Un week-end au temple bouddhiste

6 et 7 Mai 

Sur la route de la côte Est à vélo, j’ai croisé le chemin de ce temple. Un Bouddha doré, trône, majestueux en haut de la montagne, face à la mer. Le temple principal est vraiment joli aussi, en trois parties pour les autels, spacieux…serein. Une myriade de bassin à nénuphars longe l’allée principale et des lampions rouges remontent tout le long des marches. On se croirait dans un autre temps…et c’est un peu le cas ! Nous sommes ici, hors du temps ! C’était de nuit la première fois, et c’était magique !

 

Revenir comme une fleur

Quand je décide de revenir (2 jours plus tard), j’arrive en bus local depuis Hualien. Je montre la carte du temple au chauffeur, il acquiesce, me dépose devant. Il est 17h. Il semble y avoir une cérémonie, les chants résonnent encore dans les hauts parleurs et les couloirs du temple sont vides. Lorsque j’ai atteint la plateforme devant le temple, les chants s’arrêtent et la moine qui m’avait accueilli l’autre jour m’envoie un sourire radieux en agitant la main. C’est l’heure du repas et encore une fois, les pratiquants mangent dans une salle et les master dans l’autre. Ce soir je me couche assez tôt…Car le réveil est à 5h demain matin.

 

vivre les rituels

C’est une journée particulière puisque c’est le dernier jour de la semaine de célébration de l’anniversaire de Bouddha. Au programme 5 cérémonies dans la journée. Le jour n’est pas encore complètement là. Il règne une atmosphère paisible en ce lieu, qui se mélange au sentiment subtile d’un levé de matin : ce petit instant magique où le jour traverse la nuit et où tout semble encore possible dans cette nouvelle journée qui naît.

Une moine fait le tour des chambres avec deux blocs de bois qu’elle frappe l’un contre l’autre pour réveiller les marmottes qui sommeillent encore. Un tambour énorme fait résonner sa voix dans le temple, martelé par une petite dame sur une échelle. Quand elle a finit, la cloche d’en face prend le relais…la séance est ouverte.
Chaque fidèle est installé de part et d’autre de l’allée centrale. Chacun prend sa partition et chante en boucle la même phrase musicale.

La cérémonie étant en chinois, ce moment privilégié reste tout de même un peu long…et au bout de 35 minutes…je m’éclipse discrètement pour aller visiter le joli parc du temple.
J’aide ensuite à nettoyer le bassin aux nénuphars. A l’ombre, ça va, mais en plein soleil je comprends pourquoi le rythme en Asie est plus lent qu’en Europe !

C’est l’heure de la deuxième cérémonie à laquelle on me convie…et ils ont l’air tellement heureux de partager cela que je n’ai pas le cœur à refuser. 

J’ai même droit à mettre un vœux sur l’autel sous forme d’encens. Je ne suis pas très à l’aise côté rituels, mais je suis contente de prendre part à cette invitation! Les heures de la journée passeront ainsi…entre moments au temple, balades contemplatives dans le jardin et vue sur la mer depuis le Bouddha d’or en haut de la montagne. 

 

La cérémonie du thé

A 16h, mon hôte me fait l’honneur de la cérémonie du thé. Dans un ensemble de petits récipients en bamboo et fonte, elle passe les feuilles de thé dans divers ustensiles avant de les plonger dans la théière sur laquelle elle versera de l’eau chaude à 5 reprises, pour 5 tasses de thé aux goûts légèrement différents à chaque fois. Elle me sert dans de petits dès à coudre de porcelaine et me questionne sur le goût que je ressens. S’en suis une discussion sur la vie, son engagement de moine, sa mission et sa conception du bonheur. 

 

Retour à la vie “normale”

Le lendemain matin, 7h, il est temps de dire au revoir à cette parenthèse. J’ai beaucoup aimé découvrir la vie du temple. Ce n’est pas la mienne, c’est certain, mais je sors grandie de cette découverte…et garderai longtemps en mémoire ce visage rayonnant de la moine qui m’a ouvert la porte de son quotidien pour quelques jours.

 

La côte Est de Taïwan à vélo

Envie de piment et d’aventure

C’est en feuilletant le guide de voyage que j’ai assez peu ouvert, et alors qu’on s’apprêtait à dormir, que je dis à mon travel mate :

Tu dors ?
Je devrais ?
Tu veux toujours aller à Hualien ?
Je devrais pas ?
Et si on y allait à vélo ?

S’en suit un petit silence que j’assimile à de la surprise. Puis un rire, puis un fou rire. Et nous voilà, planifiant la journée de demain. Exit le plan auto stop, bonjour le loueur de vélo, le tri du sac, la solution pour faire expédier l’excédant dans la future auberge de Hualien, etc…etc…etc…

 

 

Un DÉBUT difficile

Samedi 29 avril – Jour 1

Le plan initial pour cette journée, c’était de partir de Taitung, monter jusqu’à Chisang en vélo et redescendre en train à Doulan.
Dès le début, la piste est en faux plat et ça tire sur les cuisses. je me demande ce que je fais là sur ce vélo! Les kilomètres s’enchaînent et les paysages défilent. C’est vrai que ça vaut le coup d’œil! Arrivés à Luye je décide de prendre la route recommandé pour les vélos, la 197. Elle monte à pic dans la montagne…c’est dur. A une ou deux reprises je dois descendre du vélo pour faire une pause. Sur le chemin quelques chiens me courent après…ce qui me fait pédaler un peu plus vite malgré les crampes dans les cuisses.

Au bout de 3h d’efforts, la route devient sentier. Seul un plot semble indiquer quelque chose, en chinois. Grâce à google traduction je comprends que je passe de la route financée par l’état à celle financée par le comté (on voit que les ressources ne sont pas les mêmes). J’avance encore… entourée par les montagnes, le spectacle est exceptionnel. Une camionnette s’arrête à mon niveau et un papi aux yeux rouges et du tabac plein les dents m’explique en dialecte, qu’il n’est plus possible de passer depuis l’éboulement, et qu’il n’y a absolument aucunes lumières. Je précise, que je ne comprends pas le dialecte (ni le chinois) mais par le langage universel des yeux, des mains et des gestes, je saisi l’idée.

Téméraire mais pas kamikaze, je fais demi tour. Je choisi de descendre la route 197 jusqu’à Taitung. Cela fera  60km. Pour une première à vélo c’est déjà bien ! La route 197 est très escarpé et ascendante. Mais quand cela va t-il descendre ? Je traverse des villages aborigènes en pleine montagne et je dois dire que malgré la douleur dans les fesses, les cuisses, le souffle et la fatigue générale…c’est beau !

petite pause bt

Et là…enfin! Environ 6 km de descente avec une vue imprenable sur les montagnes en face et les plateaux de rizières, la vallée et sa rivière. Un moment de pur bonheur.
Une fois en ville, après un repas bien mérité, je réserve en dernière minute un bed and breakfast.

Quelques coups de pédales encore. Sur la route, les supporters de la course de marathon qui a lieu en même temps m’encouragent. Les coureurs ont l’air aussi ko que moi et on se lance des regards de compassion. Me voilà à l’auberge. Un lit. Une douche chaude. Dodo. Ah…le paradis !!

 

60 km en montagne et un couchsurfing un peu particulier !

Dimanche 30 avril – Jour 2

Objectif du jour : Chendong à 60 km. Mais vu la journée d’hier, je ne suis pas sûre d’aller au bout. J’emploie la philosophie “doucement mais sûrement”.

Les cuisses doivent se réchauffer. Zonghua, Xiayelou, Jialulan…une pause photo…Junjie, Zhu…une pause méditation à la plage… Jiamzuzi, Doulan…une pause déjeuner bien méritée ! Il est déjà 14h. Le temps de reprendre des forces, je me dis qu’on s’arrêtera peut être à Donghe 15km plus loin car nos jambes sont fatiguées et ils nous reste encore plus de 120 bornes à faire pour rejoindre l’arrivée finale. Je passe Jinzun, Donghe…et puis…avec quelques coups de pédales et beaucoup de volonté, j’arrive enfin à Chengong. Il est 18h. Je suis fière! C’est un coin assez reculé. 

Tellement reculé qu’il n’y a rien pour dormir (dans les budgets backpackers). Je comprends aussi qu’ils ne voient pas souvent passer les touristes. la pluie commence à s’abattre sur nous et je décide d’aller demander asile au commissariat.

Il suffisait de demander ! On peut dormir dehors, sous la pagode, dans l’enceinte du commissariat. On nous donne quelques cartons pour adoucir un peu les cailloux. Je ne suis pas la princesse au petits pois, mais je dois avouer que c’est particulièrement dur ! On dégote des tapis de plages dans un boui boui pour l’équivalent de 4 euros et à 21h je ronfle déjà!

 

1er mai – Jour 3

Je suis réveillée vers 6h, lumière oblige…il a plu cette nuit et j’ai été bien contente d’être sous une tonelle ! Heureusement pour moi, ni vents trop forts ni pluies trop violentes donc le toit a suffit ! Au petit matin, les lumières sont magiques. Le jardin du commissariat domine la ville. A ma droite, la mer avec les rayons de soleil qui percent les nuages et se jettent dans l’océan. A ma gauche, la montagne, d’un vert pétillant et les sonorités forestières, oiseaux, vent sur les feuilles…

Alors que je m’apprête à dire au revoir à la police locale et enfourcher mon vélo, le lieutenant de garde me dit de patienter… je patiente donc…et voilà que mon petit déjeuner arrive sur mobylette ! Un burger et un thé. L’accueil ici est décidément une marque de fabrique Taiwanaise !

 

 

Une fois les forces retrouvées, les photos de convenances avec les policiers prises pour le journal local, je remonte sur mon bolide. Mon fessier pleure d’avance.
Il fait assez chaud et il risque de pleuvoir. Les kilomètres défilent sur mon compteur. Mes cuisses chauffent un peu mais la beauté autour est saisissante.

Je garderai longtemps en mémoire cette vue sur les rizières à perte de vue entre deux montagne ou encore ce pont rouge, d’où, traversant, l’on peut admirer, d’un côté la montagne et sa rivière, de l’autre la mer.

 

Dormir chez l’habitant…dans un camping !

En passant devant un camping avec une vue imprenable… je choisie de m’arrêter pour demander si je peux dormir.
Un vieux monsieur qui tourne en rond dans son hall, me fait comprendre avec sa calculette que le bungalow avec vue sur la mer est à 2000 dollars la nuit (75euros)…hors budget pour la backpackeuse qui vise de faire un tour en nouvelle Zélande… je demande alors s’il est possible de louer une tente.. il n’y en a pas. Si je peux éventuellement faire du camping dans le réfectoire vu qu’il n’y a personne… le papi me regarde avec de gros yeux et me demande si je suis sûre de vouloir dormir par terre. Pas de soucis! Avec mon tapis pour enfant (acheté la veille et qui a fait ses preuves au commissariat) je suis prête pour dormir n’importe où! Il acquiesce.

Je dormirai donc sur l’estrade de la salle de déjeuner spectacle. Les photos aux murs et l’ambiance de la salle, bien que désuétude me rappellent celle des cabarets. Rien d’étonnant car j’apprends que le propriétaire est un célèbre acteur Taiwanais de 80 ans. Quelques minutes plus tard, le papi (que je devrai appeler “uncle” par la suite) demande à sa “auntie” de nous loger dans la dernière chambre disponible du personnel…gratuitement! J’ai donc un lit, une douche, une machine a laver.. dans un camping désert face à la mer…au top!

Auntie, est une femme exceptionnelle, d’une gentillesse extrême. Elle me donne du savon, du shampoing, une brosse à dent, des chaussons. Elle ajoute “feel at home” avec son accent asiatique sur un anglais très compréhensible. Uncle prend son van et m’emmène au 7eleven pour acheter le repas du soir. Il prend sa soupe, je prends la mienne. Sur le chemin du retour, la pluie s’abat sur le pare brise. On mange ensemble, tous les 4, mon travelmate, auntie et uncle, accordés au comptoir du bar et on va dormir.

2 mai – Jour 4

Quand je me réveille, le petit déjeuner est prêt. Auntie insite! Pour pédaler autant, il faut bien manger: un oeuf, du pudding de riz…je suis calé!
Uncle me regarde du coin de l’oeil, il ne parle pas mais je ne crois pas avoir déjà entendu le son de sa voix. La vraie différence aujourd’hui, c’est qu’il me sourit. Vraiment. C’est assez incroyable d’avoir passé moins de 24h ensemble et d’avoir le sentiment de devoir bientôt quitter un foyer avec des gens si généreux et touchants. Quelques photos avant de reprendre la route. Sur le pas de la porte vitrée, ils me regardent partir en agitant la main.

Mon coeur se serre un peu, mais plus je pédale, plus les paysages défilent…et plus mon allégresse reprend, mon sourire revient et le soleil avec. Des chapeaux en bambou dans les rizières signalent la présence de quelques travailleurs méritants (car il fait chaud!)…ça commence a monter dur…et…ahhhhhhhhhhhhhh. Je m’arrête net, les pieds en l’air pour ne pas les poser au sol…près du gros serpent qui traversait tranquillement la route. Je reprends mes esprits et une fois qu’il est parti, je franchi le tropique du cancer. Plus tard dans la journée, au kilomètre 65, un village de pêcheurs, figé dans le temps. De vieux bateaux multicolores dont la coque est en rondin de bambou sont fièrements amarrés. Les hommes repiquent leurs filets. Leurs yeux s’equarquillent en me voyant passer. Ils ne doivent pas voir tous les jours passer la copine de la reine des neiges (“blondes”, yeux bleu, peau clair) sur un vélo dans les parages.

 

Un habitant insolite me laisse dormir dans sa demeure

Le soir arrive, et avec, les lumières de fin de journée. Je suis à Fengbin.  “La” ville. Bon…en gros, une rue, un poste de police, un 7eleven. Je demande au poste de police un endroit où dormir. On me propose le square. Il risque de pleuvoir alors je préfère frapper à la porte…de l’église. 

Le curé, surpris mais hospitalier, me laisse l’accès à sa cuisine et salle de bain. Ce soir, je dors devant l’autel.Sur la moquette. Je n’avais jamais dormi dans une église. C’est une sensation un peu étrange. Cela dit, je n’ai jamais eu une si grande chambre (et une telle acoustique).

 

Les derniers efforts avant la victoire

3 mai – Jour 5

5eme et dernier jour…mais la journée commence difficilement avec plus de 40 degrés. Je dois m’arrêter tous les 5km pour boire et mouiller mon col histoire de rester un peu au frais. Mon coeur bat vite, la chaleur rend l’effort très intense.

Vers midi, une petite sieste en haut sous une pagode, vue sur les sommets…et sur la coe en dentelle qui se dessine entre les nuages. Whaou! J’ai fais tout ce chemin ! Un sentiment de fierté s’empare de moi et me redonne le courage d’affronter les prochains kilomètres. Comment est-ce possible? Cela n’en finit pas de monter, monter, monter… un petit arrêt dans une école, équipée pour rececoir les bikeurs! Une fontaine à eau, une salle de repos, de quoi poser une tente. Décidément l’accueil taiwanais à encore frappé. Le jardinier vient même m’offrir un café, élixir de courage pour les 20 derniers kilomètres.

un commite d’accueil hors du commun

A 10 km de l’arrivée, un temple magnifique se dresse sur ma gauche. Un bouddha couleur or, de jolies fontaines…pourquoi ne pas y faire une halte et reposer mes cuisses ? Au moment où je mets mon pied sur la première marche, les hauts parleurs se mettent à fonctionner, laissant filer un mantra chanté par une femme. On dirait que j’arrive au bon moment pour voir une cérémonie. J’apprendrai par le maître (une femme moine bouddhiste) qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de Boudda.

Elle m’invite à partager le repas avec eux. Incroyable. C’est drôle car ce temple se trouve sur la carte au point : promise land…coïncidence. Je parle principalement avec les yeux car la master ne parle pas anglais. Une fidèle s’assoit avec nous pour nous traduire. Je passe un moment extraordinaire. Elle me fait l’honneur de verser de l’eau sur l’épaule d’une petite statuette de bouddha. Ce rituel permet apparemment de réaliser nos rêves (y’a pas de mal à essayer). Elles me disent au revoir en haut des marches. Je promets de revenir et je descends l’allée qu’elles allument pour moi : lampions, couleurs dans la fontaine…croassement des grenouilles. Tout y est pour faire de cet instant, une petite bulle de magie.

Je ne vois plus la dernière heure passer ni ne sent plus aucunes douleurs. Je sais juste que mon objectif : rallier Taitung à Hualien en vélo, est atteint!
Lorsque je m’ecroule dans mon lit, je m’endors facilement, fière d’avoir accompli ce périple riche en découvertes, en paysages sensationnels et surtout, en rencontres humaines mémorables.

Bike Tour

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Creative Commons CC BY-SA 4.0, Auteure Emilie BUAILLON

La vie de volontaire dans un écovillage Taiwanais

L’aventure d’un voyage vers l’inconnu

Vendredi 7 avril – le 1er jour

A la gare de Taichung, il n’est pas simple de trouver le bon bus ! En effet, il y a pleins de compagnies. Fort heureusement, une charmante étudiante en art viendra à mon secours et expliquera au chauffeur où je me rends. Il ouvre de grands yeux (je suis la seule passagère du bus et visiblement je vais dans un endroit surprenant pour une étrangère).

A l’arrivée, après 1h30  sur des routes chaotiques dans un bus qui grince, je guette la mobylette de Minalu, avec qui je n’ai parlé qu’au téléphone une fois.  En l’attendant, les passants, principalement de vieux paysans avec des chapeaux de bamboo dans des charrettes, me lancent de larges sourires édentés en haussant les sourcils. J’y lis un peu d’amusement, de la surprise et de la curiosité.  Une dame voûtée s’assoit près de moi sur le banc. Elle me parle avec les yeux, y joint les mains et quelques gestes. Nous voilà dans une conversation muette lorsqu’un kway fluo flottant dans le vent s’arrête devant moi.
Minalu n’enlève pas son casque. Il me sert la main rapidement. Cale mon sac de voyage entre ses jambes. J’enfourche la mobylette qui démarre au quart de tour en pétaradant.

eco village jardin vue montagne

Une sensation de totale liberté me prend lorsque nous quittons la ville et ses petites voitures et que l’engin gravit la montagne. Elle semble en souffrance mais continue sa route, pour dévoiler à travers la jungle, les montagnes du versant d’en face. Un spectacle splendide.

Home Sweet Home

“Home sweet home” dit Minalu en descendant de son deux roues et enlevant son casque. C’est une maison rectangulaire, avec un petit escalier en pierre, des canards et poules qui courent partout, un hamac, des arbres tropicaux et visiblement…la cuisine en extérieur.

maison eco villgae

Nous rentrons dans la maison, simple mais assez spacieuse. Une jolie salle de bain avec une baie vitrée qui donne sur la jungle, des wc écolos (par contre bonjour l’odeur…), une mezzanine qui fait office de chambre pour la famille de Minalu, et une pièce à vivre pour tout le monde. Je suis accueillie par Michèle, une femme d’une quarantaine d’années de Hong Kong, qui est volontaire ici pour une semaine et Michel, un cuistot français là pour un mois. L’activité de la journée, c’est de fabriquer des moustiquaires pour toutes les fenêtres de la maison…et une fois le soir venu, je comprendrai mieux pourquoi c’était une priorité absolue !

Assis tous en cercle autour du repas, je parle plusieurs heures avec Michèle de son chemin de vie et de son travail de thérapeute.
De fil en aiguille, je finis dehors à essayer tous ses bols tibétains pour remettre les énergies en place (à priori, d’après Michèle, mes énergies sont déjà bien là où elles sont, ce qui veut dire que je suis en phase avec moi… bon à savoir!).

J’ai dû retenir un petit rire gênée quand même, lorsqu’elle m’a posé un gros bol en métal sur la tête et qu’elle a tapé dessus avec une baguette. J’ai pensé à l’improbabilité de cette situation, moi, en haut de cette montagne sous la jungle, avec un bol tibétains sur la tête, quand le matin même je prenais un petit déjeuner en famille dans une grande ville.
J’adore ce décalage en voyage ! Il nous fait nous sentir complètement vivant. Après quelques gongs…je dois dire que je trouve la sensation des vibrations plutôt plaisante. Je ne sais pas si cela soignera mon âme ou calmera quelques énergies en moi, mais il y a une forme de calme et de sérénité dans cet instant qui est appréciable.

Je comprends que pour dormir, il suffit de prendre une couverture, une moustiquaire, et de se trouver un petit coin…c’est donc ce que je fais !

 

Des journées ritualisées

Samedi 8 avril – 2ème jour

A 6h30 du matin, tout le monde se lève tranquillement et, avant même le petit déjeuner, c’est la méditation. Pourquoi pas ? Je suis là pour essayer après tout ! Tous en cercle, nous avons chanté un mantra qui parle d’amour (ça ne peut pas faire de mal!) C’était plutôt sympa en fait, et vous met de bonne humeur pour la journée.

Après un petit déjeuner au riz, nous partons en ville en camion. Un camion qui a une petite cabine à l’avant et rien à l’arrière…je m’installe derrière avec Minalu, Michèle et Michel. Le trajet est épique ! Une fois sortis de la ville principale et qu’on prend la direction de l’autoroute, Minalu baisse les toiles pour ne pas être vus par la police (c’est toléré mais pas complètement autorisé non plus..). Le petit problème c’est que dehors il fait 35… je vous laisse imaginer le sauna dedans! Je perds beaucoup d’eau et je m’assoie.

Arrivé à Taichung, nous rentrons dans un…carrefour ! C’est l’anniversaire de Michèle et le cuisto et moi sommes assignés à la tâche suivante : lui faire un petit repas d’anniversaire avec un plat français. On a opté pour le gratin dauphinois et la tarte aux pommes.

De retour à la ferme, la préparation du repas prend des airs d’atelier cuisine. Tout le monde participe. Le fils de Minalu est très impliqué.  Acha coupe avec assiduité les pommes de terre et j’apprécie ce moment de partage simple et convivial.

Une nappe rouge, des bougies, la pénombre de la nuit, la pleine lune et son halo de lumière, le croassement des grenouilles dans le réservoir… l’ambiance est absolue pour tirer les cartes du jeu de tarot de Michèle.

 Dimanche 9 avril – 3ème jour

Ce matin, Michèle rejoint l’aéroport pour rentrer chez elle. Je ne l’aurai connue que 2 jours mais j’ai apprécié sa personnalité ouverte, curieuse et accueillante.

La méditation du matin me laissera perplexe…et malheureusement…je devrai m’y plier tous les jours suivant. Dans la matinée, je manierai la perceuse pour terminer les moustiquaires (à quoi bon en même temps, je ne pense pas qu’il reste de la place sur mes jambes pour la moindre piqûres, les moustiques de ces deux derniers jours ont déjà tout occupés).  Je mettrai du temps, mais les moustiquaires seront bien là, et avec elles, la sensation d’un travail achevé.


Dans l’après midi, je réorganise la cuisine (qui n’était pas bien fonctionnelle) avec Michel et nous essayons d’en faire l’espace de travail le plus propre et pratique possible.
En fin de journée, nous partons tous pour un tour dans les montagnes. De belles vues et une balade agréable malgré la chaleur, qui nous amènera jusqu’au plus beau temple que j’ai eu l’occasion de visiter à Taiwan.

 

Lundi 10 avril – 4ème jour

Une journée tranquille à la ferme où j’ai principalement terminé l’organisation et la cuisine, fait ma part de tâches quotidienne notamment le repas du soir que nous avons tous partagés assis en tailleur. Cette ambiance communautaire où chacun fait un peu pour tous me plaît particulièrement et me rappelle la joie que j’ai en colonie de vacances avec mes équipes et les enfants dont j’ai la garde le temps d’un été.

 Mardi 11 avril – 5ème jour

Ce matin, Minalu part pour 3 jours. Il va chercher des plantes dans le Nord. Nous voilà maîtres des lieux ! Quelle responsabilité ! On respecte le rituel du matin, même si je ne l’apprécie pas et je tourne en rond avec mon bol en attendant patiemment que le quart d’heure se termine.

 

Planter une petite forêt

plantation 3

La communauté s’est agrandie, nous avons accueilli un couple qui vit à Londres. Georges est irlando-anglais, grand et fluet, fin bricoleur, monteur de vidéo et compositeur sur son pc. Sa copine est  française et est pâtissière. Ensemble, nous nous organisons pour planter les arbres qui offriront d’ici quelques mois, des fruits et une ombre salutaire au terrain. Travailler sous la chaleur n’est pas de tout repos mais le faire tous ensemble est une expérience qui m’aura bien plu. 

 Mercredi 12 et Jeudi 13 avril – 6ème et 7ème jour

Je profite de ces jours de repos pour faire une petit road trip à Sun Moon Lake.

 Vendredi 14 avril – 8ème jour

Encore une journée tranquille chez Minalu. Je plante des légumes et je cuisine. Le temps s’écoule doucement… je commence à envisager mon itinéraire pour les prochaines semaines car mon escapade à sun moon lake a confirmé mon envie de barouder un peu.

 

Du travail a l’ennui…

Samedi 15 avril – 9ème jour

Bon…vivement le départ!… Dévorée par des puces de lit et des moustiques…fatiguée de manger le pudding de riz gluant aux algues le matin, épuisée par la chaleur insupportable … je vis l’isolement absolu de cette endroit pourtant splendide dans l’attente impatiente d’explorer le monde !

De l’ennui vient la créativité !

Je me trouve une nouvelle occupation cependant, et réalise un mandala d’organisation des tâches collectives. L’objectif étant de créer un outil qui prend en compte les tâches de la vie quotidienne de manière équitable et les tâches qui nécessitent un savoir faire. 

Le soir, je regarde ce ciel étoilé pendant peut être une heure, accompagnée par les grenouilles qui coassent dans le réservoir à eau.

 Dimanche 16 avril – 10ème jour

Je termine mon mandala.
Une guitare, une feu qui crépite, les étoiles pour horizon…

feu

Un nouveau départ

lundi 17 avril – 11ème jour

Je remet mon sac sur le dos; dis au revoir aux habitants de l’éco-village et commence la descente à travers la jungle, en direction du village. Une nouvelle aventure commence.

atelier cuisine

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Creative Commons CC BY-SA 4.0 - Auteure Emilie BUAILLON

Vivre une semaine en famille à Hsinchu

Samedi 1er avril  – Jour 1

Il est temps de dire au revoir à Agnès et j’avoue que cela me rend un peu triste. Dur le réveil, on chope le bus, puis on prend le même train puisqu’elle rentre dans sa famille (c’est la fête des morts à Taiwain). Une demi heure plus tard, le HSR (TGV) me dépose à la gare de Hsinchu.

Éric m’accueille avec un café. En dix minutes de voitures nous voilà dans le hall de son immeuble : un grand bâtiment comme les hôtels particuliers des films américains.

hall d'entrée hscinchu

Alice arrive pour me serrer la main, le bébé en bandoulière. Deux heures passent déjà…on parle éducation. En effet, l’appartement a quelque chose d’un paradis pour enfants: balançoires dans le couloir, jeux partout, une salle de jeux…

spécialités culinaire 2

Pour manger, Éric m’emmène à deux blocs, dans un restaurant…je crois qu’il commande toute la carte pour que j’essaie de tout. L’accueil Taiwanais encore et toujours ! Après le repas, on prend la voiture. Environ deux heures de route pour aller en montagne : un week-end camping en famille. 

 

Camping  familial à la Taiwanaise

C’est exactement le genre d’expériences que je recherche ici ! Vivre avec et comme l’habitant! Le décalage entre mon début de journée et sa fin est saisissant. Imaginez, vous commencez la journée dans la capitale avec une amie de votre âge…et la terminez dans un camping perdu des montagnes… J’adore la temporalité de voyage où une journée devient une semaine de vie et où chaque heure s’apparente à une épopée.

Les amis d’Éric et Alice sont chinois, coréens, Taiwanais…moi qui m’habitue un peu à entendre parler chinois, me voilà noyée dans un flot de langues toutes aussi secrètes pour moi les unes que les autres. Tout le monde essaie de se faire comprendre, en faisant de grands gestes…puis…je crois qu’ils s’habituent à ma présence car il me parlent dans leur langue en semblant oublier que je ne la parle pas. Le petit truc magique, c’est que cela fonctionne. Je les aide à cuisiner. On coupe les champignons, hop une petite brochette sur le grill, des petites sauces…

 

Dimanche 2 avril  – Jour 2

On vit ici au rythme des enfants. Pour le camping ne vous imaginez pas un espace sauvage avec une tente au coin d’un ruisseau. C’est plutôt un grand gazon avec des bâtiments sanitaires, des tentes alignées…un camping familiale. On passe globalement notre temps à préparer à manger…ou manger.

Ce dimanche, nous allons dans un parc conçu pour les enfants, des aires de jeux partout. C’est amusant de voir que les enfants de Taiwan ont les mêmes jeux que mes ptits monstres de colos!

En fin de journée, nous retournons au camping et nous mettons au fourneaux .

On sort les grills, les crevettes, les brochettes, les nouilles, les champignons… Visiblement, les adultes n’ont pas été suffisamment efficaces et rapides, alors les petites se sont chargées de la cuisson !

 

Lundi 3 avril  – Jour 3

Sur la route du retour, nous nous sommes arrêtés sur le chemin pour admirer le plus grand barrage de Taïwan construit par les japonais pendant l’occupation pour irriguer les villages alentours. Alice m’explique ce qu’elle sait du barrage, tout en gigotant pour que le bébé qu’elle porte ne pleure pas trop. Après le tour du site de point de vue, elle s’éclipse un moment et revient avec une glace qu’elle me tend avec un grand sourire. Elle tenait à me faire découvrir ce dont tous les enfants du pays : la glace qui pop. En effet, ce qui est chouette, ce n’est absolument pas son goût, plutôt chimique et trop sucré, mais la façon de l’ouvrir et le petit “pop” qui résonne quelques instants dans vos oreilles. Sacrés marketeurs !


Entre découverte culinaire et du patrimoine

Mardi 4 avril  – Jour 4

Aujourd’hui Eric pose un congés pour s’occuper des enfants car Alice est un peu malade.

spécialité culinaire beef noodlePour lui laisser un peu de repos, nous allons déjeuner dans le meilleur restaurant de beef soup de Hsinchu. Honnêtement, il mérite sa réputation et j’apprécie particulièrement les visites culinaires avec Eric comme guide ! C’est un gourmet, et là dessus on s’entend très bien !

 

Pendant notre dégustation, il me parle de sa conception de l’éducation et des difficultés que cela engendre parfois, dans une société, bien que tolérante sur certains points, assez conservatrices sur d’autres; lui qui a des idées un peu “nouvelles” pour le pays.

village japonais hsinchu 9C’est l’estomac bien tendu et les papilles satisfaites, que nous sortons du restaurant direction le l’ancien village japonais de la ville. Quelques ruines et un temple encore en bonne état qui témoigne d’une occupation qui a laissé sa marque.

mercredi 5 avril  – Jour 5

Alice est toujours patraque et n’a rien mangé depuis hier. Au bout de dix minutes, je vois débarquer la voisine avec son fils. Et oui! Elle a entendu qu’Alice était souffrante, donc, pour lui laisser le temps de se reposer, elle est venue d’elle même se proposer pour garder les enfants. Le salon devient donc une garderie et moi, je suis touchée par cette solidarité sympathique.
J’ai besoin de partir faire une course (un adaptateur)…me voilà dans le shop à scanner toutes les étiquettes des plugs pour utiliser google traduction…je pense que j’ai mis 35 minutes pour être sûre d’avoir trouvé mon bonheur! Tout devient compliqué quand c’est en chinois.

 
DÉCOUVERTE culturelle

Jeudi 6 avril  – Jour 6

Alice, les enfants et moi partons pour le groupe d’éducation. C’est une réunion bi hebdomadaire de parents de Hsinchu qui s’entraident sur les questions de parentalité. Les enfants jouent au parc ensemble pendant que les parents discutent. C’est un concept assez chouette et j’ai beaucoup apprécié de partager ce moment avec eux.

En fin d’après midi nous allons visiter un petit village japonais et Alice m’explique les b.a.ba du temple : rentrer par la porte de droites, prendre des bruns d’encens et passer devant chacun des autels (chacun sa mission : famille, examens…) puis déposer l’encens dans un grand bol de cendres et repartir par la porte de gauche. Alice n’est pas particulièrement croyante mais elle fait cela par tradition de temps en temps.

 

Vendredi 7 avril  – Jour 7

Un petit coup de blues me prend ce matin. Il pleut. Il fait gris et je pars de chez Éric et Alice pour de nouvelles aventures.
Dernier petit déjeuner ensemble, je dis au revoir à Alice qui me prend dans ses bras, me dis de voyager en sécurité et que si j’ai le moindre soucis, je peux l’appeler. J’en ai les larmes aux yeux, tant de tendresse et de gentillesse.
Éric m’emmène jusqu’à la station de train. Au guichet, il commande mon billet et attend que j’ai passé le portique pour me faire un coucou de la main. C’est moins démonstratif que sa femme, mais cela n’en est pas moins touchant!

Je suis sur le quai d’une station bien locale…tout est écrit en chinois.

Assise dans le train 2356, je cale mon sac de voyage que les passagers regardent avec amusement en me faisant des sourires polis. Je sens que le voyage reprend.
Un petit garçon me scrute avec de grands yeux, la plupart des gens dorment et lorsque le train s’arrête, on entend la pluie déferler sur la tôle des toits du quai. On the road again…

spécialités culinaire 2

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Creative Commons CC BY-SA 4.0, auteure Emilie BUAILLON

Un temple Taoïste à Taiwan, entre beauté et sérénité

C’est un temple Taoïste. Rétrospectivement, le temps le plus beau que j’ai pu visiter dans ce pays. Rien que l’entrée est spectaculaire ! Une grande arche jaune, des escaliers de part et d’autres d’une cascade de fontaine et des lampions jaunes et rouges… Les escaliers vous mènent jusqu’à l’enceinte de l’édifice, mais avant cela il faudra suivre le chemin de pierre posés dans une petit bassin à grenouille et nénuphars. Le temple en lui même n’a rien de différent de ceux que j’ai vu précédemment, mais la balade dans ce parc feng shui vaut à lui seul la visite dans cette région. mon espace préféré reste la place aux 500 visages. Un espace circulaire où trône fièrement un gigantesque bouddha entourée de 500 statues (ses disciples à travers le temps). J’ rencontre une moine qui m’explique l’histoire du temple, la signification des signes au sol, pourquoi le bouddha regarde dans telle direction…. selon elle, la magie du lieu réside dans les arbres autour : ils n’ont que 20 ans, mais, les hommes qui ont construit cet endroit ont priés tellement forts pour que cet endroit soit le plus majestueux possible que les arbres paraissent centenaires. Il est vrai que la place et belle et l’histoire féérique. Vous me croirez ou non, mais lorsqu’elle m’a raconté cette histoire, un rayon de lumière a jailli des nuages, illuminant le visage du Bouddha qui semblait sourire. Un instant sans logique, une pure coïncidence, un moment de magie… je n’ai pas de terme pour cela mais au moment où elle a changé de sujet, le rayon de lumière à disparu. J’aime à croire qu’un brin de féerie parsemé encore ce monde beau, parfois fou, que nous habitons.

Une semaine à Taipei

 

S’acclimater

Les trois premiers jours, je reste dans une auberge de jeunesse à Taipei. Le temps de s’acclimater.
C’est un bon point de départ car rencontrer des gens qui ont déjà visité la ville permet de se faire une idée des choses à voir- et limiter le blues des premiers jours.
Il pleut beaucoup, le ciel est gris… de quoi rappeler à tous que la saison des pluies n’est pas si loin.

Samedi 25 mars – Jour 1

Nous bravons la pluie avec Mila pour nous rendre au musée d’histoire naturelle. Il pleut toujours mais tant pis, on prends le métro (facile!) pour le Raohe Night Market. C’est très courant ici….des rues entières de petites échoppes pour manger : soupes, noodles, saucisses… j’opte pour les champignons au grill.

Dimanche 26 mars – Jour 2

Pas de surprise il pleut toujours. Sous mon kway rose, je traverse les rues du quartier Zhongzheng en direction du mémorial Chiang Kai Shek. Nous prenons la photo de rigueur puis déambulons dans les couloirs du musée. Étape intéressante pour en savoir plus sur l’histoire récente du pays.
La journée continue au Creative Parc 1914, il s’agit surtout d’une vieille usine rénovée qui accueille quelques boutiques de créateurs. C’est joli et abrité. Lorsqu’on vit ici cela doit être un endroit sympa pour passer un moment (budget backpack s’abstenir cependant).
Je finis ma journée au Sun Yat Sen mémorial Hall, pour une pratique de Lindy Hop avec les locaux… (et oui je suis partie depuis 2 jours et ça me manque déjà!). L’endroit est chouette, il faut faire tout le tour en suivant les différents styles de musique pour trouver son bonheur. La petite communauté swing de Taipei est charmante, accueillante et un peu timide. Je crois qu’ils sont surpris de me trouver là (merci facebook…), mais après une petite heure les langues se délient et les sourires sont plus larges. On en oublierait la pluie qui martèle le toit.
Arrivée à l’auberge…je n’ai pas une heure de solitude que déjà, Ben me propose une partie de carte avec ses amis, autour d’une bière (la magie du voyage).

Lundi 27 mars  – Jour 3

Enfin le soleil est au rendez-vous ! Mila et moi sautons sur cette occasion pour partir en excursion. 2 métros et 1 bus plus tard, nous commençons la balade. Le sentier s’ enfonce dans une forêt plutôt tropicale, jusqu’à une belle cascade. Nous admirons ce spectacle naturel qui fait du bien, loin du bruit de la ville et de son agitation. Nous montons encore les hautes marches creusées dans la coline et nous arrivons en face d’un temple sublime. Imbriqué dans la roche,  il surplombe la vallée. Les végétaux poussent par dessus et les petites gouttes d’eau de la cascade ruissellent sur la roche. Il n’y a personne, mais ça sent l’encens.Une fois rentré sur Taipei, il est temps de laisser Mila reprendre sa route (destination l’Indonésie). Merci pour ces premiers jours, j’ai déjà le sentiment de m’être habitué à la ville et l’idée de me retrouver seule me fait drôle après avoir partagé tant de petits moments sympa avec elle. Je récupère mon sac à l’auberge et part rencontrer mon hôte Kirsch, un indien vivant à Taipei, qui m’hébergera deux jours.

une vie sociale DÉJÀ bien remplie

Mercredi 29 mars  – Jour 5

Je quitte l’appartement de kirsch vers midi, après de belles conversations sur la culture, le mariage, les coutumes… Je me réfugie à l’auberge que je connais pour quelques heures, le temps d’un café et de rencontrer Dylan. On parlera un peu de nos voyages avant de reprendre nos chemins. 

Mardi 28 mars –  – Jour 4

Aujourd’hui, c’est le dernier jour de Ben (l’anglais qui joue aux cartes en buvant des bières). Il me propose de passer la journée ensemble. Ma seule obligation étant de trouver un duvet (pour le camping à venir) j’accepte volontiers.
On se retrouve à la gare centrale, on achète des sushis qu’on ira manger au jardin botanique en parlant de nos aventures respectives en voyages.
Je suggère une balade à vélo le long de la rivière. Sous le soleil, avec la piste cyclable et l’aménagement des berges, c’est un régal ! En plein effort (oui il fait chaud quand même) mon téléphone sonne. Mon téléphone Taiwanais. Qui peut bien m’appeler ?
“Allo?”
“Hey, it is JWTechnology
JW ça par exemple! Il s’agit d’une entreprise qui propose une solution écologique en ville pour réduire la pollution. Je les avait rencontré à la Cop21 à Paris. J’avais gardé leur carte…mais j’avais oublié.  Le jour de mon départ de Paris, la carte est tombée… hasard ou destin je leur avait envoyé un mail depuis mon telephone en zone d’embarquement…au cas où. Bref, la conversation va bon train et nous organisons une entrevue pour jeudi. De loin je vois Ben se marrer de mon accent “so frenchy”.
Il est temps de souhaiter à Ben un bon retour en Angleterre (deux ans qu’il voyage) et reprendre le cours de ma journée. C’est ça aussi le voyage…se lier d’amitié vite et laisser repartir l’autre sur sa route, en s’en détachant.

Après un passage éclair au Decathlon de Taipei (oui trop pratique!), je reprends le bus et décide de m’arrêter à Longshan Temple. Pas de regrets c’est magnifique ! Un temple en pleine ville avec une cascade dans le jardin…j’achète une soupe au passage et reprends le métro pour le Creative Parc 1914.

Un peu de lindy et c’est reparti !

L’une des associations de Swing organise une soirée en pleine air. C’est charmant, entourée des vieilles usines, un petit plancher avec quelques plantes sur le côté. Le petit ampli est branché,  les premières notes de swing résonnent, les sourires apparaissent et c’est parti !


Je danse deux heures et mes partenaires de la pratique sont contents de me revoir. On parle un peu. Les passants prennent des photos et regardent ces drôles de gens, qui dansent et ont l’air heureux, au milieux de la rue.
Ma plus belle rencontre ce soir là,  c’est Agnès, qui me propose immédiatement de venir dormir chez elle le lendemain !

Jeudi 30 mars  – Jour 6

Assise à une table, je bois tranquillement un macchiato en attendant le couché de soleil le long de l’estuaire à Tamsui (Nord de taipei) en me remémorant cette incroyable journée. Il y a un chanteur avec sa guitare sur un air asiatique et une petite fille avec un grand sourire qui joue à cache cache avec moi depuis le dos de sa maman.


Un entretien professionnel INATTENDU

Si jusque là vous avez tout suivi…j’ai rencontré le directeur et fondateur de JWTechnology. Ce fut une entrevue assez inattendu ! Le chargé de projet est venu me chercher en voiture au métro et m’a conduit au bureau (un peu excentré). J’ai été reçue dans la salle de réunion par ce chargé de projet et le fondateur de la société. Je suis restée trois heures à écouter le parcours et la mission que s’est donné ce chef d’entreprise.


Flâner et visiter

A mon retour en ville, Agnès m’a fait traverser le plus grand Nigt Market de Taipei, Shilin avec deux amis à elle. Ils m’ont tout fait goûter ! Des huîtres chaudes en omelette (beurk) au tofu puant dit stinky tofu (rebeurk et beurk) en passant par les saucisses à l’ail (une saucisse sucrée sur une brochette qu’on mange avec de l’ail cru), le crispy chicken, et…le bubble tea (je n’invite personne à faire le compte des calories pour cette escapade culinaire…ça doit être quelque chose).
Pour finir en beauté, nous avons été boire un verre dans un bar qui surplombe la ville (dans le parc national) où les étudiants taiwanais se retrouvent pour parler.

Vendredi 31 mars  – Jour 7

Ce matin, le bus me conduit au départ d’une balade dans le parc national. Je choisi le sentier des fleurs car ça me semble joli et court (le temps est incertain). Les fleurs sont en éclosion,  les couleurs sont belles et ça sent très bon. La pluie commence à tomber, Célestine et moi nous nous abritons sous mon kway rose. A l’arrivée “flower clock”, je suis presque déçue…il ne s’agit que d’une horloge dessinée en fleur…ça a un côté kitch. Tant pis, la balade était agréable et il est temps d’aller se réfugier au musée national qui abrite la plus grande collection d’art asiatique. Le soir venu, je suis contente de retrouver Agnès pour un hot pot et une soirée swing histoire de réchauffer mes pieds trempés et mon cœur solitaire.

Samedi 1er avril  – Jour 8

Il est temps de dire au revoir à Agnès,  cette hôte extraordinaire devenue amie en si peu de temps. L’aventure continue. Direction Hsinchu où je vais rencontrer Eric pour vivre une semaine au rythme de sa famille.

 

1er repas

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Creative Commons CC BY-SA 4.0 - Auteure Emilie BUAILLON