Snorkeling à Menjangan

On part en snorkeling sur Menjangan

C’est le 12 février, j’ai 28 ans aujourd’hui ! Oh! 28 ? Déjà ? On s’inquiète un peu de la météo car il fait bien gris ce matin… tant pis on tente, ce serait dommage de ne pas célébrer ça. Et on fait bien, car à partir de 9h les nuages se dissipent doucement pour laisser place à un beau ciel bleu qui durera toute la matinée !

Le gérant de notre centre de plongée passe nous chercher et nous dépose à la base pour essayer l’attirail masque tuba et palmes. Tout est ok, on peut y aller ! On grimpe alors dans un bus (Nico remarque que c’est un Mitsubishi la même marque que son van… mais celui là si on avait voulu le vendre cela aurait été plus compliqué !)

Quinze minutes de trajet le long de la côte en traversant les petits villages nous sont nécessaires pour rejoindre le port. Une petite jetée sur un ponton de bois et de nombreux bateaux de pêcheurs colorés. Magnifique !

C’est parti !

Nous embarquons avec nos compagnons de la journée, un couple de retraités suisses venus faire de la plongée. Le bateau démarre et nous longeons le port de pêcheurs et sa mangrove. Le paysage est paradisiaque. Sur la route, nous accueillons un autre couple de la république tchèque et c’est à 6 plus le moniteur de plongée, le guide de snorkeling et le gentil capitaine, que nous prenons le large. En face, mais pas si près, Menjangan nous attends, à 30 minutes de traversée.

Cathedral cave et Base 1 : un si beau monde envahit par le plastique…

Le masque sur le nez, le tuba dans la bouche, les pieds palmés, nous voilà harnachés comme Cousteau (ou presque…) ! On saute dans l’eau.

Nous avons pieds et déjà pleins de poissons multicolores se baladent autour de nous. Trop chouette ! Pendant une petite heure, nous allons longer la côte.

Plastique ou méduses

A ma droite, un récif corallien avec peu de fond et plein de petits poissons mignons dans des coraux multicolores. A ma gauche, un mur qui descend à pic, orné de coraux très variés et occupé par des poissons de plus en plus gros. Un pur moment de magie, jusqu’à ce que je croise un sac plastique, puis deux, puis trois… C’est un corail-de plastique et un banc de bouteilles qui flottent à la surface. Plus ça va, plus je suis attristée par ce spectacle. Qu’avons nous fait à notre belle planète ?

Je n’y tiens plus, je ramasse ce qui se trouve sur ma route et le range dans la poche de mon pantalon (oui je fais du snorkeling avec un bermuda de sport…ça évite de prier pour de l’aloe vera le soir venu). En sortant, mes poches sont pleines à craquer et je les mets dans la poubelle… Un petit effort, et j’espère quelques poissons et tortues de sauvées mais vu ce qu’il reste dans la mer, je me sens presque impuissante !

Nous déjeunons sur le bateau un Nasi Goreng et une petite biche vient sur la plage nous dire bonjour.

Blue garden, un festival de couleurs !

A quelques minutes du premier spot de plongée, Blue Garden. Je n’aurais pas cru qu’aussi près, le spectacle serait si différent ! Déjà, pas de ponton pour accoster le bateau, il faut sauter à l’eau dans une mer bleue foncée d’où on ne voit pas le fond. Ça fait tout drôle de se retrouver au milieu de l’océan à ne voir que ses petites palmes (oui petite, j’ai eu les palmes enfant car mes petons sont trop fins et riquiqui haha).

Des oeufs ?

J’avance de 10 mètres… et là, la magie opère. Déjà, pas un plastique à l’horizon, youpi !! Près de la falaise, au milieu de l’eau se dresse un gros rocher de plusieurs dizaines de mètres recouvert de coraux de toutes sortes. Du vrai corail, ces champignons beiges qui poussent en bandes, des gorgones, sortes de grandes feuilles de mer aux teintes orangées, du corail bleu, un vrai labyrinthe pour ces petits poissons, du corail mou et spongieux et du corail de feu. Un vrai festival je vous dis !

Coupé net, le plancher corallien dessine une falaise sous marine qui descend si profond que je ne vois pas le bout, et, sous moi, je sens le vide de la profondeur. De ci et là, des bulles remontent à la surface. Les plongeurs ne sont pas loin.

Némo

On voit de tout, du petit poisson clown (le cousin de Némo), à la demoiselle, en passant par des armadas de poissons perroquets multicolores et j’en passe… Nous avons essayé de prendre des photos, mais forcément, la réalité est tout autre ! On a a-do-ré ! A tel point qu’on tourne en rond autour du bateau pour continuer à les observer jusqu’à ce que le guide nous dise qu’il est temps d’aller chercher les plongeurs. Wahou !

On a faillit rester au milieu de l’océan

Au milieu de chemin de retour, alors que les vagues se font plus fortes, le moteur s’arrête. Le capitaine finit par démonter le moteur. Rien ne semble marcher mais tout le monde reste calme. Un autre bateau de pêcheurs vient à notre secours et accroche une toute petite corde pour nous tracter. Forcément, celle-ci rompt… On en essaie une deuxième ! Après plus de dix minutes à tout petit train car le moteur du bateau qui nous tracte semble peiner un peu, notre moteur redémarre, et c’est sans embûches, que nous atteignons le port. Ouf !

La belle vie à Pémuteran

Pemuteran, coquillages et plages (pas vraiment) abandonnées

En arrivant à Pemuteran par la route du Nord, on est accueillis par les singes qui toisent les véhicules le long de la route. Petit village local transformé en station balnéaire. Ici s’enchaînent les centres de plongée, les restos locaux redécorés à la mode touristique, les spas et centres de massage, les petits hôtels juxtaposés aux gros complexes avec bungalows et restaurants de luxe. Ne croyez surtout pas qu’il faut passer son chemin, il y a de belles surprises =)

Sur la plage principale, des enfants locaux jouent au foot. L’un marque un but entre les deux noix de coco représentant la cage de son adversaire. Il saute, bras en l’air et grand sourire, avant de passer son t-shirt rouge derrière son cou, tel un sportif professionnel.

Les enfants jouant au foot sur la plage

Des familles se baignent, tous habillés de leurs vêtements quotidien qui, lorsqu’ils ressortent de l’eau leur colle à la peau. Les chants musulmans se font entendre près des cabanes de pêcheurs à travers des hauts parleurs et le soleil commence à se coucher, laissant dans le ciel, des traînées colorées.

Pour vous faire vivre un peu cette ambiance détendue, nous avons collecté les souvenirs agréables que nous avons de la ville.

Home Sweet Home

A Tri Jaya Guesthouse, Le personnel est d’une gentillesse déconcertante. Habillés de rouge et en sarong, petit turban sur la tête, ils nous accueillent avec leur sourire, un jus de fruit, et du thé à volonté.
Dans notre grande chambre simple et épurée (pour un tarif raisonnable de 110000 roupies, soit moins de 7€ pour deux) nous apprécions particulièrement la salle de bain, dont la douche est une cascade qui s’écoule sur les petits cailloux au sol et contre les rochers (faux mais réalistes) des murs.

Une cascade dans ma chambre…Wahou !

Boy sweet boy

Après le snorkelling pour mon anniversaire, je découvre sur le lit un joli pliage de serviette en cygne avec pleins de fleurs rouge et un petit mot : “Happy 28th birthday Emilie”.

Une jolie attention

L’un des jeunes du personnel vient me voir (il est en congés…) pour me dire que c’est aussi son anniversaire et qu’il attendait notre retour pour me fêter une merveilleuse année, maintenant, il part faire la fête avec ses amis. Quelle gentillesse !

Snorkelling et tonnerre

Pemuteran, c’est aussi ses plages avec des fonds marins en reconstruction. Ils ont été détruits par de la pêche intensive (bombing, oui, vraiment ça existe) mais maintenant protégés. Deux après-midi successives nous avons testé le coin juste avant la pluie. Et de toute façon, dans l’eau on est mouillés quand même alors bon. Nous empruntons un masque à un adorable monsieur (celui qui nous a vendu le snorkelling à la Putu Guesthouse) et nous faisons un tour sur le BioRock®.

Le Biorock®

Le Biorock® c’est une drôle de construction alimentée par du courant électrique. Oui oui vous avez bien lu !
Depuis la plage, on entre dans un “couloir” sécurisé (où il n’y a pas de câble) et quelques mètres plus loin, on enfile son masque pour partir découvrir ces coraux “artificiels”.

Devant le peu de vie marine après une pêche trop intensive, les locaux, aidés par quelques ONG, on eu l’idée de faire pousser du corail !
Rien que pour le projet, on valide !

Biorock

Quelques némos, un serpent de mer, de jolis jeunes coraux de plusieurs couleurs, a priori on peut dire que le projet à l’air de fonctionner. Si cela n’a rien à voir avec la richesse et la diversité de ce que l’on a pu voir lors de notre sortie snorkelling à Menjangan, l’endroit est facile d’accès pour tous, gratuit, et promeut la conservation et la restauration des écosystèmes, ce qui, bien entendu, vaut des points!

Frangipane et douceur

Pémuteran, c’est aussi un endroit chouette pour profiter des douceurs du massage balinais. Après avoir sélectionné notre spa dans une ambiance romantique et près de la plage (le Tirta Sari), nous prenons place sur les tables de massage.

J’ai choisi une huile à la frangipane (qui me rappelle les vacances et le soleil). La masseuse lance la musique balinaise, à la fois exotique et relaxante et disperse quelques fleurs dans la pièce.

Après une heure de détente totale, des pieds à la tête, on en ressort parfumés aux onguents fleuris, la peau douce, les cheveux défaits et le visage détendu. I’m in heaven !

J’ai pas l’air détendue là ? =)

Quand l’appétit va tout va

A Pemuteran, on ne s’est pas laissés mourir de faim ! Les petits restaurants locaux le long de la route nous on régalé d’Ayam Betutu Goreng (cuisse de poulet frite avec des légumes et du riz), de Nasi Goreng (Riz sauté) au poisson, d’assiettes garnies au tahu (tofu fris) et steak de soja sur petits légumes…

Goûter pluvieux, goûter heureux

Le 12 février après-midi, le ciel se couvre de gris, le tonnerre commence à gronder et les gouttes perlent sur le sol…il est temps de prendre un goûter d’anniversaire ! Je commande un thé, un pancake à la banane et des beignets à la banane que nous partageons sur la terrasse en regardant les gouttes.

Les pieds dans le sable, ambiance magique

Toujours le 12 février, on clôture la journée de célébration de mon anniversaire par un restaurant au bord de la plage.

Un endroit parfait pour fêter son anniversaire

Il fait nuit, mais on entend le remous des vagues. Je pose mes pieds dans le sable gris et j’observe toutes les petites lumières multicolores accrochées dans la pagode. Il n’y a personne hormis 4 serveurs.
On nous présente la carte et nous choisissons nos cocktails apéritifs, deux plats de poissons et un dessert en guise de gâteau. Tout est bon, tout est raffiné, bien présenté… Je souffle ma bougie sur une crêpe verte garnie à la noix de coco, et nous partons faire dodo après une journée très réussie ! Comme quoi prendre un coup de vieux, ça peut avoir du bon ! =)

Et sinon le snorkelling c’était comment ? Tu peux aller lire cet article pour le savoir.

De Munduk à Pémutéran

Adieu Munduk

Aujourd’hui, on change de région !
On se lève tôt car il faut décoller à 8 pour être à temps à Seririt pour le bus. A Bali il n’y a pas vraiment de transport en commun dans le centre. A Munduk, il y a parfois un bus local, mais on ne sait jamais quand ni si il part.
Dernier petit déj face à la montagne : tartines de pain de mie avec crème de marron française 🙂 et on finit ainsi le super colis de Noël familial !

De Munduk à Pemuteran

On prend donc le taxi avec notre hôte. Son chauffeur a trop mal à la tête, on comprend qu’il a la gueule de bois suite à une soirée en peu arrosée. Trajet tout en descente, sous un grand soleil. C’est dimanche, les locaux s’affairent dans les temples et écoles pour remettre en état les jardins et plantes. Ça coupe, cisaille, replante, enlève la mousse.
On passe par la capitale balinaise du durian, ce gros fruit ovale jaune à l’écorce piquante. Plein d’échoppes vendent ces fruits qui puent sur le bord de la route. Notre hôte nous explique qu’il a interdit ces fruits dans les chambres tellement l’odeur incommodante est forte !

Seririt et les transports publics

Seririt, grande ville animée locale et sans touriste. Notre chauffeur nous laisse sur le bord de la route. Visiblement c’est là l’arrêt de bus (impossible de le savoir, il n’y a rien de marqué), et les bemo (mini-bus locaux) sont un peu plus loin. La compagnie de bus est Putra Jaya (ou Adi Jaya) et fait passer 2 à 3 bus les matins entre Surabaya et Gilimanuk, en fonction du monde. Vaut donc mieux viser les premiers pour être sûr qu’il y en ait un. Ils passent à horaire variable et il faut les héler sur leur trajet.
Comme on n’en voit pas passer, un chauffeur de bemo vient nous alpaguer. 100000 roupies pour deux ! on n’accepte pas à plus de 80000 roupies (5€).
Et on monte dans ce mini-bus tout rouge, dont on voit la route à travers le sol. Dix minutes plus tard, on est chanceux, il démarre avec nous seulement à bord. Normalement il part que lorsqu’il est plein.

Route Nord

Sur le trajet, notre bus peine à dépasser les vingt-cinq kilomètres heure. La route va être longue. On se fait d’ailleurs doubler par d’autres bemos plus rapides mais tout aussi vides.

La route Nord longe la mer et traverse des petits villages locaux.
Scooters, petits camions, petits bus, voitures, il y a du monde.
On effleure un scooter qui tente de doubler dangereusement, et Boooom c’est la chute. Les deux occupants avaient un casque mais on du mal à se relever. Tout le trafic s’arrête, les scooters s’empressent de bloquer la route et porter secours, alors que notre chauffeur impassible grogne et ne ralentit pas. Ce n’est que plus loin, à l’abri des regards qu’il s’arrête pour constater les dégâts sur l’arrière de son bus, dépité.
Qui est en tort ? on n’a pas su. Mais on a été surpris en bien de la rapidité d’action des Balinais pour porter secours, et surpris en mal du comportement du chauffeur du bemo.

Pemuteran

Après un trajet modérément long mais épique, nous arrivons à Pemuteran. Il ne nous reste plus qu’à trouver notre maison d’hôte et y déposer nos sacs à dos.

Cultures et traditions balinaises

 

Au cours de nos déambulations balinaises, nous avons rencontré les locaux qui nous ont appris les us et coutumes de leur île. Voici ce que nous avons retenu.

Castes et prénoms

Pour parler des prénoms, il faut commencer par les castes. Nous apprenons alors qu’en Indonésie il y a quatre castes. Apparemment ce n’est pas comme en Inde avec des relations hiérarchiques entre les castes. Ici, ce sont plutôt des ethnies. Autrefois, il n’était possible de se marier qu’entre personnes d’une même caste. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, à part une d’entre elles : la caste musulmane stricte (représentée au Nord de Sumatra vers Aceh).

Alors pourquoi les castes sont elles reliées aux prénoms ?
Les prénoms sont par ordre d’arrivée dans la famille. Il y a donc “le premier garçon”, “le deuxième garçon”, “le troisième”, “le quatrième”. Pareil pour les filles. Et ensuite on revient au début. Le cinquième c’est donc le même prénom que le premier.
Enfin presque, car par “ordre” il y a le choix entre deux à trois prénoms. Par exemple, dans la caste de notre chauffeur Roja, le premier peut s’appeler “Putu” (tient, c’était aussi le nom de notre chauffeur de la veille), en gros “l’aîné”.
Marrant nom ? euh, marrant non ?

Religion et karma

Bali est à plus de 60% hindoue. La grande majorité des maisons a son propre petit temple familial où vénérer les divinités.

Les Hindous sont sensibles au Karma. Ils croient en la réincarnation : si le Karma d’un mourant n’est pas parfait, il se réincarne à nouveau pour continuer d’améliorer son Karma. La libération étant lorsqu’il n’y a plus de réincarnation.
Pourquoi notre chauffeur Roja croit à la réincarnation ? les bébés lorsqu’ils naissent, ils crient et pleurent non ? alors que ça devrait être un moment joyeux. C’est donc qu’ils reçoivent la lourde tâche de vivre à nouveau une vie dure sur terre.

Ce que nous comprenons néanmoins est que la religion pousse la population a avoir un bon Karma, donc un bon comportement. La vie des Hindous est basée sur le concept du Tri Hita Katana (trois / joie, bonheur / façon, moyen) : les trois voies permettant à tout Hindou d’atteindre le bien-être physique et spirituel. Ces trois voies étant : respect de ses dieux, respect des autres, respect de la nature.

Pour le respect des dieux, c’est bon ! Chaque maison de chaque village a son petit temple, et les offrandes (riz, piécettes, biscuits dans des petits paniers en feuille) sont omniprésentes au pied des statues, devantures de magasins et paliers.

Pour le respect des autres, il est vrai que nous sentons un état d’esprit d’entraide et non de compétition. Nous avons été témoin d’accidents de la route, tout le monde se précipite à la rescousse des victimes. Et d’un point de vue plus général, la majorité de la population est adorable et serviable. Nos discussions avec les locaux (chauffeurs de taxi et hôtes notamment) confirment qu’il y a peu de vols, incivilités et autres crimes à Bali par rapport aux autres îles d’Indonésie. D’après eux, leur religion en serait la cause.

Pour la nature… eh bien… les tonnes de plastique polluant la terre et les cours d’eau, les déchets jetés par terre, le savon directement dans les canaux des rizières, nous en font penser autrement. Mais il faut dire que tout change vite, et que les infrastructures ne suivent pas. Depuis des centaines d’années les gens n’ont que des matériaux biodégradables, ils ne sont pas habitués aux matières polluantes.

Bali et l’environnement

Plusieurs fois nos interlocuteurs ont été sensibles aux questions d’environnement. Et c’est tant mieux !
Par environnement, ils comprennent pollution de l’eau et gestion des déchets. Parfois on nous parle de changement climatique et ses impacts sur le climat local qui se dérègle.

Un de nos chauffeurs (Roja) nous raconte que son village a décidé d’améliorer sa propreté. Roja fait partie de l’organisation de la collecte des ordures en triant compostable et recyclable (deux poubelles). Il n’est visiblement pas possible (prend trop de place) de composter dans le village, il faut donc tout transporter à la décharge et au centre de tri. C’est un coût de 9000€ au village tous les ans, et apparemment un réel effort budgétaire que chacun peine à supporter.

Avec la quantité de plastique dans les cours d’eau, champs, rues, quel avenir pour Bali si les infrastructures de tri ne sont pas supportées par l’état ?

Deux balades à ne pas manquer à Munduk

Munduk est propice aux balades. Nichée au sommet d’une crête qui redescend vers la mer, entourée de forêts tropicales et rizières, c’est une destination de choix.

Nous avons naturellement traîné nos semelles sur deux circuits :

  • le classique de Munduk (les trois cascades) avec des variantes hors
  • sentiers battus,et le “à la carte” perdu dans un coin de paradis dans les rizières.

Les trois cascades

Durée : 2h30 en boucle en prenant son temps
Dénivelé : moins de 200m, une bonne volée de marches
Difficulté : Rando facile
Période : Commencer le matin pour éviter les grosses chaleurs, et profiter des vues ensoleillées avant l’arrivée des nuages

On chausse les baskets de randos, direction la randonnée des 3 cascades. Les hôtels du coin donnent une carte dessinée à la main, le mieux étant encore d’avoir Maps.Me ou Viewranger avec la carte du coin chargée dessus (Nico en parle ici). Le mieux est de faire la boucle en sens horaire, elle commence juste à côté du Taman Ayu Homestay (d’ailleurs le restau est top, la dame charmante et les plats simples, excellents et bons marchés) par un petit chemin bétonné pour motos.

Un guide pas comme les autres

Sur le chemin, nous faisons la rencontre d’une petite chienne pas bien épaisse et très amicale qui semble vouloir nous montrer le chemin. On l’adopte pour la balade, avec ses petits yeux marrons luisants, elle nous fait craquer. Nous avions lu que dans la région il y avait de nombreux chiens errants qui effraient les touristes. Nous avons notre ange gardien avec nous !

Ange gardien

1ère cascade – Laangan Melanting

Nous traversons les petits sentiers sous les bois. Pas vraiment possible de se perdre, le chemin passe le long des petites maisons en béton, bois et tôle où on nous propose quelque fois un thé ou un café contre quelques billets. Ce sera pour une prochaine fois !

Nous sommes surpris de voir l’intérêt des locaux pour agrémenter les bords de chemin avec des plantes colorées locales. C’est certes simple, mais joli et attentionné. Plantes d’intérieurs en Europe, ici elles poussent et se repoussent tellement le climat leur plaît. Feuilles vertes foncées, grises, roses, rouges, bleues, et parfois tout en même temps.

Belle plante colorée

Le chemin de béton s’arrête, et nous traversons la rivière pour gravir une pente qui nous fait éliminer le petit déjeuner vite fait (ou du moins évaporer le thé). Au croisement, nous prenons à gauche pour redescendre les marches toujours bordées de belles plantes jusqu’à la première guérite pour payer l’entrée de la cascade (un concept qu’on ne connaissait pas). Notre ange gardien fait fuir les chiens qui aboient dans les maisons alentours, merci la miss !

Emi grimpe

Nous poursuivons la descente vers la chute d’eau, qui déjà à plusieurs dizaines de mètres de distance nous plonge dans la brume. Des arbres cultivés (café, durians, jackfruits) et belles araignées (même un serpent) agrémentent la balade.

Araignée

Soudain la voilà, elle en impose, mais difficile de s’approcher de trop près. On déplore quelques morceaux de plastique de ci-et-là. Il est temps de remonter toutes les marches deux par deux et continuer notre chemin.

Laangan Melanting

2ème cascade – Labuhan Kebo

Notre deuxième arrêt est plus caché et il reste notre préféré ! Après une descente à travers la jungle, nous sommes entourés de plantes aux couleurs variées : jaunes, rose, rouge, violettes… un jardin tropical dans la forêt, arrosé par une haute et puissante chute d’eau. Magique ! (et gratuit !)

Labuhan Kebo

Pause déjeuner à flanc de montagne face aux plantations de café

Le sentier continue à travers les plantations de café, vanille, haricots, gingembre… tous les jardins des petites huttes en bambous sont directement dans la jungle. A l’intérieur des zones sauvages, se trouvent des lopins de terre cultivés. Grâce à notre guide fidèle, les aboiements des chiens alentours ne sont qu’avertissement. Notre compagnon de route passe sereinement devant ses congénères inquiets que l’on puisse pénétrer chez eux. La tête haute et l’air heureuse, elle montre que nous ne sommes pas une menace. Un soulagement pour Emi, car ces grosses bêtes, on ne sais pas trop à quoi s’attendre !

La pluie fait son apparition au moment où nous passons à côté d’un petit Warung rural (le Sareswati). Alors on s’arrête pour laisser passer la pluie et remplir nos estomacs de nasi (riz) et mie (nouilles) goreng (sauté), les spécialités indonésiennes. Nous apprécions vraiment ces moments de totale quiétude où seuls le chant des oiseaux et les sonorités de la jungle viennent ponctuer le spectacle de la forêt tropicale, sous la pluie de fin de saison. Un instant de grâce.

3ème cascade – Red Coral

La troisième et dernière cascade de la balade est la plus connue et la plus touristique. Encore ici, un petit guichet où Emi obtient sans mots dire (ça devait être le sourire) l’entrée pour deux au prix d’une. Malheureusement les très fortes pluies ont quelque peu ravagé les infrastructures du lieu, qui flottent à présent sur les rebords de la rivière. La cascade est quand à elle, absolument grandiose. Peut-être moins délicate que sa précédente sœurette, mais bien plus tumultueuse et vibrante. S’en approcher et se sentir souffler par la force du flot d’air expulsé par l’eau qui prend sa place, c’est un régal ! Nous en sortons bien mouillés mais réjouis.

Red Coral

Retour dérobé par les jardins en terrasse

La majorité des visiteurs remontent à la route pour ensuite descendre vers le village de Munduk. Grâce aux cartes du coin, nous en décidons autrement, et franchement, nous ne sommes pas déçus !

Les feuilles sont bien grosses

Quelle belle surprise de terminer la randonnée par une balade suspendue le long d’un canal, puis l’arrière des jardins des villageois ! Des fleurs et potagers partout à flanc de colline et une rizière qui donne directement sur la mer !

Jolies plantes roses et vertes

Pour trouver le chemin, il suffit de redescendre au canal, le suivre, et ensuite à chaque fois que le chemin retrouve la route principal, prendre à droite. On finit à travers la prestigieuse installation hôtelière de Puri Lumbung Cottages, où chaque plante à sa petite étiquette. Exposition des espèces locales à ciel ouvert.

Superbes lumières sur les rizières

Durée : 30min aller, 1h30 aller-retour
Dénivelé : moins de 100m, quelques pentes un peu raides
Difficulté : Rando facile, sandales de marche ok
Période : Profiter des lumières rasantes et colorées du petit matin ou de la fin de journée

Nuages ? nous tentons notre chance

C’est l’après-midi et le temps a vite changé. Le grand soleil du matin a laissé place à une chape de nuages qui descend, descend, et se colle à la végétation. Va-t-il pleuvoir ? notre hôte nous dit peut-être un petit peu seulement.

Nous tentons notre chance dans les rizières alors ! Depuis la route principale qui traverse le village, nous passons sous la grande arche direction Sud. Trois cents mètres plus loin, nous tournons à droite pour emprunter la route bétonnée abrupte (c’est fléché Puri Sunny) qui s’enfonce vers la vallée et quittons Munduk. Nombreux sont les chiens qui aboient sur notre passage et nous n’avons pas notre chienne noire protectrice. Quelques regards apaisants et tout se passe bien.

Ah ben voilà, il pleuviote, et les rizières nouvellement plantées ont des petites gerbes vertes et des petites gerbes d’eau maintenant. Heureusement ça ne dure pas, et lorsque nous atteignons le “camping dans les rizières de l’hôtel” (dont nous avons testé la piscine la veille), le soleil bas tente de percer les nuages de l’horizon.

Paysage coloré et harmonieux

Et nos efforts sont récompensés ! la chance tourne et nous avons droit à un paysage magique de rizières colorées par le beau soleil jaune de fin de journée.
Ma-gni-fique. Les scooters surmontés de fermiers ou d’enfants de fermiers (vraiment ? on peut faire du scoot’ à 8 ans ?) nous dépassent avec dextérité sur le petit chemin bétonné qui remonte les étages de rizières.

Nous sommes agréablement surpris : ici aussi les Balinais agrémentent les abords des chemins de plantes aux feuilles colorées. Plantes d’intérieures chez nous en France, elles sont ici bien grandes et prospères.
En cette fin de journée, des fermiers jouent avec les trappes pour modifier l’irrigation des champs. Des petites cascades se tarissent et d’autres naissent. Parfois, un canal sert de chasse d’eau à de petites étables avec deux vaches, et vide le réservoir d’engrais naturel pour fertiliser les étages en aval.

Emi dans les rizières

Nous restons un moment pour nous imprégner de l’ambiance sereine et harmonieuse du paysage. Le travail de l’homme et la nature semblent avoir trouvé leur équilibre.
Les rizières vertes dorées se détachent en bas des monts verts foncés qui ont encore la tête dans les nuages. Au loin le soleil va bientôt se coucher et nous rebroussons alors chemin.

Nico dans les rizières

En partant, nous sommes heureux de voir que la piscine de la veille, emplie d’eau naturelle non traitée au chlore est maintenant vidée et nettoyée ! Bel exemple d’utilisation des ressources naturelles, sans intrant chimique ni gâchis. Toute l’eau est partie dans les étages de rizières en-dessous 🙂

Munduk la montagnarde

Tranquillité et relaxation dans ce petit village

Après la longue journée depuis Ubud, nous découvrons Munduk dans la brume, perdue au sommet de sa crête verte. Quelques pluies nettoient le ciel et à la nuit tombée ce sont des myriades d’étoiles blanches qui illuminent la jungle alentours que nous croyions sauvage.

Ici encore il fait beau le matin et l’après-midi se charge en humidité avant de déverser les flots de la fin de la période des pluies. Mais nous avons eu le droit à de beaux couchers de soleil, avec des lumières oranges et roses traversant un ciel marbré de nuages.

Au lever du jour comme à la tombée de la nuit, les lumières rasantes et colorées savent égailler les contrastes de la végétation luxuriante qui couvre les vallées descendant des vieux volcans.
Au loin, on devine la mer de Java qui nous sépare de Bornéo et de la Sulawesi.

Gunung Batukaru

Munduk c’est une ambiance de montagne. Les gens ne sont pas à nous alpaguer dans la rue pour nous vendre sans cesse une place dans leur hôtel, un massage, un café, un repas, un taxi. Le climat plus doux et moins humide pèse moins la journée et relaxe davantage. On est bien, on y reste combien de temps déjà ? une journée et demi ? c’est tout ?

Ici, nous n’avons rencontré que des gens adorables, avec de grands sourires et l’envie d’aider, de partager, sans rien attendre en retour. Du vrai bonheur humain.

Et Munduk, c’est aussi ses belles balades à pieds accessibles depuis le village. On raconte tout ici !

Deux hôtels, deux ambiances

Puri Sunny, du haut de gamme à prix réduits

Situé en plein centre du village, c’est une belle trouvaille dégottée par Émilie. Nous sommes accueillis par le propriétaire (riche à en juger par sa montre en or, et ses histoires de voyage en Europe), une gentille femme qui parle peu anglais mais compense par ses sourires et sa bienveillance, et un jeune gérant dynamique importé de la capitale Jakarta.

Notre chambre est dans une bâtisse en bois, beau lit à baldaquins de moustiquaires, et une terrasse avec une vue à couper le souffle, au réveil comme au coucher du soleil.

Chambre du Puri Sunny

Au réveil, c’est les vacances !

7h20, le réveil sonne alors que nous émergions déjà doucement. Coqs, insectes et oiseaux, puis plus tard, mobylettes, se sont occupés de nous sortir des limbes… non pas en douceur mais avec grande efficacité.

Nous avons demandé à prendre notre p’tit déj sur la terrasse, il serait dommage de ne pas en profiter. Le ciel est très bleu avec quelques nuages à travers lesquels les rayons de lumière éclairent le paysage. Face à nous ce n’est que dégradé de vert : cocotiers, palmiers, bananiers, arbres tropicaux en tous genres, des forêts denses laissent parfois place à des plateaux de rizières, escaliers de verdures traversés de cours d’eau. Point culminant, le Gunung Batukaru majestueux avec son écharpe de nuages autour du col.

On nous apporte le petit déjeuner, miam !! Bananes frittes, assiettes de fruits frais et thé, les petits déjeuner balinais nous plaisent bien, surtout lorsqu’ils sont accompagnés d’une vue pareille.

Petit déjeuner face à la montagne

Rencontre avec un danseur

Nous discutons avec le jeune gérant de l’hôtel. Il vient de Jakarta, étant le voisin du proprio dans la capitale. Passionné de danse, il a quitté son ancien boulot car son employeur ne voulait pas lui donner une semaine de congés pour assister à une compétition à Bangkok. Bravo ! Il a suivi sa passion ! Et il a été classé 3ème en plus !

Entre danseurs on se comprend, alors nous lui faisons une petite démo de Lindy Hop puis de Charleston. Il est surpris que nous ne fassions pas de compétition… vraiment ? Et je lui fais ensuite une initiation aux pas de base. Notre premier cours, et international en plus, wouhou !

Il nous raconte la difficulté de trouver des communautés où danser en Indonésie. Ce n’est visiblement pas simple de former un groupe d’autres danseurs avec qui partager sa passion. Il n’aimait pas nécessairement la grande ville de Jakarta, et préfère la quiétude de la montagne. Néanmoins, il a exposé à son nouveau patron son amour de la danse, et posé en condition de pouvoir s’absenter pour des compétitions. Vraiment chouette de parler avec quelqu’un qui vit la danse au quotidien, en apprenant tout par vidéos sur Internet.

Pour nous remercier, il nous donne de bons tuyaux sur Java. Une belle rencontre.

Un petit thé au lit sous les baldaquins (moustiquaire)

La p’tite dame de l’hôtel baille aux corneilles lorsque nous traversons le jardin pour rejoindre notre chambre. Mignonne comme tout, elle vient nous apporter un petit thé dans la chambre sur un plateau, juste pour nous car elle nous aime bien 🙂

One Homestay, simple et sympathique

Notre dernière nuit nous changeons d’hébergement. La chambre est beaucoup plus simple, mais confortable et nous avons encore une belle vue sur la vallée.

Le patron rondouillard est si gentil. Il nous donne plein d’infos sur les transports pour notre prochaine destination sans essayer pas nous arnaquer ni de nous vendre ses services. Il nous raconte sa vie ici, compliquée après son mariage. Sept ans avec sa femme qui vit à Java alors que lui est ici, bien qu’ils aient déjà des enfants. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que nous rencontrons des couples qui vivent à distance.

Nous apprenons aussi que les nombreuses éoliennes du village ne sont que décoratives. Une a été construite, a plu, puis ça a été viral 🙂

Eolienne locale

Ou encore qu’à cause des idioties de la loi du marché international, le cours du clou de girofle est passé de 15000 à 75000 Rp en six mois, alors tout le monde change d’activité à Munduk. Ils laissent leurs cultures diversifiées ancestrales (piments, café, épices, fruits et légumes) pour se spécialiser dans le clou de girofle. Mais pour combien de temps…?

Un autre luxueux, et un autre à éviter

Lors de nos balades, nous avons découvert le beau complexe du Puri Lumung Cottages. Haut de gamme et cher, mais la vue et jardins sont à couper le souffle.

Le Wi House / Made Homestay est bruyant et le personnel peu efficace. Nous l’avons soigneusement évité.

On y mange bien !

Warung Taman Ayu, notre cantine

Ce warung, nous y sommes allés trois fois. Nous avons été convaincus par la bonne cuisine, simple et copieuse à un prix très raisonnable, la vue sur la ville la montagne et la mer au loin et la gentillesse extraordinaire de la gérante toujours souriante aux dents aléatoires 🙂

A part un soir où un groupe de cinq américaines parlaient comme si elles étaient à dix mètres de distances les unes des autres, c’était top, tranquille et relaxant.

Nous avons adoré le Nasi Goreng de la maison, et les Tempe (blocs de tofus panés aux graines de soja) avec leur sauce tomate. Miam !

Repas au Taman Ayu

Warung classic, face au coucher du soleil

Pour notre dernier soir, nous faisons des infidélités à notre cantine préférée pour ce warung qui diffuse de la musique occidentale sur la terrasse. Les locaux à la cuisine nous inspirent confiance.

Nous dégustons des plats merveilleux : un Nasi Campur (riz blanc avec nuggets de patates, de tofu, salade de coco grillée, brochettes de poulet à la sauce satay cacahuètes), et des aubergines grillées à la sauce tomate. Excellents ! En dessert ? des crêpes vertes fourrées aux copeaux de coco grillés (ça s’appelle Dadar ici). Miam ! Tout ça pour une addition à moins de huit euros…

Dadar au warung classic

Une piscine au milieu des rizières : du faste et du local

Les deux premières nuits, nous avions pris une chambre un peu plus classe que les précédentes (c’est la basse saison alors on peut profiter de tarifs très avantageux!) et c’est tout naturellement que notre hôtel Puri Sunny à une piscine… au milieu de la rizière ! On y va !

Emi sur la mobylette, Nico à pied

Les p’tits pieds d’Emi sont fatigués, ils ont déjà crapahuté [quatre heures](https://worldsways.org/website/journal-de-voyage/balades-munduk/) dans les nouvelles chaussures (baskets achetées à Auckland pour expédier à la maison les chaussures montantes peu adaptées à l’Asie) mais Nico à encore la pêche. Pas de problème, il part à pieds, Emi choisit l’option mobylette en accompagnant un gars du staff. Un petit coucou sur la route au randonneur, et elle traverse un pont de bambou au dessus d’une rivière (ça va passer ? ah oui ça passe). Emi arrive dans un étrange endroit appelé camping. En réalité une dizaine de petites habitations en bambous typiquement balinaises encerclent une piscine arrondie. Tout autour ce n’est que rizière. Wahou !

Nico arrive un quart d’heure plus tard, content de sa petite marche à travers les habitations locales, maisons d’hôtes en construction et temps hindous. Lui aussi est passé sur l’étrange pont de fortune. Une voiture a tenté de passer avant que le conducteur trop craintif se ravise. La rivière en dessous a en fait cru et tout cassé sur son passage la semaine précédente.

Pont de bambou

Des enfants dans l’eau

Des enfants d’ici s’amusent dans de grandes bouées noires… qui sont en réalité des chambres à air de voitures et mobylettes. Ils rient et s’éclaboussent.

Gamin avec une bouée

Deux petites filles jouent au ballon, une autre passe sa main dans le jet d’eau qui sort du bambou d’alimentation…

Petite fille dans la piscine

C’est jour de fête aujourd’hui pour eux et nous, d’entendre ces éclats de joie, ça nous emplit de joie. C’était bien d’être enfant et de se réjouir de tout, des petits rien. C’est aussi un peu ce qu’on cherche à retrouver en voyageant.

La piscine filtrée

L’eau de la piscine n’est pas traitée au chlore, elle provient d’une des nombreuses sources de la région et se déverse ensuite dans les rizières, se laissant continuellement remplir et continuellement vider dans un cycle de l’eau qui nous semble plus durable qu’une piscine aux produits chimiques. On valide.
Même si du coup… quelques algues y élisent domicile avant de se faire déloger une fois par semaine.

Les locaux investissent les lieux

Une demi-heure plus tard, un couple arrive sur mobylette. La mari aide sa femme à descendre dans la piscine, avec son gros bidou de grossesse. Une fois assise, ahhhhh on la sent soulagée ! C’est qu’il fait chaud et la piscine est fraîche. Il passeront tout le reste de leur baignade à sourire jusqu’au oreilles en se prenant en photo dans la piscine face aux rizières.

Se dire que cet espace est utilisé par les locaux nous plaît bien. De cette façon, les infrastructures créées à la base pour les touristes leur profitent aussi et c’est tant mieux !

Et plouf !

A notre tour de sauter dans l’eau et nous rafraîchir ! On se mélange aux locaux amusés de voir Nico avec ses lunettes de piscine. Mais ça lui permet de confirmer : les couleurs vertes de l’eau sont bien de longues algues, et pas de baleine ni de requins !

![Piscine du Puri Sunny](https://worldsways.org/website/wp-content/uploads/images/posts/journal/bali/munduk-10.jpg)

Remontée en mobilette

Une pluie fine commence à tomber et la lumière de fin d’après midi fait briller toutes les rizières. Nous rangeons nos livres et grimpons tous les deux sur des mobylettes qui nous ramènent à l’hôtel.

Une belle région qui magnétise les touristes

Les voyageurs que nous avions rencontrés sur la route et les blogs que nous avions lus nous avaient prévenu : vous venez pour un ou deux jours, vous voulez rester plus. Nous confirmons ! Nous serions bien restés plus longtemps, perchés sur notre montagne à admirer les couchers de soleil sur la jungle montagnarde.
Mais il faut reprendre la route… vers Pemuteran notre prochaine destination.

De Ubud à Munduk par les rizières

Après une petite marche arrière pour les vacances à Lembongan, il est temps de reprendre la route de la France… C’est plein Nord que nous nous dirigeons, vers Munduk. Et tant qu’à faire du chemin, autant profiter des expériences intéressantes sur son parcours.

Comme nous avions déjà pu le constater, les transports en commun ne sont pas le fort de l’île. Ils sont même en voie de disparition. C’est donc avec un chauffeur de taxi (négocié la veille pour cinq cent cinquante milles roupies, soit à peine plus de trente euros) que nous quittons Ubud après un dernier petit déj au soleil face à la piscine. Pancakes à la banane et miel, accompagnés de la douce mélodie saturée des dessins animés crachés par le téléphone portable du couple d’à côté pour contenter leur petite fille blonde.
Contraste paradis-enfer surprenant !

Roja, notre chauffeur

Notre chauffeur s’appelle Roja, et nous tentons de deviner son âge… Tâche toujours ardue entre ethnies différentes. Cinquante quatre ans ! On aurait dit dix de moins. Pas un cheveu blanc pourtant. Ancien ingénieur qui n’a pas pu exercer en tant que tel (apparemment la corruption était si importante que sans relation ou même parfois payer, impossible de dégoter un boulot qualifié), il a vécu longtemps comme sculpteur sur bois. Père de deux enfants de vingt-et-un et vint-cinq ans et même déjà grand-père, il est maintenant chauffeur de taxi.

Temple royal de Mengwi

Au volant de sa voiture louée pour la journée, Roja nous emmène vers Mengwi, ancienne capitale royale de l’île.

A Mengwi, nous nous arrêtons pour admirer le Pura Taman Ayun. Datant du 17e siècle, il est construit en trois parties (mandalas). Deux grands patios de jardins, fontaines et petits temples, et la zone la plus haute (Utama Mandala) abritant les pagodes principales.

Pagodes de Mengwi

Les pagodes coiffées de leurs toitures superposées (au nombre impair toujours) jouent les Daltons, avec en bas un petit hôtel carré peint de rouge et d’or.
Les trois parties du temple sont entourées de grands canaux d’eau, sortes de douves, magnifiant l’endroit.

Nous prenons notre temps pour sillonner les petits chemins des jardins (parfois sacrément glissants, la saison des pluies a mené la vie dure aux sentiers en béton), observer les ornementations des portes, les petites fleurs aux oreilles des statues, et appentis logistiques situés en retrait des monuments principaux. Cuisines, chambres, et autres pièces dans les abords du temple servaient de résidence à la famille royale de Mengwi. C’est encore les descendants de la famille qui maintiennent le temple aujourd’hui.

Mention spéciale pour la reconstitution d’un Barong en costume de danse traditionnelle, entièrement décoré de graines peintes : maïs, riz, haricots et cacahuètes.

Barong en céréales

Plantations bio de café, cacao et épices

La région de Peruan est connue pour ses plantations de café balinais et notamment son “Luwak coffee”, ou “café de mangoustes”.

Alors que nous croisons des parkings remplis de gros bus déversant leurs flots de touristes, nous avons peur. Heureusement notre chauffeur connaît un endroit plus tranquille et familial.

Nous sommes les seuls à déambuler dans la plantation de caféiers arabica, cacaotiers, et autres herbes médicinales et aromatiques : gingembre, curcuma, mangoustans (petits fruits ressemblants à des litchis), vanille, noix de cocos, canelle, citronelle, clou de girofle, etc.

La spécialité de l’île, c’est le café de mangoustes. Quatre mangoustes mangent un mélange de grains de café et de riz. Les grains fermentent dans leur petit bidou et lorsqu’ils en ressortent, sont lavés, grillés à nouveau avant d’être utilisés pour la préparation du café.

Préparation du café

Séance dégustation superbement préparée, avec un joli service en verre empli de liquides colorés. Café à la vanille, café à la coco, infusion de gingembre, de curcuma, de citronnelle. Et à chaque fois nous avons droit à l’explication des vertus thérapeutiques des boissons. Pour courronner le tout ? c’est une plantation bio !

Dégustation des nectars locaux

Evidemment ce petit tour gratuit accompagné de sa dégustation fini par un passage obligé à la boutique, où des perroquets en cage dressés ont appris à dire “Kembali” (“de rien”).

Les magnifiques rizières en terrasses de Jatiluwih

Les nuages épais se coincent sur les pentes des montagnes environnantes et la pluie commence à tomber, torrentielle. Notre prochaine étape est un site classé au patrimoine de l’Unesco : les rizières en terrasse de Jatiluwih. “Jaton-Luwih”, “Amulette-Bien”. Au détour d’un virage, nous tombons sur le panorama : des rizières à perte de vue, étagées, sculptant chaque bout de terre pour y cultiver la céréale prisée locale.

Arrêt rapide dans un warung (Teras Subak) pour y manger du riz sauté et des nouilles sautées (Nasi Goreng, et Mie Goreng) et attendre que la pluie s’arrête. Le thé chaud au gingembre et citron vert est parfait pour l’occasion !

Cape de pluie sur le dos (et altitude de mille mètres oblige : petite polaire, ça faisait longtemps 🙂 ) nous partons à la découverte des rizières sur un des quatre chemins balisés qui sillonnent les trente kilomètres carrés. Du vert vif, encore du vert vif, toujours du vert vif, malgré le ciel gris qui nous tombe sur la tête. Les terrasses sont bien tondues (patrimoine protégé oblige) et des petites cascades amènent l’eau d’étages en étages, amplifiées par le déluge.

Terrasses de Jatiluwih

Grâce à la fertilité importante des sols volcaniques, il y a trois récoltes de riz par an à Bali. Certains champs sont en cours de plantation tandis que d’autres sont déjà en graines. Parmi les terrasses, quelques petits abris permettent aux travailleurs aux chapeaux coniques de se reposer ou de se protéger des grosses pluies. D’autres servent de mini-étables pour les vaches et leurs veaux : bêtes de trait et surtout générateur de bouse fertilisante !

Quel plaisir cette balade, en sandales trempées sur les chemins transformés en ruisseaux.

Balade dans les terrasses

Temple de l’eau à Bedugul

Bedugul est une ville animée au bord du lac Bratan, coincée dans les hauteurs de l’île de Bali. Au marché et dans les échoppes voisines, tout le monde vend la même chose : des chips, snacks, savons, emballés dans du plastique, et disposés exactement pareil. Mais pourquoi ? tant de concurrence ? D’après notre chauffeur, c’est le karma, toujours lui, qui règne. Bon karma ? vous avez des clients. Mauvais karma ? tant pis pour vous. Pour en savoir plus sur ce fameux karma, c’est là.

La célébrité du coin c’est le temple Pura Ulun Danu Bratan. Temple Hindou Bouddhiste construit au 17e siècle et rénové de nombreuses fois depuis, il est le lieu de vénération de Dewi Danau, la déesse de l’eau. Cérémonies et pèlerinages ont cours ici pour assurer de l’eau pour les cultures. Pas de problème, les prières ont été entendues !

Temple dans l’eau Bratan

Le temple principal et bien connu a les pieds dans l’eau, littéralement. Il semble flotter sur le lac qui déborde. Même le pont qui le relie à la terre a été enlevé tellement il y a de l’eau 🙂

Porte sculptée de Pura Ulun Danu Bratan

La visite de ce temple a été surprenante à deux titres :

  • Un pèlerinage de jeunes musulmans de Sumatra et Java, dont les jeunes filles à la chevelure voilée voulaient se prendre en photo avec un Bule (à prononcer boulé). Boulet ? ah non, ouf. Bule, un touriste blanc.
  • Des figurines géantes en béton peint de couleurs vives : grenouilles, champignons, aigle, et même un bob l’éponge… Les pédalos en cygne et les jeux pour enfants démontrent que ce temple est aussi le Disneyland de l’île.

On ne va pas trop traîner par là

Plantes et fruits

Parfois notre chauffeur fait une halte au bord de la route, sort nous cueillir un fruit, une feuille, et nous en explique les vertues. Tellement chouette !

La palme revenant au petit fruit Jambubatu (ou Sotong) : “papa eat, mama happy”. Haha haha !
Les feuilles de l’arbre peuvent être lavées à l’eau claire, broyées et infusées dans de l’eau. Ça devient un remède contre la courante. Vu l’état de nos bidons respectifs en ce moment, on va tester.

Plante médicinale

Route vers Munduk

Nous finissons le périple sous la pluie et bientôt le brouillard. Nous quittons Bedugul et sa population davantage musulmane qu’hindoue à en croire les voiles des femmes et la Mosquée au toit bleu pétard. L’ambiance est déjà différente, et c’est chouette de voir la transition. Nous entamons la montée raide vers les montagnes.

Ça tournicote beaucoup, les scooters luttent péniblement pour grimper et slalomer entre les macaques qui baillent ou s’enlèvent les puces en plein milieu de la route.

Bientôt nous atteignons la crête du vieux volcan. Vue sur les deux lacs Danau Buyan et Tamblingan à gauche, tandis qu’au loin à droite c’est la mer.
Les restaurants ne s’y sont pas trompés, et jalonnent côte côte toute cette route panoramique.

Pour nous, c’est un passage rapide, d’autant plus que le brouillard s’installe et que la pluie menace. Pluie qui a d’ailleurs ravagé certaines portions de la route : des glissements de terrain ont par endroit emporté la moitié de la chaussée. Avec quelques tas de graviers ou frêles poteaux en bambous, notre pilote a intérêt à avoir l’œil vif pour éviter de finir dans le ravin. Heureusement nous arrivons sans encombres à Munduk.

Une équipe qui gagne avec Roja

Première nuit tranquille dans la montagne

Nous disons adieu à Roja, lui souhaitons bonne route de retour, et montons à notre hôtel “de luxe” : le Puri Sunny Hotel où Emi a encore dégotté une super affaire. En basse saison, 19€ la chambre en petit bungalow avec vue sur la montagne et les rizières. Cooool !

Nous tenons le crachoir au proprio fier de nous raconter ses aventures à Paris (et son adoration du Louvre). Avec ses bagues et sa montre en or, ses voyages répétés en Europe et son hôtel, il doit être bien riche. Aaaah il travaillait pour le gouvernement, tiens tiens. Quand on connaît la situation catastrophique de la corruption des précédents gouvernements, le lien est facile. Stop, pas de conclusion hâtive 🙂

Nous dégustons un excellent repas balinais dans le warung Taman Ayu d’en face, tenu par une gentille locale souriante, et nous partons dormir pour récupérer de cette longue et belle journée.

Pour tout lire sur Munduk : la vie à la montagne et les randos à ne pas manquer.

Snorkeling à Lembongan

Une matinée snorkeling à l’Est de Lembongan

A peine levés, c’est avec un petit déjeuner sous le bras (riz sauté du coin), maillot de bain enfilé, palmes, masques et tubas dans les mains que nous partons vers la plage. Le petit bateau de plongée nous attend à quelques mètres dans l’eau. Plouf, plif, plaf, deux douzaines de pieds sautent dans l’eau, ça va elle n’est pas trop fraîche. Et vroum, le hors bord part à grande vitesse vers le premier arrêt. Le soleil joue à cache cache avec les nuages, prions pour qu’il emporte la manche !

“Tiens regarde c’est la plage d’hier !” le chemin parcouru en bateau ce matin est bien plus rapide qu’en vélo la veille. Nous dépassons les bateaux de pêcheurs amarrés, les grands hôtels et restaurants, quelques installations touristiques surprenantes (dont une sorte de gigantesque plateforme à deux étages avec toboggan aquatique, bourrée de Chinois en gilets de sauvetages intimidés par l’eau) pour contourner l’île et arriver dans une partie bien plus sauvage.

Manta Bay / Point

Le bruit assourdissant des moteurs s’arrête en même temps que la brise, et nous nettoyons nos masques pour sauter à l’eau. La mer bleue nous enveloppe de sa douce température. Après quelques minutes “raie manta dessous !” Une, puis deux, puis trois. Ces énormes animaux marins sont majestueux. Le temps parait ralenti alors que leurs amples nageoires ondulent lentement pour les propulser et faire tournoyer. Leur longue queue fine et pointue suit les mouvements avec retard. Des petites bulles d’yeux nous observent avec étonnement et désintéressement. “C’est qui ces petits zouaves (oui oui, certaines d’entre elles dépassent les deux mètres de large comme de long) aux yeux de verre et conduits noirs ?”

Raie manta

Pourquoi sont-elles ici ? la géographie du lieu est particulière. En-dessous de nous, il y a un profond gouffre d’où elles remontent pour se faire nettoyer par des petits poissons qui viennent leur récurer la carrosserie. Nous sommes à la station de lavage des raies mantas 🙂

Alors nous suivons leur danse lente, plongeons à leur rencontre sans trop les déranger. C’est un moment magique, d’observation mutuelle.

Raie manta majestueuse

C’est notre première baignade et endroit de snorkeling en Asie. Et malheureusement notre premier rendez-vous avec la pollution. Les pauvres raies et autres poissons tentent de se frayer un chemin parmi les sacs plastiques et paquets de fils coincés entre deux eaux, tandis que nous parmi les gobelets, sachets de shampoings et bouteilles en plastique qui flottent à la surface. C’est triste, désolant, et nous avons le coeur bien lourd. Nous apprendrons que l’Indonésie fait partie du tragique trio de tête des pollueurs au plastique. Devant l’ampleur du désastre, que faire…

Crystal Bay

Notre deuxième arrêt est pour découvrir les fonds marins de Crystal Bay. Nous avons de la chance le soleil perce et illumine de couleurs les coraux et poissons de cette baie qui porte bien son nom.
Avec le recul, c’est un des plus beaux spots que j’ai eu l’occasion de visiter.

Coraux

Survoler (surnager ?) de quelques centimètres à quelques mètres les coraux champignons (sortes de grosses girolles aux contours ondulés), se frayer un chemin parmi les bancs de poissons scintillants, ou encore jouer avec ceux aux formes et couleurs incroyables. Mère nature a le droit de figurer au côté de nos artistes d’art contemporain.

Coraux

Mangrove

Le dernier arrêt est bref car la pluie arrive bientôt et nous commençons à avoir frais (oui oui, même avec une eau à presque 30°C). Ici les coraux sont bien attaqués et trop d’entre eux sont blancs et morts. Quelques poissons noirs et bleus tentent de trouver les derniers vivants pour leur petit déjeuner.

Retour

Ce matin nous avons vécu une expérience inoubliable. Et c’est avec un grand sourire que nous rentrons, ravis d’avoir découvert les raies mantas véritables reines des mers et ces fonds plein de vie étrange et colorée. Mais nous ressentons aussi de la crispation et de l’amertume face aux dérives de notre civilisation, qui amène tant de plastiques et détruisant les récifs coralliens en altérant les équilibres chimiques de l’eau.

Bateau de plongée

Lembongan, mélange des cultures

Lembongan, c’est la petite île au Sud Est de Bali, collée à la plus sauvage Nusa Penida. Avant de poursuivre le chemin du retour, nous avons décidé de venir nous essayer à la vie insulaire (enfin, encore plus insulaire) indonésienne.

Une arrivée en trombes

On commence à être rodés niveau organisation, Emi à la recherche des hébergements, et moi à la logistique transport. C’est une affaire qui roule !
A Ubud, nous embarquons dans un mini-bus de touristes à destination de Sanur, ville côtière de Bali. Petite pause rapide à la petite agence climatisée de la compagnie de bateau, avant de sauter à l’arrière d’un petit camion et nous voici à l’embarcadère. Emi va nous chercher du riz et du poulet aux cacahuètes enveloppés dans une feuille de banane (ah, pas de déchets plastiques, parfait !) et nous attendons de monter dans le hors-bord en regardant les locaux jouer aux échecs sur les bancs.

Joueurs d’échecs

Le bateau ressemble fort à celui que j’ai pris au Viêt Nam pour accéder à la baie d’Along. C’est un long hors-bord qui rebondit sur chacune des vagues avec fracas. On s’accroche et prions pour que personne ne soit malade. Trente minutes plus tard, nous débarquons sur Lembongan. La mer est bleu turquoise et magnifique !

La longue plage est jalonnée de bateaux de pêcheurs et de plonger. Des petites échoppes vendent quelques fruits et snacks. De part et d’autres, des restaurants et bungalows. Un nouveau ‘bus ouvert’ et nous sommes déposés devant notre hôtel.

Bambous climatisés

C’est les vacances ! alors nous avons réservé un bungalow de luxe. Une grande cabane en bambous, à deux étages où le niveau supérieur abrite la chambre d’où la baie vitrée dévoile la piscine. Aaah on est biens, et seulement à dix minutes de la plage. Le patron aux Raybans métallisées nous indique nonchalamment où on prend le petit déjeuner le matin et les activités du coin.

En deux jours et demi, nous en avons bien profité. Sauter dans la piscine de jour comme de nuit pour se rafraîchir, lézarder dans les canapés pour récupérer, et rayonner dans le village principal de l’île.

Lembongan

Lembongan est une île étrange. S’y mélangent un tourisme massif et des villages traditionnels locaux. Le long des plages, les restaurants et hôtels n’ont pas décidé entre palaces occidentaux et architecture indonésienne. Des bars crachent les watts sur des tubes américains, d’autres affichent leurs menus sur des ardoises noires, leurs voisins en bambous proposent des plats locaux et simples.

Si on s’éloigne des plages et des rues principales, l’odeur et le bruit de l’Indonésie reviennent. Plats sautés et grillés, terre détrempée après l’orage, pétarade des deux roues, yeux étonnés des grands-mères. Un jour à 15h, j’ai pu tester mes premiers mots de bahasa indonesia (indonésien) pour chercher à manger. C’est à une roulotte ambulante que j’ai fini par acheter une soupe de nouilles et boulettes de viandes, servie dans un petit sac plastique (comme les poissons rouges dans les foires).

Couchers de soleil

Deux jours sur place, deux couchers de soleil !
Le premier de Mushroom Bay, à l’écart des restaurants aux petits lampions colorés allumés dessous lesquels les blancs sirotent leurs bières affalés sur des grands poufs. La végétation verte sombre s’accroche en haut de falaises jaunes.
Le deuxième sur la longue plage de Paradise Beach, où s’alignent les bateaux de plongeurs aux couleurs vives. Nous faisons face à la grande île de Bali dont le volcan Agung est perdu dans la brume épaisse. Ses pentes vertes pâles virent au jaune œuf avant de tomber dans l’obscurité bleu violacée. Les raies oranges marbres le ciel et nous rentrons avec quelques frissons.

Coucher de soleil

Balade à vélo

L’après-midi de notre arrivée, ragaillardis par une micro-sieste et les lumières de fin de journée, nous négocions ardemment deux vieux vélos rouillés. Et nous voiçi partis à la découverte de l’île.

Sitôt sortis de la rue principale, nous empruntons des chemins de terre entre les maisons locales. Petites échoppes, habitations deux pièces microscopiques, foyers sentant bon les brochettes de poulet grillé. Nous retournons vers la plage, et changement de décors avec ses bars et restaurants tantôt de bric et de broc, tantôt branchés.

Puis nous retrouvons la route qui traverse l’île, et… montons ? Ah ben oui ça monte et pas qu’un peu ! et avec le vélo rouillé aux pignons aléatoires, ce n’est pas une mince affaire. Si on avait su, on aurait acheté des marrons à mettre dans le nez, les vieux tacots qui dégazent dans la montée nous auraient fait bouillir les châtaignes dans les narines.
Dans un tournant, nous faisons halte pour apprécier la vue : elle en valait la chandelle. Vue imprenable sur le village de Lembongan, la plage, toute la baie jusqu’à Bali avec le volcan Agung qui se dresse au fond.

Vue sur le village

Nous reprenons la route, accompagnés par un chien errant ange gardien. Sur le bord de la route, un étrange cimetière où chaque pierre tombale est protégée d’un petit parapluie coloré. C’est aussi étrange que mignon.

Ombrelles sur tombes

Plus loin, nous entrons dans un village et sommes stoppés par une procession. Une cinquantaine de personnes vêtues de jaune et de blanc font jouer gongs et autres instruments en chantant. Ils entrent tous sous une arche d’un temple hindou avant de s’assembler et s’asseoir parterre. On n’en saura pas plus, nous ne sommes pas conviés à l’événement.

Procession

Une longue descente nous amène à la plage découverte à marée basse. Il est déjà 18h passés et les touristes avancent vers les petits restaurants pour profiter du coucher de soleil. Alors nous prenons notre courage à deux jambes et pédalons vite vers Mushroom Beach pour profiter des dernières lueurs du jour.

Comme nous n’avons pas de phare, ce fut bref et nous rentrons dard dard au village. Complètement au Nord de l’île, sur la langue de terre protégeant la mangrove, nous trouvons un petit resto Routardé qui sert de bons poissons. Le Français de la table d’à-côté nous rassure : le Jackfish est excellent. Et on confirme !

Warung poisson

Retour à Bali

La virée à Lembongan aura été rapide, mais nous en avons bien profité. Quelques jours de plus nous auraient porté à la découverte de Nusa Penida et sa nature sauvage. Ce sera pour une prochaine vie.

Rembobinage de l’histoire pour le trajet de retour jusqu’à Sanur. De là, nous regardons pour prendre un bus. Bien évidement les chauffeurs de taxi nous alpaguent pour nous offrir une course bien trop chère. Nous négocions au même prix que le bus (quasiment) et pour 160 000 Rp, nous faisons route vers Ubud ! Ni à attendre le bus une heure, ni à marcher à la gare de bus avec nos sacs. Affaire rondement menée. Un petit luxe qu’Emi s’offre volontiers alors qu’elle a été malade ces deux derniers jours.
En route, on aborde plein de sujets comme la religion hindoue (on en a fait un article), l’achat de mobylette sous forme de prêts, la ‘bizarrerie’ des musulmans à mettre un voile alors qu’ici il n’y a pas de sable. Surtout, il nous file plein de conseils pour aller à Java tranquilles. Au top.

Lembongan, c’est aussi le snorkelling et ses stars : les raies mantas !

Une journée en scooter autour d’Ubud

Aujourd’hui, on se dépêche de se lever, il fait beau les matins et autant en profiter ! Nous avons commandé un petit déjeuner local : Black Rice Pudding. C’est du riz noir mariné et cuit lentement. Le résultat est une sorte de risotto sucré et crémeux, avec des copeaux de noix de coco sur le dessus. C’est bon !

Nous négocions rapidement le scooter aux gars de l’hôtel. Ce n’est pas tâche difficile, suffit d’annoncer le prix normal (50000 la journée, ils avaient tenté 70000 les bougres), et nous sommes parés casques sur la tête à partir !
“Il n’y a pas d’assurance en Indonésie, s’il vous arrive un truc, vous passez au garage et vous réglez”. Euh, ok, on croise les doigts alors. “Pour l’essence, passez aux stations service plutôt qu’aux vendeurs du bord de la route, c’est moins cher. Et demandez 15000 roupies de plein”. Ah ok.

On file donc dans les rues d’Ubud, Emi à l’arrière, et moi au guidon ! Les quelques premières centaines de mètres je me familiarise avec le poids du scoot, ça n’a quand même rien à avoir avec un vélo. Surtout avec deux personnes dessus ! Mais ça se conduit tellement simplement. Et hop, je me fonds dans la circulation chaotique asiatique. Après mes expériences au Cambodge, c’est cela dit assez simple ici.

Zouh, la prochaine étape est la station service et… c’est 28000 après le plein, affiché sur la pompe. Ah, bon.
Ce n’est que plus tard que j’ai un affreux doute, et sens que j’ai du me faire rouler, le gars n’avait pas du remettre la pompe à zéro avant de me servir… Tsss erreur de débutant.

Goa Gadjah

Plein Est d’Ubud, nous arrivons à notre première étape : le temple de Goa Gadjah, temple des éléphants. “Park here, park here please !” on avait lu que le parking était payant ici, finalement ce n’est pas le cas mais toutes les femmes tenant des échoppes de sarong s’empressent de nous faire garer devant la leur pour ensuite nous proposer une boisson ou un “sarong, c’est obligatoire pour entrer dans le temple !”
On ne se fait pas avoir, et nous empruntons les sarong mis à disposition des visiteurs à l’entrée 🙂

Le long escalier descend en contrebas vers le temple. Tout le complexe avait été laissé à l’abandon pendant des siècles et n’a été rouvert au public qu’en 1923, et restauré en 1954 par les Hollandais (toujours eux).

Entrée de Goa Gadjah

En plein centre, deux bassins avec des statues tenant des barils dont jaillissent quelques filets d’eau. L’élément le plus connu du temple étant une nef creusée dans la roche, dont l’entrée sculptée est impressionnante : il faut passer par la bouche d’une grosse figure (Boma) qui fait peur pour pénétrer dans la crypte troglodytique où sièges des divinités sur trois petits hôtels. Il fait encore plus moite dedans que dehors, alors on ressort vite fait bien fait.

Pour les Hindous “Boma” (ou “Kala”, ou encore “Kittimukha” en sanscrit) est le fils du dieu des eaux Wishnu et de la déesse de la terre Parwati.

Un temple “classique” avec ses pagodes, salles de rassemblement et pièces logistiques (cuisine, toilettes, etc.) jouxte les bassins aux statues. Nous nous éloignons un peu plus loin pour suivre la rivière et descendre vers un mini temple bouddhiste (où un moine veut nous bénir moyennant un billet. Nada !) A défaut d’être subjugué par ces temples, nous aimons l’endroit dans la jungle, avec des plantes colorées jalonnant les escaliers et chemins de pierre.

Yeh Pulu

Allez, c’est décidé, tentons de sortir des sentiers battus. Je regarde la carte du coin et aperçois un petit temple au milieu de nulle part. Zouh allons-y. Je sors le scooter du trafic de la route principale et nous pénétrons dans les rues étroites d’un petit village, où il faut éviter nids de poules et poules bien vivantes.

Une vieille dame vient quémander un droit de parking dérisoire (2000 roupies). Nous posons les casques, achetons le droit de passage au temple, déclinons l’offre d’un guide local pour un trek dans les rizières avoisinantes et partons le pique-nique dans le sac.

On ne croise qu’une touriste ! Effectivement, on est hors des sentiers battus. Un artisan sculpteur de souvenirs qui a installé son petit atelier sur le bord du chemin nous tape la discute. Cela n’a pas l’air d’être simple de vivre d’art part ici il n’y a vraiment pas grand monde, et c’est désolés que nous lui achetons rien (c’est joli et pas cher, mais il faut vraiment qu’on fasse du vide dans les sacs à dos avant de pouvoir s’alourdir à nouveau).

Yeh Pulu

Le petit temple du XIVe siècle est minuscule. Mis au jour en 1925, il est constitué de vingt cinq mètres de bas-reliefs sculptés à même la pierre qui présentent des scènes de vie courante et divinités. Yeh veut dire eau, et Pulu bassin, mais même en cherchant on n’a pas trouvé de vasque dans les sculptures. Une mémé édentée arrive avec un grand sourire pour nous asperger d’eau avant de nous montrer l’urne au pied de Ganesha (la déesse à la tête d’éléphant). Euh… on a déjà payé l’entrée non ?

Ce fut bref, mais les conseils du guide ne sont pas tombés dans les oreilles de sourds. Une porte basse à l’arrière du temple mène dans la jungle. Nous suivons sur quelques dizaines de mètres un sentier (enfin parait-il), en faisant attention de ne pas glisser sur la terre argileuse, fermons les yeux face à une cascade entourée de déchets plastiques, et… tombons sur des rizières en terrasse !

Hop hop hop, nous longeons le bord des terrasses emplies d’eau et de jeunes plants de riz, et grimpons en altitude. Il faut chaud et la faim arrive. Alors quoi de mieux que de se poser dans un abri en bambou dans ces rizières, tels des travailleurs locaux ? D’ailleurs ces mêmes travailleurs locaux, en pause dans la cabane d’après nous regardent avec des yeux circonspects. Ce midi, c’est riz enveloppé dans une feuille de bananiers avec les restes de notre repas de gala de la veille. Miam !

Dans les rizières

Nous finissons de traverser les rizières, pendant que les agriculteurs enfoncés jusqu’aux genoux dans l’eau et la boue brûlantes (comment font-ils) plantent le riz avec le dos plié en deux (maintenant que nous avons travaillé dans les champs, nous compatissons doublement).

Route vers Tampak Siring

Nous revoici sur la selle matelassée du scooter, faible amortissement entre les soubresauts de la route et nos coccyx. Pas de doutes, nous sommes bien dans la zone dense de Bali. Les villages s’enchaînent en laissant peu de place à la nature ni même aux champs pour s’exprimer. Échoppes de toutes sortes, petits restos, maisons avec petits temples hindous.

Ça monte, ça monte, et nous arrivons à la fin de cette belle route large goudronnée : Tampak Siring. En avant pour les deux “attractions phares”.

Tirta Empul et ses eaux sacrées

C’est l’avantage de s’organiser seuls : en regardant la carte sur téléphone, nous tombons sur “Entrée dérobée du temple”. Ah ah ! Haha 🙂 Allons-y Alonso ! Au bout d’une impasse, nous posons le scoot’ et descendons un étrange escalier sans savoir où nous allons vraiment et nous enfonçons dans des portions sous-terrainnes. Un mélange de couloir de RER en banlieue Nord avec des filets d’eau qui tombent du toit et de chemins d’université entourés de jardins bien verts. Très surprenant. La fréquentation ? Nous sommes les seuls blancs, et il semblerait que ce soit le rendez-vous des jeunes couples adolescents qui doivent trouver ici le calme (à défaut de la romance) à leurs amours interdits.

Ah bien oui, ça descend au temple ! Avant qu’on ne nous remarque, nous enfilons un semblant de pantalon souple et un foulard autour de la taille et nous mêlons l’air de rien dans la foule au plus vite. Puis nous rejoignons l’arrière de l’entrée officielle pour attraper un sarong de prêt coloré. Zou, ni vu ni connu, ça a marché !

C’est noir (ou plutôt bariolé) de monde ! C’est dimanche et les locaux en profitent pour visiter, assister aux cérémonies des prêtres et participer à la purification.
Tirta Empul est un temple aux eaux sacrées et protégées. Plusieurs bâtiments hindous hérissés en petites pagodes sont autant de lieux de repos que logistiques. Au centre un prêtre dressé de blanc bénit l’encens, l’eau et le riz dos à une rangée de fidèles. Puis il éclabousse du bout des doigt cette eau sur chacun des membres de l’assistance avant de leur distribuer du riz qu’ils s’empressent de se coller dans les cheveux, au-dessus des oreilles, et entre les deux yeux. Les voir ensuite avec ce riz collé sur le visage vaquer à leurs occupations est tout à fait particulier. C’est cette surprise permanente que nous adorons en voyage : être étonnés des pratiques, tenter de comprendre et surtout accepter les différences sans arrières-pensées.

La deuxième partie du temple est la plus typique. De l’eau de source fait bouillonner le sable au fond d’un grand bassin. La clarté de l’eau et les algues teintent le tout d’un joli bleu vert. Cette eau sacrée est ensuite canalisée pour sortir par une multitude de petites fontaines. Les foules se pressent, habillées de sarong, plongées dans l’eau jusqu’à la taille pour ensuite s’asperger d’eau de chacune de ces fontaines.

Pélerinage à Tirta Empul

On enfile à tour de rôle la grande écharpe d’Emi (sarong improvisé) et nous mêlons aux locaux pour ce pèlerinage original. Des “Bule” (touristes blancs) font la même chose avec des guides, dans leurs sarong vert fluo, au moins nous passons davantage inaperçus ! Mais nous profitons des explications. Chaque fontaine guéri un mal particulier. Les premières sont pour le corps, puis l’esprit, puis l’âme. Une prière au mauvais endroit, et attention aux effets indésirables ! Nous verrons bien.
Ouch elle est fraîche ! Torse poil sarong flottant dans l’eau, je ne suis pas le seul à grelotter. Bien qu’il y ait une pseudo-queue, les familles n’hésitent pas à se passer les unes devant les autres, mais ce sont les cris, les rires et les sourires qui dominent ici. J’aime vraiment l’ambiance locale, les gros poissons qui m’effleurent, et la multitude de pétales de fleurs qui flottent sur l’eau. Je tente au hasard quelques prières devant les petites fontaines surmontées de pyramides d’offrandes, et croise les doigts pour ne pas me gourer ! ne s’agirait pas de devenir chauve demain 🙂

Purification

Nous rendons notre sarong, et rebroussons chemin par la “sneaky way”. Plus que d’échapper au prix du ticket, c’est l’adrénaline et l’aventure de passer inaperçu qui nous a bien plu !

Gunung Kawi

En avant pour l’autre joyau de la ville. “Sarong mister”, “que voulez-vous boire ?”, ça doit être touristique également…

Gunung Kawi

Nous descendons les longues marches le long des échoppes de souvenirs, jusqu’à déboucher au pied d’une gorge décorée de rizières et cocotiers. Tout en bas, les falaises ont été creusées et sculptées pour faire apparaître de grandes pyramides “Candi”. Sanctuaire, temple et résidence dans la nature avec quelques petites cascades. L’ambiance de fin d’après-midi et loin des villes rend ce lieu propice à la relaxation. Nous y prenons notre temps (comme d’hab) à déambuler parmi les vieilles pierres emplies d’histoires tandis que le prêtre prépare la cérémonie de la bénédiction pour un jeune couple et leur enfant aussi turbulent que désintéressé 🙂

Prêtre à Gunung Kawi

La remontée des marches est longue et fatigante sous la chaleur, et nous sommes admiratif devant les deux femmes devant nous.

Portage périlleux

Route dans la campagne

Quitte à conduire un scooter, autant en profiter. Alors nous partons nous perdre dans la campagne et les villages sur une route secondaire pour retourner à Ubud. Par Kedisan puis Pakudui nous traversons de belles rizières, des ponts au-dessus de gorges, des grandes forêts aux grands cocotiers, et des bastions de l’artisanat local. Les petits villages parfois en pierre sont emplis de petits temples décorés de fleurs. Et les échoppes vendent toutes la même chose : des sculptures en plâtre ou bois de divinités hindous. Leur confection manuelle est admirable !

Emi au volant

Rizières de Tegallalang

C’est déjà à la nuit tombante que… “Ici ici ! garez-vous là ! vous voulez des cartes postales ?” Pas de doute nous sommes arrivés aux rizières de Tegallalang. L’air bleu noir donne un air mystique à ces terrasses cultivées et fleuries qui bordent une gorge poilue de grands arbres. C’est joli !

Petit warung local

Arg, des gouttes, ça va flotter. Nous nous arrêtons dans un petit warung sur la route, négocions le prix et nous installons par terre aux petites tables. Nouilles sautés à la sauce soja sucrée, avec œuf et boulettes de poulet. Plat typique indonésien. Nous discutons avec un moment avec ce patron de warung fort sympathique qui pour une fois n’essaie pas de nous vendre des tours organisés et nous donne de bon cœur ses conseils.

Brochette au warung

Épique retour de nuit sous le déluge

Il est temps de reprendre la route. C’est le déluge. Cape de pluie sur le dos, les jambes, le crâne sous le casque, les sacs à dos, les trombes d’eau tentent quand même de s’infiltrer. Ce coup-ci la route descend en pente douce, et se transforme avec une rapidité déconcertante en torrent. Nous avançons doucement alors que des gerbes d’eau giclant de part et d’autre des roues. Toutes les odeurs disparaissent, mes lunettes se teintent de points flous lumineux. Le bruit des moteurs est perdu dans le claquement de la cape de pluie sous le vent et les glouglous et le flouch de l’eau qui jaillit de partout. Eh beh, ça ne plaisante pas la flotte ici !

On rentre même pas mouillés ! alors à la piscine !

Et demain ? On traverse le pays à travers les rizières dont certaines sont classées au patrimoine mondial de L’UNESCO, et pleins d’autres merveilles ! La suite, c’est ici.

Un week-end à Ubud

Ubud, capitale culturelle de Bali, est un passage quasi obligé pour les touristes. Bien située au cœur de l’île, elle est l’un des points de bifurcation pour aller à l’Est, à l’Ouest et au Nord.

Ubud est une ville de contrastes. Sport, détente, shopping, authenticité, calme, agitation…Entre le bruit de moteur trafiqués des mobylettes on entend aussi les mélodies plus douces des tubes de bambous et autres instruments traditionnels.

Boutique

Dans les 3 rues principales, on trouve bar et restaurants occidentaux, warungs locaux, boutiques de souvenirs (avec des objets insolites!), supermarchés… Mais, en sortant des grands boulevards, on découvre aussi un Ubud plus rurale, plus authentique, au cœur des rizières.

rizières

Ah, une dernière chose ! Les macaques qui se promènent nonchalamment sur les trottoirs, les toits, les câbles électriques, constituent une mafia bien rodée qui, quand bon lui semble, vous réquisitionne lunettes, déjeuner, ou tout autre objet odorant ou brillant.

La mafia

Prêts pour un week-end à Ubud ?

Premier jour

On se met dans l’ambiance

Décalage horaire oblige, on est réveillés tôt. Qu’à cela ne tienne nous profitons du petit dèj indonésien de rigueur : Nasi Goreng -riz sauté- smoothies et fruits -tiens ça faisait longtemps qu’on n’avait pas mangé salé le matin! et nous allons nous installer sous une petite pagode face à la piscine pour travailler un peu.

Nico en plein travail

Une ambiance sonore de bambous et percussions métalliques nous accompagne, un peu comme une incitation à la méditation et à l’exotisme. Qu’on aime ou pas, il faut s’y faire, à Bali, la musique est incluse dans le contrat ! Nous pour l’instant, on apprécie.

Un article plus tard, il est 13h. Que le temps file ! Partons explorer Ubud, la fameuse capitale culturelle de l’île.

Toutes premières impressions de Bali

Il est déjà 14h, alors pourquoi ne pas commencer par un peu de découverte culinaire ? Nous prenons place au Tulasi Vegetarian où un charmant petit gars nous accueille en sarong et tout sourire. Il prend notre commande et revient avec des brochettes de poulet au sate (c’est végétarien le poulet ? aha ils sont forts !) avec une sauce aux cacahuètes (“sate”) et des boulettes de tofu (“tahu”) à la sauce tomate dont nous sommes ravis.

En sortant, nous observons plus ce qui nous entoure. Il est frappant de voir que mis à part quelques warungs comme celui où nous avons mangé, il y a beaucoup de restaurants pour occidentaux (pizzeria italienne, pubs…) et des boutiques de souvenirs avec d’étranges objets (dont des décapsuleurs en forme un peu…phallique… pas si prudes ces asiatiques !)
On croise une rivière encaissée, plastiques et textiles déchirés retenus par les branchages. Spectacle désolant qui n’est malheureusement pas le dernier du voyage.

Une forêt de singe

La découverte de la ville continue à la Monkey Forest (qui mérite un article à elle-seule; disponible ICI)

Sacrés Monkeys

 Il pleut, c’est la fête à la grenouille

17h, une pluie diluvienne s’abat dans les rues qui débordent. Par endroits, nous avons de l’eau jusqu’aux chevilles. C’est notre première grosse pluie, mais on comprendra que c’est tous les jours pareils ! du beau temps le matin, un déluge l’après-midi.
“Massage”, “Massage” ! nous proposent les filles des salons de spa. Sous nos capes de pluies dont il faudra nous accoutumer, nous traversons la rue principale pour aller réserver le restaurant “Bebek Bengil”, un super endroit au bord de la rizière où l’on mange bien. Nous avons quelques chose à fêter demain !

Puis, en se perdant dans les petites rues moins touristiques et plus résidentielles, nous trouvons un QG pour le repas du soir : le Warung Sopa.

Une fin de journée en douceur

Nous retirons les capes de pluie ruisselantes, laissons nos tongs à l’entrée, et nous installons en tailleur sur les coussins autour d’une petite table basse. Un thé au citron vert pour moi, et une infusion de citronnelle et gingembre pour Nico.

C’est au comptoir que nous choisissons quoi mettre dans notre Nasi Campur, comprendre riz avec assortiment de préparations de légumes, beignets et autres mets délicats. Miam ! Du tofu grillé, un curry de patates douces et haricots, des beignets de tofu fondant, du tempe (tofu à croute croustillante aux graines de soja fermenté à sec).

Deuxième jour

Balade dans les rizières : le Campuhan ridge track

Ce matin, nous décidons de reprendre les bonnes habitudes en allant marcher un peu. Nous choisissons le Campuhan ridge track pour aller voir les rizières. C’est un chemin déjà bien emprunté, donc on reste dans les sentiers battus, mais cela nous donne une première idée de la région.

Après avoir trouvé le début du chemin (derrière une école, un grand escalier descend et donne sur un temple à moitié dans la jungle), nous commençons à grimper les marches de pierre.

Il n’est que 10h mais déjà le soleil derrière les nuages et l’humidité étouffante nous mettent la puce (et la sueur) à l’oreille : ici pour randonner, il va falloir se lever beaucoup plus tôt !

le long de la Campuhan ridge track

Le chemin pavé sur la crête d’une colline nous permet d’avoir une vue dégagée sur les rizières et la forêt qui s’étend dessous et en face de nous. Nous sommes ravis du spectacle offert par la nature !

Nous traversons un petit village avec quelques échoppes qui proposent des thés et des cafés, puis à nouveau, les rizières inondées d’un vert de jais s’étendent devant nous, à perte de vue, ou presque. Le sentier se termine et donne à présent sur la route, nous continuons un peu, mais opérons un demi-tour après avoir tenté de “couper” le chemin pour faire une boucle. D’après les locaux, c’est impossible de traverser la gorge, et on veut bien les croire !

La paillotte de rizière

Nous allons nous consoler sur une paillote au dessus de la rizière. Après manger, une grande fatigue se fait sentir, sans doutes la chaleur et le décalage horaire, alors nous nous abandonnons à une petite sieste sur bambou qui nous régénère.

Les temples d’Ubud

Dalem Temple

Sculpture sur temple

La plus remarquable partie du temple est sa porte extérieure, en pierre finement sculptée. Il commence à pleuvoir, et en attendant de voir s’il s’agit d’une averse ou d’une pluie torrentielle, nous nous abritons un moment sous le toit d’une scène. Nous découvrons alors de nombreux instruments traditionnels et ne résistons pas à l’envie de les essayer !

Apprenti percu

Le temple aux lotus Pura Taman Saraswati

Finalement, c’est bien une pluie torrentielle, mais, il va falloir nous accoutumer à la pluie en cette saison. Avec nos capes colorées nous longeons la rue principale jusqu’au temple des lotus.

Avec cette météo, nous sommes les seuls sur place. Quelle chance ! Ce palais possède une magnifique devanture. Cachée derrière un restaurant, une longue allée mène à la porte principale. Sur le côté, de grands bassins remplis de lotus géants. La pluie ruissèle sur leurs immenses feuilles en goutes épaisses. J’adore ! Derrière, l’eau jaillit du temple pour tomber de terrasses en terrasses et faire miroiter le sol. Magique.

La beauté des choses simples

Dès que la pluie cesse, la badeaux arrivent avec leurs appareils photos. On leur laisse la place, et prenons la direction du Palais d’Ubud.

Ubud Palace

Le Palais d’Ubud est fermé au public, mais les “jardins” sont accessibles. Après le temple des lotus, l’architecture me semble un peu fade. Il n’en demeure pas moins que c’est un beau bâtiment avec des portes et statues intéressantes.

Un repas aux chandelle

Sur une pagode face à la rizière, dans le restaurant Bebek Bengil, nous prenons place à la table n°3 que nous avons réservée. C’est la meilleure du restaurant alors on s’installe et on savoure. Assis en tailleur sur des petits coussins, bougies au milieu, notre cocktail arrive. Tchin ! à nos 2 ans ! Wahou deux ans ! ça passe trop vite !

Le bebek Bengil

Allez, c’est jour de fête, en plus du canard commandé la veille, on ajoute des entrées à partager pour piocher plein de goûts différents ! Merci tata Sophie pour ce joli cadeau ! Ici, les euros que tu nous as envoyés se transforment en fortune que nous utilisons pour un repas princier.

On fête notre anniversaire

On découvre les chips d’épinards et notre plat, un canard avec du riz et pleins de légumes. C’est absolument délicieux ! On mange peu de viande, mais si on en mange, on apprécie quand le plat est de bonne qualité !

Ubud te plaît ? Tu veux l’explorer un peu plus ? On t’emmène faire un trip en mob ! Tu veux une aveture sauvage en plein coeur de la ville ? On te fait visiter la monkey forest !

The Sacred Monkey Forest Sanctuary

On m’en a tant parlé de cette “Monkey Forest”, ce parc en plein centre d’Ubud où les macaques sont légions. Allons voir de quoi il en retourne !

Déjà dans les rues adjacentes, ça crie, ça se chamaille, ça déambule nonchalamment, ça grimpe aux poteaux électriques. Des panneaux de signalisation routière indiquent : “attention traversée de singes”. Atypique.

Premier témoin de l’inflation touristique : le prix du billet qui augmente tous les ans. C’est avec un grand sourire que le garde en habit militaire contrôle notre billet et nous laisse pénétrer dans le parc. Les grands arbres aux lianes laissent filtrer quelques rayons de soleil bien jaunes. Les statues de pierre représentant des divinités hindoues et des animaux profitent de cette belle lumière, teintées de vert mousseux.

Statue

Il y a du monde, mais encore plus de macaques. Plus de six cents primates à longue queue balinais ici (macaca fascicularis de leur petit nom technique) alors que le parc fait à peine la taille de deux stades de foot. Les cinq tribus se sont répartis le terrain et gare à ceux qui s’en éloignent : ça fait du foin ! Surtout que pour la baignade il n’y a qu’une rivière et l’accès se fait par un des territoires d’une tribu. Bizarrement ça rappelle les conflits entre hommes non ?

Famille macaque

On en voit de toutes les tailles (et donc âges). Les femelles sont adultes à quatre ans, les mâles à six. Alors que les mâles vivent jusqu’à quinze ans et femelles vingt.

Ça va je récite bien l’exposé ? Je continue ? 🙂

D’après le petit dépliant de l’entrée (en français s’il vous plaît), le sanctuaire est bâti selon le concept du Tri Hita Katana. Pour en savoir plus, ce sera [ici !]

Nous déambulons donc parmi les sentiers, les statues, les temples en pierre et briques aux petites pagodes aux toits en chaume locale. Les singes sont omniprésents, surtout ne pas croiser leur regard (ils prennent ça pour de l’affront), ni montrer les dents (même chose).

Il y en a un qui approche de moi, l’air de rien, euh… en deux temps trois mouvements, il est sur mon épaule, à manger sa banane tranquillement. Comment dire, cinq kilos de poils gris sur l’épaule qui mâchent bruyamment en postillonnant dans vos tympans, c’est cool non ?
Émilie me rassure en me disant qu’il ne cherche pas à me chiper quelque chose, ni à m’ennuyer. Il est juste là pour me faire un câlin 🙂 Apparemment, il ferme les yeux et m’enlace le cou de ces bras fins et poilus. Je tends le doigt et sa toute petite main l’enserre, c’est tellement mignon.
Finalement, de peur qu’il découvre que mes lunettes brillantes sont tout de même sacrément chouettes, je tente de le faire descendre (même s’il n’en a pas tellement envie). Je ressors ravi de cette expérience, instant de partage avec un de nos cousins.

Monkey Nico

Pas loin du temple Prajapati, nous découvrons un grand cimetière aux pierres tombales. C’est là que sont enterrés les morts avant crémation (qui a lieu tous les cinq ans). Le dieu vénéré ici est Hyang Widhi, et a une tronche qui fait peur avec ses grandes dents et yeux ronds exorbités. Pas de doute, la mort, ce n’est pas drôle.

Cimetière

Quelques touristes achètent des bananes pour nourrir les primates. Excités ils n’hésitent pas à monter sur les hommes à la recherche de choses à chaparder. Ça ne manque pas, un grimpe sur le sac d’Émilie et y attrape une petite bouteille d’eau. Surtout, ne pas résister (et paniquer). En quelques coups de dents, le macaque perce le plastique et en suce le contenu. Pas de doute, il connaît son affaire.

Dans un bâtiment, une exposition temporaire présente des peintures d’un peintre local. Peintures spectaculaires autant en taille qu’en qualité et couleurs. Les portraits sont poignants, scènes campagnardes réalistes, et bouquets de fleurs éclatants.

Expo de peintures

Nous continuons la balade entre les temples, les promenades le long de la rivière encaissée. Malgré les pétarades des scooters des rues adjacentes la verdure sauvage est ressourçante. C’est mon premier contact avec la flore locale ! Des feuilles aux proportions déconcertantes (ma taille, oui oui), des lianes tombant des cocotiers (tant que ce ne sont pas les noix ça va), des tapis de plantes vertes luisantes après la pluie (oui il a commencé à pleuvoir, comme toutes les après-midis).

Temple dans le parc

Nous quittons ce sanctuaire contents : ça y est on est prêts à vivre l’aventure en Indonésie !

Du pays des kiwis à la moiteur de Bali

On the  road again

Ce matin, nous avons mis le réveil un peu tôt pour avoir le temps de terminer notre sac. Pas peu fiers de nous, à 10h45 nous voilà prêts ! Ce n’était pas une mince affaire que de passer d’un van à un sac à dos, cela nous aura pris du temps mais tout tient dans notre backpack de 50L et notre petit sac à dos de voyage. Ouf !

Après avoir donné les quelques victuailles qu’il nous restait aux nouveaux occupants du AirBnB où nous avons passé la semaine (chez des indiens très accueillants), nous prenons la route, à pied et sous la pluie, pour le bus de l’aéroport. A l’arrêt, nous réservons nos tickets sur smartphone (moins cher et cela nous évite de sortir du cash en dollars néo-zélandais dont nous n’aurions que faire en Indonésie).

L’aéroport d’Auckland

A midi et quart, l’aéroport international d’Auckland nous accueille. Loin de la folie de Charles de Gaulle, c’est un bâtiment à taille bien plus humaine où il n’est pas compliqué de trouver ses repères. Ni une, ni deux, nous emballons nos sacs à dos dans leur pochette de protection (essentiel si vous voulez garder un sac en bon état au long terme) et le posons sur le tapis roulant.


Oups… 16kg !! Au moins 4 kg de trop pour moi (nous avons le droit à 30, mais je parle en terme pratique, 12 kg me semble être le poids maximal que je doive transporter pour voyager sereinement). Nico lui, s’en tire avec 17,8 kg…beaucoup ) mon sens, mais lui dit que ce n’est pas si terrible.
Au moment de vérifier nos papiers, comme prévu, l’hôtesse nous demande notre billet retour, qu’on lui tend. Je croise les doigts (pourquoi ? ahah ! On vous prépare un petit quelque chose à ce sujet, patience patience.. en attendant, saches que nous avons “loué” notre billet de retour!). Bref, elle vérifie tout : la date, le numéro de vol…et hop ! ça passe. Ouf !

Direction, la sécurité…où je découvre que mon petit sac à dos, fait lui 5kg… poin poin poin poin… il va falloir virer 2, ce qui fait 6kg en tout à enlever, ça va être un peu compliqué !

Les couloirs de l’aéroport sont sans fin et nous avons bien fait de venir en avance. Côté immigration, pas trop de problème, je rentre mon passeport dans le scanner, je passe un portique, et hop, c’est règlé ! Trop facile !

Avec un peu de retard par rapport à l’heure prévue, dû à des conditions météorologiques complexes (je veux bien les croire…on ne voit rien du tout et il pleut des trombes), enfin, l’avion décolle.

Le trajet

Peu de places pour les jambes, un repas un peu chiche (et sincèrement mauvais), la compagnie Quantas, pourtant très bien notée, n’est pas la plus agréable que l’on ai connue… tant pis, on assume, nous avons fait le choix de l’itinéraire le plus “responsable” à savoir une ligne droite (AUckland-Sydney / Sydney-Denpassar) plutôt que les vols un peu moins chers des compagnies Thailanses qui nous obligeaient à passer par Bangkok, pour redescendre. Je n’en dis pas plus, on prépare quelqe chose sur ce sujet. L’aiguille de notre montre remonte de deux heures pour se caler sur l’heure de Sydney.

A Sydney, pas le temps de rêvasser, c’est avec un pas très préssé que nous rejoignons la porte 37 pour monter dans le second avion.

Le vol est plus long, mais le personnel plus sympathique et le repas plus goûtu…ah et nos écrans fonctionnent…ce qui permet quand même de faire passer le trajet plus rapidement. En bonus, 3 sièges pour deux, c’est le paradis.

Nous règlons à nouveau notre montre sur l’heure d’arrivée (Denpassar) soit 3 heures de moins… Notre cerveau commence à trouver cela bizarre.

Arrivée à Bali

A 21h, heure locale, nous voilà dans la moiteure de Bali. Dès que les portes du cockpit s’ouvrent, une humidité chaude allourdie nos vêtements. Nos paupières sont lourdes et notre corps accuse le coup : pour lui, il est 2h du matin.

A la douane, on opte pour le visa à 35 dollars (parce qu’il nous donne la possibilité de le renouveller 1 mois). En Indonésie, il y a torp à voir, et surtout, nous devons refaire le passeport de Nico (ce qui prend parfois plus d’un mois).
A l’immigration, on ne rigole pas, l’agent me regarde avec suspiscion “What are you doing in Indonésia?” “Euh, tourism” “Sure????” “Yyyyyes…” Pam pam pam, 2 coups de tampons et voilà mon passeport avec une belle vignette. Youhou !

On récupère notre sac en quelques minutes, on l’extrait de sa protection pour le remettre sur notre dos et finallement, on sort de l’aéroport.

On change d’ambiance

“Taxi”,”Taxi”,”Taxi”, “Cheap price for you”, “Special price for you”… finit le pays des chatons gentils de Nouvelle-Zélande, nous voilà dans la jungle de la négotiations typique des pays d’Asie.
Nous avions lu sur internet que le prix officiel pour un transfert aéroport-Ubud est de 300 000Rp. Une trentaine de chauffeurs nous interpellent en nous proposant des prix de 350 000 à 450 000 (parfois par personne!). Je rie gentiement, et explique que je sais que le prix officielle est 300 000Rp. Déçus, certains s’en vont en trainant les pieds;retrouvant espoir au touriste prochain qu’ils abordent à nouveau avec énergie pendant qu’une pluie diluvienne et assourdissante s’abat sur le toit. D’autres, plus patient, tente une entrée en négotiation. Nous pensions initialement partager un taxi avec un voyageur solitaire, mais il est tard et je nous dégote un chauffeur prêts à nous emmener pour 250 000 Rp, car il rentre chez lui, à Ubud. Va pour celui-là, il nous semble difficile d’obtenir un meilleur deal.

J’avais oublié ! Ici les lignes sur la route sont principalement des ornementations décoratives et le principe même de la double voie n’existe pas…chacun empruntant la voie qui lui permet de gagner quelques secondes, jusqu’à ce qu’une voiture en face arrive, à la même vitesse, et que l’un des deux se range sur le côté. Je m’agrippe au siège plusieurs fois ! Nous avons dû éviter 3 chiens, 15 scooters, 1 camions et un nombre incalculable de voiture sur la route. J’ai l’impression que nous avons consciemment (notre chauffeur en tous cas) grillé plusieurs feux rouge (des feux quoi?). Mon karma doit être au top ces jours-ci, tant mieux !

A 23h30, enfin, nous sortons de la voiture et sommes accueillis par deux réceptionnistes. Pas mécontents d’avoir opté, cette fois, pour un hôtel plutôt qu’une auberge, nous prenons place dans notre chambre calme. Je pose mon sac à dos, enfile mon pyjama, envoie un message à ma famille pour dire que nous sommes bien arrivés, m’affale de tout mon long sur le lit épais (et moite), et m’endors. Mon cerveau crie victoire, pour lui il est presque 5h du matin. La journée à été longue.

Demain, on vous raconter Ubud et la Monkey Forest !