Aoraki : Le majestueux Mont Cook


Après déjà une bonne semaine de travail à Mountain Spirit (article en cours de rédaction dans la rubrique projets durable!), nous avons négocié un week-end off pour partir à la découverte des lacs Tekapo, Pukaki et du Mont Cook, dit en Maori Aoraki, la plus haute montagne de toute la Nouvelle-Zélande! Il est 19h, on passe en ville prendre une pizza à emporter pour la route et faire le plein…c’est parti pour l’aventure ! Une dont on se rappellera !

En ce dimanche 3 septembre, on se réveille à la fraîche avec le bip bip de ma montre, réglée sur 6h45. Objectif : admirer le lever du soleil. Il aurait été accompli si le soleil avait été présent. Malgré un nuage bas qui englobent tous les monts alentours, nous parions sur les éclaircies et nous nous motivons pour la randonnée de la vallée Hooker, au Mt Cook.

Une randonnée très accessible…

Les paysages sont sublimes ! En suivant un sentier très bien tracé et plutôt plat à travers la vallée, on admire les glaciers avec leurs barres de neige bleues monumentales, les coulées anciennes qui ont fait leurs chemins à travers la pente, la végétation drue et épineuse qui se dresse de chaque côté du sentier. Parfois, on entend un craquement sourd et un bruit de dégringolade. C’est une avalanche. Elle se poursuit en nué blanche, particules de neiges volatiles qui dansent dans leurs chutes avant de venir se poser plus bas.

Un monument en forme de pyramide rend hommage aux aventuriers qui ont malheureusement perdu la vie dans ces montagnes. C’est troublant de voir tant de plaques…  depuis 1925.

Et ludique !

Nous traversons ensuite un pont suspendu au dessus d’un étang vert pâle. Les lattes de bois swinguent au gré de la brise, j’aime cette sensation de presque voler.

Enfin, nos pieds foulent le sentier de terre et de petites roches jusqu’à un ponton de bois qui surplombe une toundra sèche, parsemée d’herbes hautes, de buissons piquants et de cours d’eau.

Des icebergs

Lorsque l’on arrive au lac, l’eau est grise et accueille quelques icebergs tantôt blancs immaculés tantôt gris abîmés. Au loin, des moraines, anthracites, qui forment des masses immenses de cailloux et gros rochers. Voici le spot parfait pour notre pique-nique.

On se passerait bien du drone qui plane au dessus de notre tête mais on tente de faire abstraction en profitant du soleil. Certes, ces engins font de jolies photos et des panoramas à couper le souffle, mais je trouve qu’ils gâchent un peu le côté sauvage et paisible que l’on vient chercher en randonnée. Ne marchez vous pas pour vous retrouver face à la nature ? Un appareil photo à quelque chose de manuel, de technique. Vous appuyez sur un bouton, vous entendez le clic…et voilà. Vous admirez ensuite à loisir le paysage qui s’offre à vous. Avec ces robots volants, qui font un bruit d’essaim d’abeilles, vous passez une demi-heure les yeux rivés sur votre écran.

Sur ces réflexions, le soleil a pris le temps de passer de l’autre côté de la montagne et le lac se teinte d’une palette de gris et d’ombres. Il est temps de faire demi-tour.

Sur le chemin, on croise quelques lapins qui sortent de leurs terriers pour se dégourdir les pattes. Un guide et son groupe se sont arrêtés pour photographier les grandes oreilles s’agiter et les petits popotins blancs de bugs et sa compagnie. Nous accélérons un peu le pas pour les dépasser et regagnons notre maison roulante.

Une route qui vaut le détour !

La route pour sortir de la vallée du Mt Cook est aussi jolie qu’à l’aller, mais différente. Les couleurs du matin, bleutées et grises, ont laissé place à celles du soir, orangées. Le bleu profond du lac nous émerveille. Nous voyons des lacs souvent dans cette région, mais chacun d’eux est unique, par sa taille, sa forme, ses couleurs, ce qui l’entoure…

Depuis notre emplacement pour la nuit, à l’autre bout du lac, nous nous délectons du spectacle de ce paysage qui se teinte d’une couleur rose violacée ainsi que du reflet parfait des monts qui se dessinent dans l’eau pure…les couleurs orangées sur la gauche nous signalent la présence fugace d’un soleil qui part se coucher, et avec son départ, le fond de l’air se rafraîchit beaucoup. Il est temps pour nous de nous réfugier dans notre habitacle pour partager un apéro et célébrer cette belle journée.

…bientôt la suite de cette escapade : Article sur les lacs Tekapo et Pukaki en cours de rédaction. Reviens vite !

Journée nature dans la quiétude des Marlborough Sounds

Sur les routes perdues des Marlborough Sounds

Quelques voiliers de plaisance mouillent dans les baies abritées qui se nichent dans les tentacules vertes des Sounds. C’est dimanche, et les Kiwis chanceux font rugir les moteurs de leurs bateaux métalliques pour arpenter les bras de mer et y jeter quelques lignes à l’eau.

Nous reprenons la route sous un beau soleil, et troquons l’odeur d’iode contre celle des pâturages. Encore une petite route magnifique qui serpente le long des collines vertes sud des kilomètres et des kilomètres. Les petits villages sont enclavés et nécessitent des heures de route avant de rallier une grande agglomération. Vues les tentacules de terre, et les tentacules de mer, il est difficile de savoir quelle serait la route la plus rapide : 4×4 sur chemins de terre cahoteux et vallonnés ou bateau sur de l’eau plate ?

Crête des Marlborough Sounds

Les vaches nous regardent passer, les yeux mi-clos désintéressés, lâchant parfois un meuglement mou. Les moutons, eux, sont toujours aussi craintifs et se sauvent en sautillant. Plus nous montons, plus l’eau tantôt bleu roi tantôt verte émeraude contraste avec les prairies vives. Au loin, nous apercevons les montagnes enneigées des massifs du parc national des Nelson’s Lakes. Nous regagnons la crête et un grand sourire sur le visage.

Mouton des Marlborough Sounds

Dans la mer, les parcs des célèbres grandes moules vertes des Marlborough sont autant de petits points noirs dans l’eau miroitante.

Alors que nous devions prendre la route vers Picton, le beau temps et notre attrait grandissant pour la quiétude de la région nous en fait décider autrement. Retournons à Elaine Bay !

Point de vue sur les Marlborough Sounds

Pêche avec les locaux à Elaine Bay

Le petit port de pêche n’a pas perdu de sa beauté. Nous y posons le van pour une petite halte… qui va se transformer en heures. Allez, on reste au moins jusqu’au milieu de l’aprem.

Le temps est parfait pour une petite partie de pêche non ? Je lance ma ligne comme d’autres pêcheurs du dimanche dans la petite marina. L’eau est si claire qu’on y voit les poissons tourner autour de l’hameçon. Et les touches ne se font pas attendre.
C’est avec un Blue Cod (cabillaud) tout juste de taille réglementaire que je peux annoncer fièrement qu’on aura des protéines pour le dîner !
Hop j’emplis un flacon de verre d’eau de mer, l’y met dedans, et prie pour que ce frigo de fortune tienne jusqu’au soir.

Partie de pêche à Elayne Bay

Une belle promenade et des surprises le long de l’Archer’s Track

Après un pique-nique rapide (pain de mie, crème de maïs et piment chinois quand tu nous tiens), nous partons explorer le chemin de randonnée Archer’s Track. Bien que nous soyons le week-end, on n’y croise pas grand monde.

Les locaux ne manquent pas de sens de l’humour avec une superbe station météo !

Station météo locale

Comme j’aime “faire ma trace”, j’opte pour un “ancien” tronçon de chemin inconnu des cartes de randonnée en ligne : il nous fait couper à travers la forêt et rester à flan de colline à déambuler entre des arbres fougères et hauts conifères, le nez content de retrouver une odeur de pinède du Sud de la France. Nos pieds alertes nous protègent de la chute dans le fossé lorsque nous traversons les quelques cours d’eau sur des ponts improvisés de branches.

Nous retrouvons bientôt le chemin classique qui surplombe de quelques dizaines de mètres la mer. Les petits oiseaux terrestres chantent tandis que les maritimes crient à la recherche d’une proie sur laquelle plonger.

Où que nous regardons, c’est un festival de couleurs. Blanc et bleu se partagent le ciel, bleu et vert la mer, et vert jaune orange et brun la terre. Car oui, des vieux arbres aux feuilles ou épines âgées forment de magnifiques tâches vives sur le tapis de végétation dense.

Paysage aux couleurs chatoyantes

Aaaaah, on est bien dans ce coin de nature. Tout est réuni pour que nous passions un bon moment. Et c’était sans compter la surprise finale !

Quelques bruits de tronçonneuse nous confirment que nous ne sommes pas les seuls. Et nous arrivons près d’une crique où une petite maison rudimentaire en bois dois accueillir un couple de chanceux. Un petit barbecue dehors, un canoë au bord de l’eau, loin de tout c’est une destination de choix pour se reposer de la ville.

Quelques pas sur la plage de Deep Bay et nous tombons sur une grosse moule. Une grosse moule ? Une deuxième ? Une palourde ? noonnn… Emi plonge sa main dans le sable : plein de grosses palourdes ! chic chic chic chic !

Pêche à Deep Bay

Nous passons alors une demi-heure à dessabler notre dîner 🙂 Ah zut, où va-t-on mettre tout ce bazar, parce que ça pèse son poids.
Tant pis pour la baignade, la serviette est sacrifiée en baluchon et nous rebroussons chemin avec bien trois kilos de fruits de mer. Miam !

Belle récolte !

De retour à Elaine Bay

De retour au van, les frissons du soir se font ressentir sur les bras, et on est mieux ici pour cuire notre pitance. Allez, on reste une nuit ici !

Défi : tout préparer avant la nuit. C’est ambitieux…
Allez c’est parti : je remplis tous les contenants possibles d’eau de mer pour y faire dégorger au moins une heure les coques et moules. Les bivalves sortent leurs conduits étoilés et s’activent à éjecter les grains de sable de leurs coquilles. Merci les mecs vous croustillerez moins !

Emi à la cuisson

Je me charge ensuite d’écailler le cabillaud et d’en faire des filets, pendant qu’Émilie prépare quelques légumes et le riz. Repas de gala de prévu : curry de fruits de mer !

Oh la belle moule

Eh beh il y en a des coques à faire tremper, cuire, égoutter, dépecer, refaire sauter avec des épices. Mais le jeu en vaut la chandelle, chandelle qui éclaire le résultat que nous mangeons au chaud, dans le van et à l’abri des insectes attirés par la lumière. Car oui… il fait nuit déjà depuis longtemps 🙂

Curry de fruits de mers

Le French Pass

En début d’après-midi ce 21 octobre, une longue route de graviers de 22 km un peu cahoteuse nous conduit jusqu’à French Pass.

Belle vue avant le pass

Les nuages nous suivent mais nous savons que le spectacle sera à la hauteur. Après quelques minutes de routes, les lacets commencent à s’enfoncer dans une forêt de fougères, pour ensuite déboucher sur les sounds : de l’eau bleue profond et grise à perte de vue, des îlots de terre et de vert, et un vent qui souffle assez fort. Nous empruntons les routes étroites qui coupent les hautes collines à flanc.

Notre van sur les petites routes

Des barrières délimitent les champs pentus des fermiers et bergers alentours. Leurs moutons paissent tranquillement sans se soucier de grand chose jusqu’à l’arrivée impromptue de notre van qui les dérange dans leur quiétude habituelle. Intrigués, surpris comme à la première rencontre avec un humain, ils nous observent, le regard un peu vide, un peu inquiet, un peu curieux. Il est difficile de décrire ces bras de mers qui s’infiltrent entre les bouts de terre jusqu’à l’horizon ou telles les tentacules d’une terre immergée dans l’océan. Difficile aussi de décrire ces couleurs, même avec un soleil caché par des nuages bas, gris et épais.

Jack le Dauphin, mascotte de la région

A French pass, nous faisons la connaissance de Jack le dauphin, une reproduction d’un dauphin blanc à museau plat, ami des pêcheurs pendant de nombreuses années jusqu’à ce qu’il disparaisse laissant la communauté locale dans la peine d’avoir perdu un être cher. Ce mammifère a en effet guidé un navire à vapeur dans le détroit pendant une vingtaine d’années.

Un pass, deux marées

Le pass en lui-même

Une petite marche d’approche dans une pente bien raide nous mène à un point d’observation. En face l’île d’Urville, grande terre quasi inhabitée, que l’on rejoint à l’aide d’une barge qui transporte les voitures. Si vous empruntez la mer par bateau, gare à vous, les courants ici ont quelque chose de particulier !

Les courants

Des tourbillons puissants naissent et grandissent entre les petits phares verts et rouges qui indiquent le chemin ; créant dans leur sillon des arabesques semblables à un tableau d’artiste. Pourquoi ces formations ? D’un côté et de l’autre de la baie, une heure quarante de marée diffère, créant, surtout lors des changements de marées, des contre courants impressionnants. Un différentiel de 50 cm sépare les deux marées, et avec ce vent, le petit bateau qui vient tenter sa chance surfe littéralement sur les courants.

Oiseaux joueurs

Il n’est pas le seul à jouer avec la curiosité du lieu. Oiseaux de tous genres s’en donnent aussi à cœur joie ! Les mouettes, se laissent balader sur les tourbillons du courant comme les enfants au parc Astérix dans le manège des tonneaux dans l’eau. Une fois le courant terminé, elles prennent leur envol pour retourner au point de départ, et recommencer un tour… sans se lasser. Quel spectacle amusant !

Y’a de l’agitation dans l’eau !

Plus sérieux, un oiseau à long cou plonge sans relâche à la juste surface, essayant sans doutes de récupérer un poisson pour nourrir sa famille. Il plonge, plonge et replonge jusqu’à finalement sortir vainqueur avec un poisson d’une bonne taille. Malheureusement pour lui, un goéland jaloux lui volera sa proie, il n’a plus qu’à recommencer. Des mouettes alouettes, têtes noires et beau plumage font de même, tête sous l’eau et poursuivent des petits bancs de poissons, tandis que les mouettes blanches, lascives et insouciantes, continuent de tourner en rond jusqu’à ce que les autres aient fait le travail pour elles. Lorsque les mouettes alouettes prennent leur envol, nous sommes émerveillés par leur agilité, les battement de leurs ailes, délicat, précis, les fait changer de direction à une allure folle. Il est temps pour nous de rebrousser chemin, grimpant la colline jusqu’au van. Le ciel s’est entièrement drapé d’une manteau épais gris, cachant les sommets des sounds à notre vue.

Ambiance de brume et Baskerville

Au fur et à mesure que nous avançons, le nuage au dessus de nous deviens brume englobante. Et sans crier gare, nous ne voyons plus à moins de dix mètres… alors, sur les côtés de la route, apparaissent les ombres des moutons qui courent sans trop savoir où, en réaction au bruit de notre moteur. Au loin, nous les devinons juste, dans une ombre sombre, puis en se rapprochant, ils prennent réalité, entourés d’un halo trouble. Cette ambiance semblable à la brume du chien de Baskerville nous fait vivre une expérience de Nouvelle-Zélande que nous n’avions pas encore vécue. Avancer dans un nuage, sur une route étroite à flan de collines, occupés par la présence fantomatique de nos amis aux manteaux de laine. Le vent souffle fort encore et les quelques bruns de végétation qui poussent dans les champs pentus se plient à son gré vigoureux. Au croisement de deux routes de graviers, nous choisissons le deuxième embranchement, celui qui nous conduira à notre petit coin de paradis secret.

Notre paradis secret (impossible de trouver son nom sur les cartes!)

Wahouuu

Différente mais tout aussi sauvage, nous devinons traverser une forêt. A mesure que nous descendons la montagne, la brume se dissipe et nous revoilà sous les nuages. Encore quelques kilomètres pour trouver notre endroit pour la nuit, un petit port pour les embarcations locales. Le calme est absolu. Le soleil se couche doucement.

Notre bébé potager intérieur

Nicolas sort sa canne à pêche et s’avance sur le ponton tandis qu’Émilie plante dans un pot de houmous quelques aromates pour avoir un bout de jardin dans notre petite maison roulante. La crique est plutôt jolie et quelques couleurs rosés parsèment le ciel avant la tombée de la nuit.

Couleurs du soir

Les Marlborough Sounds, une oasis de tranquillité

Sur la route

Notre voyage dans les Marlborough le 20 octobre, à la pointe Nord de l’île du Sud commence par de petits tortillons sur les routes de montagne étroites.
Nous sommes cependant assez dépités de constater que les forêts sont ravagés par la coupe intensives et qu’en guise de paysage, il ne reste que désert et désolation sur de grandes portions des flancs de colline, comme si on avait épilé la montagne à l’aide d’une bande de cire géante. Beurk.

Le grand panneau loufoque

A la grande bifurcation qui nous emmènera au French pass, un panneau bleu d’une taille démesurée qui indique les distances en kilomètres et en temps sur ce bout de terre “sans issues”. Pour rouler 50 kilomètres, il nous faudra 2 heures de temps à travers les champs couverts de fleurs jaunes et de moutons qui détalent au broum broum de notre maison roulante. La nature reprend ses droits ici, et ce n’est pas pour nous déplaire.

Premières sensations

A Okiwi, nous réalisons notre pause déjeuner au soleil et sous le vent. La baie est grande, un peu agitée par la brise. Lorsque le soleil montre le bout de son nez, l’eau reprend des couleurs bleues turquoises. L’endroit étant idéal pour faire une pause, nous faisons une petite sieste dans le van, porte ouverte, puis travaillons un peu sur nos pc aux soleil jusqu’à ce que nos batteries ne suivent plus. Il est temps de reprendre la route.

la baie Okiwi

Le temps se dégage un peu et les nuages gris laissent place à de fins filets blancs dans le ciel suivis par un soleil moins timide et plus lumineux. Notre bolide empreinte des routes de plus en plus étroites et en balcon sur toute la (devrais-je dire les) baie(s). Quel spectacle !

Elaine Bay, un refuge de tranquillité

A Elaine Bay, nous tombons tout de suite amoureux de cet endroit ! Nous prévoyons d’y passer une après-midi, mais le futur en décidera autrement =) Nous partons pour une balade le long de la crique, tantôt sous les bois, tantôt à travers les collines ou sur la grève. On ne résiste pas à ces lumières de fin de journée et ces couleurs d’automne pour prendre des photos, des photos et encore des photos.

Célestine pose à la lumière du soir

Une fois installés sur le camping du DOC face à l’alcôve de mer et entourée de falaises végétales, Nico part à la pêche sur le ponton. Il rencontrera une famille de locaux venus pour le week-end et aura la chance de voir des grandes raies nager sous les lattes de bois de la jetée !

Partie de pêche réussie

A 6h30 le lendemain matin (21 octobre), le soleil traverse les fenêtres et nous voilà réveillés, pleins d’énergie grâce à une bonne nuit de sommeil au calme. Le temps est plutôt mitigé et nous décidons de faire une pause dans la course effrénée des trajets pour profiter de l’instant présent et de la beauté de ce paysage. Qu’à cela ne tienne, Nico repart pêcher et Emi lit sur la pelouse, entourée parfois de poulets bleu et leurs petits qui se baladent sur le camping du DOC.

Petit coin paisible

Poursuite de la découverte de la région

Cet après-midi, nous prenons la route pour le French Pass, avant de revenir à Elaine Bay pour une bonne journée. C’est ici pour lire notre deuxième journée nature à Elaine Bay, rédigée par Nico.

On doit partir ? vraiment ?

Le 23 octobre, c’est encore un réveil au DOC. Des zouaves ont fait la fête jusqu’à 5h du matin, nous en avons la gueule de bois pour eux ! Nous enfilons un pull et sautons à l’avant, direction Picton. La route est belle encore ce matin, dégagée malgré quelques nuages et des moutons perdus nous ralentissent sur le chemin. C’est parti pour une autre aventure !

[Bientôt disponible, l’article Picton]

Randonnée au Big Hill

Une marche sportive

Cet après-midi, nous optons pour la randonnée au Big Hill à Arrowtown. Le rythme de la marche est très rapide. Nous traversons le chemin à flanc de colline. Sous moi, le vide est quasi absolu et la végétation descend à perte de vue. En face, le lac Wakatipu, la ville de Arrowtown, puis celle de Queenstown. Plus nous avançons, plus la vue s’élargit. Puis, nous traversons une forêt empruntée par de petits cours d’eau que nous franchissons tantôt sur des pierres, tantôt sur un tronc d’arbre allongé. Alors, la lumière se fait plus rare et lorsque nous sortons du bois, l’ombre est arrivée.

…et technique

Ça grimpe encore et le froid du soir coupe un peu ma respiration. Sur les derniers lacets, c’est l’espoir d’être émerveillée par la nature sauvage qui me fait donner les quelques élans d’énergie qu’il me reste. Ici, nous devons faire attention car une neige croûtée nous ralentie. Nous plantons les bâtons dans la neige, en peinant pour qu’ils accrochent. En haut du mont, il nous reste 20m dans le bush, entre îlots de neige immaculée et boules de végétations touffues dans lesquels mes pieds s’enfoncent. Je ne sais jamais jusqu’où ils vont descendre et j’espère ne pas m’y tordre une cheville. Enfin, nous voilà !

…qui en vaut la peine !

Sur 360° nous sommes entourés par les montagnes. Vers Queenstown et Arrowtown elles sont saupoudrées par ci par là de quelques dernières neiges qui s’estompent, laissant place au printemps. De l’autre côté, un duvet rond, enveloppant, intact s’est déposé sur les montagnes. D’un coup, je me sens petite face à mère nature qui domine!

Un vent glacial souffle fort, nous nous abritons derrière un talus pour notre repas du midi (il est plus de 17h). Enfilant les couches supplémentaires nous profitons des derniers rayons qui se cachent derrière la montagne. Les nuages donnent au ciel une couleur particulièrement jolie.

La magie continue de nuit

On cavale presque dans la descente en faisant attention à conserver nos chevilles intactes. Nous traversons les restes de neige gelée, nous augmentons la cadence une fois la boue revenue sous nos pieds, puis, stop !
Sous le sentier, à 5 m, passe un petit bouquetin. Il est trapu, avec une barbichette noire et de petites cornes. En nous voyant il accélère. Derrière lui, deux autres suivent.

Après quelques minutes, il fait complètement nuit et nous sortons les lampes torches. Je cavale comme un lapin fatigué et pressé de rentrer dans son terrier. Mon cabris devant avale le dénivelé à bonne allure. De ci de là il se retourne et je vois sa lampe allumée me rassurer : « je suis là ! ». Et ma lampe de lui répondre « j’arrive, j’arrive ». Il nous faut à nouveau passer par la forêt avec le petit ruisseau. Mettant en suspend notre course folle, nous observons un instant la vallée, dans la nuit, éclairée par les étoiles d’un ciel bien noir et les lumières de la ville.

Encore quelques passages de boue ou de glace et le van nous attend… Nous retournerons dormir au camping du lac pour récupérer des forces.
La porte du van claque une dernière fois, la lumière s’éteint, la couette remonte jusqu’à mon nez, la pluie commence à marteler le toit…la nuit peut commencer.

Arrowtown, village historique

ancienne cité de pionniers

Nous prenons la route pour Arrowtown, (la ville adjacente à Queenstown). Anciennement citée minière et village de pionniers, cette ville a un certain charme et nous avons beaucoup apprécié nous y balader.

Nous découvrons l’ancien village datant de 1870 qui était habité par des pionniers chinois venus ici pour trouver de l’or. Les maisons spartiates et riquiqui me font relativiser sur la taille du van !


Nous apprenons que l’intégration avec les locaux, pourtant là depuis peu, a été très complexe. Ce petit break historique me donne matière à réfléchir sur l’accueil que nous réservons aux étrangers chez nous, et la difficulté de leur positionnement dans la société, coupés entre deux cultures.

Après cette visite culturelle, nos pas empruntent ceux du sentier de  Big Hill!

Faire les touristes à Arrowtown

Nous sommes le 12 août. Les éclaircies nous offrent de jolies vues sur la rue qui a des airs de farwest. Les écriteaux des échoppes en bois peints me donnent l’impression d’avoir pris un aller simple pour ce que je m’imagine du temps des settlers (immigrants qui s’installent).

 

Au musée, il y a dans l’entrée une belle collection de ski d’un habitant, qui a légué son matériel dont il faisait la collection depuis des années.
En face du bureau des entrées, un musée des locaux. Les habitants ont confié leur trésor familial et en ont expliqué l’histoire.

C’est touchant d’avoir accès à l’intimité familiale : on y trouve des passeports, des médailles militaires, des lettres d’amour d’un ancien temps, des attirails en tous genres comme de vieux appareils photo ou des maillots de rugby, des médailles olympiques… j’aime particulièrement cette idée d’un musée participatif sur les trésors familiaux.

On suit les deux rues principales, un peu en vagabondant. On s’arrête dans un restaurant pour apprécier deux burgers à tomber par terre ! On enchaîne cet après-midi avec une glace myrtille et chocolat de Patagonia, un régal! Parfois, jouer le touriste, c’est sympa aussi ! Pas de rando de 8h ou de noodles… juste déambuler dans les rues sous un soleil timide et apprécier de partager quelques gourmandises. De vraies vacances !

Queenstown

Une grande ville après des aventures en pleine nature

Le 10 août, sera une journée de découverte de Queenstown. La ville est surprenante. Après tant de paysages ruraux et de nature sauvage, une vraie ville ça fait bizarre. L’hypercentre a des airs de Disneyland avec ses grandes rues piétonnes, les maisons colorés, les magasins en tous genres, des panneaux partout et de la musique dans les hauts parleurs. La ville est entourée de montagnes, pour certaines avec encore de la neige.
Au bout de la rue principale, le lac s’étend loin, très loin. Près du ponton, les canards par dizaines viennent chercher leur pitance auprès des touristes amusés. Ils plongent et lorsqu’ils remontent à la surface, leur duvet laisse perler les gouttes d’eau le long de leurs flancs.


Nous passerons une bonne heure au DOC pour préparer les randonnées sur la région (notamment Big Hill). La ranger, une dame pleine d’entrain et méticuleuse, nous motive pour plusieurs jolies randonnées aux alentours. Il est déjà tard lorsqu’on file dans la voiture et la pluie commence à taper sur le toit.

 

Demain, nous partons pour 3 jours à Arrowtown, visiter le village et pratiquer la randonnée du Big Hill. Puis, nous partirons 4 jours vers Glenorchy avant de repasser par Queenstown.

Queenstown, ville du sport, même sous la pluie

Le Jeudi 17 août, Nicolas me dépose au centre sportif. Au programme pilate avancé, body pump, yoga, piscine. Pour le Pilate, ce n’est pas trop un soucis mais le body pump c’est une autre histoire !! Les poids sont lourds et il faut garder la cadence !! La coach n’arrête pas de dire « come on Emilie don’t give up »… ça se voit tant sur mon visage que j’ai envie de tout lâcher et me prélasser au bains chauds ??
Après l’effort, le ré…ah ba non c’est Yoga ! Etirement, stretching… Je m’en sors pas si mal et je connais déjà une bonne partie des enchaînements finalement. Un petit tour à la piscine où je fais quelques longueurs pour la bonne conscience et hop ! Un petit spa pour détendre tous ces muscles qui ont bien travaillé ! 

Le lendemain, 18 août, après le sport d’hier et quelques courbatures, rien de plus normal que d’aller faire une session d’escalade ! Allez c’est parti ! On retourne au centre sportif car il pleut toujours.

Je me chauffe sur la voie la plus facile, et…en fait ce n’est pas si facile ! Je suis rouillée ! Nico grimpe tranquillement, on dirait un petit singe élégant qui n’a besoin ni de force ni d’énergie pour atteindre les 12 m au dessus…moi, je suis plutôt un hippopotame qui essaie de faire de la danse classique en apesanteur avec un plomb accroché au pied… gloups !

Célestine fait sa crâneuse

Après plusieurs voies qualifiées de facile, j’en prends une d’un niveau un peu plus difficile. Je pense que je n’arriverai qu’au milieu car il y a peu de prises, pas très larges et un passage un peu délicat où la pente est raide…mais avec les bons conseils de Nico, et beaucoup de courage, je finis en haut…en m’étant au passage contorsionnée dans tous les sens ! Finalement, ça revient !

Queenstown est réputée pour être la ville du sport, nous n’avons pas dérogé à la règle !

Wye Creek, une vue imprenable sur le lac de Queenstown

Le lac Wakatipu

A 7h ce matin du 9 août 2017, le réveil sonne, et non sans peine, nous nous extirpons du lit et sa couette chaude pour admirer un lever de soleil un peu timide car nuageux.

Nous sommes sur une plage de galets et le lac face à nous est entouré de montagnes aux sommets enneigés. Afin de commencer la journée en douceur et de bonne humeur, nous faisons quelques pas de lindy hop sur la plage, en chantonnant.

A Kingston, nous faisons halte dans un restaurant dont l’ambiance m’évoque celle du Last Light Lodge. Le serveur – un brésilien fort sympathique- me parle un peu de son pays, et des beautés qu’il faut aller visiter. J’achète un bout de pain au comptoir puis je file rejoindre Nico qui faisait le plein. Sur le trajet jusqu’à la randonnée, nous adoptons la méthode « touristes pressés » en s’arrêtant pour prendre des photos à tous les tournants.

Après un sandwich rapidement avalé, nous harnachons nos sacs à dos, remplis de barres de céréales, bouteilles d’eau, lampes torches… vu nos dernières expériences et notre habitude de terminer les randonnées dans la nuit, mieux vaut être un peu prudent !

 

Wye Creek Walk

La route de démarrage, destinée au 4×4 est déjà bien pentue. Il nous faudra environ 1 heure et quart pour rejoindre une bifurcation. Un petit barrage retient de l’eau qui vient du sommet et une passerelle nous permet de traverser. Nous avons le choix entre un sentier ou la piste « tramp » (comprendre : marche difficile). Nous décidons de suivre la conduite d’eau du tramp… après tout, nous sommes là pour un peu d’aventures.

Dès les premiers pas, on ne regrette pas notre choix ! La conduite d’eau, surmontée d’une petite planche en bois et d’un fin rebord pour y poser la main nous donne l’impression de traverser des ponts de singe, suspendu dans le vide. 

Le flanc de la colline est très arpenté et nous avons sous nos pieds une masse de végétation dense qui s’étend sans doutes jusqu’au parking que l’on ne voit plus.

15 minutes plus tard, une impressionnante cascade nous fait face. Du haut de la montagne, elle dévale les roches en un jet fluide et intense ; se divise parfois pour optimiser sa course puis se repose dans une vasque jusqu’à la descente suivante. 

D’ici, nous empruntons un sentier si étroit que nous ne pouvons que poser un pied devant l’autre, ou presque. Il nous conduit à une énorme plate-forme de roche, surplombée d’un mur d’escalade (il y a des accroches).

Sur ce gros rocher qui domine la vallée et le lac, j’ai le sentiment d’être en Norvège sur le haut d’un fjord, comme sur les photos des magazines d’agence de voyage. Ce pays est un condensé de paysages, comme si la Nouvelle-Zélande possédait un échantillon de chaque paysage insolite de cette planète : mer, falaises, montagnes, fjords…

Pour un peu plus d’aventure, nous nous enfonçons plus dans les broussailles en suivant un sentier riquiqui. Après un bon quart d’heure a peiner comme si nous étions dans la jungle, nous réalisons que ce chemin mène les grimpeurs aguerris vers des pistes bien costaudes. Il est temps pour nous de faire demi tour car je n’ai ni le matériel, ni l’expérience requise pour un tel défi ! Une dernière photo au couché du soleil, une petite danse sur un ponton suspendu face à la vallée et nous redescendons rapidement le chemin parcouru en direction du parking. Heureusement…nous avions les lampes torches !

Routeburn en hiver, une randonnée mémorable

Randonner sur la Routeburn

Après, la magie des fjords le matin, nous décidons de poursuivre la journée par l’une des randonnées les plus réputées de Nouvelle-Zélande !
A l’arrêt le Divide, nous lançons le chrono pour faire nos sacs pour la nuit et le lendemain. On sort la bâche, les sacs, les lampes torches, la nourriture, les habits, les duvets… Je n’ai jamais fait un sac de rando pour plusieurs jours aussi vite, mais il est déjà tard et l’ombre envahit la montagne. Ce qui n’est pas bon signe quand au temps de jour qu’il nous reste pour faire tout le chemin jusqu’à la hutte.
Une fois prêts, nous partons pour le début de la Routeburn (l’une des grandes randonnées néo-zélandaises : Greatwalks). Un sandwich dans une main, la clémentine dans l’autre.

Ça grimpe bien et encore une fois, on court contre la montre…on profite sur le trajet des quelques vues sympas sur la vallée. Presque à la hutte, après pas mal d’efforts pour moi, car mon sac est assez lourd, on opte pour rallonger la ballade d’une heure en allant au Key Summit. Ca grimpe sec. Je souffle et mon rythme ralentit.

Une fois en haut, le spectacle est sublime. Il valait bien tous ces efforts. Une vue à panoramique totale s’offre à nous. Montagnes, montagnes, et montagnes. La neige est presque partout sur ces monts qui nous font face et la lumière de fin du jour leur donne des reflets magnifiques. Au sol, la végétation est surprenante. La mousse orange et jaune forme de petits tapis qui recouvre tout sous nos pieds. Il y a des plantes carnivores dans cette tourbière. Un petit étang gelé nous offre le reflet de la montagne d’en face.
Il commence à faire très froid et la pénombre s’installe. On redescend au pas de course jusqu’à l’embranchement pour la hutte. On avance dans la nuit, éclairée par la lune. Après 20 minutes à avancer vite mais prudemment, nous arrivons à la hutte. Le clair de lune argenté se reflète sur le givre et scintille.
Nous sommes sous le charme… jusqu’à ce que nous décidions de faire du feu. Il n’y a pas de bois disponible et les seuls branchages que nous trouvons ne suffiront pas à faire partir un feu. Il n’y a plus de bougies et pas d’eau au robinet. Je vais au ruisseau pour en chercher un peu. Mes doigts se glacent en l’espace de 30 secondes. Après une soupe salvatrice et quelques nouilles, nous nous couchons. 

La nuit à été très difficile ! Les quelques pauses nocturnes pour aller faire pipi ont été semblables à un petit supplice… j’ai mis un temps infini à sortir de mon duvet tellement il faisait froid.
Avec mes deux duvets, mon drap de soie, tous mes habits, mon bonnet… je n’ai presque pas dormi. A 8h, samedi 5 août 2017, on se « réveille » et à 9h30 on ose sortir des duvets…le froid crée de l’inertie !

On sort du gîte et le soleil commence à éclairer les montagnes en face. C’est un soulagement ! Le lac gelé à des airs de bouts du monde et c’est absolument magnifique. Après un gros petit déjeuner, on laisse un sac avec les affaires de la nuit à la hutte et on commence notre randonnée à la journée en direction du second arrêt. Ça grimpe et sur la route, on croise quelques oiseaux chanteurs qui nous chauffent le cœur. La majorité de la randonnée se fait dans une forêt de fougères et de grands arbres, traversés par la lumière d’un soleil de bonne humeur. A quelques endroits, parfois, une vue dégagée s’offre à nous.

Nous pique niquons à la cascade Earland falls. Elle est impressionnante, très haute, l’eau s’écoule en jets massifs puis en petite pluie fine pour venir finir sa course dans un étang à moitié gelé par le froid. Des flaques de neige par ci et par là accueillent le début d’un arc en ciel qui se reflète dans l’eau de la cascade. Un moment magique. C’est un bon spot pour faire demi tour (après, les avalanches sont probables d’après le DOC et nous ne souhaitons pas tenter notre chance).

On cavale alors puisqu’en moins d’une heure nous arrivons au refuge. Nous reprenons le sac que nous avions laissé et nous continuons dans notre lancée pour aller revisiter le Key Summit en espérant avoir plus de temps qu’hier pour profiter des lumières de couché de soleil. Marcher avec ou sans sac n’a strictement rien à voir ! Je ne suis plus la gazelle des heures passés mais plutôt l’hyppopotame qui souffle dans la montée ! A la bifurcation, je cache mon sac dans un buisson et retrouve mon allure plus légère jusqu’au sommet.
Les lumières sont chouettes même si le soleil joue à cache cache avec les nuages. On dévale la pente dans l’autre sens, armé cette fois de nos lampes frontales jusqu’au van.

Un vent frisquet nous suivra jusqu’à celui-ci mais bientôt, dans notre effort, nous ne le sentirons plus. Nous irons camper sur un site du DOC, une soupe, des pâtes, une tisane et dodo.

Après le beau temps, la pluie

Bercé par la pluie qui s’abat sur le toit du van, je sors de la couette pour faire chauffer un thé. Aujourd’hui, 6 août 2017, le temps prévu est très mauvais…alors ce sera logistique. On écrit nos aventures, on range notre petite maison, on prend le temps de manger en papotant.
On sort le nez dehors à l’accalmie et le site est superbe ! Nous sommes dans une vallée traversée par une rivière bordée de cailloux d’une gamme de gris. Les montagnes qui nous entourent sont encore sous la neige.
On trouve une promo sympa pour un camping de Te Anau alors on fonce pour profiter d’une douche, d’une lessive, de faire toute notre vaisselle et de recharger les batteries.

Milford, escapade dans les fjords néo-zélandais

Des Fjords et du froid

Au matin du 4 août 2017, la nuit à été très froide, l’herbe dehors croustille sous les pieds tellement elle est gelée. On met plus de 20 minutes à sortir de nos duvets et on réalise que nous devons nous dépêcher si l’on veut atteindre Milford Sound dans les temps pour le départ du bateau. Toute la vallée est encore dans l’ombre mais pas l’ombre d’un nuage à l’horizon ce qui promet une vue splendide ! Aujourd’hui je réalise un rêve : voir des fjords !

Un feu rouge nous stop dans la course. Tel des pilotes de formule 1 nous attendons le feu vert en suivant le décompte des secondes sur le panneau d’affichage. Lorsque le feu autorise le passage, nous nous engouffrons dans un tunnel.

Je n’ai jamais vu rien de tel que ce tunnel en sens unique d’où pleuvent sur nous les restes de glace qui s’accrochaient à la voûte. Une fois sortie, la vue est assez spectaculaire. La route en lacet nous mène à une grande vallée, puis au parking de Milford Sound. Nous sommes sans voix. Quelle spectacle !

Embarquez pour la magie

Pas le temps de s’émerveiller trop longtemps ; affublé de mon leggins en moumoute, de plusieurs couches de pull et d’une veste, je commence à courir avec le sac du petit dèj, le thermos et mon appareil photo en direction du guichet pendant que Nicolas gare la voiture. Les 500m qui me séparent de ce fameux comptoir me semble à des lieux et l’air glacial que j’inspire en courant me pétrifie les voies respiratoires, à me donner presque le tournis.
Le réceptionniste de notre compagnie (Mitter Peak) à des airs de Suédois avec ses cheveux châtains blonds, ses yeux d’un bleu profond et son sourire de publicité pour dentifrice. Il me donne les deux sésames pour accéder au bateau et me dit de me dépêcher pour ne pas rater l’embarquement.
Impatients comme des enfants avant Noël, nous montons dans le bateau. Le staff est très souriant. Nous aussi on souris, car on se demande comment il font pour être en short avec ce froid austral.

Les fjords sont encore dans l’ombre mais je devine déjà que le spectacle sera gravé à vie dans ma mémoire. Des otaries viennent montrer leurs nageoires et je suis émerveillée. Les montagnes enneigées, sauvages, abruptes plongent dans une eau bleue noire profonde. Tellement profonde que sous nous, nous pourrions caser la tour Eiffel !

 

Un festival de couleurs

Et alors que je suis sur le toit du bateau, en l’éclair d’une seconde tout le fjords s’illuminent. Comme par magie, le soleil est sorti de derrière la montagne et rend le spectacle déjà fabuleux, exceptionnel. En effet,le panorama prend de l’intensité avec une gamme de couleur….ce n’est pas un bleu noir pour l’eau mais des bleus, des verts, des noirs…Ce ne sont pas des verts foncés sur les falaises mais une myriade de dégradés qui mettent en lumière toutes les espèces de mousses et de fougères qui tapissent les dessous de cascades. L’eau cristalline tombent sur des centaines de mètres en grands jets, puis, dans la course, se séparent en une multitude de petites gouttes qui viennent finir leur parcours ensemble dans l’eau du fjord.

Le bateau arrive à l’embouchure du fjord, qui laisse place à une mer bleue sous un soleil radieux. La côte est belle aussi, par delà les montagnes. Le pilote s’amuse à nous mettre le nez sous une cascade et nous nous émerveillons de voir les gouttelettes tomber. Elles sont sacrément fraîches. Sur le côté, il y a de jolis petits îlots de roches en forme d’arc et une végétation luxuriante. Le vent se lève et le bateau opère un demi tour bien mené.

Nous croisons quelques phoques qui se dorent la pilule à l’ombre…pourquoi pas… Encore une grande cascade et au loin, un petit cabanon avec des kayaks amarrés à son ponton. L’habitacle est entourée de monts dans une vallée jaune et verte. Cela paraît surréaliste. La vue que j’ai là est époustouflante. 360° de bonheur ininterrompu.

 

Le bateau accoste, nos voisins s’empressent de sortir. Nous, nous prenons notre temps. Nous faisons un petit tour sur la jetée pour reprendre des photos en suivant les caprices du soleil, puis un arrêt admiratif sur la berge dont la boue me monte jusqu’aux chevilles.

Une route majestueuse

Le moteur de la voiture vrombit, le chauffage se lance, Nico appui sur le champignon pour que nos profitions de l’incroyable route de Milford sous ce soleil. Nous traversons le pont suspendu, entre vallée, montagne et cours d’eau en cet après-midi du 4 août 2017.
Lorsque nous arrêtons notre course pour emprunter le petit chemin qui mène au Chasm, un Kea -perroquet- nous suit avec détermination, espérant sans doutes profiter de notre pique nique rapide. Le détour au Chasm vaut le coup ! Les formations rocheuses creusées par les tourbillons de l’eau rendent un effet impressionnant. Encore une fois, on se sent tout petit face à dame nature qui transforme ce qu’elle veut avec force et patience.

Venez lire la suite des aventures ici : La Randonnée Routeburn.

 

Te Anau et la région des Lacs du Sud

C’est le grand départ aujourd’hui, 2 août. Nous allons quitter la routine du Last Light Lodge pour de nouvelles aventures. J’ai ce sentiment étrange de quitter une vie de famille : habitudes, routines… être une nomade c’est parfois fatiguant et retrouver des automatismes, une vie plus réglée, cela à aussi du bon et c’est reposant !
Après une accolade à Craig, un bisou à Violaine et Surjana, nous prenons une petite photo au soleil. Violaine nous offre un pot de confiture, nous laissons un mot dans le livre d’or et commençons notre nouvelle aventure : la région des lacs du Sud.

Manapouri

Notre première destination : le lac Manapouri. Un lac immense, un grand soleil, une petite ville. Ça y est, le voyage reprend son cours et cela fait aussi du bien. J’ai l’impression de partir en vacances ! Et celles-ci commencent par une promenade le long du lac à la tombée de la nuit. Malgré un froid saisissant, nous ne nous lassons pas des couleurs qui se reflètent sur l’eau et restons un bon moment. Pour dormir, nous choisirons un endroit plus secret, le lac Monowai, petit frère de Manapouri. Caché entre son aîné et une forêt dense. Nous avons hâte d’en découvrir les particularités demain matin !

3 août

La nuit a été fraîche et pour se réchauffer nous lançons le thé. A peine le gaz allumé, que 4 grands gars arrivent et commencent à monter un zodiac gonflable. Il y a deux vieux monsieur et sans doutes leurs grands fistons. Je me demande s’il partent à la pêche, mais nous n’aurons pas le temps de le découvrir car nous nous enfonçons dans le petit bois qui mène à un point de vue sur le lac.

C’est 20 minutes de promenade sous les grands arbres feuillus, près des fougères caressées par le soleil que nous profitons tranquillement de ce début de journée.

La vue y est spectaculaire. L’eau bleu foncée, par endroits, noires, offre un beau miroir aux monts qui lui font face. Ils sont enneigés pour la plupart et le soleil fait briller leur manteau blanc. Nous prenons la photo de rigueur ; et, sous le froid hivernal, le temps d’une prise ou deux, mes petits doigts se glacent !

De retour au van, nous prenons la route pour Te Anau : environ une heure de route avec un soleil magiques, où les montagnes nous entourent de part et d’autre. Je comprends pourquoi le seigneur des anneaux à été tourné par ici, quel spectacle grandiose !

Te Anau

Te Anau, c’est la ville des alentours. Je m’attendais à une ville… il s’agît en fait d’une route le long d’un lac sublime avec quelques motels, une concessionnaire automobile de voiture de collection à l’ancienne, puis, au centre ville, un bourg minuscule avec distributeurs, deux mini supermarchés, une banque qui prend domicile dans une papeterie sous forme d’un comptoir unique (elle fait aussi poste tant qu’à faire!), une station service et le DOC (department of conservation).

Le DOC

Nous arrivons avec déjà quelques questions en tête concernant les randos que nous aimerions faire. L’employée qui nous reçoit est très agréable et pleine de bons conseils. Cela dit, on déchante un peu car l’hiver rend difficile la plupart des chemins que nous envisagions ! Il faut pour certaines être équipé de crampons et piolets… et il y a de sérieux risques d’avalanches. Voyager hors des sentiers battus ou hors périodes touristiques, c’est aussi ça !

Notre itinéraire pour les prochains jours est prêt, nous avons vérifié la météo et préparer les munitions alimentaires.

La route de Milford

Sur la route de 120 km en cul de sac qui mène à Milford Sound, nous faisons quelques haltes pour admirer l’immensité du lieu au soleil couchant. L’un de mes arrêts préféré est le ponton de départ de la Milford Track depuis lequel la vue sur le lac et les montagnes est à coupé le souffle (j’ai déjà dit ça ? ah…et bien ce n’est pas le même lac pourtant!).

Le soleil est déjà presque couché et les couleurs sont très bleues et froides avec quelques reflets rouges par ci par là dans les nuages.

La route est assez longue et l’obscurité arrive, mais on devine que de jour le spectacle sera splendide !

Le camping du DOC

L’aire autorisée par le DOC pour camper est en chantier. Elle est juste, immense, on se croierait à Disney Land, en travaux ! Le sol est bien damé, il y a des petits îlots avec des toilettes partout, quelques cabanes avec des tables et des chaises, et des lapins qui courent partout. Le kiosk pour payer la nuit est juste ridicule et on a du mal à faire rentrer notre enveloppe dans la borne déjà pleine à craquer ; à croire que même le DOC ne se donne pas la peine de venir jusqu’ici à cette période. A tout craquer, nous devons être 4 campersvans sur tout cet espace (et on ne s’en plaint pas) ; dans une vallée d’où l’on entend le ruisseau couler, embrassé par les monts enneigés. Il est l’heure (tardive) de se faire à manger, ce soir ce sera riz, citrouille et jambon cuit avant un gros dodo car demain la journée s’annonce riche en émotion !

Milford et la Routeburn

Pour lire les articles sur : Milford et la randonnée Routeburn.

Retour à Te Anau

Ce matin, lundi 7 août, c’est un temps mitigé. La vue est très jolie, même lorsqu’il fait gris. Le ciel est traversé parfois par quelques rayons de soleil qui s’étalent sur les faces des montagnes ou sur le lac d’une eau sans vagues.
Nous allons à la bibliothèque, le temps pour moi de sauvegarder les photos de notre belle escapade dans les confins des fjords.

Le centre des Oiseaux, la belle surprise de Te Anau

Avant de quitter Te Anau, nous visitons, le 8 août, le centre des oiseaux. C’est un régal ! La ranger (une hippie aux cheveux orange, la cinquantaine, avec des yeux illuminés par la joie) nous accueille dans l’enclos des oiseaux.

Le beau Takahe

Elle nous explique la vie des Takahe, ces oiseaux semblables à de gros perroquets/poules bleus. Ils sont très rares et en grand danger. En effet, il n’en reste que 306 dans toute la Nouvelle-Zélande.

Les Takahe sont des parents très conscienscieux

Après cette fabuleuse rencontre, nous nourrissons les canards qui viennent picorer dans nos mains les graines de leur déjeuner ; puis, nous rencontrer les perroquets natifs de cette île incroyable.

Enfin, nous prenons la route de Queenstown. La route est sublime, une longue asphalte traversée d’un trait jaune qui se dirige tout droit vers les montagnes plus enneigées encore que celles des fiordlands. Ca promet !!