Une journée en scooter autour d’Ubud

Aujourd’hui, on se dépêche de se lever, il fait beau les matins et autant en profiter ! Nous avons commandé un petit déjeuner local : Black Rice Pudding. C’est du riz noir mariné et cuit lentement. Le résultat est une sorte de risotto sucré et crémeux, avec des copeaux de noix de coco sur le dessus. C’est bon !

Nous négocions rapidement le scooter aux gars de l’hôtel. Ce n’est pas tâche difficile, suffit d’annoncer le prix normal (50000 la journée, ils avaient tenté 70000 les bougres), et nous sommes parés casques sur la tête à partir !
“Il n’y a pas d’assurance en Indonésie, s’il vous arrive un truc, vous passez au garage et vous réglez”. Euh, ok, on croise les doigts alors. “Pour l’essence, passez aux stations service plutôt qu’aux vendeurs du bord de la route, c’est moins cher. Et demandez 15000 roupies de plein”. Ah ok.

On file donc dans les rues d’Ubud, Emi à l’arrière, et moi au guidon ! Les quelques premières centaines de mètres je me familiarise avec le poids du scoot, ça n’a quand même rien à avoir avec un vélo. Surtout avec deux personnes dessus ! Mais ça se conduit tellement simplement. Et hop, je me fonds dans la circulation chaotique asiatique. Après mes expériences au Cambodge, c’est cela dit assez simple ici.

Zouh, la prochaine étape est la station service et… c’est 28000 après le plein, affiché sur la pompe. Ah, bon.
Ce n’est que plus tard que j’ai un affreux doute, et sens que j’ai du me faire rouler, le gars n’avait pas du remettre la pompe à zéro avant de me servir… Tsss erreur de débutant.

Goa Gadjah

Plein Est d’Ubud, nous arrivons à notre première étape : le temple de Goa Gadjah, temple des éléphants. “Park here, park here please !” on avait lu que le parking était payant ici, finalement ce n’est pas le cas mais toutes les femmes tenant des échoppes de sarong s’empressent de nous faire garer devant la leur pour ensuite nous proposer une boisson ou un “sarong, c’est obligatoire pour entrer dans le temple !”
On ne se fait pas avoir, et nous empruntons les sarong mis à disposition des visiteurs à l’entrée 🙂

Le long escalier descend en contrebas vers le temple. Tout le complexe avait été laissé à l’abandon pendant des siècles et n’a été rouvert au public qu’en 1923, et restauré en 1954 par les Hollandais (toujours eux).

Entrée de Goa Gadjah

En plein centre, deux bassins avec des statues tenant des barils dont jaillissent quelques filets d’eau. L’élément le plus connu du temple étant une nef creusée dans la roche, dont l’entrée sculptée est impressionnante : il faut passer par la bouche d’une grosse figure (Boma) qui fait peur pour pénétrer dans la crypte troglodytique où sièges des divinités sur trois petits hôtels. Il fait encore plus moite dedans que dehors, alors on ressort vite fait bien fait.

Pour les Hindous “Boma” (ou “Kala”, ou encore “Kittimukha” en sanscrit) est le fils du dieu des eaux Wishnu et de la déesse de la terre Parwati.

Un temple “classique” avec ses pagodes, salles de rassemblement et pièces logistiques (cuisine, toilettes, etc.) jouxte les bassins aux statues. Nous nous éloignons un peu plus loin pour suivre la rivière et descendre vers un mini temple bouddhiste (où un moine veut nous bénir moyennant un billet. Nada !) A défaut d’être subjugué par ces temples, nous aimons l’endroit dans la jungle, avec des plantes colorées jalonnant les escaliers et chemins de pierre.

Yeh Pulu

Allez, c’est décidé, tentons de sortir des sentiers battus. Je regarde la carte du coin et aperçois un petit temple au milieu de nulle part. Zouh allons-y. Je sors le scooter du trafic de la route principale et nous pénétrons dans les rues étroites d’un petit village, où il faut éviter nids de poules et poules bien vivantes.

Une vieille dame vient quémander un droit de parking dérisoire (2000 roupies). Nous posons les casques, achetons le droit de passage au temple, déclinons l’offre d’un guide local pour un trek dans les rizières avoisinantes et partons le pique-nique dans le sac.

On ne croise qu’une touriste ! Effectivement, on est hors des sentiers battus. Un artisan sculpteur de souvenirs qui a installé son petit atelier sur le bord du chemin nous tape la discute. Cela n’a pas l’air d’être simple de vivre d’art part ici il n’y a vraiment pas grand monde, et c’est désolés que nous lui achetons rien (c’est joli et pas cher, mais il faut vraiment qu’on fasse du vide dans les sacs à dos avant de pouvoir s’alourdir à nouveau).

Yeh Pulu

Le petit temple du XIVe siècle est minuscule. Mis au jour en 1925, il est constitué de vingt cinq mètres de bas-reliefs sculptés à même la pierre qui présentent des scènes de vie courante et divinités. Yeh veut dire eau, et Pulu bassin, mais même en cherchant on n’a pas trouvé de vasque dans les sculptures. Une mémé édentée arrive avec un grand sourire pour nous asperger d’eau avant de nous montrer l’urne au pied de Ganesha (la déesse à la tête d’éléphant). Euh… on a déjà payé l’entrée non ?

Ce fut bref, mais les conseils du guide ne sont pas tombés dans les oreilles de sourds. Une porte basse à l’arrière du temple mène dans la jungle. Nous suivons sur quelques dizaines de mètres un sentier (enfin parait-il), en faisant attention de ne pas glisser sur la terre argileuse, fermons les yeux face à une cascade entourée de déchets plastiques, et… tombons sur des rizières en terrasse !

Hop hop hop, nous longeons le bord des terrasses emplies d’eau et de jeunes plants de riz, et grimpons en altitude. Il faut chaud et la faim arrive. Alors quoi de mieux que de se poser dans un abri en bambou dans ces rizières, tels des travailleurs locaux ? D’ailleurs ces mêmes travailleurs locaux, en pause dans la cabane d’après nous regardent avec des yeux circonspects. Ce midi, c’est riz enveloppé dans une feuille de bananiers avec les restes de notre repas de gala de la veille. Miam !

Dans les rizières

Nous finissons de traverser les rizières, pendant que les agriculteurs enfoncés jusqu’aux genoux dans l’eau et la boue brûlantes (comment font-ils) plantent le riz avec le dos plié en deux (maintenant que nous avons travaillé dans les champs, nous compatissons doublement).

Route vers Tampak Siring

Nous revoici sur la selle matelassée du scooter, faible amortissement entre les soubresauts de la route et nos coccyx. Pas de doutes, nous sommes bien dans la zone dense de Bali. Les villages s’enchaînent en laissant peu de place à la nature ni même aux champs pour s’exprimer. Échoppes de toutes sortes, petits restos, maisons avec petits temples hindous.

Ça monte, ça monte, et nous arrivons à la fin de cette belle route large goudronnée : Tampak Siring. En avant pour les deux “attractions phares”.

Tirta Empul et ses eaux sacrées

C’est l’avantage de s’organiser seuls : en regardant la carte sur téléphone, nous tombons sur “Entrée dérobée du temple”. Ah ah ! Haha 🙂 Allons-y Alonso ! Au bout d’une impasse, nous posons le scoot’ et descendons un étrange escalier sans savoir où nous allons vraiment et nous enfonçons dans des portions sous-terrainnes. Un mélange de couloir de RER en banlieue Nord avec des filets d’eau qui tombent du toit et de chemins d’université entourés de jardins bien verts. Très surprenant. La fréquentation ? Nous sommes les seuls blancs, et il semblerait que ce soit le rendez-vous des jeunes couples adolescents qui doivent trouver ici le calme (à défaut de la romance) à leurs amours interdits.

Ah bien oui, ça descend au temple ! Avant qu’on ne nous remarque, nous enfilons un semblant de pantalon souple et un foulard autour de la taille et nous mêlons l’air de rien dans la foule au plus vite. Puis nous rejoignons l’arrière de l’entrée officielle pour attraper un sarong de prêt coloré. Zou, ni vu ni connu, ça a marché !

C’est noir (ou plutôt bariolé) de monde ! C’est dimanche et les locaux en profitent pour visiter, assister aux cérémonies des prêtres et participer à la purification.
Tirta Empul est un temple aux eaux sacrées et protégées. Plusieurs bâtiments hindous hérissés en petites pagodes sont autant de lieux de repos que logistiques. Au centre un prêtre dressé de blanc bénit l’encens, l’eau et le riz dos à une rangée de fidèles. Puis il éclabousse du bout des doigt cette eau sur chacun des membres de l’assistance avant de leur distribuer du riz qu’ils s’empressent de se coller dans les cheveux, au-dessus des oreilles, et entre les deux yeux. Les voir ensuite avec ce riz collé sur le visage vaquer à leurs occupations est tout à fait particulier. C’est cette surprise permanente que nous adorons en voyage : être étonnés des pratiques, tenter de comprendre et surtout accepter les différences sans arrières-pensées.

La deuxième partie du temple est la plus typique. De l’eau de source fait bouillonner le sable au fond d’un grand bassin. La clarté de l’eau et les algues teintent le tout d’un joli bleu vert. Cette eau sacrée est ensuite canalisée pour sortir par une multitude de petites fontaines. Les foules se pressent, habillées de sarong, plongées dans l’eau jusqu’à la taille pour ensuite s’asperger d’eau de chacune de ces fontaines.

Pélerinage à Tirta Empul

On enfile à tour de rôle la grande écharpe d’Emi (sarong improvisé) et nous mêlons aux locaux pour ce pèlerinage original. Des “Bule” (touristes blancs) font la même chose avec des guides, dans leurs sarong vert fluo, au moins nous passons davantage inaperçus ! Mais nous profitons des explications. Chaque fontaine guéri un mal particulier. Les premières sont pour le corps, puis l’esprit, puis l’âme. Une prière au mauvais endroit, et attention aux effets indésirables ! Nous verrons bien.
Ouch elle est fraîche ! Torse poil sarong flottant dans l’eau, je ne suis pas le seul à grelotter. Bien qu’il y ait une pseudo-queue, les familles n’hésitent pas à se passer les unes devant les autres, mais ce sont les cris, les rires et les sourires qui dominent ici. J’aime vraiment l’ambiance locale, les gros poissons qui m’effleurent, et la multitude de pétales de fleurs qui flottent sur l’eau. Je tente au hasard quelques prières devant les petites fontaines surmontées de pyramides d’offrandes, et croise les doigts pour ne pas me gourer ! ne s’agirait pas de devenir chauve demain 🙂

Purification

Nous rendons notre sarong, et rebroussons chemin par la “sneaky way”. Plus que d’échapper au prix du ticket, c’est l’adrénaline et l’aventure de passer inaperçu qui nous a bien plu !

Gunung Kawi

En avant pour l’autre joyau de la ville. “Sarong mister”, “que voulez-vous boire ?”, ça doit être touristique également…

Gunung Kawi

Nous descendons les longues marches le long des échoppes de souvenirs, jusqu’à déboucher au pied d’une gorge décorée de rizières et cocotiers. Tout en bas, les falaises ont été creusées et sculptées pour faire apparaître de grandes pyramides “Candi”. Sanctuaire, temple et résidence dans la nature avec quelques petites cascades. L’ambiance de fin d’après-midi et loin des villes rend ce lieu propice à la relaxation. Nous y prenons notre temps (comme d’hab) à déambuler parmi les vieilles pierres emplies d’histoires tandis que le prêtre prépare la cérémonie de la bénédiction pour un jeune couple et leur enfant aussi turbulent que désintéressé 🙂

Prêtre à Gunung Kawi

La remontée des marches est longue et fatigante sous la chaleur, et nous sommes admiratif devant les deux femmes devant nous.

Portage périlleux

Route dans la campagne

Quitte à conduire un scooter, autant en profiter. Alors nous partons nous perdre dans la campagne et les villages sur une route secondaire pour retourner à Ubud. Par Kedisan puis Pakudui nous traversons de belles rizières, des ponts au-dessus de gorges, des grandes forêts aux grands cocotiers, et des bastions de l’artisanat local. Les petits villages parfois en pierre sont emplis de petits temples décorés de fleurs. Et les échoppes vendent toutes la même chose : des sculptures en plâtre ou bois de divinités hindous. Leur confection manuelle est admirable !

Emi au volant

Rizières de Tegallalang

C’est déjà à la nuit tombante que… “Ici ici ! garez-vous là ! vous voulez des cartes postales ?” Pas de doute nous sommes arrivés aux rizières de Tegallalang. L’air bleu noir donne un air mystique à ces terrasses cultivées et fleuries qui bordent une gorge poilue de grands arbres. C’est joli !

Petit warung local

Arg, des gouttes, ça va flotter. Nous nous arrêtons dans un petit warung sur la route, négocions le prix et nous installons par terre aux petites tables. Nouilles sautés à la sauce soja sucrée, avec œuf et boulettes de poulet. Plat typique indonésien. Nous discutons avec un moment avec ce patron de warung fort sympathique qui pour une fois n’essaie pas de nous vendre des tours organisés et nous donne de bon cœur ses conseils.

Brochette au warung

Épique retour de nuit sous le déluge

Il est temps de reprendre la route. C’est le déluge. Cape de pluie sur le dos, les jambes, le crâne sous le casque, les sacs à dos, les trombes d’eau tentent quand même de s’infiltrer. Ce coup-ci la route descend en pente douce, et se transforme avec une rapidité déconcertante en torrent. Nous avançons doucement alors que des gerbes d’eau giclant de part et d’autre des roues. Toutes les odeurs disparaissent, mes lunettes se teintent de points flous lumineux. Le bruit des moteurs est perdu dans le claquement de la cape de pluie sous le vent et les glouglous et le flouch de l’eau qui jaillit de partout. Eh beh, ça ne plaisante pas la flotte ici !

On rentre même pas mouillés ! alors à la piscine !

Et demain ? On traverse le pays à travers les rizières dont certaines sont classées au patrimoine mondial de L’UNESCO, et pleins d’autres merveilles ! La suite, c’est ici.

Un week-end à Ubud

Ubud, capitale culturelle de Bali, est un passage quasi obligé pour les touristes. Bien située au cœur de l’île, elle est l’un des points de bifurcation pour aller à l’Est, à l’Ouest et au Nord.

Ubud est une ville de contrastes. Sport, détente, shopping, authenticité, calme, agitation…Entre le bruit de moteur trafiqués des mobylettes on entend aussi les mélodies plus douces des tubes de bambous et autres instruments traditionnels.

Boutique

Dans les 3 rues principales, on trouve bar et restaurants occidentaux, warungs locaux, boutiques de souvenirs (avec des objets insolites!), supermarchés… Mais, en sortant des grands boulevards, on découvre aussi un Ubud plus rurale, plus authentique, au cœur des rizières.

rizières

Ah, une dernière chose ! Les macaques qui se promènent nonchalamment sur les trottoirs, les toits, les câbles électriques, constituent une mafia bien rodée qui, quand bon lui semble, vous réquisitionne lunettes, déjeuner, ou tout autre objet odorant ou brillant.

La mafia

Prêts pour un week-end à Ubud ?

Premier jour

On se met dans l’ambiance

Décalage horaire oblige, on est réveillés tôt. Qu’à cela ne tienne nous profitons du petit dèj indonésien de rigueur : Nasi Goreng -riz sauté- smoothies et fruits -tiens ça faisait longtemps qu’on n’avait pas mangé salé le matin! et nous allons nous installer sous une petite pagode face à la piscine pour travailler un peu.

Nico en plein travail

Une ambiance sonore de bambous et percussions métalliques nous accompagne, un peu comme une incitation à la méditation et à l’exotisme. Qu’on aime ou pas, il faut s’y faire, à Bali, la musique est incluse dans le contrat ! Nous pour l’instant, on apprécie.

Un article plus tard, il est 13h. Que le temps file ! Partons explorer Ubud, la fameuse capitale culturelle de l’île.

Toutes premières impressions de Bali

Il est déjà 14h, alors pourquoi ne pas commencer par un peu de découverte culinaire ? Nous prenons place au Tulasi Vegetarian où un charmant petit gars nous accueille en sarong et tout sourire. Il prend notre commande et revient avec des brochettes de poulet au sate (c’est végétarien le poulet ? aha ils sont forts !) avec une sauce aux cacahuètes (“sate”) et des boulettes de tofu (“tahu”) à la sauce tomate dont nous sommes ravis.

En sortant, nous observons plus ce qui nous entoure. Il est frappant de voir que mis à part quelques warungs comme celui où nous avons mangé, il y a beaucoup de restaurants pour occidentaux (pizzeria italienne, pubs…) et des boutiques de souvenirs avec d’étranges objets (dont des décapsuleurs en forme un peu…phallique… pas si prudes ces asiatiques !)
On croise une rivière encaissée, plastiques et textiles déchirés retenus par les branchages. Spectacle désolant qui n’est malheureusement pas le dernier du voyage.

Une forêt de singe

La découverte de la ville continue à la Monkey Forest (qui mérite un article à elle-seule; disponible ICI)

Sacrés Monkeys

 Il pleut, c’est la fête à la grenouille

17h, une pluie diluvienne s’abat dans les rues qui débordent. Par endroits, nous avons de l’eau jusqu’aux chevilles. C’est notre première grosse pluie, mais on comprendra que c’est tous les jours pareils ! du beau temps le matin, un déluge l’après-midi.
“Massage”, “Massage” ! nous proposent les filles des salons de spa. Sous nos capes de pluies dont il faudra nous accoutumer, nous traversons la rue principale pour aller réserver le restaurant “Bebek Bengil”, un super endroit au bord de la rizière où l’on mange bien. Nous avons quelques chose à fêter demain !

Puis, en se perdant dans les petites rues moins touristiques et plus résidentielles, nous trouvons un QG pour le repas du soir : le Warung Sopa.

Une fin de journée en douceur

Nous retirons les capes de pluie ruisselantes, laissons nos tongs à l’entrée, et nous installons en tailleur sur les coussins autour d’une petite table basse. Un thé au citron vert pour moi, et une infusion de citronnelle et gingembre pour Nico.

C’est au comptoir que nous choisissons quoi mettre dans notre Nasi Campur, comprendre riz avec assortiment de préparations de légumes, beignets et autres mets délicats. Miam ! Du tofu grillé, un curry de patates douces et haricots, des beignets de tofu fondant, du tempe (tofu à croute croustillante aux graines de soja fermenté à sec).

Deuxième jour

Balade dans les rizières : le Campuhan ridge track

Ce matin, nous décidons de reprendre les bonnes habitudes en allant marcher un peu. Nous choisissons le Campuhan ridge track pour aller voir les rizières. C’est un chemin déjà bien emprunté, donc on reste dans les sentiers battus, mais cela nous donne une première idée de la région.

Après avoir trouvé le début du chemin (derrière une école, un grand escalier descend et donne sur un temple à moitié dans la jungle), nous commençons à grimper les marches de pierre.

Il n’est que 10h mais déjà le soleil derrière les nuages et l’humidité étouffante nous mettent la puce (et la sueur) à l’oreille : ici pour randonner, il va falloir se lever beaucoup plus tôt !

le long de la Campuhan ridge track

Le chemin pavé sur la crête d’une colline nous permet d’avoir une vue dégagée sur les rizières et la forêt qui s’étend dessous et en face de nous. Nous sommes ravis du spectacle offert par la nature !

Nous traversons un petit village avec quelques échoppes qui proposent des thés et des cafés, puis à nouveau, les rizières inondées d’un vert de jais s’étendent devant nous, à perte de vue, ou presque. Le sentier se termine et donne à présent sur la route, nous continuons un peu, mais opérons un demi-tour après avoir tenté de “couper” le chemin pour faire une boucle. D’après les locaux, c’est impossible de traverser la gorge, et on veut bien les croire !

La paillotte de rizière

Nous allons nous consoler sur une paillote au dessus de la rizière. Après manger, une grande fatigue se fait sentir, sans doutes la chaleur et le décalage horaire, alors nous nous abandonnons à une petite sieste sur bambou qui nous régénère.

Les temples d’Ubud

Dalem Temple

Sculpture sur temple

La plus remarquable partie du temple est sa porte extérieure, en pierre finement sculptée. Il commence à pleuvoir, et en attendant de voir s’il s’agit d’une averse ou d’une pluie torrentielle, nous nous abritons un moment sous le toit d’une scène. Nous découvrons alors de nombreux instruments traditionnels et ne résistons pas à l’envie de les essayer !

Apprenti percu

Le temple aux lotus Pura Taman Saraswati

Finalement, c’est bien une pluie torrentielle, mais, il va falloir nous accoutumer à la pluie en cette saison. Avec nos capes colorées nous longeons la rue principale jusqu’au temple des lotus.

Avec cette météo, nous sommes les seuls sur place. Quelle chance ! Ce palais possède une magnifique devanture. Cachée derrière un restaurant, une longue allée mène à la porte principale. Sur le côté, de grands bassins remplis de lotus géants. La pluie ruissèle sur leurs immenses feuilles en goutes épaisses. J’adore ! Derrière, l’eau jaillit du temple pour tomber de terrasses en terrasses et faire miroiter le sol. Magique.

La beauté des choses simples

Dès que la pluie cesse, la badeaux arrivent avec leurs appareils photos. On leur laisse la place, et prenons la direction du Palais d’Ubud.

Ubud Palace

Le Palais d’Ubud est fermé au public, mais les “jardins” sont accessibles. Après le temple des lotus, l’architecture me semble un peu fade. Il n’en demeure pas moins que c’est un beau bâtiment avec des portes et statues intéressantes.

Un repas aux chandelle

Sur une pagode face à la rizière, dans le restaurant Bebek Bengil, nous prenons place à la table n°3 que nous avons réservée. C’est la meilleure du restaurant alors on s’installe et on savoure. Assis en tailleur sur des petits coussins, bougies au milieu, notre cocktail arrive. Tchin ! à nos 2 ans ! Wahou deux ans ! ça passe trop vite !

Le bebek Bengil

Allez, c’est jour de fête, en plus du canard commandé la veille, on ajoute des entrées à partager pour piocher plein de goûts différents ! Merci tata Sophie pour ce joli cadeau ! Ici, les euros que tu nous as envoyés se transforment en fortune que nous utilisons pour un repas princier.

On fête notre anniversaire

On découvre les chips d’épinards et notre plat, un canard avec du riz et pleins de légumes. C’est absolument délicieux ! On mange peu de viande, mais si on en mange, on apprécie quand le plat est de bonne qualité !

Ubud te plaît ? Tu veux l’explorer un peu plus ? On t’emmène faire un trip en mob ! Tu veux une aveture sauvage en plein coeur de la ville ? On te fait visiter la monkey forest !

The Sacred Monkey Forest Sanctuary

On m’en a tant parlé de cette “Monkey Forest”, ce parc en plein centre d’Ubud où les macaques sont légions. Allons voir de quoi il en retourne !

Déjà dans les rues adjacentes, ça crie, ça se chamaille, ça déambule nonchalamment, ça grimpe aux poteaux électriques. Des panneaux de signalisation routière indiquent : “attention traversée de singes”. Atypique.

Premier témoin de l’inflation touristique : le prix du billet qui augmente tous les ans. C’est avec un grand sourire que le garde en habit militaire contrôle notre billet et nous laisse pénétrer dans le parc. Les grands arbres aux lianes laissent filtrer quelques rayons de soleil bien jaunes. Les statues de pierre représentant des divinités hindoues et des animaux profitent de cette belle lumière, teintées de vert mousseux.

Statue

Il y a du monde, mais encore plus de macaques. Plus de six cents primates à longue queue balinais ici (macaca fascicularis de leur petit nom technique) alors que le parc fait à peine la taille de deux stades de foot. Les cinq tribus se sont répartis le terrain et gare à ceux qui s’en éloignent : ça fait du foin ! Surtout que pour la baignade il n’y a qu’une rivière et l’accès se fait par un des territoires d’une tribu. Bizarrement ça rappelle les conflits entre hommes non ?

Famille macaque

On en voit de toutes les tailles (et donc âges). Les femelles sont adultes à quatre ans, les mâles à six. Alors que les mâles vivent jusqu’à quinze ans et femelles vingt.

Ça va je récite bien l’exposé ? Je continue ? 🙂

D’après le petit dépliant de l’entrée (en français s’il vous plaît), le sanctuaire est bâti selon le concept du Tri Hita Katana. Pour en savoir plus, ce sera [ici !]

Nous déambulons donc parmi les sentiers, les statues, les temples en pierre et briques aux petites pagodes aux toits en chaume locale. Les singes sont omniprésents, surtout ne pas croiser leur regard (ils prennent ça pour de l’affront), ni montrer les dents (même chose).

Il y en a un qui approche de moi, l’air de rien, euh… en deux temps trois mouvements, il est sur mon épaule, à manger sa banane tranquillement. Comment dire, cinq kilos de poils gris sur l’épaule qui mâchent bruyamment en postillonnant dans vos tympans, c’est cool non ?
Émilie me rassure en me disant qu’il ne cherche pas à me chiper quelque chose, ni à m’ennuyer. Il est juste là pour me faire un câlin 🙂 Apparemment, il ferme les yeux et m’enlace le cou de ces bras fins et poilus. Je tends le doigt et sa toute petite main l’enserre, c’est tellement mignon.
Finalement, de peur qu’il découvre que mes lunettes brillantes sont tout de même sacrément chouettes, je tente de le faire descendre (même s’il n’en a pas tellement envie). Je ressors ravi de cette expérience, instant de partage avec un de nos cousins.

Monkey Nico

Pas loin du temple Prajapati, nous découvrons un grand cimetière aux pierres tombales. C’est là que sont enterrés les morts avant crémation (qui a lieu tous les cinq ans). Le dieu vénéré ici est Hyang Widhi, et a une tronche qui fait peur avec ses grandes dents et yeux ronds exorbités. Pas de doute, la mort, ce n’est pas drôle.

Cimetière

Quelques touristes achètent des bananes pour nourrir les primates. Excités ils n’hésitent pas à monter sur les hommes à la recherche de choses à chaparder. Ça ne manque pas, un grimpe sur le sac d’Émilie et y attrape une petite bouteille d’eau. Surtout, ne pas résister (et paniquer). En quelques coups de dents, le macaque perce le plastique et en suce le contenu. Pas de doute, il connaît son affaire.

Dans un bâtiment, une exposition temporaire présente des peintures d’un peintre local. Peintures spectaculaires autant en taille qu’en qualité et couleurs. Les portraits sont poignants, scènes campagnardes réalistes, et bouquets de fleurs éclatants.

Expo de peintures

Nous continuons la balade entre les temples, les promenades le long de la rivière encaissée. Malgré les pétarades des scooters des rues adjacentes la verdure sauvage est ressourçante. C’est mon premier contact avec la flore locale ! Des feuilles aux proportions déconcertantes (ma taille, oui oui), des lianes tombant des cocotiers (tant que ce ne sont pas les noix ça va), des tapis de plantes vertes luisantes après la pluie (oui il a commencé à pleuvoir, comme toutes les après-midis).

Temple dans le parc

Nous quittons ce sanctuaire contents : ça y est on est prêts à vivre l’aventure en Indonésie !

Du pays des kiwis à la moiteur de Bali

On the  road again

Ce matin, nous avons mis le réveil un peu tôt pour avoir le temps de terminer notre sac. Pas peu fiers de nous, à 10h45 nous voilà prêts ! Ce n’était pas une mince affaire que de passer d’un van à un sac à dos, cela nous aura pris du temps mais tout tient dans notre backpack de 50L et notre petit sac à dos de voyage. Ouf !

Après avoir donné les quelques victuailles qu’il nous restait aux nouveaux occupants du AirBnB où nous avons passé la semaine (chez des indiens très accueillants), nous prenons la route, à pied et sous la pluie, pour le bus de l’aéroport. A l’arrêt, nous réservons nos tickets sur smartphone (moins cher et cela nous évite de sortir du cash en dollars néo-zélandais dont nous n’aurions que faire en Indonésie).

L’aéroport d’Auckland

A midi et quart, l’aéroport international d’Auckland nous accueille. Loin de la folie de Charles de Gaulle, c’est un bâtiment à taille bien plus humaine où il n’est pas compliqué de trouver ses repères. Ni une, ni deux, nous emballons nos sacs à dos dans leur pochette de protection (essentiel si vous voulez garder un sac en bon état au long terme) et le posons sur le tapis roulant.


Oups… 16kg !! Au moins 4 kg de trop pour moi (nous avons le droit à 30, mais je parle en terme pratique, 12 kg me semble être le poids maximal que je doive transporter pour voyager sereinement). Nico lui, s’en tire avec 17,8 kg…beaucoup ) mon sens, mais lui dit que ce n’est pas si terrible.
Au moment de vérifier nos papiers, comme prévu, l’hôtesse nous demande notre billet retour, qu’on lui tend. Je croise les doigts (pourquoi ? ahah ! On vous prépare un petit quelque chose à ce sujet, patience patience.. en attendant, saches que nous avons “loué” notre billet de retour!). Bref, elle vérifie tout : la date, le numéro de vol…et hop ! ça passe. Ouf !

Direction, la sécurité…où je découvre que mon petit sac à dos, fait lui 5kg… poin poin poin poin… il va falloir virer 2, ce qui fait 6kg en tout à enlever, ça va être un peu compliqué !

Les couloirs de l’aéroport sont sans fin et nous avons bien fait de venir en avance. Côté immigration, pas trop de problème, je rentre mon passeport dans le scanner, je passe un portique, et hop, c’est règlé ! Trop facile !

Avec un peu de retard par rapport à l’heure prévue, dû à des conditions météorologiques complexes (je veux bien les croire…on ne voit rien du tout et il pleut des trombes), enfin, l’avion décolle.

Le trajet

Peu de places pour les jambes, un repas un peu chiche (et sincèrement mauvais), la compagnie Quantas, pourtant très bien notée, n’est pas la plus agréable que l’on ai connue… tant pis, on assume, nous avons fait le choix de l’itinéraire le plus “responsable” à savoir une ligne droite (AUckland-Sydney / Sydney-Denpassar) plutôt que les vols un peu moins chers des compagnies Thailanses qui nous obligeaient à passer par Bangkok, pour redescendre. Je n’en dis pas plus, on prépare quelqe chose sur ce sujet. L’aiguille de notre montre remonte de deux heures pour se caler sur l’heure de Sydney.

A Sydney, pas le temps de rêvasser, c’est avec un pas très préssé que nous rejoignons la porte 37 pour monter dans le second avion.

Le vol est plus long, mais le personnel plus sympathique et le repas plus goûtu…ah et nos écrans fonctionnent…ce qui permet quand même de faire passer le trajet plus rapidement. En bonus, 3 sièges pour deux, c’est le paradis.

Nous règlons à nouveau notre montre sur l’heure d’arrivée (Denpassar) soit 3 heures de moins… Notre cerveau commence à trouver cela bizarre.

Arrivée à Bali

A 21h, heure locale, nous voilà dans la moiteure de Bali. Dès que les portes du cockpit s’ouvrent, une humidité chaude allourdie nos vêtements. Nos paupières sont lourdes et notre corps accuse le coup : pour lui, il est 2h du matin.

A la douane, on opte pour le visa à 35 dollars (parce qu’il nous donne la possibilité de le renouveller 1 mois). En Indonésie, il y a torp à voir, et surtout, nous devons refaire le passeport de Nico (ce qui prend parfois plus d’un mois).
A l’immigration, on ne rigole pas, l’agent me regarde avec suspiscion “What are you doing in Indonésia?” “Euh, tourism” “Sure????” “Yyyyyes…” Pam pam pam, 2 coups de tampons et voilà mon passeport avec une belle vignette. Youhou !

On récupère notre sac en quelques minutes, on l’extrait de sa protection pour le remettre sur notre dos et finallement, on sort de l’aéroport.

On change d’ambiance

“Taxi”,”Taxi”,”Taxi”, “Cheap price for you”, “Special price for you”… finit le pays des chatons gentils de Nouvelle-Zélande, nous voilà dans la jungle de la négotiations typique des pays d’Asie.
Nous avions lu sur internet que le prix officiel pour un transfert aéroport-Ubud est de 300 000Rp. Une trentaine de chauffeurs nous interpellent en nous proposant des prix de 350 000 à 450 000 (parfois par personne!). Je rie gentiement, et explique que je sais que le prix officielle est 300 000Rp. Déçus, certains s’en vont en trainant les pieds;retrouvant espoir au touriste prochain qu’ils abordent à nouveau avec énergie pendant qu’une pluie diluvienne et assourdissante s’abat sur le toit. D’autres, plus patient, tente une entrée en négotiation. Nous pensions initialement partager un taxi avec un voyageur solitaire, mais il est tard et je nous dégote un chauffeur prêts à nous emmener pour 250 000 Rp, car il rentre chez lui, à Ubud. Va pour celui-là, il nous semble difficile d’obtenir un meilleur deal.

J’avais oublié ! Ici les lignes sur la route sont principalement des ornementations décoratives et le principe même de la double voie n’existe pas…chacun empruntant la voie qui lui permet de gagner quelques secondes, jusqu’à ce qu’une voiture en face arrive, à la même vitesse, et que l’un des deux se range sur le côté. Je m’agrippe au siège plusieurs fois ! Nous avons dû éviter 3 chiens, 15 scooters, 1 camions et un nombre incalculable de voiture sur la route. J’ai l’impression que nous avons consciemment (notre chauffeur en tous cas) grillé plusieurs feux rouge (des feux quoi?). Mon karma doit être au top ces jours-ci, tant mieux !

A 23h30, enfin, nous sortons de la voiture et sommes accueillis par deux réceptionnistes. Pas mécontents d’avoir opté, cette fois, pour un hôtel plutôt qu’une auberge, nous prenons place dans notre chambre calme. Je pose mon sac à dos, enfile mon pyjama, envoie un message à ma famille pour dire que nous sommes bien arrivés, m’affale de tout mon long sur le lit épais (et moite), et m’endors. Mon cerveau crie victoire, pour lui il est presque 5h du matin. La journée à été longue.

Demain, on vous raconter Ubud et la Monkey Forest !