[J’ai visité] Rencontre avec une entreprise sociale au Laos

Avant de poursuivre la route vers le sud du Laos, j’ai quelques jours à Luang Prabang. C’est parfait après avoir couru partout, de pouvoir flâner un peu dans les rues, prendre mon temps pour visiter un temple, m’asseoir à la terrasse d’un café. Tiens en parlant de terrasse, me voilà confortablement installée face au Mékong, devant un carotte cake et un thé au gingembre.

J’apprécie mon petit déjeuner savoureux en toute tranquillité avant de poursuivre l’exploration de la vieille ville. La battisse rénovée offre un cadre chaleureux. Des tables en bois et des coussins en sac de toiles habillent l’espace. La musique invite à la détente et la contemplation de la rivière marron-ocre en face. Sur les murs, les photos des petits agriculteurs et un texte explicatif me permettent de savoir d’où vient le café que l’on boit ici. C’est chouette, cela me donne presque l’impression d’être allée chercher mon café dans les champs du Nord.

Curieuse, j’ai voulu en savoir plus, alors j’ai contacté Derek, le directeur adjoint, qui m’a reçu chaleureusement le lendemain matin.

A lire : l’interview exclusive et mon avis sur le projet

Entretien avec Derek, représentant de l’entreprise sociale (cliquez sur l’image)

 

Mon avis sur Saffron coffee (cliquez sur l’image)

 

Vous souhaitez prendre part à ce projet ?

Vous en avez le pouvoir ! Avec un dollar de donation, vous permettez la plantation d’un arbre chez un agriculteur isolé. Votre dollar sert à payer la pousse, les frais de transport, la formation et les visites auprès des agriculteurs.

Visitez le site internet, la page facebook de Saffron ou suivez le projet sur Instagram @saffroncoffee!

[Pourquoi j’ai aimé?] Saffron Coffee : vers le juste équilibre

Pourquoi ce projet m’a inspiré ?

L’atmosphère optimiste

Déjà, l’ambiance cosy du restaurant, la belle vue sur le Mékong depuis la terrasse…on se sent tout de suite, un peu comme chez soi, et ça fait du bien ! En plus d’être agréable, le design de l’espace est malin ! Les photos sur les murs, la jauge du nombre d’arbres plantés… le consommateur fait partie intégrante du projet et cela donne envie d’en savoir plus : les clients deviennent automatiquement des consom’acteurs : bon pour leur moral, bon pour les populations, bon pour la planète ! Un trio gagnant qui peut peut-être aider certains à aller plus loin.

Accessible, enthousiaste, Derek, le représentant de l’entreprise communique un amour pour son travail et sa mission qui est contagieux ! D’ailleurs, ça se sent auprès de ses équipes, qui sont souriantes, agréables. C’est un vrai plaisir de constater que le bien-être des salariés est aussi pris en compte. Trop souvent, dans les projets à but sociaux ou environnementaux, la cause prime sur le confort des personnes qui travaillent pour cette même cause. A mes yeux, avoir une démarche «responsable » c’est avoir une démarche globale qui ne peut pas négliger le bien-être des travailleurs.

La démarche intègre et intégrale
Visiblement à Saffron, on ne prétend pas pouvoir sauver la planète ou gérer la vie des populations locales à leur place. Non, on reste humble et, par le temps et les efforts qu’on investi, une relation de confiance se crée entre tous les acteurs du projet, avec l’espoir que le processus et les résultats seront profitables, à bien des égards, aux populations. «Saffron veut envoyer le message aux agriculteurs que leur travail a de la valeur, et que leur café sera bien travaillé et vendu, dans le respect des efforts fournis » me confit-il.

Les populations les plus pauvres du Laos, dans les montagnes du Nord font face à des marchés incertains (intempéries, valeures fluctuantes…). En accompagnant sur la durée ces populations et en leur garantissant l’achat de leurs matières premières à un prix juste, Saffron ne fait pas que leur apporter un revenu, ils leur apportent l’espoir de lendemains moins difficiles et la reconnaissance de leur travail et de la valeur de ce qu’ils produisent. Pour aller plus loin, chaque agriculteur partenaire est formé au cycle de production du café : de la pousse jusqu’au restaurant. Cela leur permet de constater que leur travail est un maillon essentiel d’une chaîne plus large.

La démarche d’accompagnement est tout à fait différente d’une démarche de supervision car elle place les populations en acteurs de leur destin. En restant humble, Saffron permet aux populations de prendre leurs propres décisions et de rendre les partenaires autonomes et responsables. Pour cela, ils sont d’ailleurs en train de travailler sur la mise en place de collectifs qui déléguera plus de responsabilités et d’initiatives aux agriculteurs.

L’équilibre des priorités

A Saffron, on jongle entre les différentes contraintes un peu comme un jeu d’équilibre délicat entre les aspects sociaux, éthiques, environnementaux et financiers. Chacun de ces critères est aussi important et la décision finale se prend en fonction du contexte, avec bon sens. Par exemple : un café qui grandit sous le soleil produit plus. Plus de production, plus d’argent pour les fermiers, plus de café à vendre en boutique…mais c’est une catastrophe environnementale. Par conséquent, ils ont opté pour du café qui grandit à l’ombre ! En plus de les protéger des intempéries, ce mode d’agriculture aide à la fixation du nitrogène dans le sol et fait baisser l’érosion en saison humide qui permet de conserver la faune et la flore.

Cela fait plaisir de voir une entreprise qui, bien qu’ayant conscience des contraintes économiques, puisse prendre des décisions qui servent l’environnement ou les hommes avant l’économie pure et dure. C’est à mon sens un vrai message d’espoir : les entreprises sociales détiennent une partie des réponses pour faire évoluer le monde dans le bon sens !

Vous êtes éco-entrepreneurs ?

Voici les 3 conseils qu’on retient du projet Saffron!

  • Monter un projet au Laos prend du temps et la dimension interculturelle n’est pas à négliger. Pour réussir, il faut s’associer à des locaux et également trouver des partenaires fiables sur place (ONG, collectivités..)
  • Beaucoup d’ONG et d’entreprises ont essayés de monter des projets, mais souvent, sur du court terme. Une fois le projet finit, que reste-t-il ? Les populations sont méfiantes. Pour réussir un projet, il faut s’engager dans la durée.
  • Il faut bien cibler son produit et sa cible. Si c’est un marché de niche, alors on assume, et on va au bout de la démarche =)

Visitez le site internetla page facebook de Saffron ou suivez le projet sur Instagram @saffroncoffee.

Vous n’avez pas encore lu l’interview ? Cliquez sur le lien suivant pour en savoir plus sur ce projet inspirant.

[Interview] Saffron, entreprise sociale au Laos

J’ai rencontré le directeur adjoint de Saffron Coffee en juin 2018, intriguée par les photos des producteurs accrochées aux murs. Je voulais en savoir plus sur cette entreprise sociale. Je vous invite à lire la retranscription (traduite) de notre rencontre. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à écrire en bas de l’article 😉

Cette article d’interview est complété par une présentation des éléments du projet qui m’ont inspirés : à lire ici.

Derek, Saffron est une entreprise sociale. Pourrais-tu me présenter ses objectifs ?
Oui, Saffron Coffee est une entreprise située à Luang prabang qui a trois passions : supporter les tribus Laotiennes d’agriculteurs, protéger l’environnement et produire un excellent café. En bref, tout tourne autour d’un « café de qualité, cultivé de manière juste ».

Comment est né ce projet ?
David Dale (USA), le fondateur travaillait pour une autre industrie mais à un moment il a souhaité mettre plus de sens dans son travail. Après avoir déménagé avec sa femme, Malayvanh Tou Dale, Laotienne, de venir à Luang Prabang, ils ont fondés Saffron avec l’idée de fournir aux villages du Nord du Laos l’accès à un marché significatif pour la culture d’Arabica. Ils ont investi une dizaine d’années ici, avant de retourner aux Etats-Unis en 2016. David reste encore très investit et partage ses connaissances et son expérience. Aujourd’hui, l’entreprise est dirigé par Todd Moore, lui aussi expatrié (USA).

Concrètement, que fait Saffron café ?
Nous travaillons avec plus de 800 fermiers individuels dans la province de Luang Prabang à travers 25 villages. Tous les villages sont à plus de 800 mètres d’altitude, sont très isolés et font partis des populations les plus pauvres du Laos. Premièrement, nous leur fournissons les plans de café. Ensuite, on travaille avec eux dans la durée pour les accompagner et les former. Puis, on leur achète le café (au dessus du prix du marché) que l’on revend à la boutique.

Pour les accompagner, avez-vous des partenaires ?
Oui, on pense qu’à plusieurs on va plus loin, avoir des partenaires est vital. Par exemple, nous travaillons avec Wildlife Conservation Society à Houaphan. J’appelle cela un partenariat gagnant-gagnant. Les villages de la frontières sont dans une zone protégée. Avoir un revenu avec le café détourne les villageois du braconnage et facilite les travaux de l’ONG. [Tiens tiens, cela me rappelle notre rencontre avec Mickey, le fondateur d’Ourangoutan-journey dans le Kalimantan! Où la création d’une activité d’éco-tourisme avait pour but premier de détourner les populations de la coupe de bois illégale] Pour nous, cela nous permet d’avoir des collaborateurs à proximité du village -Luang prabang est à 16h de route de Houaphan- qui s’assurent que nos standards de qualité et que le respect de l’environnement sont respectés.
Nous travaillons aussi avec des départements gouvernementaux dont les priorités sont l’agriculture durable.

D’après toi, quels sont les impacts les plus positifs de l’entreprise ?
Le premier, je dirais, qu’en apportant un revenu complémentaire à des populations reculées et en leur offrant la possibilité d’avoir un marché stable (car nous nous engageons à leur acheter le café qu’ils produisent à un prix juste) nous leur permettront d’être plus acteurs de leur vie. On espère qu’ils pourront prendre les meilleurs décisions possibles pour leurs familles comme par exemple l’opportunité de laisser les enfants partir à l’école [Il est vrai que l’on croise ici beaucoup de jeunes enfants qui travaillent dans les champs] ou d’avoir accès à des soins médicaux qu’ils ne pouvaient pas du tout envisager sans revenus. J’aime à penser que ça fait une vraie différence.

Plus généralement, je suis heureux de travailler pour une entreprise qui contribue à préserver l’environnement en pratiquant une agriculture raisonnable, à taille humaine et sans pesticides. C’est forcément plus sain pour la planète, pour les agriculteurs et les consommateurs [C’est presque un slogan ça!]

Une entreprise sociale doit par définition générer du profit pour assouvir sa mission. Quelle est votre stratégie marketing pour réussir ?
Lorsque je suis arrivée, Saffron s’essoufflait un peu : l’emplacement du café n’était pas idéal et la cible marketing était sans doutes trop large. Il nous a fallut comprendre que le café que nous vendions est un café de niche, sans pesticides contrairement à de nombreux produits ici. Nous avons donc déménagé, créé un espace qui correspondait plus à notre produit et nous avons mis l’accent sur le partage des histoires de Saffron. Nous pensons qu’il est intéressant pour les clients de savoir d’où vient le produit, le travail que cela représente et les efforts qui sont fournis par les agriculteurs pour produire de la qualité. Petit à petit la demande est devenue trop élevée pour ce que nous produisons.

Si la demande est plus élevée, avez-vous envisagé de produire plus de café ?
C’est bon signe d’avoir trop de demande mais c’est aussi frustrant de savoir que l’on a un bon produit et qu’on ne peut répondre à tout le monde. Toutes les semaines, depuis deux ans, nous refusons des demandes d’envoi de café à travers le monde. Probablement, nous devrons continuer à refuser pour les 3 prochaines années. Pourquoi ne pas avoir 50 ou 100 hectares de plantations ? Et bien, ça ne répond pas à notre objectif d’aider les petites fermes agricoles des villages reculés, si nous agrandissons trop notre production [Je souris intérieurement, ce n’est pas tous les jours que l’argument financier passe au second plan!]

De quoi es-tu le plus fier ?
J’aime le fait que nous soyons engagés auprès de 800 familles dans les plantations. J’aime le fait que nous mettions du café de qualité dans la main de milliers de personnes par ans, particulièrement ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de goutter un café de qualité. J’aime le fait que nous ayons un impact sur une quarantaine de famille à travers des emplois stable au café. J’aime le fait que notre personnel travaille dur et apprennent de nouvelles choses. J’aime la qualité de service qu’ils offrent à nos clients : ils font du bon boulot !

Tu as l’air fier de tes équipes. Comment recrutes-tu tes salariés ?
On ne recrute pas vraiment par annonce, mais par bouche à oreille. On aime que les gens viennent parce qu’on leur a dit qu’ici, c’était un bon endroit pour travailler.

Et les équipes sont composées comment ? Veilles-tu à une parité homme-femme par exemple ?
Notre priorité est plutôt de recruter des locaux plutôt que des expatriés ou des volontaires car nous travaillons pour aider la communauté laotienne. Mais c’est du personnel qu’il faut former. J’ai 17 femmes et 7 hommes dans mes équipes. Traditionnellement ici, les femmes sont en cuisine. Alors les postes de cuisinières et les boulangères sont occupés par des femmes. On embauche aussi des étudiants qui apprennent l’anglais, comme ça ils ont un terrain pour pratiquer. On espère les garder par la suite, d’autant qu’il n’est pas si simple après les études ici de trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences. L’une de nos salariés va terminer ses études de comptabilité en octobre, nous sommes en train de nous organiser pour voir comment elle pourrait faire une partie de la comptabilité pour nous.

Manager une équipe qui possède une autre culture, ce n’est pas évident n’est-ce pas ?
Oui, la différence culturelle est un vrai défi ! Les laotiens par exemple, aiment travailler étape par étape et sont heureux de répéter une tâche de nombreuses fois. En tant qu’Australien, Américains ou même Européens, nous aimons le challenge, le défi, trouver des solutions, créer, innover [A qui le dis-tu!]…bref, le changement et la rapidité. Les Laotiens, d’après mon expérience, pas vraiment. Ils préfèrent un rythme plus régulier, doucement mais sûrement, dans le bon sens du terme. Au début, j’avais peur qu’ils s’ennuient à ne faire qu’une tâche, mais en fait ils ne s’ennuient que lorsqu’il n’y a pas de clients. Par exemple, ma barista, cela ne la dérange pas de faire 100 cafés dans la journée, elle aime juste les faire bien.

Quelles sont les principales difficultés que vous devez surmonter au quotidien ?
Oh..bien trop pour toutes les mentionner. Tous les jours, il y a des difficultés qui se présentent. Je suppose que le plus compliqué c’est la confiance. Nous avons besoin de construire une relation de confiance avec nos agriculteurs. Plusieurs fois, des ONG ont essayé, ou d’autres entreprises, de promouvoir le café Arabica… mais c’était des missions à court terme ou parfois mal dirigés, les communautés sont donc méfiantes [je crois d’ailleurs qu’à ce sujet les programmes d’aides intègrent de plus en plus la dimension de coopération, de durabilité du projet même après le départ de l’association. J’irai creuser la question!] Il nous faut être irréprochable et inspirer confiance en nous engageant sur du long-terme auprès d’eux, ce que nous faisons. Il se passe 8 à 9 ans entre le moment où nous rencontrons un partenaire et le moment où la première récolte arrive. Cela prend du temps d’obtenir la confiance, puis d’obtenir les autorisations légales, puis de faire pousser le café en les accompagnant pas à pas.

Que puis-je te souhaiter pour la suite ?
Tout de suite ? Une donation généreuse de 30000 dollars pour de nouveaux équipements ! Parfois, les besoins de nos équipes passent au second plan face à la priorité d’aider les agriculteurs d’avoir plus de formations et d’arbres. Une très grande partie de nos bénéfices servent donc à ça, au détriment des équipes du café. Une donation leur apporterai plus de confort dans le travail et je pense que c’est aussi important.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Oui, achetez votre café en sachant le travail qu’il y a derrière une seule tasse de café et que les profits reviennent aux fermiers du Nord du Laos, pas dans la poche d’un propriétaire ou d’actionnaires…

Il ne vous donne pas envie ce beau café ? =)

Visitez le site internet, la page facebook de Saffron ou suivez le projet sur Instagram @saffroncoffee.

Pour lire mon avis sur ce projet, cliquez sur le lien suivant.

[La bonne idée] Thank you project, une initiative qui met du baume au coeur

“The thank you project” est né à Christichurch après le grand tremblement de terre de 2011 pour aider la communauté de ressouder les liens et créer une dynamique positive.

Le principe : Lorsque vous observez un acte de gentillesse, remerciez le par une petite carte, qui sera redonné, et ainsi de suite. Vous pouvez écrire vos histoires sur la page facebook du projet. Une chouette façon de voir la vie en rose, non ? =)

J’ai rencontré Mélanie à Mountain Spirit, près de Wanaka. Elle est venue une soirée tel un petit lutin pleins d’idées bienveillantes sur l’humanité. Dotée d’une personnalité lumineuse, difficile de ne pas apprécier, et la femme, et l’entrepreneuse, et ses projets !

Je vous invite à aller jeter un coup d’oeil à son site web pour plus d’infos.

[la bonne idée] La bibliothèque de graines : passeurs d’histoire naturelle

C’est à Nelson (Nord de l’île du Sud) que j’ai découvert cette bibliothèque de graine lors d’un dimanche pluvieux. Dans une bibliothèque conviviale, dans un coin, une drôle de commode attire mon attention.

Ici, des bénévoles ont crée une vraie bibliothèque, non pas de livres, mais de graines à planter pour conserver les espèces endémiques et rares. Quelle bonne idée pour la planète ! C’est vrai qu’il s’agit aussi d’un patrimoine commun, au même titre que le savoir =)

Le principe : on emprunte des graines que l’on fait pousser chez soi (si on est pas un expert, on emprunte aussi la petite fiche explicative pour tout savoir sur son nouveau protégé). Une fois la plante devenue grande, on ramasse les nouvelles graines qu’elle a donné et on en remet dans la bibliothèque. 

Un projet simple, malin, collaboratif…tout ce qu’on aime !

Pour en savoir plus sur le projet :
– Le site officiel
– Le projet spécial : Grands haricot
– La page facebook

Aller plus loin :
Une lecture intéressante sur la question de la biodiversité et des espèces à protéger écrit par le CNRS. Vous constaterez que la Nouvelle-Zélande figure dans les pays en rouge (points chauds à protéger de toute urgence compte tenu de “l’endémisme et du degré de menace“). 

[J’ai visité] La tête dans les nuages, les pieds sur terre

Sur un terrain vallonné à taille humaine, 3 poneys qui gambadent, des poules et des pans devant une charmante maison entourée par une terrasse de bois, une rangée d’eucalyptus, et un peu plus loin, sur les terrains adjacents, des moutons paisiblement installés. Bienvenu à Poney Land ! Bon, pour le moment il faut imaginer un peu car c’est le début, et j’ai visité cet espace en plein hiver sous une brume glaciale. Il y a un an, Debbie et sa famille ont emménagé, alors depuis, la vie est bien remplie pour faire de ce rêve, une réalité !

Un lieu de magie

Imaginez un espace vert, entouré de nombreux poney (dont certains seront certainement des licornes), une forêt d’arbres natifs de Nouvelle Zélande dans laquelle toutes sortes d’histoires magiques se déroulent… A Noël, des fées dans les arbres, des lumières, une balade à poney… On s’y voit non ?!

Un lieu de bonheur

« Je souhaite créer un espace où les gens peuvent en repartir le cœur plus léger, créer un endroit de paix et de bonheur ».

La thérapie par les animaux, notamment les cheveux et la nature. Le concept est simple, asseyez vous et appréciez l’endroit, comme une pause méditative, une contemplation. Caressez les poneys, appréciez leur compagnie, respirez l’air de l’espace et des arbres.

Un lieu d’écologie

En plus, d’une forêt d’arbres natifs de Nouvelle-Zélande, Debbie souhaite participer à la protection de la biodiversité sur son terrain.Elle voudrait aussi proposer un espace avec quelques cabanes en bois et des tentes. Les sanitaires seront écologiques (pas d’eau), un petit potager…et l’endroit sera régit par des principes simples de bon sens en faveur de l’environnement.

Un lieu d’équité sociale

Idéalement, cet espace serait ouvert à tous pour ne pas exclure les personnes qui ne peuvent pas payer.

Mais cet espace doit rester viable financièrement, et pour cela Debbie a déjà quelques idées :
– Les dons : boite de don sur place et sur internet
– Un crowndfounding
– L’organisation événementiel : anniversaires, Noël, soirées..
– Et si ses livres se vendent, elle veut utiliser les fonds pour financer son projet

 

Pour participer au développement de son projet, c’est ici !

[J’ai visité] Last Light lodge : se sentir chez soi au bout du monde

UN QUOTIDIEN HORS DU TEMPS

Last Light Lodge est un café-restaurant-camping-hostel situé à Tuatapere, petite ville de 300 âmes. Tenu par Craig, un kiwi pur souche et sa compagne Violaine, une française restée ici par amour, à LLL s’écoule des jours tranquilles, loin du stress des grandes villes.

Il y a les habitués, ceux du matin, pour le café, le gang des mamies du dimanche midi- qui viennent se raconter les potins de la ville, les familles du samedi, les amateurs de bières qui viennent profiter d’une large sélection opérée par Craig…

UNE CUISINE RAFFINÉE ET CHALEUREUSE

La cuisine qu’on y sert est à la fois simple et recherchée. Pour des prix très raisonnables, on vous sert une soupe maison, un fish and chips, un risotto, une tarte… il y a toujours la petite touche du chef qui leur donne un supplément d’âme. Le couple de propriétaire met un point d’honneur à vous servir des produits de saison et sont soucieux du retour des assiettes, pour s’assurer que leurs clients ont apprécié. Si en hiver le rythme est plutôt détendu, ils savent aussi faire face aux rush de l’été et leurs voyageurs incessants, ou à la folie des soirées locales, réunissant les clubs du 3ème âge pour un long repas ou la moitié de la communauté pour célébrer Noël au profit d’une association caritative.

UNE GRANDE FAMILLE

Mais LLL c’est aussi, Surjana, à la cuisine, une Népalaise de 27 ans qui vient tenter sa chance en Nouvelle Zélande. C’est Violaine qui, lorsqu’elle ne travaille pas, participe à des concours de chant. C’est Peter, le père de Craig, qui ne rate pas un matin pour allumer le feu dans le foyer ou nourrir les poules et rapporter quelques œufs à sa petite famille. C’est ses enfants d’un deuxième mariage, Shana, qui travaille au comptoir régulièrement et les deux petits qui atendent avec impatience une balade avec les chiens. C’est deux matous, un touffus et roublard qui ne manque pas une occasion de venir sur vos genoux pour voler un câlin en vous empêchant de travailler, ou la petite grise qui passe sa journée devant le feu en s’étirant de tout son long pour n’oublier aucunes zones de son petit pelage que l’on veut patouiller.

Bref, LLL c’est un endroit familial, paisible, confortable. On y vient pour un café, une bière, un repas, un billard, une nuit… et on s’y sent un peu comme à la maison.

UNE PRÉOCCUPATION ÉCOLOGIQUE SINCÈRE

Craig et Vi se sentent très concernés par les notions d’économie d’énergie et ce n’est pas le critère financier qui les y pousse, c’est une réelle envie de contribuer à un monde plus durable en faisant de leur mieux pour que leur business soit le plus responsable possible.

QUELQUES ACTIONS À TITRE D’EXEMPLE :

AU CAFE

– Les clients peuvent venir avec leur propre tasse (et obtenir une réduction) afin de ne pas utiliser de gobelets jetables
– S’ils n’ont pas de tasse, le gobelet en carton recyclé et recyclable leur ai fourni, et une partie de l’achat de cette “cup” contribue à financer les artistes néo-zélandais
– Plats de saisons proposés

LA STRUCTURE

– Installation d’e panneaux solaire sur tout le toit pour fournir l’électricité de la maison et de la cuisine
– Renforcement de l’isolation dans le backpackeur pour limiter les émissions de chauffage
– Mise en place d’une ruche pour participer à l’amélioration de la biodiversité
– Potager bio sur place

[J’ai visité] Les débuts d’un éco-village

Un endroit très atypique…

eco village jardin vue montagnePour s’y rendre il faudra déjà arriver jusqu’à Taitung puis prendre un bus local jusqu’au village de Guanzhou. Ensuite, une mobylette traverse les montagnes pendant 25 à 30 minutes avant d’arriver sur un terrain vallonné, vert et ensoleillé. La vue est imprenable sur la vallée et les montagnes en face.

 

Les toilettes…vue sur la montagne

La maison principale est rectangulaire. Une cuisine à l’extérieur et lorsqu’on entre, une pièce principale, une mezzanine, une douche, des toilettes.

L’endroit est très nouveau. Minalu, le propriétaire possède le terrain depuis plusieurs années. C’était sa résidence de vacances. Et petit à petit, le projet de l’eco-village a mûri.  Il habite désormais ici à l’année. Pour le moment, sa femme est restée dans le Nord. Ils espèrent qu’elle pourra le rejoindre une fois le projet mieux lancé.

Il y a aussi Arthur, son premier résident qui dort dans une tente pour le moment mais qui se construit une maison en bambou.

Concrètement,  il y a des plantations : bananes, choux… et des canards, poules…

…avec des valeurs fortes

Les deux idées majeures que je retiendrai de ce lieu sont “support and share” et “sustainable life”.

Se soutenir et partager

C’est l’idée principale de Minalu. Les vies modernes sont éreintantes. L’eco-village veut devenir un endroit où la communauté permet le partage des tâches, des objets…et où chacun peut se rendre utile à partir de ses propres compétences; sans pour autant être le super héro que l’on doit être dans la vie normale : les courses,  le bricolage,  l’éducation,  l’argent… tant de choses à faire qu’il ne reste que peut de temps pour l’épanouissement personnel.
En partageant ces tâches selon les appétences et compétences de chacun, le temps disponible à chaque individu lui permet d’avoir des moments de cerveau disponible pour son développement personnel et son bonheur sans s’inquiéter de manquer a son devoir.

Une vie durable, soutenable

En effet, avec un rythme de vie plus souple, un partage des tâches et le potentiel du terrain, il devient presque inutile de gagner de l’argent puisque le terrain peut subvenir aux besoins de ses occupants  en nourriture et matériaux.

A quoi sert donc de gagner de l’argent si ce n’est pour se payer un toit, de la nourriture, des objets…qui nous permettent de nous rendre au travail… vous voyez où je veux en venir ?

Que faire alors de tout ce temps DISPONIBLE ?

La réponse du lieu est simple : vivez le moment présent. Soyez en pleine conscience de ce que vous faîtes,  partager le repas avec vos colocataires, prenez le temps d’éduquer vos enfants avec des principes qui collent à votre réalité,  méditer,  pratiquer le tai chi… bref : Existez!

Question de gouvernance

Minalu souhaite un endroit où règne une démocratie équitable dans le sens que la voix de chacun, pour les décisions communautaires, puisse compter. C’est pourquoi il souhaite monter une fondation et faire don de son terrain à cette fondation. Il ne sera alors plus question d’un propriétaire qui  accueille des participants mais d’une multitude d’individus qui font le choix délibéré de venir s’installer sur le terrain et partager cette vie un peu hors du monde.

Minalu pense ainsi protéger son projet en le rendant pérenne, puisqu’il n’y aura pas de questions de successions pour ces enfants.

Mais alors n’importe qui PEUT-y aller ?

Oui et non. N’importe qui peut venir s’installer, mais la première année est un peu comme un “test de compatibilité” avec le reste de la communauté. Pas besoin d’un background particulier ou d’argent,  il suffit d’avoir envie de partager. Et si tout se passe bien bien à la fin de l’année,  un vote est prononcé pour l’acceptation définitive au sein de la communauté.

Comment les tâches sont elles partagées?

Le mandala communautaire. C”est ma petite touche personnelle et la raison principale de ma venue chez Minalu 😉

Que reste t-il à faire ?

  • Recruter des habitants
  • Construire les maisons
  • et tous les jours de nouveaux projets ! N’hésitez pas à lui demander !

Vous souhaitez rejoindre le projet ? ici

La vidéo du lieu (en allemand je crois) faîte par des wwoofeurs.