le village de Munduk. Grâce aux cartes du coin, nous en décidons autrement, et franchement, nous ne sommes pas déçus !

Les feuilles sont bien grosses

Quelle belle surprise de terminer la randonnée par une balade suspendue le long d’un canal, puis l’arrière des jardins des villageois ! Des fleurs et potagers partout à flanc de colline et une rizière qui donne directement sur la mer !

Jolies plantes roses et vertes

Pour trouver le chemin, il suffit de redescendre au canal, le suivre, et ensuite à chaque fois que le chemin retrouve la route principal, prendre à droite. On finit à travers la prestigieuse installation hôtelière de Puri Lumbung Cottages, où chaque plante à sa petite étiquette. Exposition des espèces locales à ciel ouvert.

Superbes lumières sur les rizières

Durée : 30min aller, 1h30 aller-retour
Dénivelé : moins de 100m, quelques pentes un peu raides
Difficulté : Rando facile, sandales de marche ok
Période : Profiter des lumières rasantes et colorées du petit matin ou de la fin de journée

Nuages ? nous tentons notre chance

C’est l’après-midi et le temps a vite changé. Le grand soleil du matin a laissé place à une chape de nuages qui descend, descend, et se colle à la végétation. Va-t-il pleuvoir ? notre hôte nous dit peut-être un petit peu seulement.

Nous tentons notre chance dans les rizières alors ! Depuis la route principale qui traverse le village, nous passons sous la grande arche direction Sud. Trois cents mètres plus loin, nous tournons à droite pour emprunter la route bétonnée abrupte (c’est fléché Puri Sunny) qui s’enfonce vers la vallée et quittons Munduk. Nombreux sont les chiens qui aboient sur notre passage et nous n’avons pas notre chienne noire protectrice. Quelques regards apaisants et tout se passe bien.

Ah ben voilà, il pleuviote, et les rizières nouvellement plantées ont des petites gerbes vertes et des petites gerbes d’eau maintenant. Heureusement ça ne dure pas, et lorsque nous atteignons le “camping dans les rizières de l’hôtel” (dont nous avons testé la piscine la veille), le soleil bas tente de percer les nuages de l’horizon.

Paysage coloré et harmonieux

Et nos efforts sont récompensés ! la chance tourne et nous avons droit à un paysage magique de rizières colorées par le beau soleil jaune de fin de journée.
Ma-gni-fique. Les scooters surmontés de fermiers ou d’enfants de fermiers (vraiment ? on peut faire du scoot’ à 8 ans ?) nous dépassent avec dextérité sur le petit chemin bétonné qui remonte les étages de rizières.

Nous sommes agréablement surpris : ici aussi les Balinais agrémentent les abords des chemins de plantes aux feuilles colorées. Plantes d’intérieures chez nous en France, elles sont ici bien grandes et prospères.
En cette fin de journée, des fermiers jouent avec les trappes pour modifier l’irrigation des champs. Des petites cascades se tarissent et d’autres naissent. Parfois, un canal sert de chasse d’eau à de petites étables avec deux vaches, et vide le réservoir d’engrais naturel pour fertiliser les étages en aval.

Emi dans les rizières

Nous restons un moment pour nous imprégner de l’ambiance sereine et harmonieuse du paysage. Le travail de l’homme et la nature semblent avoir trouvé leur équilibre.
Les rizières vertes dorées se détachent en bas des monts verts foncés qui ont encore la tête dans les nuages. Au loin le soleil va bientôt se coucher et nous rebroussons alors chemin.

Nico dans les rizières

En partant, nous sommes heureux de voir que la piscine de la veille, emplie d’eau naturelle non traitée au chlore est maintenant vidée et nettoyée ! Bel exemple d’utilisation des ressources naturelles, sans intrant chimique ni gâchis. Toute l’eau est partie dans les étages de rizières en-dessous 🙂

Munduk la montagnarde

Tranquillité et relaxation dans ce petit village

Après la longue journée depuis Ubud, nous découvrons Munduk dans la brume, perdue au sommet de sa crête verte. Quelques pluies nettoient le ciel et à la nuit tombée ce sont des myriades d’étoiles blanches qui illuminent la jungle alentours que nous croyions sauvage.

Ici encore il fait beau le matin et l’après-midi se charge en humidité avant de déverser les flots de la fin de la période des pluies. Mais nous avons eu le droit à de beaux couchers de soleil, avec des lumières oranges et roses traversant un ciel marbré de nuages.

Au lever du jour comme à la tombée de la nuit, les lumières rasantes et colorées savent égailler les contrastes de la végétation luxuriante qui couvre les vallées descendant des vieux volcans.
Au loin, on devine la mer de Java qui nous sépare de Bornéo et de la Sulawesi.

Gunung Batukaru

Munduk c’est une ambiance de montagne. Les gens ne sont pas à nous alpaguer dans la rue pour nous vendre sans cesse une place dans leur hôtel, un massage, un café, un repas, un taxi. Le climat plus doux et moins humide pèse moins la journée et relaxe davantage. On est bien, on y reste combien de temps déjà ? une journée et demi ? c’est tout ?

Ici, nous n’avons rencontré que des gens adorables, avec de grands sourires et l’envie d’aider, de partager, sans rien attendre en retour. Du vrai bonheur humain.

Et Munduk, c’est aussi ses belles balades à pieds accessibles depuis le village. On raconte tout ici !

Deux hôtels, deux ambiances

Puri Sunny, du haut de gamme à prix réduits

Situé en plein centre du village, c’est une belle trouvaille dégottée par Émilie. Nous sommes accueillis par le propriétaire (riche à en juger par sa montre en or, et ses histoires de voyage en Europe), une gentille femme qui parle peu anglais mais compense par ses sourires et sa bienveillance, et un jeune gérant dynamique importé de la capitale Jakarta.

Notre chambre est dans une bâtisse en bois, beau lit à baldaquins de moustiquaires, et une terrasse avec une vue à couper le souffle, au réveil comme au coucher du soleil.

Chambre du Puri Sunny

Au réveil, c’est les vacances !

7h20, le réveil sonne alors que nous émergions déjà doucement. Coqs, insectes et oiseaux, puis plus tard, mobylettes, se sont occupés de nous sortir des limbes… non pas en douceur mais avec grande efficacité.

Nous avons demandé à prendre notre p’tit déj sur la terrasse, il serait dommage de ne pas en profiter. Le ciel est très bleu avec quelques nuages à travers lesquels les rayons de lumière éclairent le paysage. Face à nous ce n’est que dégradé de vert : cocotiers, palmiers, bananiers, arbres tropicaux en tous genres, des forêts denses laissent parfois place à des plateaux de rizières, escaliers de verdures traversés de cours d’eau. Point culminant, le Gunung Batukaru majestueux avec son écharpe de nuages autour du col.

On nous apporte le petit déjeuner, miam !! Bananes frittes, assiettes de fruits frais et thé, les petits déjeuner balinais nous plaisent bien, surtout lorsqu’ils sont accompagnés d’une vue pareille.

Petit déjeuner face à la montagne

Rencontre avec un danseur

Nous discutons avec le jeune gérant de l’hôtel. Il vient de Jakarta, étant le voisin du proprio dans la capitale. Passionné de danse, il a quitté son ancien boulot car son employeur ne voulait pas lui donner une semaine de congés pour assister à une compétition à Bangkok. Bravo ! Il a suivi sa passion ! Et il a été classé 3ème en plus !

Entre danseurs on se comprend, alors nous lui faisons une petite démo de Lindy Hop puis de Charleston. Il est surpris que nous ne fassions pas de compétition… vraiment ? Et je lui fais ensuite une initiation aux pas de base. Notre premier cours, et international en plus, wouhou !

Il nous raconte la difficulté de trouver des communautés où danser en Indonésie. Ce n’est visiblement pas simple de former un groupe d’autres danseurs avec qui partager sa passion. Il n’aimait pas nécessairement la grande ville de Jakarta, et préfère la quiétude de la montagne. Néanmoins, il a exposé à son nouveau patron son amour de la danse, et posé en condition de pouvoir s’absenter pour des compétitions. Vraiment chouette de parler avec quelqu’un qui vit la danse au quotidien, en apprenant tout par vidéos sur Internet.

Pour nous remercier, il nous donne de bons tuyaux sur Java. Une belle rencontre.

Un petit thé au lit sous les baldaquins (moustiquaire)

La p’tite dame de l’hôtel baille aux corneilles lorsque nous traversons le jardin pour rejoindre notre chambre. Mignonne comme tout, elle vient nous apporter un petit thé dans la chambre sur un plateau, juste pour nous car elle nous aime bien 🙂

One Homestay, simple et sympathique

Notre dernière nuit nous changeons d’hébergement. La chambre est beaucoup plus simple, mais confortable et nous avons encore une belle vue sur la vallée.

Le patron rondouillard est si gentil. Il nous donne plein d’infos sur les transports pour notre prochaine destination sans essayer pas nous arnaquer ni de nous vendre ses services. Il nous raconte sa vie ici, compliquée après son mariage. Sept ans avec sa femme qui vit à Java alors que lui est ici, bien qu’ils aient déjà des enfants. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que nous rencontrons des couples qui vivent à distance.

Nous apprenons aussi que les nombreuses éoliennes du village ne sont que décoratives. Une a été construite, a plu, puis ça a été viral 🙂

Eolienne locale

Ou encore qu’à cause des idioties de la loi du marché international, le cours du clou de girofle est passé de 15000 à 75000 Rp en six mois, alors tout le monde change d’activité à Munduk. Ils laissent leurs cultures diversifiées ancestrales (piments, café, épices, fruits et légumes) pour se spécialiser dans le clou de girofle. Mais pour combien de temps…?

Un autre luxueux, et un autre à éviter

Lors de nos balades, nous avons découvert le beau complexe du Puri Lumung Cottages. Haut de gamme et cher, mais la vue et jardins sont à couper le souffle.

Le Wi House / Made Homestay est bruyant et le personnel peu efficace. Nous l’avons soigneusement évité.

On y mange bien !

Warung Taman Ayu, notre cantine

Ce warung, nous y sommes allés trois fois. Nous avons été convaincus par la bonne cuisine, simple et copieuse à un prix très raisonnable, la vue sur la ville la montagne et la mer au loin et la gentillesse extraordinaire de la gérante toujours souriante aux dents aléatoires 🙂

A part un soir où un groupe de cinq américaines parlaient comme si elles étaient à dix mètres de distances les unes des autres, c’était top, tranquille et relaxant.

Nous avons adoré le Nasi Goreng de la maison, et les Tempe (blocs de tofus panés aux graines de soja) avec leur sauce tomate. Miam !

Repas au Taman Ayu

Warung classic, face au coucher du soleil

Pour notre dernier soir, nous faisons des infidélités à notre cantine préférée pour ce warung qui diffuse de la musique occidentale sur la terrasse. Les locaux à la cuisine nous inspirent confiance.

Nous dégustons des plats merveilleux : un Nasi Campur (riz blanc avec nuggets de patates, de tofu, salade de coco grillée, brochettes de poulet à la sauce satay cacahuètes), et des aubergines grillées à la sauce tomate. Excellents ! En dessert ? des crêpes vertes fourrées aux copeaux de coco grillés (ça s’appelle Dadar ici). Miam ! Tout ça pour une addition à moins de huit euros…

Dadar au warung classic

Une piscine au milieu des rizières : du faste et du local

Les deux premières nuits, nous avions pris une chambre un peu plus classe que les précédentes (c’est la basse saison alors on peut profiter de tarifs très avantageux!) et c’est tout naturellement que notre hôtel Puri Sunny à une piscine… au milieu de la rizière ! On y va !

Emi sur la mobylette, Nico à pied

Les p’tits pieds d’Emi sont fatigués, ils ont déjà crapahuté [quatre heures](https://worldsways.org/website/journal-de-voyage/balades-munduk/) dans les nouvelles chaussures (baskets achetées à Auckland pour expédier à la maison les chaussures montantes peu adaptées à l’Asie) mais Nico à encore la pêche. Pas de problème, il part à pieds, Emi choisit l’option mobylette en accompagnant un gars du staff. Un petit coucou sur la route au randonneur, et elle traverse un pont de bambou au dessus d’une rivière (ça va passer ? ah oui ça passe). Emi arrive dans un étrange endroit appelé camping. En réalité une dizaine de petites habitations en bambous typiquement balinaises encerclent une piscine arrondie. Tout autour ce n’est que rizière. Wahou !

Nico arrive un quart d’heure plus tard, content de sa petite marche à travers les habitations locales, maisons d’hôtes en construction et temps hindous. Lui aussi est passé sur l’étrange pont de fortune. Une voiture a tenté de passer avant que le conducteur trop craintif se ravise. La rivière en dessous a en fait cru et tout cassé sur son passage la semaine précédente.

Pont de bambou

Des enfants dans l’eau

Des enfants d’ici s’amusent dans de grandes bouées noires… qui sont en réalité des chambres à air de voitures et mobylettes. Ils rient et s’éclaboussent.

Gamin avec une bouée

Deux petites filles jouent au ballon, une autre passe sa main dans le jet d’eau qui sort du bambou d’alimentation…

Petite fille dans la piscine

C’est jour de fête aujourd’hui pour eux et nous, d’entendre ces éclats de joie, ça nous emplit de joie. C’était bien d’être enfant et de se réjouir de tout, des petits rien. C’est aussi un peu ce qu’on cherche à retrouver en voyageant.

La piscine filtrée

L’eau de la piscine n’est pas traitée au chlore, elle provient d’une des nombreuses sources de la région et se déverse ensuite dans les rizières, se laissant continuellement remplir et continuellement vider dans un cycle de l’eau qui nous semble plus durable qu’une piscine aux produits chimiques. On valide.
Même si du coup… quelques algues y élisent domicile avant de se faire déloger une fois par semaine.

Les locaux investissent les lieux

Une demi-heure plus tard, un couple arrive sur mobylette. La mari aide sa femme à descendre dans la piscine, avec son gros bidou de grossesse. Une fois assise, ahhhhh on la sent soulagée ! C’est qu’il fait chaud et la piscine est fraîche. Il passeront tout le reste de leur baignade à sourire jusqu’au oreilles en se prenant en photo dans la piscine face aux rizières.

Se dire que cet espace est utilisé par les locaux nous plaît bien. De cette façon, les infrastructures créées à la base pour les touristes leur profitent aussi et c’est tant mieux !

Et plouf !

A notre tour de sauter dans l’eau et nous rafraîchir ! On se mélange aux locaux amusés de voir Nico avec ses lunettes de piscine. Mais ça lui permet de confirmer : les couleurs vertes de l’eau sont bien de longues algues, et pas de baleine ni de requins !

![Piscine du Puri Sunny](https://worldsways.org/website/wp-content/uploads/images/posts/journal/bali/munduk-10.jpg)

Remontée en mobilette

Une pluie fine commence à tomber et la lumière de fin d’après midi fait briller toutes les rizières. Nous rangeons nos livres et grimpons tous les deux sur des mobylettes qui nous ramènent à l’hôtel.

Une belle région qui magnétise les touristes

Les voyageurs que nous avions rencontrés sur la route et les blogs que nous avions lus nous avaient prévenu : vous venez pour un ou deux jours, vous voulez rester plus. Nous confirmons ! Nous serions bien restés plus longtemps, perchés sur notre montagne à admirer les couchers de soleil sur la jungle montagnarde.
Mais il faut reprendre la route… vers Pemuteran notre prochaine destination.

De Ubud à Munduk par les rizières

Après une petite marche arrière pour les vacances à Lembongan, il est temps de reprendre la route de la France… C’est plein Nord que nous nous dirigeons, vers Munduk. Et tant qu’à faire du chemin, autant profiter des expériences intéressantes sur son parcours.

Comme nous avions déjà pu le constater, les transports en commun ne sont pas le fort de l’île. Ils sont même en voie de disparition. C’est donc avec un chauffeur de taxi (négocié la veille pour cinq cent cinquante milles roupies, soit à peine plus de trente euros) que nous quittons Ubud après un dernier petit déj au soleil face à la piscine. Pancakes à la banane et miel, accompagnés de la douce mélodie saturée des dessins animés crachés par le téléphone portable du couple d’à côté pour contenter leur petite fille blonde.
Contraste paradis-enfer surprenant !

Roja, notre chauffeur

Notre chauffeur s’appelle Roja, et nous tentons de deviner son âge… Tâche toujours ardue entre ethnies différentes. Cinquante quatre ans ! On aurait dit dix de moins. Pas un cheveu blanc pourtant. Ancien ingénieur qui n’a pas pu exercer en tant que tel (apparemment la corruption était si importante que sans relation ou même parfois payer, impossible de dégoter un boulot qualifié), il a vécu longtemps comme sculpteur sur bois. Père de deux enfants de vingt-et-un et vint-cinq ans et même déjà grand-père, il est maintenant chauffeur de taxi.

Temple royal de Mengwi

Au volant de sa voiture louée pour la journée, Roja nous emmène vers Mengwi, ancienne capitale royale de l’île.

A Mengwi, nous nous arrêtons pour admirer le Pura Taman Ayun. Datant du 17e siècle, il est construit en trois parties (mandalas). Deux grands patios de jardins, fontaines et petits temples, et la zone la plus haute (Utama Mandala) abritant les pagodes principales.

Pagodes de Mengwi

Les pagodes coiffées de leurs toitures superposées (au nombre impair toujours) jouent les Daltons, avec en bas un petit hôtel carré peint de rouge et d’or.
Les trois parties du temple sont entourées de grands canaux d’eau, sortes de douves, magnifiant l’endroit.

Nous prenons notre temps pour sillonner les petits chemins des jardins (parfois sacrément glissants, la saison des pluies a mené la vie dure aux sentiers en béton), observer les ornementations des portes, les petites fleurs aux oreilles des statues, et appentis logistiques situés en retrait des monuments principaux. Cuisines, chambres, et autres pièces dans les abords du temple servaient de résidence à la famille royale de Mengwi. C’est encore les descendants de la famille qui maintiennent le temple aujourd’hui.

Mention spéciale pour la reconstitution d’un Barong en costume de danse traditionnelle, entièrement décoré de graines peintes : maïs, riz, haricots et cacahuètes.

Barong en céréales

Plantations bio de café, cacao et épices

La région de Peruan est connue pour ses plantations de café balinais et notamment son “Luwak coffee”, ou “café de mangoustes”.

Alors que nous croisons des parkings remplis de gros bus déversant leurs flots de touristes, nous avons peur. Heureusement notre chauffeur connaît un endroit plus tranquille et familial.

Nous sommes les seuls à déambuler dans la plantation de caféiers arabica, cacaotiers, et autres herbes médicinales et aromatiques : gingembre, curcuma, mangoustans (petits fruits ressemblants à des litchis), vanille, noix de cocos, canelle, citronelle, clou de girofle, etc.

La spécialité de l’île, c’est le café de mangoustes. Quatre mangoustes mangent un mélange de grains de café et de riz. Les grains fermentent dans leur petit bidou et lorsqu’ils en ressortent, sont lavés, grillés à nouveau avant d’être utilisés pour la préparation du café.

Préparation du café

Séance dégustation superbement préparée, avec un joli service en verre empli de liquides colorés. Café à la vanille, café à la coco, infusion de gingembre, de curcuma, de citronnelle. Et à chaque fois nous avons droit à l’explication des vertus thérapeutiques des boissons. Pour courronner le tout ? c’est une plantation bio !

Dégustation des nectars locaux

Evidemment ce petit tour gratuit accompagné de sa dégustation fini par un passage obligé à la boutique, où des perroquets en cage dressés ont appris à dire “Kembali” (“de rien”).

Les magnifiques rizières en terrasses de Jatiluwih

Les nuages épais se coincent sur les pentes des montagnes environnantes et la pluie commence à tomber, torrentielle. Notre prochaine étape est un site classé au patrimoine de l’Unesco : les rizières en terrasse de Jatiluwih. “Jaton-Luwih”, “Amulette-Bien”. Au détour d’un virage, nous tombons sur le panorama : des rizières à perte de vue, étagées, sculptant chaque bout de terre pour y cultiver la céréale prisée locale.

Arrêt rapide dans un warung (Teras Subak) pour y manger du riz sauté et des nouilles sautées (Nasi Goreng, et Mie Goreng) et attendre que la pluie s’arrête. Le thé chaud au gingembre et citron vert est parfait pour l’occasion !

Cape de pluie sur le dos (et altitude de mille mètres oblige : petite polaire, ça faisait longtemps 🙂 ) nous partons à la découverte des rizières sur un des quatre chemins balisés qui sillonnent les trente kilomètres carrés. Du vert vif, encore du vert vif, toujours du vert vif, malgré le ciel gris qui nous tombe sur la tête. Les terrasses sont bien tondues (patrimoine protégé oblige) et des petites cascades amènent l’eau d’étages en étages, amplifiées par le déluge.

Terrasses de Jatiluwih

Grâce à la fertilité importante des sols volcaniques, il y a trois récoltes de riz par an à Bali. Certains champs sont en cours de plantation tandis que d’autres sont déjà en graines. Parmi les terrasses, quelques petits abris permettent aux travailleurs aux chapeaux coniques de se reposer ou de se protéger des grosses pluies. D’autres servent de mini-étables pour les vaches et leurs veaux : bêtes de trait et surtout générateur de bouse fertilisante !

Quel plaisir cette balade, en sandales trempées sur les chemins transformés en ruisseaux.

Balade dans les terrasses

Temple de l’eau à Bedugul

Bedugul est une ville animée au bord du lac Bratan, coincée dans les hauteurs de l’île de Bali. Au marché et dans les échoppes voisines, tout le monde vend la même chose : des chips, snacks, savons, emballés dans du plastique, et disposés exactement pareil. Mais pourquoi ? tant de concurrence ? D’après notre chauffeur, c’est le karma, toujours lui, qui règne. Bon karma ? vous avez des clients. Mauvais karma ? tant pis pour vous. Pour en savoir plus sur ce fameux karma, c’est là.

La célébrité du coin c’est le temple Pura Ulun Danu Bratan. Temple Hindou Bouddhiste construit au 17e siècle et rénové de nombreuses fois depuis, il est le lieu de vénération de Dewi Danau, la déesse de l’eau. Cérémonies et pèlerinages ont cours ici pour assurer de l’eau pour les cultures. Pas de problème, les prières ont été entendues !

Temple dans l’eau Bratan

Le temple principal et bien connu a les pieds dans l’eau, littéralement. Il semble flotter sur le lac qui déborde. Même le pont qui le relie à la terre a été enlevé tellement il y a de l’eau 🙂

Porte sculptée de Pura Ulun Danu Bratan

La visite de ce temple a été surprenante à deux titres :

  • Un pèlerinage de jeunes musulmans de Sumatra et Java, dont les jeunes filles à la chevelure voilée voulaient se prendre en photo avec un Bule (à prononcer boulé). Boulet ? ah non, ouf. Bule, un touriste blanc.
  • Des figurines géantes en béton peint de couleurs vives : grenouilles, champignons, aigle, et même un bob l’éponge… Les pédalos en cygne et les jeux pour enfants démontrent que ce temple est aussi le Disneyland de l’île.

On ne va pas trop traîner par là

Plantes et fruits

Parfois notre chauffeur fait une halte au bord de la route, sort nous cueillir un fruit, une feuille, et nous en explique les vertues. Tellement chouette !

La palme revenant au petit fruit Jambubatu (ou Sotong) : “papa eat, mama happy”. Haha haha !
Les feuilles de l’arbre peuvent être lavées à l’eau claire, broyées et infusées dans de l’eau. Ça devient un remède contre la courante. Vu l’état de nos bidons respectifs en ce moment, on va tester.

Plante médicinale

Route vers Munduk

Nous finissons le périple sous la pluie et bientôt le brouillard. Nous quittons Bedugul et sa population davantage musulmane qu’hindoue à en croire les voiles des femmes et la Mosquée au toit bleu pétard. L’ambiance est déjà différente, et c’est chouette de voir la transition. Nous entamons la montée raide vers les montagnes.

Ça tournicote beaucoup, les scooters luttent péniblement pour grimper et slalomer entre les macaques qui baillent ou s’enlèvent les puces en plein milieu de la route.

Bientôt nous atteignons la crête du vieux volcan. Vue sur les deux lacs Danau Buyan et Tamblingan à gauche, tandis qu’au loin à droite c’est la mer.
Les restaurants ne s’y sont pas trompés, et jalonnent côte côte toute cette route panoramique.

Pour nous, c’est un passage rapide, d’autant plus que le brouillard s’installe et que la pluie menace. Pluie qui a d’ailleurs ravagé certaines portions de la route : des glissements de terrain ont par endroit emporté la moitié de la chaussée. Avec quelques tas de graviers ou frêles poteaux en bambous, notre pilote a intérêt à avoir l’œil vif pour éviter de finir dans le ravin. Heureusement nous arrivons sans encombres à Munduk.

Une équipe qui gagne avec Roja

Première nuit tranquille dans la montagne

Nous disons adieu à Roja, lui souhaitons bonne route de retour, et montons à notre hôtel “de luxe” : le Puri Sunny Hotel où Emi a encore dégotté une super affaire. En basse saison, 19€ la chambre en petit bungalow avec vue sur la montagne et les rizières. Cooool !

Nous tenons le crachoir au proprio fier de nous raconter ses aventures à Paris (et son adoration du Louvre). Avec ses bagues et sa montre en or, ses voyages répétés en Europe et son hôtel, il doit être bien riche. Aaaah il travaillait pour le gouvernement, tiens tiens. Quand on connaît la situation catastrophique de la corruption des précédents gouvernements, le lien est facile. Stop, pas de conclusion hâtive 🙂

Nous dégustons un excellent repas balinais dans le warung Taman Ayu d’en face, tenu par une gentille locale souriante, et nous partons dormir pour récupérer de cette longue et belle journée.

Pour tout lire sur Munduk : la vie à la montagne et les randos à ne pas manquer.