Mon cours de cuisine Lao au Tamarind

Le 6 juin 2018, j’arrive donc sous ma cape de pluie rouge ruisselante au restaurant vers 16h. La saison des pluies a bel et bien commencé et je suis ravie d’occuper cet fin d’après-midi par un cours de cuisine. Nous sommes 8, un petit groupe qui va faciliter les interactions avec le professeur : c’est parfait !

Après 10 minutes de traversée de la ville, nous prenons un chemin de boue un peu escarpé et le trajet se transforme en expédition. De l’eau coule à flot le long de la route et les conducteurs des motos qui nous dépassent s’amusent de voir mes yeux s’agrandir de surprise face à la quantité d’eau qui tombe. Pour eux, c’est sans doutes tout à fait habituel.

Une demi-heure plus tard, nous arrivons dans un havre de paix. Une salle de cours ouverte sur l’extérieur est déjà prête. En face, de petites mares avec quelques nénuphars et arbustes autour. Derrière la classe, de petits potagers où poussent légumes en tous genres. Sur la table principale, c’est déjà un régal pour les yeux! Des légumes sont agencés dans un grand panier et dessinent un tableau de couleur qui donne envie de tout goûter !

Entre en scène, notre professeur de cuisine, avec son tablier noir et son grand sourire. Par binôme nous prenons place face au plan de travail.

Les instructions sont données avec passion

J’ai choisi l’option végétarienne. Je découvre en effet, notamment au cours de mon voyage, que la cuisine végétarienne, en plus d’offrir une alternative d’alimentation plus responsable, est pleine de parfums et de raffinement!

Entre 17h et 20h, nous apprendrons les secrets des sauces aux aubergines et aux tomates, du poisson cuit à l’étouffé dans sa feuille de bananier, de la brochette de citronnelle fourrée aux poulet (où aux champignons) et le riz coco aux fruits.

Je vais découvrir certains légumes que je n’ai pas l’habitude de cuisiner, apprendre à découper correctement la citronnelle (c’est presque magique!), percer le mystère de la cuisson du riz gluant et découvrir les astuces de chef pour plier la feuille de bananier sans la casser!

Nous cuisinons dans les grands woks en inox sous un feu de bois et dans les paniers de bambous sur la vapeur des casseroles.

Ce cours de cuisine, c’est 3h intenses d’apprentissage des traditions avec des produits locaux et frais… Au Tamarind, on met l’accent sur la qualité des produits. Petit à petit, les gérants ont remplacé tous les produits importés par des produits laotiens, une façon pour eux, dit notre professeur avec un sourire heureux, de contribuer à l’économie de la région sans polluer par le transport des denrées. Puisque je veux tout refaire chez moi, mais que les feuilles de bananier ne poussent pas dans mon jardin, le chef me fournit aussi des conseils pour adapter les recettes aux contraintes de mon climat occidental.

A la fin de l’atelier, nous nous attablons. En plus de nos créations, les cuisiniers nous ont préparé quelques surprises à déguster comme la salade de buffalo (ou de tofu) et des soupes noires aux champignons. On ne nous laisse pas repartir sans un livret avec toutes les recettes en récap, histoire de pouvoir partager nos apprentissages une fois rentrés à la maison avec les curieux.

Bonne humeur et créativité ce cours de cuisine aura été un vrai petit bonheur d’épicurien =) Je ne peux que le recommander!

Mes créations à la fin du cours

L’essentiel éco-citoyen de ce cours de cuisine :

  • Le régime flexitarien est un dérivé de l’alimentation végétarienne. Le principe est de diminuer sa consommation de viande et privilégier les fruits, légumes et céréales. On n’hésite pas à prendre l’option végétarienne de temps en temps, pour développer ses talents de cuisinier avec des alternatives intelligentes.
  • Consommer local et de saison, c’est la voie de la raison. Alors on cherche à adapter le plus possible nos apprentissages aux contraintes de notre pays de résidence (par exemple : on peut remplacer la feuille de bananier par une feuille de choux…). Si on a un doute, l’équipe du Tamarind est très à l’écoute !

Si cet article vous a mis l’eau à la bouche sachez que vous pouvez le suivre également. Pour vous faciliter la vie, vous pouvez aussi le réserver en ligne avec ce lien.

De Ayuttahyah à Nang Khai

Mes premiers pas en solo

Chacun sa route, chacun son chemin

C’est le grand jour ! Nico part à la frontière Cambodgienne, moi Laotienne. Après avoir voyagé un an ensemble en itinérance, dont 8 mois dans un van et 4 mois en Asie, l’idée de chacun nous retrouver seul est un peu étrange.
Il part pour une mission, j’en profite pour découvrir le Laos. Le lonely est déjà dans mon sac et nous prévoyons de nous retrouver d’ici 3 semaines au centre du Laos, à Takek.

Après avoir vérifié nos sacs, fait l’inventaire de nos trousses à pharmacie respectives, réparti les médicaments, téléchargé les guides de voyage, fermé les sacs et déjeuné… nous sommes prêts ! Il nous suffit de traverser à nouveau la rivière à l’aide des petits bateaux de bois et marcher 5 minutes pour arriver à la gare.

Comme dans les films

Le train en direction de Bangkok part à 9h, le mien à 9h40. Un gros câlin sur le quai de la gare, comme dans les films, et Nico traverse la voie ferrée. En quelques secondes il grimpe dedans, agitant sa main depuis le compartiment pour me dire au revoir, jusqu’à ce qu’il disparaisse avec le bruit des rails qui grincent.

Bye bye snif snif

Le goût du voyage

A 9h45, mon train entre en gare. Je monte dans un wagon réservé à la 3ème classe et avance doucement en enjambant les sacs et cartons qui traînent sur le chemin.
Je retire mes chaussures, monte sur la banquette pour coincer mon grand sac à dos au-dessus de ma tête sur le rail de rangement. Je prends place sur mon siège et pousse un petit soupir, mi-amusée mi-déçue : le trajet risque d’être long !

Roots…oups!

Nous avions déjà pris le train 3ème classe avec ventilateur, mais ceux-ci avaient des sièges raisonnablement confortable. Ici, ils sont droits comme des piquets avec très peu d’espace pour les jambes. Une banquette pour deux peut accueillir en réalité une personne et demi. Les fenêtres sont grandes ouvertes mais l’air ne va que dans une direction : celle du siège qui est dans le sens de la marche (pas de bol, je suis en sens inverse). Quant au confort de l’assise… mon fessier risque de s’en rappeler. Aie Aie Aie.

Ne nous laissons pas décourager pour si peu (enfin, 9h de trajets quand même) et occupons-nous comme possible. Je reprends alors la lecture de mon livre du moment, en changeant régulièrement de fesse pour m’asseoir sur le bout de la banquette.

Y’a d’la joie

Le couple en face de moi semble avoir déménagé une quincaillerie de Bangkok. Ils ont des sacs partout, des cartons sous les sièges, des piscines en plastique encore dans leurs emballages, des sacs poubelles remplis d’objets divers qui débordent du bastingage. Je trouve une petite place pour mes pieds, sur l’un de leur carton et une heure passe, sans que je m’en rende vraiment compte.

L’innocence et le jeu

Un petit garçon qui ne doit pas avoir plus de 3 ans saute de siège en siège (sur les genoux des grands mères) surprises, mais amusées. Puis, il se saisit d’un petit train en plastique et le fait rouler dans l’allée, passant sous les jambes que les passagers lèvent lorsqu’il approche.

Une très vieille dame sur la banquette de droite entame la discussion avec tous les voisins qu’elle trouve. Ses mains pleines de bagues sont aussi pleines de rides, comme son visage. Lorsque le contrôleur passe pour poinçonner les tickets, il joue des castagnettes avec sa trouyotteuse pour s’annoncer. La grand mère aux milles bagues arbore un immense sourire qui tire les plis de sa peau, et rajeuni ses yeux, lorsqu’elle tend son billet.

Un peu d’air

Une dame dort sur la banquette, une femme porte un gros pull en laine (comment fait-elle?), les voyageurs se baladent pieds nus, les enfants rient et les paysages défilent. C’est aussi pour cela que j’aime voyager doucement, prendre mon temps, privilégier les classes populaires au confort des classes aseptisées pour les touristes occidentaux : il y a de la vie, partout, tout le temps, et prendre le train, c’est une étape de voyage aussi riche qu’une visite culturelle.

Mieux qu’au cinéma

Petit à petit, le paysage change. Le train passe au dessus d’un lac immense où les gens se baignent, des pêcheurs lancent des filets à la main et de petits bateaux de bois se baladent à un rythme tranquille. Au loin, de grandes étendues vertes ou de terre ocre. D’après maps.me, je traverse la province de Lopburi. Tiens, une idée pour une prochaine excursion en Thaïlande !

Grand lac

Une horde de héron s’envole lorsque le chemin de fer vrombit, dessinant des ombres blanches dans un ciel bleu traversé de lumière. Les paysages de rizières autour rendent le spectacle plus magique encore.

le trajet réserve encore quelques surprises

Après 4h d’un long trajet et d’une chaleur étouffante, le train s’arrête beaucoup plus régulièrement, toutes les 10 minutes. Chaque gare semble différente avec ses maisons colorées, ses toitures aux ornements dorés.

Gare

Tantôt toutes petites avec un simple panneau annonçant la ville, tantôt plutôt grande avec des guichets et plusieurs quais; une seule chose ne change pas, les vendeuses de repas. A chaque étape, des dames se promènent sur les voies, un seau à la main dont elles sortent des sachets de nourriture en tout genre. En passant leur main par la fenêtre, elles incitent les passagers à leur acheter quelque chose.
Mes voisins saisissent des brochettes, d’autres des sachets de fruits, d’autres encore des filaments colorés dont la provenance est un mystère.

Il reste 2h30 de route lorsque mon wagon frôle un buffalo, avec ses grandes cornes. De sa queue, il envoie de l’eau presque à travers la fenêtre. Le temps de saisir mon appareil pour immortaliser l’instant et le train continue sa course.

Buffalos

En face de moi, un petit garçon me fait des grimaces. Il porte des habits trop grands pour lui et de petits bracelets de pierre. Je réponds à sa mimique par une autre. Il éclate d’un rire clair, innocent, qui contamine l’assemblée de voyageurs encore présent dans le train.

Presque arrivés

Une heure et demi avant l’arrivée, les wagons se désertent. Je saisi mon sac et rejoins le wagon première classe, au frais et sur un vrai siège pour savourer un peu ce que l’on appelle le confort. Après ce beau, mais fatiguant trajet, je l’apprécie encore plus, ce confort!

Nong Khai, le train s’arrête. Je descends avec précaution la haute marche du train jusqu’au quai, et en quelques minutes trouve un TukTuk qui accepte de m’emmener à ma chambre d’hôte pour un prix justement négocié (celui de mon guide).

A la frontière Lao-Thai, un climat serein

C’est avec un immense plaisir que je découvre le jardin, occupé par de nombreux hamacs en bambou et balançoires qui swinguent un peu au gré de la brise du soir. Encore avec mon sac sur le dos, j’assiste avec émerveillement au coucher du soleil sur le Mékong. En face, le Laos. Il m’attend !

Couché du soleil sur le Mékong

Avant de dormir ce soir, je passe faire un tour au marché de nuit. L’ambiance y est très agréable, les locaux achètent plein de petites choses aux commerçants et vont les partager sur le quai. Il y a de la musique qui sort des hauts parleurs, les gens ont l’air heureux et l’ambiance est paisible. Je m’achète une salade (profitons d’être seule pour manger un peu moins!) et je vais la déguster dans le jardin, face au Mékong.
Et si j’en profitais pour essayer la méditation Petit Bambou du programme “Manger en conscience” ?. L’endroit est parfait, alors je me laisse porter par la voix pour une expérience méditative de 10 minutes. Un petit moment rien qu’à moi qui met l’accent sur “profiter de l’instant présent”.

Si mon visa ne s’arrêtait pas demain, je resterai bien quelques jours encore ici, une autre idée pour un prochain voyage! Pour le moment, il est temps d’aller lire sous la moustiquaire avant que Morphée m’emporte. Il me faudrait de l’énergie pour passer la frontière demain !

Tourisme responsable, Kesako ?

C’est quoi ?

Le tourisme responsable, ça sonne bien non ?… mais concrètement, ça veut dire quoi ?

L’avis de l’Organisation Mondiale du Tourisme

L’OMT le définit comme “un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil”

Un vocable multiple

Ok, mais alors pourquoi parle t-on de tourisme responsable, durable, communautaire  ? Et le slow tourisme dans tout ça ? Un peu perdu ? L’agence Québecquoise passion terre nous aide à y voir plus clair.

En bref

Il s’agit en fait, d’appliquer au tourisme les principes du développement durable.
Babel voyage et Novéthic nous expliquent ce principe.

Plus qu’un principe une démarche

L’association ATD le définit comme “une démarche qui peut être adoptée par tout acteur touristique en intégrant les principes du développement durable dans sa gestion stratégique et/ou l’offre qu’il propose“. Et ajoute qu’il  “relève aussi de la responsabilité individuelle des voyageurs : dans leurs comportements, gestes quotidiens et choix de prestataire-s et/ou destination-s selon des critères de durabilité.”

Et concrètement, on fait comment ?

D’accord, c’est une démarche qui peut relever de la responsabilité individuelle, donc, de ma responsabilité, en tant que voyageuse/voyageur.

Concrètement, que puis-je faire ?

Rejoindre le mouvement

Charte à découvrir ici

L’association ATR (Agir pour le tourisme responsable) à rédigé une courte charte. 
Comme vous pouvez le constater, le tourisme responsable c’est plein de petites choses mises bout à bout. Vous aussi vous pouvez faire une différence ! Pour développer certaines thématiques, le site de l’association propose quelques pistes.

Parmi celles-ci, voici ma sélection d’actions simples, faciles et qui contribuent à un voyage plus respectueux de l’environnement et des Hommes.
Goûter la cuisine locale (pourquoi se priver des épices et des saveurs qu’on ne trouve qu’ici ?)
Photographier en toute légitimité
Valise légère, souvenirs nombreux

Dadar au warung classic

Les enfants jouant au foot sur la plage 

Mon engagement perso

Je travaille actuellement sur l’écriture de ma propre charte avec un plan d’action. Je la partagerai avec vous dès qu’elle sera disponible.

En attendant, voici mes engagements (liste non(exhaustive) :

Sociaux

– Etre vigilante à respecter les coutumes locales (vestimentaires, tabous…)
– Faire l’effort d’apprendre les phrases de bases dans la langue du pays (bonjour, merci, les chiffres…).
– M’investir régulièrement dans un projet (bénévolat de compétence)
– Engager la discussion avec les locaux
– Apprendre et m’enrichir des idées à travers le monde pour améliorer mes habitudes au fur et à mesure
– Partager mes découvertes et récits de voyage à travers mon blog
– Dormir chez l’habitant et limiter les complexes hôteliers et les chaînes
– Répartir mes dépenses chez plusieurs commerçants pour limiter les inégalités à mon niveau

Environnementaux
– Voyager le plus possible en transport en commun, transport doux, transports locaux (selon les cas)
– Faire de mon mieux pour rentrer en France sans prendre l’avion
– Limiter mon temps de douche, particulièrement dans les pays où l’eau propre et potable se fait rare
– Insister auprès des commerçants pour réduire au maximum les déchets (notamment lors des snacks à emporter, sachets plastiques, etc.)
– N’utiliser l’électricité et la climatisation que si c’est réellement nécessaire (et dans une proportion raisonnable.
– Favoriser les activités de plein air et les éco-tours
– Eviter les “attraction polluantes” (tour en hélicoptère par exemple)

Pleine nature, plein d’énergie !

 

Et toi quelles sont tes idées pour éco-voyager ? Qu’as-tu déjà essayé ? Que veux tu mettre en place ? N’hésites pas à laisser des commentaires pour nous donner tes idées, retours d’expériences et belles réussites =)

Deux bus, une route, de Banjarmasin à Pangkalan Bun

Alors que les (rares) touristes qui viennent dans le Kalimantan font généralement le trajet en avion en 1h20, nous commençons un voyage d’une journée pour rejoindre Pangkalan Bun, dans le Kalimantan Sud Central. Il parait qu’on y croise des orangs-outans !

Préparation de l’itinéraire

On l’a maintenant bien compris, à Bornéo trouver des informations fiables est d’une complexité redoutable. Le Lonely Planet a des infos périmées, les locaux ne savent pas grand chose mais ne veulent pas l’admettre. On se retrouve alors avec une tonne de données contradictoires. D’où on part ? à quelle heure? combien de temps met le trajet ? combien il coûte ? Même Internet reste un peu trop sec à notre goût.

On quitte Banjarmasin !

Ce matin, nous sommes réveillés par le room service du petit déjeuner. Pleine d’espoir, Emi ouvre la porte et récupère notre plateau… deux tranches de pain grillé et un thé très (très très) sucré. Euh, vraiment ? c’est tout ? une pauvre tranche de pain? Bon… ce n’est pas fou, mais restons sur un réveil positif. Si on oublie que la salle de bain sent les égouts, la bonne nouvelle c’est qu’on quitte Banjarmasin, et que mis à part l’expérience du joli marché flottant nous n’avons pas adoré cet endroit.

Nous descendons à l’accueil une fois les sacs bouclés (facile, ils avaient à peine été ouverts). Nico réserve un GrabCar (taxi au prix déjà négocié, le Uber d’Asie) et Emi file chercher une petit déjeuner.
Une rue plus loin, au stand de banane, elle demande “banana empat”, paie “empat pulu ribu” (4 000 Rp) sous le regard mi-amusé, mi-adminiratif du mari de la commerçante qui lui demande si elle parle indonésien (bahasa indonesia). Eh ben oui ! “un tout petit peu”, “little little” accompagné du signe de la main qui va bien. S’ensuivent alors quelques questions, comme pour vérifier qu’elle maîtrise bien la langue, d’où elle vient, quelle ville, combien de temps on reste en Indonésie…

Eh oui, après cinq semaines dans le coin, il est possible d’avoir une conversation (très basique) avec les locaux. Cela facilite grandement les négociations et attire la sympathie.

Au stand d’à côté, un jeune homme vends quelques tofu (tahu) et légumes frits sur un chariot à roulette. Parfait, ça fera l’affaire, il faut nous dépêcher ! Emi demande “enam” (six) boulettes, paie le dû avec un sourire en le remerciant d’un “terima kasih” et rebrousse chemin.

Une gare inattendue

Nico a dégoté un chauffeur qui passe nos sacs à l’arrière de sa voiture et nous demande si nous avons déjà les billets. Surpris d’apprendre que nous ne les avons pas il semble soucieux pour nous. Oups, peut-être fallait-il réserver ?

Nous suivons tout doucement un cortège de jeune étudiants avec leur vestes d’écoles vertes qui militent dans la rue contre le gouvernement. Ils sont suivis de près mais nonchalamment par des policiers détendus, voire même amusés.

A mesure que nous sortons du centre ville, nous longeons de grands bâtiments plus modernes, et comprenons alors que là où nous étions n’était pas le quartier abritant l’économie vibrante et moderne. Voitures et magasins sont ici plus récents.

Un petit quart d’heure plus tard, nous sommes à la gare centrale du KM 6 (en gros la gare de bus à six kilomètres du centre ville). Enfin, c’est plutôt une rangée d’une demi-douzaine de bus en tous genres, tailles et qualités, alignés sur un bas côté en terre. Rien n’indique que c’est une gare de bus.
  

Deux agences de voyage, et quelques vendeurs de ballotins de riz et bouteilles d’eau sont cachés derrière. C’est ça qui draine tout le flux des voyageurs de Banjarmasin ? La plus grande ville du Kalimantan ? Cela donne un peu une idée du degré de “hors des sentiers battus” où nous sommes… Hahaha 🙂

Billets en poche

Le chauffeur nous aide à demander où acheter le billet et nous emmène jusqu’au guichet d’une compagnie. Il fait la demande pour nous : trop facile ! Une femme assise au comptoir remplie un ticket sur son carnet à la copie carbone et demande 460 000 Rp pour deux billets. C’est à peu près ce qu’Emi avait investigué, alors elle règle et part rechercher son sac et Nico qui prend le pouls de l’ambiance locale. Le bus part dans 15 minutes, juste le temps pour courir à la supérette du coin acheter quelques biscuits pour le trajet ! Elle revient en nage, mais au moins on ne mourra pas de faim.

Bolide lancé

Finalement, le bus aura 10 minutes de retard, le temps pour Emi de reprendre son souffle. Le chauffeur prend place à son siège et allume la multiprise collée sur le tableau de bord. Disque dur externe, télé, radio, chargeur de téléphone portable, tout s’éveille. Un tour de clé et le moteur vrombit à 9h40, c’est parti pour… douze heures de trajets d’après le Lonely !

Petit bus, ce dernier est tout de même climatisé, et vue la chaleur c’est déjà un grand réconfort. Nous essayons de choisir une place où la distance entre le siège et celui de devant permet de poser ses jambes (hein ? eh bien oui, toutes tous les sièges ne sont pas disposés pareil, certains doivent faire des contorsions pour s’asseoir, mais nous sommes les seuls surpris). Parfait, les places treize et quatorze sont libres et semblent tout à fait correctes, il est même possible de rabaisser les sièges pour dormir un peu, on n’en demandait pas plus ! Et en fait, on découvrira deux heures plus tard que ce sont les places qui nous ont été attribuées sur nos billets. Le hasard fait bien les choses.

Comble du luxe, le bus n’étant qu’à moitié plein (que de locaux), nous profiterons de deux sièges chacun. Ah ces occidentaux qui ont besoin d’espace, je vous jure !

Car à hoquet

Dès les cinq premières minutes, nous voilà dans l’ambiance. La télévision suspendue au pare-brise s’allume, un DVD est lancé, c’est ambiance karaoké. Ça rappelle la Moldavie à Emi, et le Cambodge à Nico. Les clips à l’eau de rose racontent des romances mielleuses locales avec un play-back aussi bien fait que ceux des années 80. Du grand spectacle. Tout ça avec une image délavée, saturée de blanc pour atténuer la peau bronzée des acteurs/chanteurs… Vous voyez le tableau ?

Chacun se fait un plaisir de suivre les lignes qui se colorent de jaune au fur et à mesure de la chanson, au rythme des enceintes déjà à fond qui crachent au-dessus des passagers. Tous les deux, on se regarde en biais sans trop savoir s’il faut rire ou prier pour que cela ne dure pas tout le trajet… douze heures, c’est long.

Le suspens des suspensions

Avec cette musique, il ne reste plus qu’à danser ! Et voilà qu’à chaque imperfection de la route, c’est désormais une réalité. Tous les passagers bondissent au moindre nid de poule, bosselette, cailloux ou graine de soja. Nous faisons des sauts de cabris à manquer de tomber des sièges (surtout lorsqu’on tente une sieste), il semblerait que les suspensions du bus soient un peu usées. Suspens… tombera, tombera pas ?

A travers les vitres

Dehors, le paysage défile mais pas vraiment à toute allure. Les suspensions imposent un rythme tranquillou au bus et rappelle à Nico le gag de Gaston avec Prunelle qui a le temps de cueillir les pâquerettes au bord des routes.
Pas de pâquerettes ici, plutôt des bribes de jungle et surtout des forêts d’arbres trop fins et d’immenses champs de… rien. De rien ?

Aigrie culture

On apprendra bientôt que l’agriculture dans ce coin de l’Indonésie est une vaste mauvaise blague. Face à la pression du cours du riz (l’Indonésie importe du riz n’arrivant pas à faire face à la consommation, malgré les cultures omniprésentes), le gouvernement a décidé de faire du Sud de Bornéo une nouvelle terre à rizières.
Plusieurs années à déforester massivement en incendiant les forêts, à délocaliser des familles vers ces terres à conquérir, à planter du riz blanc. Eh bien c’est plutôt choux blanc. Ou même rien du tout. Précipitation sans réflexion.
L’eau salée de la mer à proximité est remontée, et des marécages acides se sont développés. Impossible de faire pousser quoique ce soit de comestible. Qui plus est la région n’est pas volcanique et les terres trois fois moins fertiles qu’à Java, Bali ou Sumatra. Désastre écologique autant qu’humain, les familles délocalisées ayant tout perdu.

Culture mêlée

Nous traversons le village de Basarang : les maisons ont leurs petits temples hindous comme à Bali, des artisans en fabriquent de nouveaux, les écolières n’ont pas le voile sur la tête.
Plus loin, des panneaux indiquent des églises. D’autres des mosquées. Pas de doute, les religions se mêlent par ici.
Les tribus ancestrales s’appellent les Dayak et sont animistes. Ils vénèrent notamment l’oiseau Hornbill, endémique de la région, à la tête si particulière (une corne au-dessus du bec). Les architectures des bâtiments s’inspirent d’ailleurs de ce celui-ci.

On s’attendait à trouver des maisons plutôt construites de bric et de broc, ce sont pourtant des bonnes bâtisses en bois et tôle voire même en béton qui jalonnent la route. Souvent munies d’une grande parabole horizontale (pas de doute, on s’approche de l’équateur). Nombreux sont les chantiers abandonnés où les parpaings se couvrent de traînées grises.
Les bâtiments les plus grands et costauds sont encore ces blocs de bétons sans fenêtres, au sommet desquels tourbillonnent les “swallow birds” élevés pour le marché chinois.
Autre curiosité du coin ? Les toitures, souvent bleues pétard. Ça rappelle le Cambodge où les bâtiments du parti au pouvoir (et maisons des maires) avaient toutes le toit bleu. Mais ici il parait que c’est juste la mode, une marque de matériaux de toiture un peu “cheap” a décidé le bleu, et zou tout devient bleu.

Un air d’autoroute

A 11h20, le bus ralenti et s’arrête. Presque quatre heures que nous roulons déjà. Vous allez dire voilà qu’il ne sait plus compter… quatre ? eh oui quatre ! à quelques kilomètres à peine de Banjarmasin on a croisé un fuseau horaire.
Voici une sorte d’aire de repos : une grande cantine et des toilettes. On ne sait pas si on s’arrêtera à nouveau, ni combien de temps exactement dure la pause, alors nous saisissons notre chance. Gageons que le bus ne reparte que lorsque tout le monde sera à bord. On guette d’un oeil les allés et venues du chauffeur, prêts à bondir.

Ici, personne ne parle un mot d’anglais, alors nous observons les autres et faisons de même. On montre les plats qui nous tentent, un poulet, deux légumes, des œufs (les plats sont minuscules, alors on charge la barque). On nous sert un grand saladier (ou plutôt un égouttoir) de riz avec, ouf.

Bonne surprise à la cantine!

C’est une bonne surprise, nous mangeons très bien, tout a du goût et semble assez frais. Nous qui pensions ne pas tout finir, il ne reste plus rien.
Petits suspens quand Emi va payer. Le premier c’est le chauffeur qui a disparu de notre champs de vision depuis quelques minutes. Le second c’est l’addition, car il nous reste exactement en porte feuille 132 400 roupies et on n’a aucune idée du prix… On s’en tire pour 80 000 roupies… Ouf ! on ne va faire la plonge ! Le bus redémarre à 12h00 pétantes.

Future capitale de l’Indonésie ?

Un feu rouge ! Wouhou ! Le premier de Bornéo ! Pas de doute on arrive dans une grande ville. Des bâtiments imposants de l’armée nous accueillent aux abords de Palangka Raya. Le gouvernement réfléchit à délocaliser les administrations du pays à Bornéo, ici même, pour rappeler que l’Indonésie c’est bien une multitude d’îles et pas seulement Java. Décidément, il est bien ce nouveau président.

Il est 13h45. Après cinq heures de trajets et 185km seulement, nous comprenons qu’il est temps de descendre du bus pour en changer. On passe au comptoir de notre compagnie PO Logos : il y a une correspondance de deux heures. Et il faut attendre dans un bâtiment tout en béton où la température nous accable. Youpiii !

Terminal de bus de Palangka Raya

Nous sommes les seuls blancs à attendre ici, parmi les locaux qui nous regardent surpris. Le grand terminal de bus a quelques alcôves occupées par des supérettes de fortune, des petites cuisines, des toilettes, et des salles de prière musulmanes.

Nous prenons place sur un banc, et utilisons la prise électrique aux fils qui pendent pour recharger nos PC.
Nous tombons sous le charme de petits chatons mignons qui cherchent la fraîcheur : quoi de mieux que l’aération du distributeur de boissons !

Un peu de frais

C’est reparti

A 15h50 nouvelle heure, notre nouveau car grand confort démarre. Il bombe pleine balles sur la route. Heureusement que la suspension fonctionne mieux ce coup-ci, car sinon on sauterait au plafond. Aaah pas de clip sur la télé… mais une radio bien forte qui nous empêchera de dormir un peu.

Grand car grand confort

C’est la fête à la grenouille

Il pleut, croisons les doigts pour que les pneus tiennent la route. Route passante d’ailleurs, chaque village croisé est bien plus développé et moderne qu’on aurait pu l’imaginer. On y aperçoit même des salles de jeux vidéos, où des jeunes sont assis parterre en face de leur télé, une manette de ps2 ou ps3 dans les mains.
Puis c’est à nouveau la campagne, des forêts denses aux petits arbres fins, qui tentent de repousser après les coupes rases.

Confortablement installée

Cantine de nuit

17h50 le bus s’arrête à nouveau. 100km seulement depuis le changement de bus. Soit 285km depuis que nous avons quitté Banjarmasin il y a… 9h déjà ! et il reste 365km à faire. No way. On va arriver à quelle heure ? Le Lonely Planet marquait 12h de bus, à part un miracle c’est mission impossible.

La nuit tombe, et les musulmans de notre bus vont faire leur prière à la mosquée. Visiblement c’est également la pause repas du soir, alors nous prenons place dans la petite cantine avec deux “mie bakso” (des soupes de nouilles avec des boulettes) et deux thés.

18h20, le bus repart sur les chapeaux de roues.

Pimp my bus

C’est la nuit noire maintenant, et chaque bus rivalise de kitch-kéké avec ses rangées de diodes vertes, bleues, et phares qui clignotent aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Certains vont même mettre jusqu’à des néons fluo dans les bas de caisse.

Fin de trajet

Encore une pause à 21h, au terminal de bus de Sampit, dernière grande ville avant l’arrivée à… 230km encore. Déjà 407km, wouhou ! Selon le timing du Lonely Planet, on est censés être arrivés.
21h24, zouh, c’est reparti.

Nico tente de lire un peu

Pop indonésienne toujours dans le hauts-parleurs, on tient bon. Nous tentons la sieste : Emi a prévu le drap de soie, le masque de nuit et l’oreiller gonflable. Nico n’a que son pull et son pantalon pour ne pas geler sur place – merci la clim’. Nico jette l’éponge et essaie de lire grâce aux lumières positionnées débilement juste au-dessus du siège. Oui vous avez bien lu, juste au-dessus du siège. Ça sert à quoi d’éclairer le sommet du crâne des passagers ? Nico jette une seconde fois l’éponge, mission impossible, surtout avec la musique et les soubresauts de la route.

Vingt kilomètres avant la fin, à 1h30 du mat’, on s’arrête. Deux autres bus d’une autre compagnie sont arrêtés. Une panne ? Verdict inconnu, et notre chauffeur redémarre après dix minutes.

Deux heures du matin, 17h20 après être partis, nous voilà à Pangkalan Bun, enfin ! Nous sommes les derniers à sortir du bus alors que nos chauffeur nous dépose devant notre hôtel : le seul encore ouvert à cette heure tardive.

Pas fâchés d’être arrivés, on monte dans notre chambre sans fenêtres (mais propre dans un hôtel pour professionnels, avec une salle de conférence).
On apprendra plus tard que le trajet met habituellement 18h avec une pause obligée à Palangka Raya. Nous sommes presque en avance alors. Merci le Lonely pour ses informations erronées.

Et pourtant le temps est passé vite

Étrangement, nous nous habituons à ces longs trajets. Nous sommes surpris d’observer notre patience, ainsi que la “rapidité” avec laquelle le temps finit par passer. Nous prévoyons à chaque fois moultes occupations, une quantité d’articles à écrire, de livres et informations à lire, et n’avons pas le temps d’en terminer le quart.
Les heures de transport ce sont les rares moments du voyage où la tête peut se reposer, se laisser aller dans ses pensées, et voir défiler tranquillement le paysage. Alors pourquoi s’en priver ?

Le Barong de la débrouille

Pendant notre semaine de volontariat à l’Ijen Shelter, en plus de notre “accompagnement sur le management de son éco-projet”, nous avons eu la chance de laisser libre court à notre créativité pour confectionner une boite à suggestions décorative, haute en couleur et en traditions locales.
Alors, nous allons créer un Barong (originellement de grandes marionnettes occupées par deux hommes qui servent lors des défilés), dont la bouche sera le receptacle des suggestions des clients.

Pour en savoir plus sur ce qu’est un Barong, Nico nous a rédigé un petit article.

Retour sur les étapes d’une œuvre qui nous a demandé temps et patience, ingéniosité et débrouille, et un vrai travail d’équipe.

De l’idée au croquis

Au dessin, c’est Émilie qui s’y colle. Elle compare sur internet différents modèles et commence quelques croquis. Ses expériences en dessins, volumes et colorisation nous font gagner un temps précieux.

Maintenant que les traits sont faits, sur quel support le réalise-t-on ?

Mais au fait, qu’a-t-on comme outils et matériaux ?

Là commence l’aventure. Car la contrainte est de taille : réaliser le Barong avec les moyens et matériaux du bord.

Nous allons faire un tour sous l’appentis des rebus en quête de nos supports – attention aux serpents et scorpions qui hantent ces lieux.
Un vieux pneu, des bottes trouées en caoutchouc, du bois vermoulu… mmmh bon, pas vraiment. L’idée d’utiliser ces matériaux ne nous enchantent pas, ça ne colle pas avec le projet.

Nicolas va vérifier les outils dont on dispose et revient, tout fier avec une scie sauteuse et quelques clous… Ok, il nous faut du bois alors !

Un bout de planche pétée ? des bouchons de bouteilles en plastique colorés ? des bouts de ficelle ?

Une heure plus tard, nous sommes face à deux grandes planches de contreplaqué à ressusciter, des scies, une multi-prise, un crayon à papier et une gomme. C’est parti !

Négociations dessin / réalisation

Nous discutons de la faisabilité de la découpe (aux commandes de cette partie M. Piquemal !) en réadaptant les croquis d’Émilie. Deux contraintes : ils doivent être compatibles avec le maniement des engins, et limiter les chutes de bois inutilisables. Qu’à cela ne tienne, nous optons tout de même pour des formes spéciales.
Emi se charge de la tête et de la bouche aux détails minutieux, tandis que Nico tente les motifs exotiques de l’arrière plan.

Le dessin

Menuiserie en menue scierie

L’étape de la découpe est arrivée. Pas le droit à l’erreur ! Nico passe les planches au papier de verre pour leur redonner une seconde jeunesse.
Puis vient la traditionnelle mise en position / maintien en position / usinage. Fabriquons-nous une scierie-atelier improvisé.

Les débuts de la découpe

Mise en position ? La planche repose hasardeusement sur un bord de terrasse en béton et des bouts de bambous et bois bancales, à quelques centimètres à peine du sol pour laisser passer la scie.

Nico à l’oeuvre

Maintien en position ? Bon, on oublie les serre-joints. Emi s’assoie et fait plier les bambous juste ce qu’il faut pour pas que ça bouge. Côté sécu on repassera.

L’art du détail

Usinage ? La multiprise qui pend du plafond semble fonctionner. Nico met le derrière vers le ciel et la scie au sol, et c’est parti !

Un peu de ponçage

Une bonne heure d’effort plus tard, nous avons de jolies planches que l’on superpose les unes sur les autres. Ça prend sacrément forme c’t’histoire.

Retouche des courbes avant la découpe

Peinture aboie

Ajustement des contours pour la colorisation

C’est dimanche et nous n’avons pas suffisamment de peinture pour commencer la coloration. Il faut en effet commencer par les couleurs pâles pour aller progressivement vers les couleurs plus vives et le noirs (en cas de râté, c’est plus facile à retravailler). En fin de journée, Daniella revient triomphante de sa chasse au pots de peinture : on a le droit à du blanc, du bleu et du jaune (pour métal), en plus des orange passé et vert mou (sous couches antirouilles ?), et noir et rouge brillants (pour métal aussi ?). On fera de notre mieux.

Par petites touches

On laisse sécher la peinture

Nous appliquons alors les premières touches de couleurs. Noooon ! Les deux chiens de Daniella sont lâchés… Vite faut tout ranger avant qu’ils ne sautent partout.

La touche finale

On passe aux tons clairs

Notre barong est beau mais ressemble beaucoup à un barong balinais. Quelle est la différence avec le Barong local javanais ? L’arrière plan a des grandes plumes colorées.

Alors nous décidons d’ajouter une couche de plus à l’arrière. C’est ambitieux… Sur bois ce serait trop lourd, on opte pour upcycler un grand bout de rouleau plastique qui sert de bouche-trou pour les toitures.

La directrice de colo en pleine activité

Le style est plus flou et impressionniste que les premiers éléments, c’est Emi qui exprime ses talents d’artiste.
Le lendemain on y ajoute le bleu, sous les yeux curieux des enfants des clients qui viennent nous demander ce qu’on l’on fabrique.

Et ça rend bien !

On a mis les mains dans le camboui

Il est 23h, la veille de notre départ de l’Ijen Shelter… et il faut que cela sèche. Alors tant pis faut finir. Émilie essaie d’ouvrir le pot de laque noire qui est scellé par une couche de vieille peinture puis… plouf ! d’un coup d’un seul, se retrouve la main dans le mazout. Beurk !

ouuuuuups

Évidemment ce n’est pas de la peinture à l’eau.
Après avoir péniblement enlevé la peinture de ses mains (et sans doute un peu de peau) elle achève sa mission.

Finitions de noir

Un ptit clou et le tour est joué

Nico passe à l’action le lendemain matin, il coupe, cloue et glue le tout. Et voilà, un beau barong réalisé avec patience et coopération !

On sent la maîtrise

Un ptit clou et puis c’est tout

Daniella la couturière se charge de la barbe-sac qui sert également de recueil à suggestions.

on en est assez fiers

Glissez votre petit mot dans la bouche et le tour est joué !

Le barong prend possession des lieux

De Munduk à Pémutéran

Adieu Munduk

Aujourd’hui, on change de région !
On se lève tôt car il faut décoller à 8 pour être à temps à Seririt pour le bus. A Bali il n’y a pas vraiment de transport en commun dans le centre. A Munduk, il y a parfois un bus local, mais on ne sait jamais quand ni si il part.
Dernier petit déj face à la montagne : tartines de pain de mie avec crème de marron française 🙂 et on finit ainsi le super colis de Noël familial !

De Munduk à Pemuteran

On prend donc le taxi avec notre hôte. Son chauffeur a trop mal à la tête, on comprend qu’il a la gueule de bois suite à une soirée en peu arrosée. Trajet tout en descente, sous un grand soleil. C’est dimanche, les locaux s’affairent dans les temples et écoles pour remettre en état les jardins et plantes. Ça coupe, cisaille, replante, enlève la mousse.
On passe par la capitale balinaise du durian, ce gros fruit ovale jaune à l’écorce piquante. Plein d’échoppes vendent ces fruits qui puent sur le bord de la route. Notre hôte nous explique qu’il a interdit ces fruits dans les chambres tellement l’odeur incommodante est forte !

Seririt et les transports publics

Seririt, grande ville animée locale et sans touriste. Notre chauffeur nous laisse sur le bord de la route. Visiblement c’est là l’arrêt de bus (impossible de le savoir, il n’y a rien de marqué), et les bemo (mini-bus locaux) sont un peu plus loin. La compagnie de bus est Putra Jaya (ou Adi Jaya) et fait passer 2 à 3 bus les matins entre Surabaya et Gilimanuk, en fonction du monde. Vaut donc mieux viser les premiers pour être sûr qu’il y en ait un. Ils passent à horaire variable et il faut les héler sur leur trajet.
Comme on n’en voit pas passer, un chauffeur de bemo vient nous alpaguer. 100000 roupies pour deux ! on n’accepte pas à plus de 80000 roupies (5€).
Et on monte dans ce mini-bus tout rouge, dont on voit la route à travers le sol. Dix minutes plus tard, on est chanceux, il démarre avec nous seulement à bord. Normalement il part que lorsqu’il est plein.

Route Nord

Sur le trajet, notre bus peine à dépasser les vingt-cinq kilomètres heure. La route va être longue. On se fait d’ailleurs doubler par d’autres bemos plus rapides mais tout aussi vides.

La route Nord longe la mer et traverse des petits villages locaux.
Scooters, petits camions, petits bus, voitures, il y a du monde.
On effleure un scooter qui tente de doubler dangereusement, et Boooom c’est la chute. Les deux occupants avaient un casque mais on du mal à se relever. Tout le trafic s’arrête, les scooters s’empressent de bloquer la route et porter secours, alors que notre chauffeur impassible grogne et ne ralentit pas. Ce n’est que plus loin, à l’abri des regards qu’il s’arrête pour constater les dégâts sur l’arrière de son bus, dépité.
Qui est en tort ? on n’a pas su. Mais on a été surpris en bien de la rapidité d’action des Balinais pour porter secours, et surpris en mal du comportement du chauffeur du bemo.

Pemuteran

Après un trajet modérément long mais épique, nous arrivons à Pemuteran. Il ne nous reste plus qu’à trouver notre maison d’hôte et y déposer nos sacs à dos.

Cultures et traditions balinaises

 

Au cours de nos déambulations balinaises, nous avons rencontré les locaux qui nous ont appris les us et coutumes de leur île. Voici ce que nous avons retenu.

Castes et prénoms

Pour parler des prénoms, il faut commencer par les castes. Nous apprenons alors qu’en Indonésie il y a quatre castes. Apparemment ce n’est pas comme en Inde avec des relations hiérarchiques entre les castes. Ici, ce sont plutôt des ethnies. Autrefois, il n’était possible de se marier qu’entre personnes d’une même caste. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, à part une d’entre elles : la caste musulmane stricte (représentée au Nord de Sumatra vers Aceh).

Alors pourquoi les castes sont elles reliées aux prénoms ?
Les prénoms sont par ordre d’arrivée dans la famille. Il y a donc “le premier garçon”, “le deuxième garçon”, “le troisième”, “le quatrième”. Pareil pour les filles. Et ensuite on revient au début. Le cinquième c’est donc le même prénom que le premier.
Enfin presque, car par “ordre” il y a le choix entre deux à trois prénoms. Par exemple, dans la caste de notre chauffeur Roja, le premier peut s’appeler “Putu” (tient, c’était aussi le nom de notre chauffeur de la veille), en gros “l’aîné”.
Marrant nom ? euh, marrant non ?

Religion et karma

Bali est à plus de 60% hindoue. La grande majorité des maisons a son propre petit temple familial où vénérer les divinités.

Les Hindous sont sensibles au Karma. Ils croient en la réincarnation : si le Karma d’un mourant n’est pas parfait, il se réincarne à nouveau pour continuer d’améliorer son Karma. La libération étant lorsqu’il n’y a plus de réincarnation.
Pourquoi notre chauffeur Roja croit à la réincarnation ? les bébés lorsqu’ils naissent, ils crient et pleurent non ? alors que ça devrait être un moment joyeux. C’est donc qu’ils reçoivent la lourde tâche de vivre à nouveau une vie dure sur terre.

Ce que nous comprenons néanmoins est que la religion pousse la population a avoir un bon Karma, donc un bon comportement. La vie des Hindous est basée sur le concept du Tri Hita Katana (trois / joie, bonheur / façon, moyen) : les trois voies permettant à tout Hindou d’atteindre le bien-être physique et spirituel. Ces trois voies étant : respect de ses dieux, respect des autres, respect de la nature.

Pour le respect des dieux, c’est bon ! Chaque maison de chaque village a son petit temple, et les offrandes (riz, piécettes, biscuits dans des petits paniers en feuille) sont omniprésentes au pied des statues, devantures de magasins et paliers.

Pour le respect des autres, il est vrai que nous sentons un état d’esprit d’entraide et non de compétition. Nous avons été témoin d’accidents de la route, tout le monde se précipite à la rescousse des victimes. Et d’un point de vue plus général, la majorité de la population est adorable et serviable. Nos discussions avec les locaux (chauffeurs de taxi et hôtes notamment) confirment qu’il y a peu de vols, incivilités et autres crimes à Bali par rapport aux autres îles d’Indonésie. D’après eux, leur religion en serait la cause.

Pour la nature… eh bien… les tonnes de plastique polluant la terre et les cours d’eau, les déchets jetés par terre, le savon directement dans les canaux des rizières, nous en font penser autrement. Mais il faut dire que tout change vite, et que les infrastructures ne suivent pas. Depuis des centaines d’années les gens n’ont que des matériaux biodégradables, ils ne sont pas habitués aux matières polluantes.

Bali et l’environnement

Plusieurs fois nos interlocuteurs ont été sensibles aux questions d’environnement. Et c’est tant mieux !
Par environnement, ils comprennent pollution de l’eau et gestion des déchets. Parfois on nous parle de changement climatique et ses impacts sur le climat local qui se dérègle.

Un de nos chauffeurs (Roja) nous raconte que son village a décidé d’améliorer sa propreté. Roja fait partie de l’organisation de la collecte des ordures en triant compostable et recyclable (deux poubelles). Il n’est visiblement pas possible (prend trop de place) de composter dans le village, il faut donc tout transporter à la décharge et au centre de tri. C’est un coût de 9000€ au village tous les ans, et apparemment un réel effort budgétaire que chacun peine à supporter.

Avec la quantité de plastique dans les cours d’eau, champs, rues, quel avenir pour Bali si les infrastructures de tri ne sont pas supportées par l’état ?

De Ubud à Munduk par les rizières

Après une petite marche arrière pour les vacances à Lembongan, il est temps de reprendre la route de la France… C’est plein Nord que nous nous dirigeons, vers Munduk. Et tant qu’à faire du chemin, autant profiter des expériences intéressantes sur son parcours.

Comme nous avions déjà pu le constater, les transports en commun ne sont pas le fort de l’île. Ils sont même en voie de disparition. C’est donc avec un chauffeur de taxi (négocié la veille pour cinq cent cinquante milles roupies, soit à peine plus de trente euros) que nous quittons Ubud après un dernier petit déj au soleil face à la piscine. Pancakes à la banane et miel, accompagnés de la douce mélodie saturée des dessins animés crachés par le téléphone portable du couple d’à côté pour contenter leur petite fille blonde.
Contraste paradis-enfer surprenant !

Roja, notre chauffeur

Notre chauffeur s’appelle Roja, et nous tentons de deviner son âge… Tâche toujours ardue entre ethnies différentes. Cinquante quatre ans ! On aurait dit dix de moins. Pas un cheveu blanc pourtant. Ancien ingénieur qui n’a pas pu exercer en tant que tel (apparemment la corruption était si importante que sans relation ou même parfois payer, impossible de dégoter un boulot qualifié), il a vécu longtemps comme sculpteur sur bois. Père de deux enfants de vingt-et-un et vint-cinq ans et même déjà grand-père, il est maintenant chauffeur de taxi.

Temple royal de Mengwi

Au volant de sa voiture louée pour la journée, Roja nous emmène vers Mengwi, ancienne capitale royale de l’île.

A Mengwi, nous nous arrêtons pour admirer le Pura Taman Ayun. Datant du 17e siècle, il est construit en trois parties (mandalas). Deux grands patios de jardins, fontaines et petits temples, et la zone la plus haute (Utama Mandala) abritant les pagodes principales.

Pagodes de Mengwi

Les pagodes coiffées de leurs toitures superposées (au nombre impair toujours) jouent les Daltons, avec en bas un petit hôtel carré peint de rouge et d’or.
Les trois parties du temple sont entourées de grands canaux d’eau, sortes de douves, magnifiant l’endroit.

Nous prenons notre temps pour sillonner les petits chemins des jardins (parfois sacrément glissants, la saison des pluies a mené la vie dure aux sentiers en béton), observer les ornementations des portes, les petites fleurs aux oreilles des statues, et appentis logistiques situés en retrait des monuments principaux. Cuisines, chambres, et autres pièces dans les abords du temple servaient de résidence à la famille royale de Mengwi. C’est encore les descendants de la famille qui maintiennent le temple aujourd’hui.

Mention spéciale pour la reconstitution d’un Barong en costume de danse traditionnelle, entièrement décoré de graines peintes : maïs, riz, haricots et cacahuètes.

Barong en céréales

Plantations bio de café, cacao et épices

La région de Peruan est connue pour ses plantations de café balinais et notamment son “Luwak coffee”, ou “café de mangoustes”.

Alors que nous croisons des parkings remplis de gros bus déversant leurs flots de touristes, nous avons peur. Heureusement notre chauffeur connaît un endroit plus tranquille et familial.

Nous sommes les seuls à déambuler dans la plantation de caféiers arabica, cacaotiers, et autres herbes médicinales et aromatiques : gingembre, curcuma, mangoustans (petits fruits ressemblants à des litchis), vanille, noix de cocos, canelle, citronelle, clou de girofle, etc.

La spécialité de l’île, c’est le café de mangoustes. Quatre mangoustes mangent un mélange de grains de café et de riz. Les grains fermentent dans leur petit bidou et lorsqu’ils en ressortent, sont lavés, grillés à nouveau avant d’être utilisés pour la préparation du café.

Préparation du café

Séance dégustation superbement préparée, avec un joli service en verre empli de liquides colorés. Café à la vanille, café à la coco, infusion de gingembre, de curcuma, de citronnelle. Et à chaque fois nous avons droit à l’explication des vertus thérapeutiques des boissons. Pour courronner le tout ? c’est une plantation bio !

Dégustation des nectars locaux

Evidemment ce petit tour gratuit accompagné de sa dégustation fini par un passage obligé à la boutique, où des perroquets en cage dressés ont appris à dire “Kembali” (“de rien”).

Les magnifiques rizières en terrasses de Jatiluwih

Les nuages épais se coincent sur les pentes des montagnes environnantes et la pluie commence à tomber, torrentielle. Notre prochaine étape est un site classé au patrimoine de l’Unesco : les rizières en terrasse de Jatiluwih. “Jaton-Luwih”, “Amulette-Bien”. Au détour d’un virage, nous tombons sur le panorama : des rizières à perte de vue, étagées, sculptant chaque bout de terre pour y cultiver la céréale prisée locale.

Arrêt rapide dans un warung (Teras Subak) pour y manger du riz sauté et des nouilles sautées (Nasi Goreng, et Mie Goreng) et attendre que la pluie s’arrête. Le thé chaud au gingembre et citron vert est parfait pour l’occasion !

Cape de pluie sur le dos (et altitude de mille mètres oblige : petite polaire, ça faisait longtemps 🙂 ) nous partons à la découverte des rizières sur un des quatre chemins balisés qui sillonnent les trente kilomètres carrés. Du vert vif, encore du vert vif, toujours du vert vif, malgré le ciel gris qui nous tombe sur la tête. Les terrasses sont bien tondues (patrimoine protégé oblige) et des petites cascades amènent l’eau d’étages en étages, amplifiées par le déluge.

Terrasses de Jatiluwih

Grâce à la fertilité importante des sols volcaniques, il y a trois récoltes de riz par an à Bali. Certains champs sont en cours de plantation tandis que d’autres sont déjà en graines. Parmi les terrasses, quelques petits abris permettent aux travailleurs aux chapeaux coniques de se reposer ou de se protéger des grosses pluies. D’autres servent de mini-étables pour les vaches et leurs veaux : bêtes de trait et surtout générateur de bouse fertilisante !

Quel plaisir cette balade, en sandales trempées sur les chemins transformés en ruisseaux.

Balade dans les terrasses

Temple de l’eau à Bedugul

Bedugul est une ville animée au bord du lac Bratan, coincée dans les hauteurs de l’île de Bali. Au marché et dans les échoppes voisines, tout le monde vend la même chose : des chips, snacks, savons, emballés dans du plastique, et disposés exactement pareil. Mais pourquoi ? tant de concurrence ? D’après notre chauffeur, c’est le karma, toujours lui, qui règne. Bon karma ? vous avez des clients. Mauvais karma ? tant pis pour vous. Pour en savoir plus sur ce fameux karma, c’est là.

La célébrité du coin c’est le temple Pura Ulun Danu Bratan. Temple Hindou Bouddhiste construit au 17e siècle et rénové de nombreuses fois depuis, il est le lieu de vénération de Dewi Danau, la déesse de l’eau. Cérémonies et pèlerinages ont cours ici pour assurer de l’eau pour les cultures. Pas de problème, les prières ont été entendues !

Temple dans l’eau Bratan

Le temple principal et bien connu a les pieds dans l’eau, littéralement. Il semble flotter sur le lac qui déborde. Même le pont qui le relie à la terre a été enlevé tellement il y a de l’eau 🙂

Porte sculptée de Pura Ulun Danu Bratan

La visite de ce temple a été surprenante à deux titres :

  • Un pèlerinage de jeunes musulmans de Sumatra et Java, dont les jeunes filles à la chevelure voilée voulaient se prendre en photo avec un Bule (à prononcer boulé). Boulet ? ah non, ouf. Bule, un touriste blanc.
  • Des figurines géantes en béton peint de couleurs vives : grenouilles, champignons, aigle, et même un bob l’éponge… Les pédalos en cygne et les jeux pour enfants démontrent que ce temple est aussi le Disneyland de l’île.

On ne va pas trop traîner par là

Plantes et fruits

Parfois notre chauffeur fait une halte au bord de la route, sort nous cueillir un fruit, une feuille, et nous en explique les vertues. Tellement chouette !

La palme revenant au petit fruit Jambubatu (ou Sotong) : “papa eat, mama happy”. Haha haha !
Les feuilles de l’arbre peuvent être lavées à l’eau claire, broyées et infusées dans de l’eau. Ça devient un remède contre la courante. Vu l’état de nos bidons respectifs en ce moment, on va tester.

Plante médicinale

Route vers Munduk

Nous finissons le périple sous la pluie et bientôt le brouillard. Nous quittons Bedugul et sa population davantage musulmane qu’hindoue à en croire les voiles des femmes et la Mosquée au toit bleu pétard. L’ambiance est déjà différente, et c’est chouette de voir la transition. Nous entamons la montée raide vers les montagnes.

Ça tournicote beaucoup, les scooters luttent péniblement pour grimper et slalomer entre les macaques qui baillent ou s’enlèvent les puces en plein milieu de la route.

Bientôt nous atteignons la crête du vieux volcan. Vue sur les deux lacs Danau Buyan et Tamblingan à gauche, tandis qu’au loin à droite c’est la mer.
Les restaurants ne s’y sont pas trompés, et jalonnent côte côte toute cette route panoramique.

Pour nous, c’est un passage rapide, d’autant plus que le brouillard s’installe et que la pluie menace. Pluie qui a d’ailleurs ravagé certaines portions de la route : des glissements de terrain ont par endroit emporté la moitié de la chaussée. Avec quelques tas de graviers ou frêles poteaux en bambous, notre pilote a intérêt à avoir l’œil vif pour éviter de finir dans le ravin. Heureusement nous arrivons sans encombres à Munduk.

Une équipe qui gagne avec Roja

Première nuit tranquille dans la montagne

Nous disons adieu à Roja, lui souhaitons bonne route de retour, et montons à notre hôtel “de luxe” : le Puri Sunny Hotel où Emi a encore dégotté une super affaire. En basse saison, 19€ la chambre en petit bungalow avec vue sur la montagne et les rizières. Cooool !

Nous tenons le crachoir au proprio fier de nous raconter ses aventures à Paris (et son adoration du Louvre). Avec ses bagues et sa montre en or, ses voyages répétés en Europe et son hôtel, il doit être bien riche. Aaaah il travaillait pour le gouvernement, tiens tiens. Quand on connaît la situation catastrophique de la corruption des précédents gouvernements, le lien est facile. Stop, pas de conclusion hâtive 🙂

Nous dégustons un excellent repas balinais dans le warung Taman Ayu d’en face, tenu par une gentille locale souriante, et nous partons dormir pour récupérer de cette longue et belle journée.

Pour tout lire sur Munduk : la vie à la montagne et les randos à ne pas manquer.

Avec le calendrier balinais on reste jeunes !

En arrivant à Bali, j’ai été intrigué par la façon d’organiser le temps et les événements. L’année balinaise compte 420 jours !

Comment fonctionne-t-il ?

Tout le monde connait le calendrier solaire. Utilisé internationnalement, il est basé sur la rotation de la Terre autour du soleil (en à peu près 365,25 jours, d’où l’importance des années bisextiles pour recaler le tout).
Un autre calendrier (utilisé notamment par certain pays en Asie) est le calendrier lunaire, qui comme son nom l’indique est basé sur le cycle de rotation de la Lune autour de la Terre. Un mois compte 29 jours 12 heures et 44 minutes (et douze mois par an).

A Bali, c’est différent ! Ils utilisent un système basé sur la semaine : “Wuku”. Une semaine compte 7 jours. Le cycle “Oton” compte 30 semaines (donc 210 jours), et une année compte 2 Oton.

A quoi ce calendrier sert-il ?

Eh bien à décider des jours de cérémonie pour les anniversaires (otonan), les dates pour les cérémonies religieuses, les meilleurs jours pour débuter un commerce, pour planter, élever des animaux, etc.

The Sacred Monkey Forest Sanctuary

On m’en a tant parlé de cette “Monkey Forest”, ce parc en plein centre d’Ubud où les macaques sont légions. Allons voir de quoi il en retourne !

Déjà dans les rues adjacentes, ça crie, ça se chamaille, ça déambule nonchalamment, ça grimpe aux poteaux électriques. Des panneaux de signalisation routière indiquent : “attention traversée de singes”. Atypique.

Premier témoin de l’inflation touristique : le prix du billet qui augmente tous les ans. C’est avec un grand sourire que le garde en habit militaire contrôle notre billet et nous laisse pénétrer dans le parc. Les grands arbres aux lianes laissent filtrer quelques rayons de soleil bien jaunes. Les statues de pierre représentant des divinités hindoues et des animaux profitent de cette belle lumière, teintées de vert mousseux.

Statue

Il y a du monde, mais encore plus de macaques. Plus de six cents primates à longue queue balinais ici (macaca fascicularis de leur petit nom technique) alors que le parc fait à peine la taille de deux stades de foot. Les cinq tribus se sont répartis le terrain et gare à ceux qui s’en éloignent : ça fait du foin ! Surtout que pour la baignade il n’y a qu’une rivière et l’accès se fait par un des territoires d’une tribu. Bizarrement ça rappelle les conflits entre hommes non ?

Famille macaque

On en voit de toutes les tailles (et donc âges). Les femelles sont adultes à quatre ans, les mâles à six. Alors que les mâles vivent jusqu’à quinze ans et femelles vingt.

Ça va je récite bien l’exposé ? Je continue ? 🙂

D’après le petit dépliant de l’entrée (en français s’il vous plaît), le sanctuaire est bâti selon le concept du Tri Hita Katana. Pour en savoir plus, ce sera [ici !]

Nous déambulons donc parmi les sentiers, les statues, les temples en pierre et briques aux petites pagodes aux toits en chaume locale. Les singes sont omniprésents, surtout ne pas croiser leur regard (ils prennent ça pour de l’affront), ni montrer les dents (même chose).

Il y en a un qui approche de moi, l’air de rien, euh… en deux temps trois mouvements, il est sur mon épaule, à manger sa banane tranquillement. Comment dire, cinq kilos de poils gris sur l’épaule qui mâchent bruyamment en postillonnant dans vos tympans, c’est cool non ?
Émilie me rassure en me disant qu’il ne cherche pas à me chiper quelque chose, ni à m’ennuyer. Il est juste là pour me faire un câlin 🙂 Apparemment, il ferme les yeux et m’enlace le cou de ces bras fins et poilus. Je tends le doigt et sa toute petite main l’enserre, c’est tellement mignon.
Finalement, de peur qu’il découvre que mes lunettes brillantes sont tout de même sacrément chouettes, je tente de le faire descendre (même s’il n’en a pas tellement envie). Je ressors ravi de cette expérience, instant de partage avec un de nos cousins.

Monkey Nico

Pas loin du temple Prajapati, nous découvrons un grand cimetière aux pierres tombales. C’est là que sont enterrés les morts avant crémation (qui a lieu tous les cinq ans). Le dieu vénéré ici est Hyang Widhi, et a une tronche qui fait peur avec ses grandes dents et yeux ronds exorbités. Pas de doute, la mort, ce n’est pas drôle.

Cimetière

Quelques touristes achètent des bananes pour nourrir les primates. Excités ils n’hésitent pas à monter sur les hommes à la recherche de choses à chaparder. Ça ne manque pas, un grimpe sur le sac d’Émilie et y attrape une petite bouteille d’eau. Surtout, ne pas résister (et paniquer). En quelques coups de dents, le macaque perce le plastique et en suce le contenu. Pas de doute, il connaît son affaire.

Dans un bâtiment, une exposition temporaire présente des peintures d’un peintre local. Peintures spectaculaires autant en taille qu’en qualité et couleurs. Les portraits sont poignants, scènes campagnardes réalistes, et bouquets de fleurs éclatants.

Expo de peintures

Nous continuons la balade entre les temples, les promenades le long de la rivière encaissée. Malgré les pétarades des scooters des rues adjacentes la verdure sauvage est ressourçante. C’est mon premier contact avec la flore locale ! Des feuilles aux proportions déconcertantes (ma taille, oui oui), des lianes tombant des cocotiers (tant que ce ne sont pas les noix ça va), des tapis de plantes vertes luisantes après la pluie (oui il a commencé à pleuvoir, comme toutes les après-midis).

Temple dans le parc

Nous quittons ce sanctuaire contents : ça y est on est prêts à vivre l’aventure en Indonésie !

Lettre de Noël d’une voyageuse

A ma famille, à mes amis,
A toi,

Nous sommes le 23 décembre. Demain, c’est Noël. Je suis en avance sur le temps de 12 heures par rapport à toi.
Aujourd’hui, j’ai planté des Kumaras. Des patates douces de Nouvelle-Zélande. Il faisait chaud et le travail agricole fait un peu mal au dos (à la relecture, le 25, il fait aussi mal aux cuisses, aux doigts, aux bras, à la nuque…bref!). J’ai aussi passé 6h à enlever des mauvaises herbes dans les allées de plantation (et 8 le 24!), pieds nus, en écoutant de la musique.
Et demain, c’est Noël.

Je pense à toi. Chez toi, il doit faire froid. Les sapins sont illuminés. Les cadeaux attendent peut-être déjà leurs heureux élus. Tu fais peut-être quelques courses de dernières minutes et dans la rue on entend Jingle Bells.

Nous sommes très loin l’un de l’autre. Mais aujourd’hui, particulièrement, je pense à toi.

Je réalise que déjà 9 mois se sont écoulés depuis que j’ai quitté la France. Une immersion en Asie, un petit tour en Australie et surtout, sillonner le pays des kiwis, hiver comme été, tel a été mon programme.

C’est Noël, et parce qu’à Noël on se dit ces choses là, je voulais te dire combien tu me manques, et combien je t’aime. Toi, ma maman, toi mon papa, toi mon frère, mon cousin, ma tante, mon ami(e)… Je voulais te dire aussi que je suis désolée, de partir si longtemps. Parfois, il m’arrive de me sentir coupable, comme une petite ingrate qui abandonne les siens pour vivre au grand air… Pas toujours facile à gérer cette culpabilité là… mais j’ai appris à la dompter un peu pour l’entendre, mais ne pas trop la laisser me paralyser.
Bientôt, cela fera un an que je suis sur les routes et donc, forcément, j’aurai manqué ton anniversaire, ta fête… si tu as eu de gros chagrins, je n’ai pas pu te prendre dans mes bras; et si tu as eu des joies, je n’ai pas eu l’occasion de le célébrer à tes côtés. C’est un des aspects qui rend parfois le voyage un peu difficile, mais ensuite, je sais, je sens, que notre connexion est telle qu’à nos retrouvailles, nous nous aimerons tout autant que lorsque je suis partie. Et, je te remercie pour ça.

La confiance que j’ai dans notre relation me rend plus forte, et m’aide à m’adapter jour après jour aux défis quotidiens que représente l’itinérance loin nos habitudes, avec ses grandes joies, ses découvertes et aussi, parfois, avec ses petits blues. Cette confiance, elle m’a aussi donné la force d’aller au bout d’un rêve d’aventure dont le parcours n’a pas toujours été une ligne droite. Si je suis ici, c’est alors aussi, grâce à toi.

Je me pose parfois des questions. J’ai fais de belles études, je suis bien entourée…pourquoi ce besoin de partir découvrir le monde ? Pourquoi vivre de presque rien, dans un tout petit espace, faire du bénévolat ou des petits boulots quand je pourrais être cadre et boire de mojitos le vendredi soir sur le canal St Martin ?
Et puis… je regarde tout ce que j’ai déjà fait ! 5 jours de vélo entre rizières et océans à me faire héberger à l’église ou au commissariat, apprendre le mandarin pour commander un plat, faire du stop sur une charette à boeufs, donner un cours à une classe d’enfants Taiwanais, vivre quelques jours au rythme d’un temple bouddhiste avec ses habitantes souriantes, me faire héberger par des gens merveilleux qui ont la main sur le coeur, revoir des amis de longues dates, renouer avec d’autres, confirmer la force intérieure en voyageant seule, affirmer ma facilité à rentrer en contact avec l’humain -même sans parler la même langue,randonner en hiver sur des sommets enneigés, essayer le ski de fond, le ski de randonnée, le body surf… se réveiller face à la mer, sentir l’odeur punais des régions volcaniques, finir la plupart des mes randonnées à la lampe torche, visiter le village des Hobbits comme une enfant émerveillée, avoir la peur de ma vie sur une dune de sable géante en body surf, découvrir la culture Maori et l’histoire des voyageurs polynésiens, se sentir au bout du monde si souvent, danser sur toutes les plages -hiver comme été- avec son amoureux, (et aussi vivre avec H24 pendant 6 mois!), rencontrer des pingouins à crêtes, des pingouins aux yeux jaunes, des poules bleues effrayantes, des bébés moutons trop mignons, profiter d’une journée de pluie pour lire à l’abris dans le van, aboutir à un blog de voyage (enfin!), rencontrer des gens un peu fou…mais surtout convaincus que la planète mérite mieux et qu’il est de notre responsabilité de la protéger… Ces 9 derniers mois, c’est une source d’inspiration intarissable dans laquelle puiser à mon retour pour trouver la force et l’énergie de réaliser des projets qui contribue à faire de ce monde un monde meilleur? C’est la chance d’avoir des étoiles pleins les yeux et l’envie de défendre des convictions, des valeurs et des utopies grâce au festival de couleurs, de paysages, de sourires et de mains tendus que j’ai pu croiser.

Cela peut sembler bizarre d’aller travailler pendant les vacances de Noël dans un champ de pomme de terre, loin de sa famille et ses amis. Mais ne t’inquiète pas trop pour moi. Déjà, je suis bien accompagnée, il y a un autre fou qui enlève des mauvaises herbes deux rangées plus loin et on s’amuse bien, la plupart du temps 😉 Aussi, ce n’est pas si terrible, et les petites économies faites pendant ce quelques jours nous permettront de nous rapprocher de toi !

Je te souhaite, à toi, un très joyeux Noël à 18 000 kilomètres de distance.
Je sais que tu sais, que malgré la distance, je pense à toi.

Voyager…écrire… instant présent et publication

Pourquoi cet article ?

J’ai voulu écrire cet article un peu différents pour vous parler d’un paradoxe que je vis ici : celui de vouloir être à la fois dans l’instant présent (j’entends par là, profiter du moment, ici, complètement) et aussi dans l’instantané parfois (vous envoyer la photo de là où je suis pour la partager avec vous en direct ou même, publier les articles de notre trajet “quasiment” au jour le jour).
Et…croyez moi, concilier ces deux réalités n’est pas évident! Lorsque je partage avec vous un article ou une photo, c’est souvent bien après le moment où je l’ai vécu.
Déjà, parce qu’il y a le rythme du voyage, qui m’impose une cadence d’écriture plus ou moins régulière. Aussi parce que j’aime relire l’article, le peaufiner, m’imaginer à votre place, loin d’ici et d’essayer de vivre les saveurs de ce moment que je souhaite partager avec vous. Et cela demande un certain travail, d’écriture, de relecture, de retrait de certaines parties (jugées  inintéressante pour vous), la structure de l’article et les liens avec les articles complémentaires, le tri des photos, le choix de LA photo…et bien sûr, l’avis de Célestine ! Ce temps donc, pour essayer d’avoir un rendu de qualité, ne permet que peu de publier au jour le jour le récit de nos aventures.

Mes grandes questions, du coup, c’est comment concilier la pleine jouissance de l’instant et présent et l’envie de participer au monde, et à son instantanéité ? Et, pour partager qualitativement mes expériences de voyages, est-il nécessaire de prendre, vraiment du temps au détriment du « tout de suite » ou est-ce le fait de partager « maintenant » qui prévaut, quit à moins travailler le contenu ?

Durée de vie de l’information et slow travel

Aujourd’hui, nos comptes Instagram, Twitter, Facebook nous envoient des notifications en permanences, sur des actualités concernant le monde, nos amis, les amis de nos amis, les amis de nos amis de nos amis… nous vivons dans un monde en perpétuel mouvement, et nous sommes sollicités sans cesse par des actualités qui périment rapidement.
Et d’un autre côté, ici, nous expérimentons le slow travel…c’est à dire, voyager doucement, prendre le temps de faire les choses au bon moment (météo, fatigue, taux de fréquentation…) Nous ne sommes pas les seuls à vivre cela, il n’y a qu’à voir la mode de la slow food qui remplie de plus en plus les petits bars branchés !

le slow ?

Il y a derrière le phénomène du slow, une certaine idée de la qualité : profiter de la qualité de produits qui ont gentiment poussés au soleil, d’un plat qui a bien mijoté avec amour, de la pause d’un voyage régénérant, le temps d’entrer en contact avec les habitants d’une région que l’on visite plutôt que de s’arrêter uniquement sur les points d’intérêts touristiques.
De plus, le slow, c’est cette idée de la liberté, de la libération. De quoi ? Comme si, les réseaux sociaux nous opprimaient, exerçaient sur nous une forme de pression sociale. « Je dois publier ». Le réseau social est un outil, une technique au service de l’homme. Pourquoi dois-je me sentir assujetti par lui ? Par l’usage social que l’on en fait ?
Donc… on pourrait dire aussi que sur ce blog, jusqu’à présent, on essaie plutôt avec Célestine de faire du « slow writting » (écriture lente).

Pourquoi publier ?

Est-ce que je partage cette image, ce texte, pour prouver aux autres (ou à moi même) que ma vie et mes expériences ont de la valeur ? Finalement, est-ce que les réseaux sociaux me permettent d’exister à travers la reconnaissance (le nombre de j’aime sur facebook ou des commentaires agréables) que les autres auront des mes expèriences vécues ?
Suis-je définie par cette reconnaissance ou mes expèriences vécues ont-elles une existance propres qui n’a besoin d’approbation pour être et me permettre de me constuire encore et encore ?
Il est vrai, qu’il y a une forme de valorisation sociale à pouvoir publier une jolie photo et se voir laisser des commentaires positifs. Il est vrai aussi, soyons honnêtes, que votre ego se sent un peu régénéré lorsque votre publication fait un petit buzz. Vous recevez le message : « ce que tu fait est génial ». Et cela fait plaisir, c’est vrai !
Est-ce vraiment cela que je cherche en publiant des contenus ? Peut-être un peu, mais je ne pense pas que cela soit ma première motivation, car au fond, je sais ce que je vis, je sais qui je suis, et c’est bien que qui compte non ? Sinon, dès lors qu’un avis négatif arriverai quelle image aurais-je de moi ?

Ne diabolisons pas la technologie…

Les technologies, qui sont parfois décriés pour leurs dérives, on aussi du bon… et je pense qu’au delà d’une petite cure égotique (tout à fait humaine et dont il ne fait pas avoir honte tant qu’elle est raisonnable) c’est le lien social et l’interaction que nous cherchons à travers eux.

Elle a aussi une vraie fonction !

Si je partage pour maintenir mon lien affectif, partager mes expèriences, permettre à mon entourage de voir à travers mes yeux, un peu, par procuration, pour mieux comprendre mon vécu et en parler ensemble…peu importe ce que je montre (mon repas du midi, un beau couché de soleil…) du moment que je le partage. Et si peu importe ce que je montre pour garder mon lien social… alors je peux tout à fait montrer quelque chose d’un peu post daté puisque l’objet partagé n’est qu’un support pour échanger.

Communiquer à distance VS ici et maintenant

La distance et l’instant présent ne sont peut-être pas incompatibles. Si par exemple, je skype en étant pleinement à ma conversation, sans faire autre chose, penser à autre chose…alors, je crois que je suis dans l’instant présent.
Je peux même, être plus dans l’instant présent avec les réseaux sociaux que mon environnement immédiat ! Par exemple : Je suis devant une belle cascade. J’en profite. Je prends la photo. Je l’envoie plus tard. Le lendemain, je suis devant un lac et je reçois des commentaires de la cascade…et là, je ne vois plus le lac, mais j’entre en interaction avec mon entourage…

Se rendre témoin ou acteur ?

En voyage, je vois beaucoup de choses magiques et parfois j’aimerai tout prendre en photo.
La coutume est devenue la suivante : à peine vivez vous un instant heureux, magique…apercevez vous un animal ou vivez vous une expèrience insolite, à peine avez-vous eu le temps de réaliser que vous êtes là, que déjà, vous voilà avec votre appareil photo, ou votre téléphone, qui ne manquera pas de vous proposer l’option fcb, twitter, instagram pour tout de suite, maintenant, dans le flux, partager ce moment.
Mais du coup, l’ai-je vraiment vécu ? Ai-je vraiment pris le temps de contempler les couleurs, sentir les odeurs de sous bois, apprécier la rencontre fortuite avec un animal sauvage ou la chaleur d’un rayon de soleil sur votre peau et la brise légère dans mes cheveux ? Sans cette photo, me souviendrai-je de cet instant ?

Trouver le juste milieu

Il n’est pas facile de se plier à l’exercice. Arrivez quelque part, aussi incroyable que cet endroit soit et prenez juste 5 minutes pour vraiment vivre ce moment. Pour tout observer, sentir, entendre… pour ne pas penser à votre liste de course, au plein de la voiture ou encore à ce mail important à envoyer. Prenez juste 5 minutes pour vous, pour profiter de l’instant présent, un peu égoïstement sans vouloir le partager tout de suite.
J’essaie, souvent, de d’abord profiter du moment, le graver dans ma mémoire. Ce moments de pleine conscience de l’instant me permet aussi, plus tard, de mieux le partager, à l’oral ou à l’écrit, d’en décrire les détails et de faire partir avec moi. Cela dit, c’est un exercice qui demande une certaine discipline ! car l’envie de le partager est parfois très forte !

Bref…

Ma conclusion après tout ça ? Et bien, soyons responsable de notre propre temporalité ! Vivons les moments comme nous voulons les vivre et comme nous avons besoin de les vivre !

J’ai une quantité fantastique d’articles et de photos en attente… et petit à petit ils trouvent le chemin du blog. Je suis ravie de partager tout cela avec vous ! Ceci dit, parfois, le rythme est très intense ici et nous capitalisons beaucoup expériences, dont la transmission attends un peu…car pour raconter, il faut d’abord vivre à fond !

Mandala communautaire

UN outil de gestion de la répartition des tâches

C’est à l’éco-village de TaIwan, chez Minalu, que j’ai réalisé ce mandala.

J’ai d’abord passé quelques jours sur place à faire d’autres projets et à vivre le lieu comme tous les nouveaux arrivants le font. J’ai pu noter les choses qui me manquaient, les informations qui ne me semblaient pas claires ou inexistantes. Ensuite j’ai regardé le film qui l’a inspiré pour créer son éco-village, dans lequel ils utilisent un mandala pour gérer l’organisation des tâches.

1ère étape : Poser les règles de base de l’éco village

Il m’est apparu que chaque nouvel arrivant avait le même type de question : quelles sont-les horaires, où manger, où dormir, comment fonctionne tel ou tel objet (machine, douche…). Bref…comme en colo quoi ! Alors j’ai d’abord suggéré que l’on se réunisse autour d’une table et que l’on énumère toutes ces questions logistiques : quelles sont les règles de base de la maison, les habitudes, les conseils. L’idée n’est pas de figer un fonctionnement mais de donner aux arrivant les clés pour qu’ils puissent s’approprier les lieux au plus vite, se sentir à l’aise et passer plus de temps sur la vie du village que sur en comprendre le fonctionnement quotidien. De puis, cela permet à tout le monde d’éviter de se répéter trop souvent (il y a parfois plusieurs arrivés par semaines).

Nous avons ensuite rédigé ces informations sur des feuilles et les avons affichés.
Il m’a semblé important aussi de proposer qu’à chaque arrivant une petite visite du site soit faite.

2ème étape : Définir les tâches NÉCESSITANT d’être ntégrées au mandala

De là j’ai conclu qu’il y avait deux types de tâches :
les tâches quotidiennes (laver, faire la cuisine….) qui ne nécessitent pas forcément des compétences particulières.
les tâches projets qui peuvent demander des compétences techniques (menuiserie, ingénierie, plantation…)

Si l’on veut réaliser un partage équitable des tâches qui suit également les intérêts de chacun, il m’a semblé plus judicieux d’avoir deux modes de répartition des tâches.
– Pour les tâches quotidiennes : utiliser le mandala qui n’est ni plus ni moins qu’un joli tableau avec des couleurs et un système de valorisation des efforts de chacun. Ces tâches sont récurrentes, tous les jours toute l’année.
– Pour les tâches projets, cela dépend des besoins de village à un instant t et des compétences des aidants et villageois. Ces projets sont inscrits sur le tableau et discuté lors de points collectifs.

3ème étape : construire le système de management

  1. Lister les tâches
  2. Les regrouper en thématique si besoin.
    Ici : Cook (cuisiner), Clean (Ménage), Wash (lessives, Buy (Aller faire les courses).
  3. Choisir un mode de fonctionnement pour la rotation

Ici, nous avons opté pour 3 parcours. Le bleu, le vert, le violet. 
Certaines tâches nécessitent plus de monde que d’autres, ainsi, nous avons définit que :
– Cook en nécessitait 3 + 1 bonus
– Clean en nécessitait 2 + 1 bonus
– Wash : 2
– Buy : Cette tâche n’étant pas quotidienne, elle se fera plutôt sur du volontariat. Si pas de courses, la personne est en repos des tâches quotidiennes.

Une personne arrivant par exemple le mardi et choisissant le chemin bleu commencera par la tâche Wash. Le jour suivant elle déplacera son pion en suivant la couleur bleu pour la tâche “Cook”. Etc. 

Chacun veille à ce que les équipes soit plutôt équitables. 

4ème étape : Construire le support

Temps estimé : 3 à 4 heures

Matériaux :
– Une grande feuille de papier un peu rigide
– Crayon à papier et gomme
– Règle
– Compas, rapporteur
– crayons de couleurs
– feutre noir
– petits aimants
– un fond aimanté (frigo, feuille aimanté…)
– des feuilles cartonnés
– du scotch

 

 

 

 

 

  1. Sur la grande feuille, dessiner un grand cercle sur l’un des côtés. Penser à garder de l’espace pour légender et le système de récompense.
  2. Faire les calculs pour répartir géométriquement chaque espace. Veiller à ne pas oublier un petit encart pour les titres (ici cook, clean, wash, buy).
    Ici, j’ai fais 5 cercles à l’aide d’un compas : une pour chaque catégorie de travaux plus une pour les “repos”.
  3.  Colorer le fond
  4. Colorer les petits cercles selon votre schéma de couleur prédéfini.
  5.  Ajouter une légende pour rendre les choses facilement compréhensible par tous.
  6. Repasser en noir

7. Découper dans les feuilles cartonnées des pièces qui vous serviront de pions
8. Plastifier vos pions avec un morceau de scotch
9. Coller au dos un petit aimant
10. Construisez une petite boîte pour y déposer les pions (sinon ils seront perdus!…)
11. Intégrer votre système de récompense.

 

Ici, j’ai dessiné des espaces pour les trois équipes : vert, bleu, violet. J’ai recolorer chacun des petits cercles de la couleur de son équipe et redessiner le symbole de chaque pions. j’ai veillé à laisser une place suffisante  pour ajouter des “petits rayons de soleils” pour les récompense. L’idée était de faire en sorte que chaque pion peut être mis en valeur, mais de ce fait, il met son équipe en valeur, ainsi que l’ensemble des équipes (incluse dans ce soleil en trois parties)

 

Voilà !
C’était ma contribution principale à l’éco-village, hors l’aide de woofeur à proprement parlé.
Nous avons utilisé ce système les quelques jours avant mon départ et pour le moment il fonctionnait assez bien.
Il nécessite la bienveillance et la vigilance de tous, ce qui est, après tout, l’un des objectifs de l’éco-village.

Pour plus de retours dessus, j’ai hâte d’avoir des nouvelles de Minalu !

Pour ceux qui souhaiterait rependre l’idée, n’oubliez pas que ce Mandala n’est qu’un outil qui évolue avec les gens qui l’accompagne. Ses règles ne sont pas immuables.
L’outil doit s’adapter à la communauté, et pas l’inverse !

 

Un temple Taoïste à Taiwan, entre beauté et sérénité

C’est un temple Taoïste. Rétrospectivement, le temps le plus beau que j’ai pu visiter dans ce pays. Rien que l’entrée est spectaculaire ! Une grande arche jaune, des escaliers de part et d’autres d’une cascade de fontaine et des lampions jaunes et rouges… Les escaliers vous mènent jusqu’à l’enceinte de l’édifice, mais avant cela il faudra suivre le chemin de pierre posés dans une petit bassin à grenouille et nénuphars. Le temple en lui même n’a rien de différent de ceux que j’ai vu précédemment, mais la balade dans ce parc feng shui vaut à lui seul la visite dans cette région. mon espace préféré reste la place aux 500 visages. Un espace circulaire où trône fièrement un gigantesque bouddha entourée de 500 statues (ses disciples à travers le temps). J’ rencontre une moine qui m’explique l’histoire du temple, la signification des signes au sol, pourquoi le bouddha regarde dans telle direction…. selon elle, la magie du lieu réside dans les arbres autour : ils n’ont que 20 ans, mais, les hommes qui ont construit cet endroit ont priés tellement forts pour que cet endroit soit le plus majestueux possible que les arbres paraissent centenaires. Il est vrai que la place et belle et l’histoire féérique. Vous me croirez ou non, mais lorsqu’elle m’a raconté cette histoire, un rayon de lumière a jailli des nuages, illuminant le visage du Bouddha qui semblait sourire. Un instant sans logique, une pure coïncidence, un moment de magie… je n’ai pas de terme pour cela mais au moment où elle a changé de sujet, le rayon de lumière à disparu. J’aime à croire qu’un brin de féerie parsemé encore ce monde beau, parfois fou, que nous habitons.