Du pays des kiwis à la moiteur de Bali

On the  road again

Ce matin, nous avons mis le réveil un peu tôt pour avoir le temps de terminer notre sac. Pas peu fiers de nous, à 10h45 nous voilà prêts ! Ce n’était pas une mince affaire que de passer d’un van à un sac à dos, cela nous aura pris du temps mais tout tient dans notre backpack de 50L et notre petit sac à dos de voyage. Ouf !

Après avoir donné les quelques victuailles qu’il nous restait aux nouveaux occupants du AirBnB où nous avons passé la semaine (chez des indiens très accueillants), nous prenons la route, à pied et sous la pluie, pour le bus de l’aéroport. A l’arrêt, nous réservons nos tickets sur smartphone (moins cher et cela nous évite de sortir du cash en dollars néo-zélandais dont nous n’aurions que faire en Indonésie).

L’aéroport d’Auckland

A midi et quart, l’aéroport international d’Auckland nous accueille. Loin de la folie de Charles de Gaulle, c’est un bâtiment à taille bien plus humaine où il n’est pas compliqué de trouver ses repères. Ni une, ni deux, nous emballons nos sacs à dos dans leur pochette de protection (essentiel si vous voulez garder un sac en bon état au long terme) et le posons sur le tapis roulant.


Oups… 16kg !! Au moins 4 kg de trop pour moi (nous avons le droit à 30, mais je parle en terme pratique, 12 kg me semble être le poids maximal que je doive transporter pour voyager sereinement). Nico lui, s’en tire avec 17,8 kg…beaucoup ) mon sens, mais lui dit que ce n’est pas si terrible.
Au moment de vérifier nos papiers, comme prévu, l’hôtesse nous demande notre billet retour, qu’on lui tend. Je croise les doigts (pourquoi ? ahah ! On vous prépare un petit quelque chose à ce sujet, patience patience.. en attendant, saches que nous avons “loué” notre billet de retour!). Bref, elle vérifie tout : la date, le numéro de vol…et hop ! ça passe. Ouf !

Direction, la sécurité…où je découvre que mon petit sac à dos, fait lui 5kg… poin poin poin poin… il va falloir virer 2, ce qui fait 6kg en tout à enlever, ça va être un peu compliqué !

Les couloirs de l’aéroport sont sans fin et nous avons bien fait de venir en avance. Côté immigration, pas trop de problème, je rentre mon passeport dans le scanner, je passe un portique, et hop, c’est règlé ! Trop facile !

Avec un peu de retard par rapport à l’heure prévue, dû à des conditions météorologiques complexes (je veux bien les croire…on ne voit rien du tout et il pleut des trombes), enfin, l’avion décolle.

Le trajet

Peu de places pour les jambes, un repas un peu chiche (et sincèrement mauvais), la compagnie Quantas, pourtant très bien notée, n’est pas la plus agréable que l’on ai connue… tant pis, on assume, nous avons fait le choix de l’itinéraire le plus “responsable” à savoir une ligne droite (AUckland-Sydney / Sydney-Denpassar) plutôt que les vols un peu moins chers des compagnies Thailanses qui nous obligeaient à passer par Bangkok, pour redescendre. Je n’en dis pas plus, on prépare quelqe chose sur ce sujet. L’aiguille de notre montre remonte de deux heures pour se caler sur l’heure de Sydney.

A Sydney, pas le temps de rêvasser, c’est avec un pas très préssé que nous rejoignons la porte 37 pour monter dans le second avion.

Le vol est plus long, mais le personnel plus sympathique et le repas plus goûtu…ah et nos écrans fonctionnent…ce qui permet quand même de faire passer le trajet plus rapidement. En bonus, 3 sièges pour deux, c’est le paradis.

Nous règlons à nouveau notre montre sur l’heure d’arrivée (Denpassar) soit 3 heures de moins… Notre cerveau commence à trouver cela bizarre.

Arrivée à Bali

A 21h, heure locale, nous voilà dans la moiteure de Bali. Dès que les portes du cockpit s’ouvrent, une humidité chaude allourdie nos vêtements. Nos paupières sont lourdes et notre corps accuse le coup : pour lui, il est 2h du matin.

A la douane, on opte pour le visa à 35 dollars (parce qu’il nous donne la possibilité de le renouveller 1 mois). En Indonésie, il y a torp à voir, et surtout, nous devons refaire le passeport de Nico (ce qui prend parfois plus d’un mois).
A l’immigration, on ne rigole pas, l’agent me regarde avec suspiscion “What are you doing in Indonésia?” “Euh, tourism” “Sure????” “Yyyyyes…” Pam pam pam, 2 coups de tampons et voilà mon passeport avec une belle vignette. Youhou !

On récupère notre sac en quelques minutes, on l’extrait de sa protection pour le remettre sur notre dos et finallement, on sort de l’aéroport.

On change d’ambiance

“Taxi”,”Taxi”,”Taxi”, “Cheap price for you”, “Special price for you”… finit le pays des chatons gentils de Nouvelle-Zélande, nous voilà dans la jungle de la négotiations typique des pays d’Asie.
Nous avions lu sur internet que le prix officiel pour un transfert aéroport-Ubud est de 300 000Rp. Une trentaine de chauffeurs nous interpellent en nous proposant des prix de 350 000 à 450 000 (parfois par personne!). Je rie gentiement, et explique que je sais que le prix officielle est 300 000Rp. Déçus, certains s’en vont en trainant les pieds;retrouvant espoir au touriste prochain qu’ils abordent à nouveau avec énergie pendant qu’une pluie diluvienne et assourdissante s’abat sur le toit. D’autres, plus patient, tente une entrée en négotiation. Nous pensions initialement partager un taxi avec un voyageur solitaire, mais il est tard et je nous dégote un chauffeur prêts à nous emmener pour 250 000 Rp, car il rentre chez lui, à Ubud. Va pour celui-là, il nous semble difficile d’obtenir un meilleur deal.

J’avais oublié ! Ici les lignes sur la route sont principalement des ornementations décoratives et le principe même de la double voie n’existe pas…chacun empruntant la voie qui lui permet de gagner quelques secondes, jusqu’à ce qu’une voiture en face arrive, à la même vitesse, et que l’un des deux se range sur le côté. Je m’agrippe au siège plusieurs fois ! Nous avons dû éviter 3 chiens, 15 scooters, 1 camions et un nombre incalculable de voiture sur la route. J’ai l’impression que nous avons consciemment (notre chauffeur en tous cas) grillé plusieurs feux rouge (des feux quoi?). Mon karma doit être au top ces jours-ci, tant mieux !

A 23h30, enfin, nous sortons de la voiture et sommes accueillis par deux réceptionnistes. Pas mécontents d’avoir opté, cette fois, pour un hôtel plutôt qu’une auberge, nous prenons place dans notre chambre calme. Je pose mon sac à dos, enfile mon pyjama, envoie un message à ma famille pour dire que nous sommes bien arrivés, m’affale de tout mon long sur le lit épais (et moite), et m’endors. Mon cerveau crie victoire, pour lui il est presque 5h du matin. La journée à été longue.

Demain, on vous raconter Ubud et la Monkey Forest !

 

Auckland et son festival de la culture maori

Une belle façon de terminer le voyage en Aotearoa

Aujourd’hui c’est lundi, et surtout, c’est férié ! Le dernier jour de l’Auckland Anniversary. Chacune des régions de Nouvelle-Zélande possède son propre jour férié. Et à Auckland c’est ce lundi. Il y a du monde en ville, et de nombreuses festivités. Alors ce matin, on se lève suffisamment tôt pour en profiter. 9h30, nous sommes dans le bus en direction du centre ville. Le soleil brille, le ciel est d’un bleu parfait, et la rue principale est à demi déserte. Les quelques boutiques ouvertes sont bien vides, les badauds préférant les bords de mer.

Au programme ? Passer la journée au festival de la culture maorie : Te Tāmaki Herenga Waka. Pour en profiter un max : on s’organise en prenant vite les billets des différentes activités fortement demandées, on mise sur la chance qui nous sourira, on se décontracte, et zou !
Au bilan ? pas un seul temps mort, tout gratuit et du bonheur en barre 🙂

Immersion dans la culture

Au rez-de-chaussée, les bénévoles de tous âges du festival s’empressent de nous souhaiter la bienvenue et nous tendre le programme. Nous déambulons parmi les quelques stands.

Le premier est dédié à la sculpture sur bois, avec de beaux totems maoris aux yeux irrisés de coquillages nacrés (paua). Un prof explique le fonctionnement de son école et propose des séances d’initiation aux visiteurs.

Totem sculpté

A côté, sont exposées des robes traditionnelles tissées en plumes, lin local et ornées de pierres. Tantôt masculines (s’arrêtant à la taille), tantôt féminines (s’arrêtant au-dessus de la poitrine). Deux femmes âgées initient les plus jeunes à tisser la flax pour en faire des sacs (Kete), des vêtements, ou des paniers.

Plus loin, ce sont des lits en mousse réhaussés qui accueillent les visiteurs qui souhaitent immortaliser leur peau avec des motifs maoris. Nous sommes surpris, nous ne pensions pas que sur un coup de tête on pouvait se décider à faire un tatouage à vie… Comme quoi, ici la culture est bien différente. La majorité des Maoris (et de nombreux Kiwis Pakehas) arborent des motifs sur leur peau.

Stand de radio et stand de télé se font face : on ne pige pas grand chose, ne parlant pas maori 🙂

“Maori Games” : des enfants se tapent dessus avec des frittes de piscine, sous l’oeil amusé des adultes et dépité du personnel essayant de leur enseigner l’art du combat avec un baton.

Nous finissons par la grande tente consacrée aux herbes médicinales et médecine traditionnelle, avec ses petits flacons mystérieux qui sentent bon. Emilie tente sa chance avec un baume réparateur, censé donner une seconde jeunesse à votre visage… en tous cas le parfum d’essence de bois rare et fleurs des îles est agréable !

Un spectacle vivant : chants et danses traditionnels

Nous affalant dans des poufs moelleux, nous prenons place devant la scène au milieu des autres spectateurs de tous horizons : Aucklandeurs, Maoris, voyageurs… Une vingtaine de jeunes arrivent sur la scène, vêtus de beaux costumes traditionnels faits de flax tressée, ornés de noir, blanc et rouge, de maquillages tribaux sous le menton pour les filles et sur tout le visage pour les garçons. Un présentateur nous explique la signification de chaque chant, tantôt sur l’amitié, la famille, la protection des siens, ou encore la guerre. Nous avions adoré la démonstration à Rotorua dans le village maori et c’est toujours aussi bien ici !

Les femmes chantent en première ligne. Leurs expressions faciales sont puissantes, communicatives. Elles ouvrent de grands yeux que l’on voit de loin, avec ce petit pétillement dans le regard. Leurs mains et bras tremblent volontairement. Elles les ramènent vers elles par ondulations. Ce faisant, elles apportent de l’énergie vitale dans leur coeur pour avoir la force de chanter. Du moins, c’est ce que l’on avait appris la dernière fois. Savoir cela rend le spectacle plus fort pour nous, car on sent qu’ils chantent avec passion. Nous avons des frissons partout !

Spectacle

Tantôt à l’arrière lors des chansons d’amour ou de paix, tantôt à l’avant pour les chants guerriers, les hommes chantent d’une voie grave pour compléter celle des femmes. Lorsque l’intimidation est de mise, c’est avec puissance qu’ils tapent au sol, se frappent le corps de leurs mains en faisant trembler leurs muscles et ouvrent de grands yeux en tirant la langue.

Le bouquet final est un Haka traditionnel à l’ambiance guerrière pour les hommes et au maniement des poi pour les femmes, ces boules blanches comme des bolas de jonglage. Nous apprenons alors que haka est avant tout une danse protectrice et d’amour envers les siens, une démonstration de l’attachement des membres d’une tribue.
Pour clôturer la cérémonie, l’intimidant Haka des All Blacks !

Exposition d’œuvres d’art

Petite pause avant la suite des événements planifiés avec un tour à l’étage (et à l’ombre !) Des artistes et créateurs exposent leurs œuvres. Des sacs à main en jute tressée (Kete en maori), des poi en verre soufflé et torsadé, des peintures modernes, sculptures en bois, en pierre, en os. Notre emploi du temps minuté nous empêchera de profiter de l’initiation à la peinture, tant pis !

Kete tressé

Et la Nouvelle-Zélande fût !

Dans la salle adjacente, une petite expo numérique avec un superbe film d’animation sur la légende des deux îles. Maui, le demi-dieu de nombreux mythes parti un jour à la pêche avec ses frères lorsqu’il aperçut une raie géante. Il utilisa un hameçon couvert de son propre sang, car nul de ses frères ne voulu lui prêter d’appâts. Le bateau commença à prendre de la vitesse sur l’océan. Les frères avaient tant tiré sur le poisson qu’il était tout cabossé. Finalement, le canoë se retrouvera sur la terre, la raie devint l’île du Nord, avec ses Monts et ses volcans.

Plus tard, les frères reprirent leur Waka qui s’échoua sur un rocher. Avec le temps, l’embarcation devint la terre du Sud. Pour échapper à la tempête, les hommes montèrent sur le radeau cassé et se transformèrent en pierre petit à petit, formant les chaines de Montagnes du Sud. Le plus haut de ces monts, le Mont Aoraki, n’étant autre que les restes de Maui.

Pour en savoir plus (en anglais), vous pouvez consulter les archives [ici].

Une pause déjeuner comme on les aime

Pour la pause déj, nous choisissons le plat traditionnel : le hangi. Un peu de porc, un peu de poulet, quelques pommes de terres, patates douces et chou cuites à la vapeur. Nous dégustons ce plat face à la vue sur le port d’Auckland et sa grande tour (en béton…), avec la musique maorie, les rires des enfants heureux de tester les jeux… aujourd’hui, c’est jour de fête, et on est bien !

Pour se fondre dans le décor, nous allons faire un petit tour au stand de tatouages. Émilie a droit au tatouage sous le menton, réservé aux femmes, ainsi qu’un “bracelet”. Nico opte pour le tatoo du front (qui lui va particulièrement bien, un vrai guerrier!)… Nous craquons aussi pour la petite raie ! On dirait de vrais Maoris maintenant, alors nous immortalisons le moment au stand photo (où on se marre bien pour faire la meilleure bouille possible). Pleins d’énergie guerrière, nous sommes prêts pour la traversée du port en Waka tradionnel !

Tatoo et expressions, on donne tout!

En Waka, ça pagaie

Tout au long du festival, nous sommes heureux de constater la bienveillance et la gentillesse du personnel encadrant. Bénévoles ou employés, Maoris ou Pakehas, tous sont là pour nous faire profiter un maximum.

Notre prochaine activité sera aquatique : montée à bord d’un canoë traditionnel à rames. La femme Maorie qui nous reçoit nous rassure une bonne dizaine de fois sur la sécurité, et donne à Nico un superbe petit gilet de sauvetage rose pour enfant. Parfait.
S’ensuit une initiation au pagayage en règle et en rythme, selon les consignes du capitaine. 4 ordres différents : repos/soyez-prêts, en avant, en arrière, et position du salut. Chaque ordre est répété trois fois et est exécuté lors de la troisième fois.
Comme tout le monde galère à piger, notre instructeur au gros bide désespére et ne peut s’empêcher de nous répéter : “ooh you’re killing me”. haha !

C’est parti, on embarque ! Célestine accrochée sur la lanière d’appareil photo, lui même attaché avec des mousquetons. Aujourd’hui, rien ni personne à l’eau ! Pas même les belles pagaies de bois qui ne risquent pas de couler.

Prêts à embarquer pagaies à la main

Nous prenons place juste devant le capitaine debout qui tente de stabiliser le rafiot. Pas simple avec les malabars Maoris bronzés devant nous, qui embaument l’huile de coco. Prêts ? En arrière toute !
Le capitaine donne le rythme par ses ordres cadencés : “En arrière” pendant lequel tout le monde plonge sa pagaie et donne tout ce qu’il a, “hiiii” tout le monde répond en remettant à plat sa pagaie et en tapant la tige contre le flanc du canot. “En arrière” et on recommence, “hiii”, “en arrière”, “hiii” !

L’équipage à l’unison, à l’unirame, à l’unimouvement est impressionnant. “En avant…”, “hiii !”, “En avant…”, “hiii !”, “1,2,3”, “1,2,3”, “a,b,c”, “a,b,c”, “talk-to-me”,”talk-to-me”. Haha, le capitaine est un rigolo et varie un peu.
“Salutations”, “hiii”, “Salutations”, “hiii”, “Salutations”, et hop tout le monde lève sa pagaie bien droit. C’est beau, c’est propre, c’est saisissant.

Rentrés au port, les Maoris tout sourire nous font descendre et sont heureux de constater que nous sommes aux anges.

Baignade en sous-vêtements dans le port !

Pfiou… c’est que c’est particulièrement physique comme exercice ! On a eu bien chaud… tous les enfants Maoris sautent dans l’eau du port, accompagnés de leurs grands frères et grandes soeurs…c’est trop tentant ! tant pis pour les maillots de bain qu’on a laissés à la maison, on fonce se rafraichir… on sèchera au soleil avant notre escapade en voile dans la baie.

Baignade dans le port

Hissez les voiles !

Le beau hanui, chevalier des mers

Nous embarquons à bord du Haunui. Un superbe bateau de bois, deux coques, trois voiles dont un foc toutes décorées d’insignes Maoris. L’équipage nous accueille chaleureusement, nous prenons place. Hissez les voiles, tenez la barre et nous sortons du port pour explorer la baie !
Il faut beaucoup d’énergie et de balancier à la petite jeune qui tient la barre tant celle-ci à l’air lourde… elle se débrouille très bien !

Jamais vu une barre pareille !

Une toute petite cabine sert à l’équipe pour la cuisine, manger…et sous nos pieds à l’intèrieur des coques, pas moins de 16 couchettes pour accueillir un équipage qui fonctionne par quarts… pendant six heures, quatre membres de l’équipage sont responsables du navire. Ce Waka a déjà fait le voyage jusqu’à San Francisco ! C’est un bel exemple de conservation du patrimoine culturel, détenu et maintenue par une communauté dont de nombreux bénévoles (la Te Toki Voyaging Trust).

La belle voile

C’est sur de telles embarcations que les Polynésiens sont arrivés ici, en Nouvelle-Zélande. Contre vents et marées, contre tempête et calme plat… ils ont réussis à traverser l’océan pacifique !

Les matelots…dur la vie !

C’est un plaisir pour nous, que de vivre cette expèrience. Il nous manquait un peu cela dans notre voyage, de mieux comprendre l’histoire des premiers occupants du pays. Le bateau change de direction, le foc tourne avec le vent, et hop, on file comme l’éclair, silencieusement sur l’océan. Que du bonheur !

Auckland depuis le waka

Prévention sur les routes

Nous l’avions constaté à de nombreuses reprises, les Kiwis aiment boire. Par boire, il faut entendre boire de l’alcool pour les effets de l’alcool. C’est naturellement qu’il y a un stand de prévention routière sur les risques de prendre le volant après quelques verres (dizaines de verres, quoi ? vraiment ?). Allons-y pour voir !
Il s’agit de mettre des lunettes déformantes et de slalomer entre des plots de chantier sans les heurter. Eh beh, c’est pas simple ! Nous sommes contents d’avoir tenté l’expérience et encore plus de voir qu’elle attire du monde (sûrement grâce aux goodies qu’on y récolte à la fin 🙂 )

Cirque en ville

Ce week-end prolongé, c’est aussi le festival du cirque de rue. En allant chercher en glace (il fait tellement chaud) nous nous arrêtons devant un clown qui épate les enfants (et les plus grands) en créant des multitudes de bulles qui s’envolent dans le public.

Les bulles préférées des enfants

Trois boules glacées plus tard (hmmm), nous nous asseyons pour observer deux Japonais faisant les pitres sur de la musique swing (oh yeah !) et sur… des monocycles de plus en plus haut. Humour typiquement Japonais, exagéré avec des mimiques grotesques, mais prestation épatante de ces acrobates. Ils ont même eu le record guiness avec leur pentacycle.

Les Japonais acrobates

Ces arts de rue sont parfaits dans l’ambiance estivale et vacancière de la ville d’Auckland. Les badauds se promènent par-ci par-là sur les bords de mer et le port. Ce qui nous surprend toutefois c’est l’absence totale de délicatesse lorsque les artistes réclament que le public leur donnent une pièce à la fin (un gros billet même). Sur un spectacle de vingt minutes avec deux pirouettes et beaucoup de mise en scène, cinq minutes pour marteler au public qu’ils doivent donner de l’argent, bon… Choc des cultures, quand tu nous tient.

Parade de fin et baignade

La journée de festivités touche à sa fin. Une petite parade de Waka passe tranquillement sous le pont en rythme. Rythme cadencé des pagaies qui frappent contre la coque et des voix des navigateurs musclés menés par leurs chef(fes) – oui, il y a une femme cheffe youhou ! On adore !

Waka traditionnel dans la civilisation moderne

La baignade était tellement agréable, qu’on y retourne… pourquoi se priver ? C’est assez rare de se baigner en pleine ville dans une eau chaude, face aux bâtiments emblématiques. La journée se finit dans les rires des enfants, les jappements d’un chien qui panique dès que son maître plonge sous l’eau, et aux ploufs des jeunes qui font la bombe depuis les quais… tous ces visages souriants, nous ça nous rend juste heureux !

Stratford et sa tour animée

La baisse après le rythme EFFRÉNÉ

La nuit est longue, le soleil met du temps à se lever. Et pourtant c’est la tête embrumée avec une impression forte de gueule de bois, la barre sur le front, que nous nous levons. Une alternance de chauds et froids toute la nuit, symptômes de la fièvre, m’ont empêcher de dormir. La migraine de ce matin ne passera qu’après le renfort de doliprane, litres d’eau, et huiles essentielles magiques d’Emilie la naturopathe. Nous redescendons sur terre et prenons conscience véritablement que nos corps respectifs ont besoin de se requinquer.

Comme nous n’avons plus rien à manger, nous passons faire les courses au supermarché, et nous nous laissons tenter par du boeuf en promo. Ne laissons rien au hasard, pas question d’être anémiés, en manque de vitamine C, de magnésium ou sel. Alors le boeuf, le miel, les agrumes, le chocolat, et les chips salées seront au menu de la journée.

Un peu de logistique avant la suite

Après être rassasiés, nous partons pour la bibliothèque de Stratford. Beau bâtiment rénové, avec de grandes baies vitrées aux piliers extérieurs colorés, l’intérieur n’a rien à envier aux autres bibliothèques rencontrées jusqu’à présent. Tables, prises de courant et WiFi gratuit et illimité, c’est parfait !
Comptes, emails en retard, tri de photo, préparation des jours prochains, maintenance des appareils électroniques, la logistique bas son plein et nous emmène à coups de thermos de thé jusqu’à 15h30, heure à laquelle nos estomacs crient famine à nouveau.

Après un tour éclair à l’office du tourisme où la dame de l’accueil nous alimente d’informations intéressantes sur la Forgotten World Highway (notre prochaine étape), puis la descente en canoë de la rivière Whanganui, et les randos près du Tongariro (massif volcanique du centre de l’île), nous regagnons le van pour des tartines avec du fromage et des fruits. Nous ouvrons notamment la conserve de prunes qui m’avait été offerte par Rose et Rodney lorsqu’ils m’avaient invité à Aramoana. Le sirop sans sucre ajouté est un tout petit peu aigre mais les fruits sont parfaitement conservés : miam !

Essence, plein d’eau, vaisselle, puis nous attendons 19h pour observer sur la grande tour horloge imitation colombages noirs sur chaux blanche, les petits personnages sortirent et se trémousser au rythme d’une voie criée par les hauts parleurs. Stratford est la jumelle de la British, ville de naissance de Shakespeare, alors c’est Roméo et Juliette en moins de 2 minutes qui se joue ici sur la tour. C’est “cheap” mais marrant (et apparemment la seule horloge parlante animée de Nouvelle-Zélande). Et en quittant la ville vers la Forgotten World Highway, nous remarquons que toutes les rues de la ville sont des noms de personnage d’oeuvres de Shakespeare. Regan, Dorabella, etc.

En route vers le centre de l’île et sa route oubliée

C’est avec derrière nous le Taranaki qui se découvre pour la fin de journée que nous pénétrons dans un paysage de collines vertes pelées où ovins et bovins paissent tranquillement. Chaque mètre carré de terre est possédé par un agriculteur, la route étant bordée de clôtures partout. Les villages sont minuscules (déjà que dans toute la région de Taranaki il n’y a que 100 000 personnes, ici le recensement doit se compter sur les doigts de la main). Alors que nous recherchons un lieu à l’écart pour y poser le van et passer la nuit, nous tombons sur une belle maison en pierre avec devant une pancarte : douzaine d’oeufs $4. Cooool ! les moins chers du monde de la Nouvelle-Zélande de la région !

Finalement ce sera sur une aire de pique-nique au bord de la route, à côté d’une voie de chemin de fer, garé contre des tas de cailloux utilisés pour faire la chaussée, que nous faisons halte. Glamour non ? Il n’y a pas à dire, ils ont des progrès à faire pour embellir leurs aires de repos…

Repas aux chandelles sous les étoiles

Ce soir, nous sortons le grand jeu : table dehors avec les chaises, cuisine dehors, assiettes, verres à vin, et bougie ! Au menu ? Choux et oignons revenus dans l’huile d’olive et sirop de prune, poireaux cuîts de la même façon, tomates provençales à la poëlle, maïs crémeux chaud, et steack à point. Un vrai repas complet comme on n’en a pas mangé depuis longtemps. Pour accompagner : du Shiraz, qui après avoir respiré une bonne demi-heure est bien plus appreciable que juste débouchonné.

La nuit tombe et le ciel se couvre d’étoiles qui tentent de percer à travers le feuillage des quelques arbres en rang d’oignons qui parsèment la campagne. Quelques nuages laissent planer le suspens sur la météo du lendemain. Bonne nuit !

Le Mont Taranaki jusqu’au Tarn : Pouakai, côté Nord

Plus tôt que les poules

C’est un réveil bien matinal à 6h et quelques qui nous extirpe des bras de Morphée. La tête un peu dans le gaz, nous mettons tout de suite le cap (en pyjama pour Emi) sur la Mangorai Road, point de départ de la randonnée du jour.

Plutôt que sous la pluie et la brume…

Pourquoi se lever si tôt pour une randonnée de 5h seulement ? Et bien, en vérifiant la météo hier, nous avons conclu que le meilleur moment possible pour avoir une vue sur le Mont Taranaki serait dans la matinée.
A 13h, la vue est censée se boucher, puis une éclaircie à nouveau entre 15h et 17h avant de n’être plus visible du tout…

Divaguations sur le temps des voyageurs

Le rythme de voyage s’accelère car nous devons vendre le van dans un mois et demi avant la fin du visa de Nico. Impossible donc, d’attendre la semaine prochaine pour les éclaircies puisqu’il nous reste 5 semaines pour faire nos visites sur l’île du Nord.
5 semaines ? La plupart d’entre vous rirons en disant que c’est déjà plus que leur propres vacances, et nous en avons bien conscience… mais une fois que l’on commence à voyager doucement, le rythme change réellement… nous attendons la meilleure météo possible pour chaque endroit et dès lors qu’il pleut nous visitons les attractions culturelles telles que les musées… ou nous réfugions dans les bibliothèques pour écrire. A quoi bon faire une randonnée sous la pluie pour ne rien voir ? Depuis quelques jours nous sentons que ce timming ne sera bientôt plus, et que nous devons avancer… avancer oui, mais intelligemment.

Tout ça pour…

Voilà pourquoi, nous sommes au pied du Mont Taranaki à 6h45 ce matin… sous une brume bien épaisse. La météo a dû se tromper un peu… nous déjeunons donc et nous nous recouchons en attendant, dans l’espoir que la chappe blanche lève son voile.

C’est parti !

A 10h30, les nuages se dégagent, nous chaussons les chaussures de randonnée, remplissons le gros sac d’un pique-nique un peu frugal (il ne reste plus grand chose dans la glacière) ainsi que quelques couches de vêtements, les lampes torches (on ne sait jamais nous connaissant) et hop, c’est parti.

Le rêve

Tout d’abord, nos pas foulent un sentier de cailloux assez large qui grimpe jusqu’au panneau du DOC 5 minutes plus loin. De là, on nous promet l’accès à la hut dans 2h30, puis 20 minutes jusqu’au plateau volcanique et le petit lac d’où l’on peut prendre une belle photo du mont et de son reflet.

La réalité

La randonnée commence par une installation en bois, de longues marches à travers la forêt. Une demi-heure après… nous sommes toujours sur le sentier de bois construit par le DOC, au milieu de la forêt, à gravir ces marches qui n’en finissent pas de monter… 1 heure plus tard…même chose.

Avez vous déjà gravi un phare en colimaçon ? On se demande quand les marches s’arrêteront ! Et bien là c’était pareil, pendant une heure et demie ! 90 minutes de marches en pente drue sans vues quelconques… autant dire que mon intérêt pour cette randonnée décroît plus nous montons.

Heureusement, nous pouvons discuter tous les deux et élaborons une stratégie à mettre en œuvre pour être en mesure de sortir notre premier article commun (si cet article sort un jour, c’est que la stratégie à fonctionné !)

Yeah !!!

Les 20 dernières minutes seront un peu plus intéresantes, entre passages de ruisseaux, petits rochers et à flanc de montagne avec vue sur l’horizon… En moins de deux heures nous atteignons le refuge et c’est tant mieux car depuis la crête, un vent incroyable s’est mis à souffler sur nous. 1h50 pour monter au lieu de 2h30, youhou !

Pique-nique dans les nuages

Nous nous abritons un moment, le temps de discuter avec un local qui prend son pique-nique, puis de faire de même. Les nuages sont toujours là, alors, au lieu de redescendre de suite, nous décidons d’attendre encore un peu en allant faire une sieste dans le dortoir du refuge. 20 minutes… sait-on jamais ! Lorsque l’on émerge, une vraie éclaircie apparaît en face de nous dans la vallée et sur la mer, chic ! Malheureusement, derrière le chalet ce n’est pas le cas. Et c’est par là que se trouve le lac. Allez, au pire c’est 20 minutes aller, cela serait dommage de ne pas tenter notre chance.

Le prisé et mystérieux Taranaki

Je cherche mon baton de marche qui a disparu. Zut, quelqu’un a dû le prendre… tant pis ! En commençant le sentier qui mène au second plateau, un vent décapant sévit. Une fois sur le plateau, devant nous, drapé d’une écharpe de nuage mais visible tout de même, se dresse majestueux, le mont Taranaki. Quelle chance !

Partie de cache-cache

Le pic est encore bien sous la neige, mais moins que du côté opposé lors de notre précédente randonnée. Les nuages se mouvent beaucoup et avec eux, plein de formes se créent… tantôt sous un lèger voile, tantôt totalement invisible, le volcan joue à cache-cache avec mon appareil photo et se laisse saisir, parfois.

Les éléments

Nous empruntons le petit sentier le long de la crête, dans une végétation marécageuses : une terre spongieuse, des herbes hautes, jaunes, oranges et vertes, des épineux de-ci-et-là… et le long des cours d’eau, des nappes multicolores comme si de l’huile se répandait partout.


Le vent ne nous a pas oublié et souffle encore très très fort. Je suis obligée de mettre ma super veste en Goretex pour ne pas être frigorifiée malgré l’effort qui me tient plutôt au chaud.

La récompense

Au petit lac Pouakai, la brise (plus douce car protégée des buissons) crée de petits vaguelettes sur l’eau. Mais la vue reste à couper le souffle et nous restons là un moment, heureux d’être arrivés jusqu’ici, d’avoir grimpé ces marches de bois, bravé le vent, usé de patience… pour admirer la beauté de la nature.

Le retour

Je retrouve mon baton ! finalement, “l’emprunteur” n’en voulait plus certainement, et après quelques photos pour se souvenir de cet endroit magnifique, nous redescendons rapidement la montagne pour arriver au van… enfin rapidement… il nous faudra tout de même deux bonnes heures, les marches à répétition étant assez mauvaises pour les genoux alors nous faisons attention pour les préserver.

New Plymouth, son jardin, son musée

New Plymouth – La ville et son jardin

Aaaah, ce matin c’est repos ! Une petite grasse mat’ pour récuperer de la journée d’hier, et reprendre des forces avant celle de demain. Le soleil s’amuse avec les nuages, et nous en profitons pour petit déjeuner tranquillement. Et même, comble du luxe, prendre une douche froide entre deux coups de vent. C’est glacéééé ! Devant les yeux des locaux qui font leur jogging matinal, on a fier allure, haha !

Déjeuner d’été

Alors que nous partons, une voiture s’arrête et un homme nous avertit que nous ne devrions pas dormir à l’écart de la brochette de vans sur le parking. Un van s’est fait péter les vitres et les deux occupants (personnes âgées) se sont faites aggresser en pleine nuit par des jeunes à la recherche de monnaie. Oups, ça craint dans le coin en fait ! Bon, ben on saura qu’il faut rester solidaires et groupés ce soir alors…

Nous décollons un peu tard pour une journée découverte des attraits de New Plymouth.

  • Premier arrêt : le grand jardin botanique près du centre ville. Dans ce pays, ils savent véritablement créer de beaux jardins et parcs ! On s’y perd volontiers, en suivant les sentiers parcourant espaces de forêt, collines, bords de lac, petits ponts rouges à l’inspiration japonnaise, jeux pour enfants design. Au détour d’un chemin, on tombe nez à nez avec un couple de superbes perroquets aux couleurs de l’arc en ciel. Magique ! Après ce petit bain de vert et de fleurs, agrémenté de lacs et rivières, c’est bon, nous sommes prêts à tester l’ambiance de la ville.
  • Jardin botanique de New Plymouth

    Il parait que la cathédrale est belle à l’intérieur… eh bien ce sera pour une autre fois, car elle est fermée jusqu’à nouvel ordre pour renforcement structurel en prévision de tremblement de terre. Ça promet… Pourtant avec tous les joins béton tout moche qui serpentent entre les pierres de cette église à l’allure normande, elle devrait être déjà bien parée. Bref.

Cathédrale de New Plymouth

  • Direction le musée (chance inouïe, il ferme à 21h le mercredi, yeah ! pour une fois qu’on peut encore faire une activité après 17h 🙂 ). Un de mes musées préférés depuis le début du voyage. Une taille humaine, des panneaux clairs et organisés, nombreux sujets abordés pour tout type de public (dont les enfants), et surtout, la meilleure salle maorie vue jusqu’à présent.

Musée – Massif du Taranaki

On commence par visiter la pièce dédiée à la région volcanique du Taranaki. On y apprend alors que ce sont les éruptions anciennes du massif de Taupo et du Tongariro qui ont déposé les cendres et créé l’avancée de terre par ici. Et c’est plus récemment que les cycles “éruptions volcaniques” et “création de volcan suivi d’effondrement des monts” s’enchaînent sur des centaines de milliers d’années. Mais des éruptions sont encore fréquentes et dévastatrices. La dernière remonte au XVIIIe siècle avant l’arrivée des colons européens (Pakehas).

Et ils en attendent une prochainement car le cycle serait de 300 ans pour les grosses éruptions. Difficile de comprendre comment les agriculteurs peuvent vivre sans sourciller sur les pentes du volcan, ainsi que les citadins d’ailleurs, se construisant de belles villas toutes neuves dans les hauteurs.

Des panneaux et vidéos saisissantes relatent le triste record du mont Taranaki des expéditions ayant mal tournées, les conditions climatiques étant très variables au sommet. Nous comprenons désormais pourquoi nous croisions régulièrement sur la route de grands panneaux aux allures publicitaires avec un seul message : le remerciement du seul hélicoptère de sauvetage qui opère sur le mont.

Musée – Très bonne salle dédiée à la culture maorie

Nous entrons ensuite dans la salle dédiée aux Maoris. Le premier panneau annonce la couleur : cette salle a été réalisée par des Maoris, pour des Maoris avant tout. Et les panneaux écrits en maori et en anglais ne sont pas des traductions mutuelles. L’anglais est plutôt un guide à la compréhension. J’aime beaucoup cette démarche ! À l’intérieur de la salle, on retrouve de nombreux objets en bois sculpté, et notamment des morceaux de maisons et portes.

Architecture et urbanisme

Les villages maoris étaient principalement entourés de barricades en bois. Les rues pavées de pierre. Et le village était organisé avec un lieu pour la cuisine, un lieu pour le stockage des denrées, un lieu pour les habitations, un lieu pour les cérémonies, etc. La mise en commun des biens était de rigueur. Et les rues serpentaient dans le village, elles-mêmes longées de baricades. Ainsi, les places les plus fortifiées formaient un labyrinthe pour les éventuels assaillants.

Les changements dus à l’arrivée des européens

A l’arrivée des Européens au cours du XIXe siècle (principalement pour la chasse à la baleine en premier lieu, avant d’arriver avec des bateaux de colons à la recherche de nouvelles terres), beaucoup de choses ont changé dans la culture maorie.

  •  Matériaux et échanges avec colons. Les colons ont de suite été intéressés par les terres et les matières premières. Les Maoris avec leur savoir faire ont pu leur fournir : du bois (parfois travaillé), de la flax (fibre ligneuse, sorte de lin très costaud pour faire de la corde, des tissus, des toiles), de la nourriture (kumara, la patate douce locale, viande, etc.). En échange, les colons leur fournissaient des produits importés : métaux (en remplacement de la pierre et du bois pour leurs outils), nourriture, et armes (voir plus bas).
  • Moeurs et traditions. Une position colonialiste a vite été prise par les Européens, au détriment des Maoris. Les Maoris et leur culture n’ont pas été vus comme source de richesse par les Blancs, qui ont tenté de les faire travailler pour eux. Nombre d’eux ont donc été exploités durement dans des chantiers et comme aides dans des maisons de blancs en échange de nourritures et biens importés et manufacturés. Mais les Maoris ont rapidement pris conscience qu’ils ne voulaient pas travailler pour des blancs (parfois même avec une relation ressemblant à de l’esclavagisme), mais voulaient travailler pour eux-mêmes, pour leurs tribus et les leurs. Bien que la religion chrétienne et le mariage aient fait leur apparition chez les Maoris, en corrélation avec la mise en place d’écoles (mais non mixtes, les Européens et Maoris ne se mélangeaient pas), ils ont conservé tant bien que mal leurs moeurs et coutumes.
  • Unification des tribus. Les Maoris vivaient en tribus, mais pour contrebalancer la puissance montante des Européens, ils ont décidé de s’unifier autour d’un roi, élu.

Meaux et fléaux européens

La population maorie a été gravement impactée par l’arrivée des colons. Nous avons été choqué de voir à quel point une “invasion”, même tentée plus ou moins pacifiquement, peut avoir des effets dévastateurs non anticipés.

  • Le premier des fléaux est **la maladie**. Les européens sont arrivés avec des maladies complètement inconnues par les organismes ici. Rougeole et grippes ont sévèrement attaqué les effectifs des populations. Puis, à cause de la pauvreté et des conditions de travail dans lesquels les Maoris ont été contraints et forcés, la situation sanitaire s’est dégradée amenant pneumonie et dysentrie.
  • Les structures sociales des villages, le leadership des chefs, la structure familiale ont été ensuite gravement mis à mal par **l’alcool et le tabac**.
    * Parfois, les tribus sont en conflits les unes les autres et se battent. Mais l’arrivée des **armes à feu** acquises par certaines tribus a drastiquement changé les équilibres. Plusieurs raids (Musquet Wars and raids) ont été conduits par des tribus et mercenaires qui sillonnaient le pays, forts de leurs nouvelles armes acquises auprès des européens. L’équilibre géopolitique ancestral entre tribus a été gravement impacté.
  • Alors que la terre était vue comme un bien commun par les Maoris (cela m’a rappelé le point de vue similaire des aborigènes australiens), les Européens avides de terres et de surface ont tenté d’en acheter d’abord. Puis **la confiscation des terres** ensuite a été de rigueur en expropriant les tribus et villages entiers. Nombre de Maoris se sont vus contraints de travailler pour des blancs pour avoir un nouveau toit, sur des terres qui leur appartenaient auparavant. Le comble de la malhonnêteté revenant aux Européens qui justifiaient la confiscation des terres supplémentaires en représaille aux révoltes Maoris qui se rebellaient justement pour avoir droit d’utiliser leurs terres. Encore aujourd’hui la situation est loin d’être clarifiée. La quasi totalité de l’île du Sud est “aux blancs”, et les terres conservées ou rétrocédées aux Maoris dans l’île du Nord sont peu nombreuses, peu accessibles et pas assez étendues pour être exploitables convenablement par des tribus.
  • Waitangi. La couronne anglaise a (pour couper l’herbe sous le pieds aux Français) fait un traité avec les Maoris : le célèbre traité de Waitangi, en 1842. Il stipulait notamment les règles d’échanges des terres, et quelles étaient les terres conservées par les Maoris (la grande majorité). Mais la couronne aidée d’intérêts privés, s’est empressée de rompre ce traité sans discussions dès 1860, en gagnant du terrain sur les espaces maoris. Un tribunal de Waitangi, créé par les Maoris à la fin du XXe, a commencé à instruire toutes les brèches de ce traité et à demander réparation. Ce n’est qu’en 2011 que le gouvernement Néo-Zélandais a accepté d’écrire un texte officiel pour reconnaître les brèches du traité, sans toutefois que les contreparties soient claires. L’affaire continue…

Traditions naturelles

Les maoris pratiquaient essentiellement la pêche, la chasse, la cueillette et l’horticulture. Ils avaient une grande culture de la nature, et de la préservation des ressources. Enfin, en théorie, car à force de chasser les oiseaux ancestraux n’ayant jamais vu un prédateur avant l’homme, il n’y a plus de moas depuis un moment. Et la surface forestière a été divisée par deux avant l’arrivée des Pakehas.
Les Maoris guérissaient avec le triptique : guérison par plantes, massages et rituels.

Nous sommes sortis de cette salle maorie avec un regard encore plus respectueux envers ces hommes et femmes accueillants à la culture si riche. Peuple qui a pourtant subi l’invasion colonialiste dans la douleur tout en l’acceptant et essayant de partager et cohabiter malgré les fourberies et l’opportunisme des européens.

Musée – autres salles

Une autre grande salle du musée montre des anciens objets européens, comme d’habitude peu intéressants pour nous Français. L’histoire des Néo-Zélandais présentée dans les musées ne remontant que de 150 ans à peine, voir des vêtements du XIXe, des vieux frigos, des barbies et autres télétubbies ne nous émoustille pas plus que ça.

En plein centre du musée, autour de deux maquettes énormes d’oiseaux et requins préhistoriques, se trouve la partie biodiversité et nature. Y sont exposés les récurrents animaux empaillés numérotés et étiquetés. Mais nous y trouvons (enfin !) les enjeux et avantages de la préservation d’une vraie biodiversité, et critiques ouvertes des comportements passés.

Dodo !

Il est 21h déjà, temps pour nous de regagner le camp, car demain il s’agit de se lever tôt pour tenter l’ascension sous le soleil des pentes du Taranaki ! Et ce coup-ci, nous suivons la technique développée par les troupeaux et colonies d’animaux : nous rentrons dans le rang bien serré des vans et camping-cars, on n’est jamais trop prudents.

Le Mont Taranaki, côté Sud

La pleine lune éclaire le Mont

Cette nuit, le Mont Taranaki a été éclairé par la lune, sans un nuage ! Difficile de dormir avec un tel spectacle. A 6h30, le soleil est apparu timidement, apportant des couleurs rosées et violettes qui se reflètaient sur la neige.
Je suis sortie de sous la couette par un froid absolument saisissant et j’ai rejoint Nico à petits pas préssés sur le pont d’observation.


Silencieux, face à la magie des lumières qui dansent et entourée du chant des oiseaux matinaux, nous étions juste bien, tous les deux, bras-dessus, bras-dessous.

Apprécier de prendre son temps

Levés tôt, mais cette fois, pas pour courir ! Pour profiter. La table sortie, un petit déjeuner très copieux, en tête à tête avec le Mont et le totem Maori, nous avons fait l’effort (sans le regretter) de ne juste, rien faire.


A quoi bon courir dans les bois à l’ombre lorsque la vue d’ici est si belle ? J’ai eu alors une pensée compatissante pour tous ces voyageurs qui doivent, coûte que coûte partir aux aurores car le planning est serré.

Ne jamais sous-estimer le Mont Egmund !

Une fois prêts, nous entamons une marche de 3h (normalement) à travers une forêt dense. Le chemin est bien balisé et grimpe un peu, sans pour autant être épuisant. De-ci-de-là, nous avons de jolies vues sur le Mont, jusqu’à ce que le sentier nous mène trop à flanc pour que la végétation nous laisse le voir encore.

Un pont de singe nous attend pour traverser une rivière et ses petites cascades dynamiques. La suite de la randonnée nous permet d’apprécier la vue sur la vallée. Nous sommes surpris de cette géographie : une vallée très très plate jusqu’à la mer alors que nous sommes en montagne.

Les forces de la nature

Nous arrivons sur le plateau Est et son point de vue Jacksons où un vent très puissant nous fait comprendre que nous ne sommes pas chez nous ! Le Mont est visible, mais pour peu de temps car les nuages gris arrivent rapidement. J’enfile mon pull ainsi que ma Goretex rose. Parée comme un bonbon, Célestine accrochée à mon sac, je m’apprête à commencer la forêt enchantée.

L’imaginaire des hommes

Je pense qu’on la dit enchantée car le vent souffle fort à travers les branches et les feuilles de chacun des arbres, comme des murmures ininterrompus jusqu’à vos oreilles. Des mousses et des lianes poussent un peu partout et le sentier de cailloux assez raide rend l’exercice de la descente un peu acrobatique.

L’énergie des voyageurs au long court

Nous sommes épuisés, non par la randonnée elle-même mais par l’accumulation de tout ce que nous faisons. Voyager sur du long terme n’a rien à voir avec un séjour de 2 ou 3 semaines ou encore une semaine de vacances à la plage.
C’est un marathon où nous dormons peu, mangeons souvent la même chose, vivons sans confort particulier voir parfois, dans des conditions climatiques hostiles (vent, froid, pluie…) et où il faut être au top tous les jours car le programme relève de l’extraordinaire presque tous les jours : Gravir un sommet, une randonnée de 8h, des sublimes cascades, des gens incroyables avec qui échanger durant des heures… et toujours avoir le “devoir” d’être surpris, motivés, enjoués. Cela semble un comble de lire ou dire cela mais avoir 200% d’énergie 24h/24, 7j/7, durant plusieurs mois d’affilés, cela n’est pas reposant du tout !

Le repos des guerriers

Bref…nous voilà tellement fatigués que chaque pas nous semble une petite victoire. Alors, nous décidons d’aller faire une pause au refuge Wangongoro à l’abris du vent et de manger une barre de céréale. Ah mais oui, nous n’avons pas mangé et il est 15h !
Loin du vent (qui souffle quand même sur les fenêtres et fait claquer les portes), la petite sieste est salutaire ! 

Ensuite, on redescend jusqu’au van en 2h ou 3h… à vrai dire on ne sait plus trop.

Route vers New Plymouth

Ce soir, on va juste au camping face à la mer. Le reste, on verra demain !

Une journée sur la West Coast au Nord de New Plymouth

New Plymouth

Dès que nous ouvrons les rideaux, le soleil chauffe puissamment l’intérieur du van. Nos esprits embrumés peuvent sortir des limbes, lentement mais sûrement. La prochaine fois, on met les boules quiès ! car le vent et les vagues ça fait un sacré rafut.
Aujourd’hui le plan est d’aller faire une grosse randonnée au Nord du Taranaki. Mais la météo est capricieuse dans la région, il est souvent impossible de prévoir à l’avance s’il va être dégagé ou non. Et ce matin, le ciel bleu ne longe que la côte, le volcan pudique s’est camouflé derrière des épais nuages blancs. Changement de plan ! Ce sera road trip vers le Nord, à la découverte de la West Coast.

Jusqu’à présent je n’ai pas été épaté par les paysages de l’île du Nord. La diversité, la nature sauvage, les couleurs et reliefs de l’île du Sud me manquent. J’attends le jour où cette nouvelle île va pouvoir m’épater tout autant ! Ce jour est-il arrivé ? Suspens…
Nous commençons par aller au Sud de la ville, en traversant le centre, ou plutôt en suivant la loooongue route principale bordée de commerces en tous genres, mais dont l’architecture ne casse pas des briques. Puis débouchons dans la zone industrielle et portuaire, pas des plus jolies.

Paritutu

Bientôt c’est une grande crique avec des plages de sables noir au pied de falaises et dunes qui nous attend. A côté des silos et hangars, nous avons du mal à être séduits. Des énormes masses rocheuses posées dans la mer s’élèvent vers le ciel, coiffées de végétation flottante au gré du vent, et parsemées de points blancs à plumes. Un les domine tous et touche la terre, et on peut y grimper. Alors allons-y !

Panorama du Paritutu

Les marches s’enchaînent, bientôt remplacées par des rocs à escalader à l’aide de nos quatre membres. Une ligne de vie sécurise un peu l’ascension et nous arrivons après un petit quart d’heure en haut. La vue est belle vers la mer et le Sud. Les vagues viennent percuter les falaises noires, à peine troublées par les sentinelles de pierre plantées à quelques centaines de mètres de la côte.

Ascension raidasse du Paritutu

Au Nord, c’est la ville de New Plymouth, industrielle d’abord, puis résidentielle étalée. C’est vraiment pas fou 🙂 Nous surplombons un dépôt de vieilles carcasses de voitures cassées, je suis troublé de voir que les piles de métal sont toujours équipées des moteurs, batteries, et autres appareils dégueux pour l’environnement, et que le sol est juste de la terre battue, à moins d’une centaine de mètres de la mer. C’est légal dans ce pays ça ? Vraiment ?

Vue sur New Plymouth

Route sur la West Coast

Après une redescente rapide en prenant soin de ne pas finir la tête la première dans les rochers sur cette pente à plus de 60°, nous faisons cap vers le Nord. Les routes sont si larges ici, rien à voir avec l’île du Sud. Là-bas, je n’avais eu des 2 fois 2 voies qu’à trois endroits : une voie rapide pour le centre de Christchurch, une autre vers Dunedin, et une dernière vers Nelson. Ici, elles s’enchaînent à la pelle. Et les fameuses “Gravel road” sont bien cachées.

Jusqu’à Urenui, c’est sans intérêt particulier. Au Nord, enfin, une belle route vallonée à travers des forêts denses et des prairies vertes nous emmène à notre prochaine destination. Cette route me rappelle celle au Nord de Westport, qui nous avais emmenée à Karamea. Finalement, les West Coast se ressemblent !

La faim se fait sentir, alors notre premier stop est à Tongaporutu, dans une baie qui se vide avec la marée. Au bout, il parait qu’à marée basse on accède aux “Three Sisters”, trois gros bouts de falaises maintenant décrochés en piliers qui se dressent dans la mer. La marée est encore trop haute, alors on verra plus tard. Ce midi, c’est avocat vinaigrette, tranche de pain de mie avec crème de tomate séchée et fromage, et mangues au sirop.

Les kilomètres se poursuivent maintenant sur une route rectiligne coincée entre la mer à l’Ouest aux vagues puissantes et des pentes raides vertes servant de pâturage aux bovins et ovins. Ces pentes montent de plus en plus raide jusqu’à se casser en haut et former une crête aiguisée qui dessine un contour vif sur le ciel bleu roi.

Plage de Mokau

Mokau, petit village de pêcheurs, où peu de touristes y arrêtent leur moteur. Notre première “Gravel Road” de l’île du Nord fait une petite boucle en se rapprochant encore de la mer, et dans un tournant nous descendons du van, puis par un chemin sur la plage. Le sable est si noir… et si fin… Tantôt noir luisant lorsqu’humide, noir aux paillettes étincellantes lorsque très sec, aux reflets bleutés lorsque coincé près de rochers, et irrisé de jaune en se rapprochant des falaises. Par endroit, au lieu de glisser entre nos orteils, il se craquelle sous nos pieds en plaques collées par du sel.

Sable noir ébouriffé

A part quelques traces de quad, moyen de locomotion le plus rapide pour les pêcheurs du coin, les seules traces sont les nôtres. Et à quelques centaines de mètres vers le Sud, nous découvrons une cascade dont l’eau jailli de la végétation en haut de la falaise pour tomber directement dans le sable noir et créer de jolies arabesques jusqu’à la mer. Parfait endroit pour se rincer les cheveux !

Cascade sur la plage de Mokau

Côte entre Tongaporutu et Rapanui

Le soleil est toujours aussi fort ici, et au loin le Taranaki est resté dans les nuages, on a été bien inspirés ce matin 🙂 Nous rebroussons chemin vers Tongaporutu. Un petit parking au Nord affiche Rapanui. Nous sommes les seuls ici, et laissons le van sur la pelouse avant de descendre dans l’estuaire de la petite rivière Rapanui. C’est pieds nus dans le sable ébène que nous traversons la petite rivière, en prenant soin de ne pas trébucher sur les bouts de bois flotté. Nous avançons vers la mer et ses vagues qui sculptent la plage. Nous devons ensuite descendre la plage vers le Sud, mais malgré une marée presque basse les vagues continuent de se casser sur un bout de falaise. Ça va passer ?

Arches à Rapanui

Je fais l’éclaireur, avance dans la mer pour voir la profondeur de l’eau et analyser le découpage des falaises sur la côte. Il y a des arches ! Des arches magnifiques, immenses, creusées à même les falaises, qui nous offrent un passage parfait vers le Sud. C’est un pur moment de bonheur que de courir les chevilles dans l’eau en passant dans ces tunnels de roche pour déboucher sur une plage noire déserte. Toutes les dix minutes, une vague plus grande que les autres s’engouffre dans les cavités de roche et les noie, mettant un peu de suspens sur “va-ton vraiment traverser secs ?”.
Ces mêmes vagues couvrent entièrement la plage plate large de plus d’une centaine de mètres et vont jusqu’à titiller le pied des falaises. Et grâce à ce recouvrement régulier, le sable réalise un miroir parfait. Dans son reflet : le ciel bleu tâcheté de blanc, les arches noires qui se découpent à contre-jour, et la végétation bien verte cramponée au dessus des falaises bariolées de jaune, ocre, orange, marron, blanc. C’est un spectacle qui nous garde les yeux grands ouverts et le sourire béa tiré jusqu’aux oreilles.

Miroir d’eau à Rapanui

Comme si ce n’était pas suffisant, cette plage nous réserve d’autres surprises encore. Les vagues déposent des gros paquets mousse blanche épaisse : hahaha c’est tellement marrant de sauter dedans, et d’en sortir avec des bottines de hobbits ! Bottines qui nous tiennent chaud au pied en plus.

Plus loin, les falaises stratifiées de couches de cendre et de lave laissent parfois tomber en s’érodant des grosses boules denses. “Boulders” de pierre lisse sur lesquels il vaut mieux ne pas s’aventurer (comme je l’ai fait par exemple) car ils glissent énormément ! Oeufs de dinosaures multimillénaires autour desquels se créent des vasques d’eau alors que la marée descend.

Boulders de Rapanui

Les couleurs de fin d’après-midi et le sable noir mettent en valeur ces falaises colorées. Je l’ai déjà pensé à plusieurs reprises lors de balades précédentes, mais cette fois j’en suis certain : cette balade sur la plage est la plus belle que j’ai pu faire en Nouvelle-Zélande jusqu’à présent ! J’adore ce cocktail de teintes de roche : tous les dégradés de marron vers le jaune sable et vers le rouge noisette, parfois striée du blanc gris horizontal d’une strate géologique, surmontée du vert de la végétation ébouriffée qui se découpent sur le ciel bleu profond. Par endroits sur les pieds de falaise, les algues et mousses peignent des tags verf vif aux contours délavés. Au sol, c’est un noir humide et brillant qui accueille en douceur nos plantes de pieds, qui se dégrade en gris doré scintillant vers les falaises, et gris bleuté réfléchissant vers la mer.

Falaise multicolore de Rapanui

Arrivés à la grande rivière de Tongaporutu (pas vraiment traversable à pieds), nous faisons demi-tour, en observant une dernière fois la vue vers le Sud, avec les Three Sisters (dont seules deux existent encore) qui se dressent fièrement face aux vagues. Plus loin d’immenses falaises blanches s’élevant en barrière protectrice des paturages alentours. A une centaine de kilomètres au Sud, un gros nuage cache encore le volcan Taranaki.

Au retour, nous sommes étonnés de découvrir en haut des falaises des piquets et pieux de clôture. Ils sont fous les mecs de les avoir plantés si près du bord (en fait, sur le bord exactement) ! Aucun regret d’avoir choisi cette plage plutôt que la balade aux Three Sisters. Nous y étions parfaitement au bon moment, sous les belles lumières de fin de journée, et lorsqu’elle est accessible à marée basse.

A n’en pas douter, un de mes meilleurs souvenirs du pays !

White Cliffs

Dernière étape de la journée ? Les grandes falaises blanches un peu plus au Sud. Une bonne demi-heure de route plus tard, au bout d’une impasse parmi les prairies vertes, nous stoppons le van net : quelques-mètres plus loin l’aurait fait dévaler la pente sur des roches volcaniques pour finir les quatre roues dans le sable. Il fait frais ce soir, et le vent s’est levé. Allons voir le coucher de soleil !

White Cliffs

Moins diverse que la plage de Rapanui, elle est toutefois impressionnante par la hauteur des falaises blanches. Et à quelques centaines de mètres vers le Nord nous découvrons une belle cascade de quatre mètres qui jaillit de la roche pour tomber avec un bel arc-en-ciel dans le sable. Du pain bénis pour nos lentilles d’appareil photos (ou pas, compte tenu du vent qui ramène les gouttelettes dessus) !

Cascade des White Cliffs

En route vers le volcan Taranaki

La balade de deux heures ne sera pas pour nous cette fois-ci, et nous rentrons au van pour une route de nuit vers Dawson Falls. Alors que le soleil disparait, la nuit dessine le contour du volcan. Hein ? ah ouiiiii ! on voit le volcan dégagé ! Le sommet a en fait 3 petites pointes, desquelles commence une longue hyperbole qui descend jusqu’à la mer. Presque 100 km de diamètre ! Tout le centre est protégé en parc national, disque parfait lorsque tracé sur une carte, dans lequel les forêts ont repris leur droit. Tout autour, ce sont ensuite des fermes avec des pâturages jusqu’à la mer. Comme par hasard, le parc national s’arrête juste au moment où la pente devient suffisamment accueillante pour les exploitations agricoles, hasard ? “ah ouiii ? je n’crois paas !”

La base de Dawson Falls est une des trois voies d’accès au volcan, et un arrêt pour dormir de choix ! Bon, elle est située à plus de 900 mètres d’altitude, et ça se sent. Ça pêle sévère ici. On ressort les gros duvets, car des températures négatives sont prévues pour la nuit. Au moins, la glacière qui passe la nuit dehors va pouvoir refaire le plein de froid. Deux gars sortent leurs couettes et s’installent à l’arrière de leur pick-up à la belle étoile… Vraiment ? vous allez geler les mecs !

La lune se lève et éclaire la neige du mont Taranaki. C’est aussi beau qu’inattendu. Croisons les doigts pour que demain soit aussi beau au réveil…

La Surf highway, de Patea à New Plymouth

Le plaisir de vivre face à la mer

Sur la plage de Patea, par un temps clément, nous déjeunons sans trop nous presser. Avant de partir, un petit tour sur le sable noir nous permet de prendre les photos que nous n’avions pas pu prendre hier à cause de la pénombre… noir sur noir… ça ne marchait pas bien 😉

Hawera

Un premier arrêt à hawera pour prendre des informations sur les randonnées pratiquables de la région, notamment autour du Mont Egmond, le volcan qui dessine la carte si étrangement ! En effet, sur la carte, une forme circulaire verte dessine les limites du parc national, qui est le volcan lui même.
Un dicton local dit “Si tu ne vois pas le Mont Taranaki c’est qu’il pleut ; si tu le vois, c’est qu’il va pleuvoir !”
Cela annonce la couleur ! Et il nous faudra organiser la visite de cette région avec cette contrainte à l’esprit.

Les avantages du “Slow-Travel”

Nous posons milles questions à la dame du I-Site (Office du Tourisme) qui nous répond poliement mais semble surprise de ces touristes qui posent autant de questions : Combien de temps faut-il pour, quelle est la météo etc… Eh oui ! L’avantage du slow travel c’est aussi de pouvoir faire en fonction de la météo en imaginant l’itinéraire le plus malin possible et en jonglant entre les journées de randonnées sous le soleil, les musées ou la ville par temps moyen et la logistique lors des intempéries.

J’ai enfin vu un kiwi !

Le Pa

C’est un endroit étrange qui semble abandonné. De vieux panneaux en bois indiquent des circuits pour les “forteresses” et pour le “mémorial”.

Nous nous enfonçons sur un sentier peu tracé dans les herbes hautes en suivant les petits panneaux. Bientôt, nous arrivons sur un champ valloné où l’on peut remarquer des trous creusés, qui servaient semble-t-il aux Maoris pour se cacher lors d’une bataille avec les Pakehas (les Blancs).

Tadaaaa ! Le mémorial !

Nous n’apprendrons qu’à la fin de la randonnée que cette bataille comportait 60 Maoris contre 22 éclaireurs blancs, venus chercher de nouvelles terres à cause de la surpopulation à Wellington dans les années 1860. Les Maoris ne voulant pas se voir retirer leurs terres se sont défendus immédiatement en décimant quasiment tout le régiment. Aujourd’hui, il ne reste que des trous dans les collines, des herbes hautes et quelques moutons touffus qui nous regardent avec de grands yeux passifs.

La preuve !

La visite manque d’explications et nous retournons au van un peu sur notre faim quant aux faits historiques concernant le site.

Ohawe et ses falaises

D’immenses falaises blanches à strates géologiques, la mer verte puis bleue foncée est un peu agitée. Quelques surfeurs tentent de dompter la vague qui les fera planer.

Opunake, investie par l’art urbain surprenant

Notre troisième arrêt est plein de surprises ! Déjà, la ville est chouette. Une longue rue de bars et cafés aux ambiances conviviales, des magasins en tous genres. Tout est fermé aujourd’hui, mais on sent un petit esprit hippie qui nous amuse bien. Ensuite, la ville a décidé de se parer de lainages… après tout c’est bientôt Noël alors pourquoi pas ? C’est presque l’été, mais le père Noël arrive. On ne s’y fait toujours pas. Bref, tous les magasins sont recouverts d’objets en crochet !

La statue qui rend hommage à un rugbyman célébre ici se retrouve vêtue de chaussettes à froufrou et d’un caleçon de borat (davantage couvert quand même).

Les cafés présentent des gâteaux en laine, la boucherie une farandoles de saucisses, le “fish and chips” de belles méduses suspendues…et la police des menottes géantes. Définitivement, des comiques ces Kiwis !

Une pluie rapide se manifeste et avec elle, l’odeur du bitume chaud nous rappelle l’été. Un arc-en-ciel se dessine au milieu de la rue et nous avons vraiment le sentiment d’être dans une ville hippie où une licorne de laine pourrait traverser la rue.

Vous ne la voyez pas la licorne ?

Nous essayons d’aller voir la plage, mais à contre-jour, on opte pour continuer la route car l’heure file.

Célestine repart à dos de mouton !

Pungarehu, le fameux phare

Il se dresse sur la colline. Sans nuages, nous pourrions voir derrière le Mont Egmond (Taranaki) mais pour le moment il se cache. Les lumières sur la grève sont jolies. Le couché de soleil arrive. Je danse devant les vaches qui arrêtent un instant de brouter de l’herbe pour m’observer mollement, sans broncher. Lorsque je remonte dans la voiture, les rumineuses reprennent tranquillement ce qu’elles faisaient.

Oakura, la forteresse perdue et la magie de la forêt

Pour ce site historique et archéologique nous prenons les lampes torches au cas où, le soleil est déjà très bas. Après 10 minutes de descente sur un sentier reculé nous voilà devant un panneau qui présente le site.
Il faut 30 minutes aller pour en faire le tour… Zut ! On ne pensait pas que ce serait si grand ! Allez zou, c’est parti !
On suit le sentier dans une lumière entre chien et loup. Quelques marches de bois mises en place par le DOC, puis le sentier nous emmène dans la forêt. On ne voit plus rien du tout… tout est recouvert d’ombrages et le site archéologique est sous la végétation. Trop dommage… déçus, on rebrousse chemin.
Nous éteignons la lampe un instant et… oh… la magie opère ! Des centaines de vers luisants font briller les sous-bois. Le chant des oiseaux résonne comme un écho. Le ciel est parsemé d’étoiles que l’on entrevoit entre les branches si hautes.

Il est temps d’aller camper… au bord de la mer à New Plymouth.

De Palmerston North à Patea

Palmerston North

En pleine ville, nous sommes réveillés par les moteurs des voitures qui s’affairent en ce samedi matin. Nous sommes à côté d’un grand parc bordé par des boutiques d’objets d’occasion et églises de toutes confessions. Le nombre d’églises nous surprend ! Combien ont-ils de mouvements spirituels différents dans l’église chrétienne ? Nous faisons un tour au Family Store de l’Armée du Salut. J’aime vraiment bien y chiner, l’ambiance dégagée par cette multitude d’objets déjà utilisés mais en bon état rend ce lieu insolite. Nous donnons un ballon de rugby et une trousse, et prenons des pamplemousses gratuits déposés là dans une cagette pour les visiteurs 🙂

Comme le temps est maussade, et qu’il s’agit de préparer notre voyage dans l’île du Nord, nous prenons le chemin de la bibliothèque. Grand bâtiment moderne au centre des rues classiques néo-zélandaises (boutiques collées les unes aux autres, dont les avancées de toiture sur le trottoir forme une allée couverte multicolore, qui change d’ambiance tous les cinq mètres). La bibliothèque est une des plus grandes que nous ayons vues jusqu’à présent, la quantité de livres est impressionnante, ainsi que de DVD et de CD. Comme en Australie, les bibliothèques font vraiment partie de la vie de ville, les informations sur les communautés alentours y sont présentes, et elles sont visitées par des personnes de tous âges et profils. Nous nous installons à côté de baies vitrées et étalons les cartes pour décider si nous partons à l’Ouest ou à l’Est.

Nico fait l’itinéraire

Ce sera vers l’Ouest et le Mont Taranaki !

Avant de quitter la ville, nous tombons par hasard sur une affiche présentant un centre de recyclage qui accepte les piles gratuitement. Wouhou !!! Le premier depuis 9 mois en Nouvelle-Zélande ! J’en parle plus en détail [ici](https://worldsways.org/website/eco-initiatives/recycler-ses-piles-en-nouvelle-zelande/). Enfin nous pouvons sereinement nous débarrasser de nos piles usagées !

Recyclage des batteries

Vers la côte Ouest, Whanganui l’authentique

Nous décollons vers l’Ouest, les villes s’enchaînent et balisent les passages dans les plaines vertes où paissent du bétail. Nous apprendrons d’ailleurs plus tard que les terres d’ici font partie des plus fertiles du pays.
Whanganui (ou Wanganui, ils l’écrivent des deux façons sans vraiment s’être décidés sur une orthographe), est située sur l’estuaire de la Whanganui River (avec un H par contre 🙂 ), la plus grande rivière navigable de la Nouvelle-Zélande. Le centre ville est “mignon”, enfin une ville avec quelques bâtiments historiques, échoppes et commerces autres que des grandes chaînes ou fast-food, quelques restaurants et bars. Et pas construit pour les touristes ! C’est la communauté locale qui fait vivre ce centre-ville, et c’est tant mieux.

Whanganui

Nous reprenons la route après un riz sauté aux épices, poulet et champignon, et quelques fraises (la saison commence, hmmm !).

Patea la petite sableuse noire

Le paysage se vallonne quelque peu, et les vaches laissent places aux moutons, plus à l’aise sur les pentes raides. Nous retrouvons la mer à notre gauche, avec le soleil qui sort des nuages brumeux devant nous. Patea : petit village à l’embouchure d’une rivière. Nous gagnons sa plage.

Sable bien noir

Noir ! Le sable est noir ! Vraiment noir ! Et tellement fin, c’est incroyable. Les vagues puissantes et le vent incessant sculpte la plage et les dunes, que quelques herbes tentent de maintenir en place. Plus loin, la côte s’élève en falaises, et avec le soleil couchant le spectacle est au rendez-vous. Nous nous baladons entre les troncs d’arbres de bois flotté échoués sur la plage, les grains noirs filants entre nos orteils. Une épave de navire, le SS Waitangi, toute rouillée dépasse du sable, et brave la marée montante.

C’est la pleine lune!

Ce soir, c’est la remise à l’eau de la canne à pêche ! Il fait déjà sombre, mais la pleine lune se lève, et me donne courage. Je rentrerai néanmoins bredouille, malgré le poisson frais qui m’a été donné par deux français pêcheurs pour servir d’appâts. Il faut dire qu’on est le 4 novembre, la veille du 5 (sans blague !) et qu’on pige enfin pourquoi les magasins ne proposent pas des feux d’artifices depuis plusieurs jours pour rien. Des familles se rassemblent sur la plage pour lancer leurs fusées lumineuses pétaradantes. Forcément, alors que je commençais à avoir quelques touches, les poissons se carapatent vite fait. Tant pis, ce soir ce sera noodles améliorées, cuites dans du jus de cuisson de gros champignons, accompagnées de ces mêmes champignons et des carottes sautées dans de l’huile d’olive aillée. Un délice 🙂
Un épisode de Doctor Who plus tard, Morphée nous appelle et nous sombrons.