Deux bus, une route, de Banjarmasin à Pangkalan Bun

Alors que les (rares) touristes qui viennent dans le Kalimantan font généralement le trajet en avion en 1h20, nous commençons un voyage d’une journée pour rejoindre Pangkalan Bun, dans le Kalimantan Sud Central. Il parait qu’on y croise des orangs-outans !

Préparation de l’itinéraire

On l’a maintenant bien compris, à Bornéo trouver des informations fiables est d’une complexité redoutable. Le Lonely Planet a des infos périmées, les locaux ne savent pas grand chose mais ne veulent pas l’admettre. On se retrouve alors avec une tonne de données contradictoires. D’où on part ? à quelle heure? combien de temps met le trajet ? combien il coûte ? Même Internet reste un peu trop sec à notre goût.

On quitte Banjarmasin !

Ce matin, nous sommes réveillés par le room service du petit déjeuner. Pleine d’espoir, Emi ouvre la porte et récupère notre plateau… deux tranches de pain grillé et un thé très (très très) sucré. Euh, vraiment ? c’est tout ? une pauvre tranche de pain? Bon… ce n’est pas fou, mais restons sur un réveil positif. Si on oublie que la salle de bain sent les égouts, la bonne nouvelle c’est qu’on quitte Banjarmasin, et que mis à part l’expérience du joli marché flottant nous n’avons pas adoré cet endroit.

Nous descendons à l’accueil une fois les sacs bouclés (facile, ils avaient à peine été ouverts). Nico réserve un GrabCar (taxi au prix déjà négocié, le Uber d’Asie) et Emi file chercher une petit déjeuner.
Une rue plus loin, au stand de banane, elle demande “banana empat”, paie “empat pulu ribu” (4 000 Rp) sous le regard mi-amusé, mi-adminiratif du mari de la commerçante qui lui demande si elle parle indonésien (bahasa indonesia). Eh ben oui ! “un tout petit peu”, “little little” accompagné du signe de la main qui va bien. S’ensuivent alors quelques questions, comme pour vérifier qu’elle maîtrise bien la langue, d’où elle vient, quelle ville, combien de temps on reste en Indonésie…

Eh oui, après cinq semaines dans le coin, il est possible d’avoir une conversation (très basique) avec les locaux. Cela facilite grandement les négociations et attire la sympathie.

Au stand d’à côté, un jeune homme vends quelques tofu (tahu) et légumes frits sur un chariot à roulette. Parfait, ça fera l’affaire, il faut nous dépêcher ! Emi demande “enam” (six) boulettes, paie le dû avec un sourire en le remerciant d’un “terima kasih” et rebrousse chemin.

Une gare inattendue

Nico a dégoté un chauffeur qui passe nos sacs à l’arrière de sa voiture et nous demande si nous avons déjà les billets. Surpris d’apprendre que nous ne les avons pas il semble soucieux pour nous. Oups, peut-être fallait-il réserver ?

Nous suivons tout doucement un cortège de jeune étudiants avec leur vestes d’écoles vertes qui militent dans la rue contre le gouvernement. Ils sont suivis de près mais nonchalamment par des policiers détendus, voire même amusés.

A mesure que nous sortons du centre ville, nous longeons de grands bâtiments plus modernes, et comprenons alors que là où nous étions n’était pas le quartier abritant l’économie vibrante et moderne. Voitures et magasins sont ici plus récents.

Un petit quart d’heure plus tard, nous sommes à la gare centrale du KM 6 (en gros la gare de bus à six kilomètres du centre ville). Enfin, c’est plutôt une rangée d’une demi-douzaine de bus en tous genres, tailles et qualités, alignés sur un bas côté en terre. Rien n’indique que c’est une gare de bus.
  

Deux agences de voyage, et quelques vendeurs de ballotins de riz et bouteilles d’eau sont cachés derrière. C’est ça qui draine tout le flux des voyageurs de Banjarmasin ? La plus grande ville du Kalimantan ? Cela donne un peu une idée du degré de “hors des sentiers battus” où nous sommes… Hahaha 🙂

Billets en poche

Le chauffeur nous aide à demander où acheter le billet et nous emmène jusqu’au guichet d’une compagnie. Il fait la demande pour nous : trop facile ! Une femme assise au comptoir remplie un ticket sur son carnet à la copie carbone et demande 460 000 Rp pour deux billets. C’est à peu près ce qu’Emi avait investigué, alors elle règle et part rechercher son sac et Nico qui prend le pouls de l’ambiance locale. Le bus part dans 15 minutes, juste le temps pour courir à la supérette du coin acheter quelques biscuits pour le trajet ! Elle revient en nage, mais au moins on ne mourra pas de faim.

Bolide lancé

Finalement, le bus aura 10 minutes de retard, le temps pour Emi de reprendre son souffle. Le chauffeur prend place à son siège et allume la multiprise collée sur le tableau de bord. Disque dur externe, télé, radio, chargeur de téléphone portable, tout s’éveille. Un tour de clé et le moteur vrombit à 9h40, c’est parti pour… douze heures de trajets d’après le Lonely !

Petit bus, ce dernier est tout de même climatisé, et vue la chaleur c’est déjà un grand réconfort. Nous essayons de choisir une place où la distance entre le siège et celui de devant permet de poser ses jambes (hein ? eh bien oui, toutes tous les sièges ne sont pas disposés pareil, certains doivent faire des contorsions pour s’asseoir, mais nous sommes les seuls surpris). Parfait, les places treize et quatorze sont libres et semblent tout à fait correctes, il est même possible de rabaisser les sièges pour dormir un peu, on n’en demandait pas plus ! Et en fait, on découvrira deux heures plus tard que ce sont les places qui nous ont été attribuées sur nos billets. Le hasard fait bien les choses.

Comble du luxe, le bus n’étant qu’à moitié plein (que de locaux), nous profiterons de deux sièges chacun. Ah ces occidentaux qui ont besoin d’espace, je vous jure !

Car à hoquet

Dès les cinq premières minutes, nous voilà dans l’ambiance. La télévision suspendue au pare-brise s’allume, un DVD est lancé, c’est ambiance karaoké. Ça rappelle la Moldavie à Emi, et le Cambodge à Nico. Les clips à l’eau de rose racontent des romances mielleuses locales avec un play-back aussi bien fait que ceux des années 80. Du grand spectacle. Tout ça avec une image délavée, saturée de blanc pour atténuer la peau bronzée des acteurs/chanteurs… Vous voyez le tableau ?

Chacun se fait un plaisir de suivre les lignes qui se colorent de jaune au fur et à mesure de la chanson, au rythme des enceintes déjà à fond qui crachent au-dessus des passagers. Tous les deux, on se regarde en biais sans trop savoir s’il faut rire ou prier pour que cela ne dure pas tout le trajet… douze heures, c’est long.

Le suspens des suspensions

Avec cette musique, il ne reste plus qu’à danser ! Et voilà qu’à chaque imperfection de la route, c’est désormais une réalité. Tous les passagers bondissent au moindre nid de poule, bosselette, cailloux ou graine de soja. Nous faisons des sauts de cabris à manquer de tomber des sièges (surtout lorsqu’on tente une sieste), il semblerait que les suspensions du bus soient un peu usées. Suspens… tombera, tombera pas ?

A travers les vitres

Dehors, le paysage défile mais pas vraiment à toute allure. Les suspensions imposent un rythme tranquillou au bus et rappelle à Nico le gag de Gaston avec Prunelle qui a le temps de cueillir les pâquerettes au bord des routes.
Pas de pâquerettes ici, plutôt des bribes de jungle et surtout des forêts d’arbres trop fins et d’immenses champs de… rien. De rien ?

Aigrie culture

On apprendra bientôt que l’agriculture dans ce coin de l’Indonésie est une vaste mauvaise blague. Face à la pression du cours du riz (l’Indonésie importe du riz n’arrivant pas à faire face à la consommation, malgré les cultures omniprésentes), le gouvernement a décidé de faire du Sud de Bornéo une nouvelle terre à rizières.
Plusieurs années à déforester massivement en incendiant les forêts, à délocaliser des familles vers ces terres à conquérir, à planter du riz blanc. Eh bien c’est plutôt choux blanc. Ou même rien du tout. Précipitation sans réflexion.
L’eau salée de la mer à proximité est remontée, et des marécages acides se sont développés. Impossible de faire pousser quoique ce soit de comestible. Qui plus est la région n’est pas volcanique et les terres trois fois moins fertiles qu’à Java, Bali ou Sumatra. Désastre écologique autant qu’humain, les familles délocalisées ayant tout perdu.

Culture mêlée

Nous traversons le village de Basarang : les maisons ont leurs petits temples hindous comme à Bali, des artisans en fabriquent de nouveaux, les écolières n’ont pas le voile sur la tête.
Plus loin, des panneaux indiquent des églises. D’autres des mosquées. Pas de doute, les religions se mêlent par ici.
Les tribus ancestrales s’appellent les Dayak et sont animistes. Ils vénèrent notamment l’oiseau Hornbill, endémique de la région, à la tête si particulière (une corne au-dessus du bec). Les architectures des bâtiments s’inspirent d’ailleurs de ce celui-ci.

On s’attendait à trouver des maisons plutôt construites de bric et de broc, ce sont pourtant des bonnes bâtisses en bois et tôle voire même en béton qui jalonnent la route. Souvent munies d’une grande parabole horizontale (pas de doute, on s’approche de l’équateur). Nombreux sont les chantiers abandonnés où les parpaings se couvrent de traînées grises.
Les bâtiments les plus grands et costauds sont encore ces blocs de bétons sans fenêtres, au sommet desquels tourbillonnent les “swallow birds” élevés pour le marché chinois.
Autre curiosité du coin ? Les toitures, souvent bleues pétard. Ça rappelle le Cambodge où les bâtiments du parti au pouvoir (et maisons des maires) avaient toutes le toit bleu. Mais ici il parait que c’est juste la mode, une marque de matériaux de toiture un peu “cheap” a décidé le bleu, et zou tout devient bleu.

Un air d’autoroute

A 11h20, le bus ralenti et s’arrête. Presque quatre heures que nous roulons déjà. Vous allez dire voilà qu’il ne sait plus compter… quatre ? eh oui quatre ! à quelques kilomètres à peine de Banjarmasin on a croisé un fuseau horaire.
Voici une sorte d’aire de repos : une grande cantine et des toilettes. On ne sait pas si on s’arrêtera à nouveau, ni combien de temps exactement dure la pause, alors nous saisissons notre chance. Gageons que le bus ne reparte que lorsque tout le monde sera à bord. On guette d’un oeil les allés et venues du chauffeur, prêts à bondir.

Ici, personne ne parle un mot d’anglais, alors nous observons les autres et faisons de même. On montre les plats qui nous tentent, un poulet, deux légumes, des œufs (les plats sont minuscules, alors on charge la barque). On nous sert un grand saladier (ou plutôt un égouttoir) de riz avec, ouf.

Bonne surprise à la cantine!

C’est une bonne surprise, nous mangeons très bien, tout a du goût et semble assez frais. Nous qui pensions ne pas tout finir, il ne reste plus rien.
Petits suspens quand Emi va payer. Le premier c’est le chauffeur qui a disparu de notre champs de vision depuis quelques minutes. Le second c’est l’addition, car il nous reste exactement en porte feuille 132 400 roupies et on n’a aucune idée du prix… On s’en tire pour 80 000 roupies… Ouf ! on ne va faire la plonge ! Le bus redémarre à 12h00 pétantes.

Future capitale de l’Indonésie ?

Un feu rouge ! Wouhou ! Le premier de Bornéo ! Pas de doute on arrive dans une grande ville. Des bâtiments imposants de l’armée nous accueillent aux abords de Palangka Raya. Le gouvernement réfléchit à délocaliser les administrations du pays à Bornéo, ici même, pour rappeler que l’Indonésie c’est bien une multitude d’îles et pas seulement Java. Décidément, il est bien ce nouveau président.

Il est 13h45. Après cinq heures de trajets et 185km seulement, nous comprenons qu’il est temps de descendre du bus pour en changer. On passe au comptoir de notre compagnie PO Logos : il y a une correspondance de deux heures. Et il faut attendre dans un bâtiment tout en béton où la température nous accable. Youpiii !

Terminal de bus de Palangka Raya

Nous sommes les seuls blancs à attendre ici, parmi les locaux qui nous regardent surpris. Le grand terminal de bus a quelques alcôves occupées par des supérettes de fortune, des petites cuisines, des toilettes, et des salles de prière musulmanes.

Nous prenons place sur un banc, et utilisons la prise électrique aux fils qui pendent pour recharger nos PC.
Nous tombons sous le charme de petits chatons mignons qui cherchent la fraîcheur : quoi de mieux que l’aération du distributeur de boissons !

Un peu de frais

C’est reparti

A 15h50 nouvelle heure, notre nouveau car grand confort démarre. Il bombe pleine balles sur la route. Heureusement que la suspension fonctionne mieux ce coup-ci, car sinon on sauterait au plafond. Aaah pas de clip sur la télé… mais une radio bien forte qui nous empêchera de dormir un peu.

Grand car grand confort

C’est la fête à la grenouille

Il pleut, croisons les doigts pour que les pneus tiennent la route. Route passante d’ailleurs, chaque village croisé est bien plus développé et moderne qu’on aurait pu l’imaginer. On y aperçoit même des salles de jeux vidéos, où des jeunes sont assis parterre en face de leur télé, une manette de ps2 ou ps3 dans les mains.
Puis c’est à nouveau la campagne, des forêts denses aux petits arbres fins, qui tentent de repousser après les coupes rases.

Confortablement installée

Cantine de nuit

17h50 le bus s’arrête à nouveau. 100km seulement depuis le changement de bus. Soit 285km depuis que nous avons quitté Banjarmasin il y a… 9h déjà ! et il reste 365km à faire. No way. On va arriver à quelle heure ? Le Lonely Planet marquait 12h de bus, à part un miracle c’est mission impossible.

La nuit tombe, et les musulmans de notre bus vont faire leur prière à la mosquée. Visiblement c’est également la pause repas du soir, alors nous prenons place dans la petite cantine avec deux “mie bakso” (des soupes de nouilles avec des boulettes) et deux thés.

18h20, le bus repart sur les chapeaux de roues.

Pimp my bus

C’est la nuit noire maintenant, et chaque bus rivalise de kitch-kéké avec ses rangées de diodes vertes, bleues, et phares qui clignotent aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Certains vont même mettre jusqu’à des néons fluo dans les bas de caisse.

Fin de trajet

Encore une pause à 21h, au terminal de bus de Sampit, dernière grande ville avant l’arrivée à… 230km encore. Déjà 407km, wouhou ! Selon le timing du Lonely Planet, on est censés être arrivés.
21h24, zouh, c’est reparti.

Nico tente de lire un peu

Pop indonésienne toujours dans le hauts-parleurs, on tient bon. Nous tentons la sieste : Emi a prévu le drap de soie, le masque de nuit et l’oreiller gonflable. Nico n’a que son pull et son pantalon pour ne pas geler sur place – merci la clim’. Nico jette l’éponge et essaie de lire grâce aux lumières positionnées débilement juste au-dessus du siège. Oui vous avez bien lu, juste au-dessus du siège. Ça sert à quoi d’éclairer le sommet du crâne des passagers ? Nico jette une seconde fois l’éponge, mission impossible, surtout avec la musique et les soubresauts de la route.

Vingt kilomètres avant la fin, à 1h30 du mat’, on s’arrête. Deux autres bus d’une autre compagnie sont arrêtés. Une panne ? Verdict inconnu, et notre chauffeur redémarre après dix minutes.

Deux heures du matin, 17h20 après être partis, nous voilà à Pangkalan Bun, enfin ! Nous sommes les derniers à sortir du bus alors que nos chauffeur nous dépose devant notre hôtel : le seul encore ouvert à cette heure tardive.

Pas fâchés d’être arrivés, on monte dans notre chambre sans fenêtres (mais propre dans un hôtel pour professionnels, avec une salle de conférence).
On apprendra plus tard que le trajet met habituellement 18h avec une pause obligée à Palangka Raya. Nous sommes presque en avance alors. Merci le Lonely pour ses informations erronées.

Et pourtant le temps est passé vite

Étrangement, nous nous habituons à ces longs trajets. Nous sommes surpris d’observer notre patience, ainsi que la “rapidité” avec laquelle le temps finit par passer. Nous prévoyons à chaque fois moultes occupations, une quantité d’articles à écrire, de livres et informations à lire, et n’avons pas le temps d’en terminer le quart.
Les heures de transport ce sont les rares moments du voyage où la tête peut se reposer, se laisser aller dans ses pensées, et voir défiler tranquillement le paysage. Alors pourquoi s’en priver ?

De Munduk à Pémutéran

Adieu Munduk

Aujourd’hui, on change de région !
On se lève tôt car il faut décoller à 8 pour être à temps à Seririt pour le bus. A Bali il n’y a pas vraiment de transport en commun dans le centre. A Munduk, il y a parfois un bus local, mais on ne sait jamais quand ni si il part.
Dernier petit déj face à la montagne : tartines de pain de mie avec crème de marron française 🙂 et on finit ainsi le super colis de Noël familial !

De Munduk à Pemuteran

On prend donc le taxi avec notre hôte. Son chauffeur a trop mal à la tête, on comprend qu’il a la gueule de bois suite à une soirée en peu arrosée. Trajet tout en descente, sous un grand soleil. C’est dimanche, les locaux s’affairent dans les temples et écoles pour remettre en état les jardins et plantes. Ça coupe, cisaille, replante, enlève la mousse.
On passe par la capitale balinaise du durian, ce gros fruit ovale jaune à l’écorce piquante. Plein d’échoppes vendent ces fruits qui puent sur le bord de la route. Notre hôte nous explique qu’il a interdit ces fruits dans les chambres tellement l’odeur incommodante est forte !

Seririt et les transports publics

Seririt, grande ville animée locale et sans touriste. Notre chauffeur nous laisse sur le bord de la route. Visiblement c’est là l’arrêt de bus (impossible de le savoir, il n’y a rien de marqué), et les bemo (mini-bus locaux) sont un peu plus loin. La compagnie de bus est Putra Jaya (ou Adi Jaya) et fait passer 2 à 3 bus les matins entre Surabaya et Gilimanuk, en fonction du monde. Vaut donc mieux viser les premiers pour être sûr qu’il y en ait un. Ils passent à horaire variable et il faut les héler sur leur trajet.
Comme on n’en voit pas passer, un chauffeur de bemo vient nous alpaguer. 100000 roupies pour deux ! on n’accepte pas à plus de 80000 roupies (5€).
Et on monte dans ce mini-bus tout rouge, dont on voit la route à travers le sol. Dix minutes plus tard, on est chanceux, il démarre avec nous seulement à bord. Normalement il part que lorsqu’il est plein.

Route Nord

Sur le trajet, notre bus peine à dépasser les vingt-cinq kilomètres heure. La route va être longue. On se fait d’ailleurs doubler par d’autres bemos plus rapides mais tout aussi vides.

La route Nord longe la mer et traverse des petits villages locaux.
Scooters, petits camions, petits bus, voitures, il y a du monde.
On effleure un scooter qui tente de doubler dangereusement, et Boooom c’est la chute. Les deux occupants avaient un casque mais on du mal à se relever. Tout le trafic s’arrête, les scooters s’empressent de bloquer la route et porter secours, alors que notre chauffeur impassible grogne et ne ralentit pas. Ce n’est que plus loin, à l’abri des regards qu’il s’arrête pour constater les dégâts sur l’arrière de son bus, dépité.
Qui est en tort ? on n’a pas su. Mais on a été surpris en bien de la rapidité d’action des Balinais pour porter secours, et surpris en mal du comportement du chauffeur du bemo.

Pemuteran

Après un trajet modérément long mais épique, nous arrivons à Pemuteran. Il ne nous reste plus qu’à trouver notre maison d’hôte et y déposer nos sacs à dos.

De Ubud à Munduk par les rizières

Après une petite marche arrière pour les vacances à Lembongan, il est temps de reprendre la route de la France… C’est plein Nord que nous nous dirigeons, vers Munduk. Et tant qu’à faire du chemin, autant profiter des expériences intéressantes sur son parcours.

Comme nous avions déjà pu le constater, les transports en commun ne sont pas le fort de l’île. Ils sont même en voie de disparition. C’est donc avec un chauffeur de taxi (négocié la veille pour cinq cent cinquante milles roupies, soit à peine plus de trente euros) que nous quittons Ubud après un dernier petit déj au soleil face à la piscine. Pancakes à la banane et miel, accompagnés de la douce mélodie saturée des dessins animés crachés par le téléphone portable du couple d’à côté pour contenter leur petite fille blonde.
Contraste paradis-enfer surprenant !

Roja, notre chauffeur

Notre chauffeur s’appelle Roja, et nous tentons de deviner son âge… Tâche toujours ardue entre ethnies différentes. Cinquante quatre ans ! On aurait dit dix de moins. Pas un cheveu blanc pourtant. Ancien ingénieur qui n’a pas pu exercer en tant que tel (apparemment la corruption était si importante que sans relation ou même parfois payer, impossible de dégoter un boulot qualifié), il a vécu longtemps comme sculpteur sur bois. Père de deux enfants de vingt-et-un et vint-cinq ans et même déjà grand-père, il est maintenant chauffeur de taxi.

Temple royal de Mengwi

Au volant de sa voiture louée pour la journée, Roja nous emmène vers Mengwi, ancienne capitale royale de l’île.

A Mengwi, nous nous arrêtons pour admirer le Pura Taman Ayun. Datant du 17e siècle, il est construit en trois parties (mandalas). Deux grands patios de jardins, fontaines et petits temples, et la zone la plus haute (Utama Mandala) abritant les pagodes principales.

Pagodes de Mengwi

Les pagodes coiffées de leurs toitures superposées (au nombre impair toujours) jouent les Daltons, avec en bas un petit hôtel carré peint de rouge et d’or.
Les trois parties du temple sont entourées de grands canaux d’eau, sortes de douves, magnifiant l’endroit.

Nous prenons notre temps pour sillonner les petits chemins des jardins (parfois sacrément glissants, la saison des pluies a mené la vie dure aux sentiers en béton), observer les ornementations des portes, les petites fleurs aux oreilles des statues, et appentis logistiques situés en retrait des monuments principaux. Cuisines, chambres, et autres pièces dans les abords du temple servaient de résidence à la famille royale de Mengwi. C’est encore les descendants de la famille qui maintiennent le temple aujourd’hui.

Mention spéciale pour la reconstitution d’un Barong en costume de danse traditionnelle, entièrement décoré de graines peintes : maïs, riz, haricots et cacahuètes.

Barong en céréales

Plantations bio de café, cacao et épices

La région de Peruan est connue pour ses plantations de café balinais et notamment son “Luwak coffee”, ou “café de mangoustes”.

Alors que nous croisons des parkings remplis de gros bus déversant leurs flots de touristes, nous avons peur. Heureusement notre chauffeur connaît un endroit plus tranquille et familial.

Nous sommes les seuls à déambuler dans la plantation de caféiers arabica, cacaotiers, et autres herbes médicinales et aromatiques : gingembre, curcuma, mangoustans (petits fruits ressemblants à des litchis), vanille, noix de cocos, canelle, citronelle, clou de girofle, etc.

La spécialité de l’île, c’est le café de mangoustes. Quatre mangoustes mangent un mélange de grains de café et de riz. Les grains fermentent dans leur petit bidou et lorsqu’ils en ressortent, sont lavés, grillés à nouveau avant d’être utilisés pour la préparation du café.

Préparation du café

Séance dégustation superbement préparée, avec un joli service en verre empli de liquides colorés. Café à la vanille, café à la coco, infusion de gingembre, de curcuma, de citronnelle. Et à chaque fois nous avons droit à l’explication des vertus thérapeutiques des boissons. Pour courronner le tout ? c’est une plantation bio !

Dégustation des nectars locaux

Evidemment ce petit tour gratuit accompagné de sa dégustation fini par un passage obligé à la boutique, où des perroquets en cage dressés ont appris à dire “Kembali” (“de rien”).

Les magnifiques rizières en terrasses de Jatiluwih

Les nuages épais se coincent sur les pentes des montagnes environnantes et la pluie commence à tomber, torrentielle. Notre prochaine étape est un site classé au patrimoine de l’Unesco : les rizières en terrasse de Jatiluwih. “Jaton-Luwih”, “Amulette-Bien”. Au détour d’un virage, nous tombons sur le panorama : des rizières à perte de vue, étagées, sculptant chaque bout de terre pour y cultiver la céréale prisée locale.

Arrêt rapide dans un warung (Teras Subak) pour y manger du riz sauté et des nouilles sautées (Nasi Goreng, et Mie Goreng) et attendre que la pluie s’arrête. Le thé chaud au gingembre et citron vert est parfait pour l’occasion !

Cape de pluie sur le dos (et altitude de mille mètres oblige : petite polaire, ça faisait longtemps 🙂 ) nous partons à la découverte des rizières sur un des quatre chemins balisés qui sillonnent les trente kilomètres carrés. Du vert vif, encore du vert vif, toujours du vert vif, malgré le ciel gris qui nous tombe sur la tête. Les terrasses sont bien tondues (patrimoine protégé oblige) et des petites cascades amènent l’eau d’étages en étages, amplifiées par le déluge.

Terrasses de Jatiluwih

Grâce à la fertilité importante des sols volcaniques, il y a trois récoltes de riz par an à Bali. Certains champs sont en cours de plantation tandis que d’autres sont déjà en graines. Parmi les terrasses, quelques petits abris permettent aux travailleurs aux chapeaux coniques de se reposer ou de se protéger des grosses pluies. D’autres servent de mini-étables pour les vaches et leurs veaux : bêtes de trait et surtout générateur de bouse fertilisante !

Quel plaisir cette balade, en sandales trempées sur les chemins transformés en ruisseaux.

Balade dans les terrasses

Temple de l’eau à Bedugul

Bedugul est une ville animée au bord du lac Bratan, coincée dans les hauteurs de l’île de Bali. Au marché et dans les échoppes voisines, tout le monde vend la même chose : des chips, snacks, savons, emballés dans du plastique, et disposés exactement pareil. Mais pourquoi ? tant de concurrence ? D’après notre chauffeur, c’est le karma, toujours lui, qui règne. Bon karma ? vous avez des clients. Mauvais karma ? tant pis pour vous. Pour en savoir plus sur ce fameux karma, c’est là.

La célébrité du coin c’est le temple Pura Ulun Danu Bratan. Temple Hindou Bouddhiste construit au 17e siècle et rénové de nombreuses fois depuis, il est le lieu de vénération de Dewi Danau, la déesse de l’eau. Cérémonies et pèlerinages ont cours ici pour assurer de l’eau pour les cultures. Pas de problème, les prières ont été entendues !

Temple dans l’eau Bratan

Le temple principal et bien connu a les pieds dans l’eau, littéralement. Il semble flotter sur le lac qui déborde. Même le pont qui le relie à la terre a été enlevé tellement il y a de l’eau 🙂

Porte sculptée de Pura Ulun Danu Bratan

La visite de ce temple a été surprenante à deux titres :

  • Un pèlerinage de jeunes musulmans de Sumatra et Java, dont les jeunes filles à la chevelure voilée voulaient se prendre en photo avec un Bule (à prononcer boulé). Boulet ? ah non, ouf. Bule, un touriste blanc.
  • Des figurines géantes en béton peint de couleurs vives : grenouilles, champignons, aigle, et même un bob l’éponge… Les pédalos en cygne et les jeux pour enfants démontrent que ce temple est aussi le Disneyland de l’île.

On ne va pas trop traîner par là

Plantes et fruits

Parfois notre chauffeur fait une halte au bord de la route, sort nous cueillir un fruit, une feuille, et nous en explique les vertues. Tellement chouette !

La palme revenant au petit fruit Jambubatu (ou Sotong) : “papa eat, mama happy”. Haha haha !
Les feuilles de l’arbre peuvent être lavées à l’eau claire, broyées et infusées dans de l’eau. Ça devient un remède contre la courante. Vu l’état de nos bidons respectifs en ce moment, on va tester.

Plante médicinale

Route vers Munduk

Nous finissons le périple sous la pluie et bientôt le brouillard. Nous quittons Bedugul et sa population davantage musulmane qu’hindoue à en croire les voiles des femmes et la Mosquée au toit bleu pétard. L’ambiance est déjà différente, et c’est chouette de voir la transition. Nous entamons la montée raide vers les montagnes.

Ça tournicote beaucoup, les scooters luttent péniblement pour grimper et slalomer entre les macaques qui baillent ou s’enlèvent les puces en plein milieu de la route.

Bientôt nous atteignons la crête du vieux volcan. Vue sur les deux lacs Danau Buyan et Tamblingan à gauche, tandis qu’au loin à droite c’est la mer.
Les restaurants ne s’y sont pas trompés, et jalonnent côte côte toute cette route panoramique.

Pour nous, c’est un passage rapide, d’autant plus que le brouillard s’installe et que la pluie menace. Pluie qui a d’ailleurs ravagé certaines portions de la route : des glissements de terrain ont par endroit emporté la moitié de la chaussée. Avec quelques tas de graviers ou frêles poteaux en bambous, notre pilote a intérêt à avoir l’œil vif pour éviter de finir dans le ravin. Heureusement nous arrivons sans encombres à Munduk.

Une équipe qui gagne avec Roja

Première nuit tranquille dans la montagne

Nous disons adieu à Roja, lui souhaitons bonne route de retour, et montons à notre hôtel “de luxe” : le Puri Sunny Hotel où Emi a encore dégotté une super affaire. En basse saison, 19€ la chambre en petit bungalow avec vue sur la montagne et les rizières. Cooool !

Nous tenons le crachoir au proprio fier de nous raconter ses aventures à Paris (et son adoration du Louvre). Avec ses bagues et sa montre en or, ses voyages répétés en Europe et son hôtel, il doit être bien riche. Aaaah il travaillait pour le gouvernement, tiens tiens. Quand on connaît la situation catastrophique de la corruption des précédents gouvernements, le lien est facile. Stop, pas de conclusion hâtive 🙂

Nous dégustons un excellent repas balinais dans le warung Taman Ayu d’en face, tenu par une gentille locale souriante, et nous partons dormir pour récupérer de cette longue et belle journée.

Pour tout lire sur Munduk : la vie à la montagne et les randos à ne pas manquer.

Une journée en scooter autour d’Ubud

Aujourd’hui, on se dépêche de se lever, il fait beau les matins et autant en profiter ! Nous avons commandé un petit déjeuner local : Black Rice Pudding. C’est du riz noir mariné et cuit lentement. Le résultat est une sorte de risotto sucré et crémeux, avec des copeaux de noix de coco sur le dessus. C’est bon !

Nous négocions rapidement le scooter aux gars de l’hôtel. Ce n’est pas tâche difficile, suffit d’annoncer le prix normal (50000 la journée, ils avaient tenté 70000 les bougres), et nous sommes parés casques sur la tête à partir !
“Il n’y a pas d’assurance en Indonésie, s’il vous arrive un truc, vous passez au garage et vous réglez”. Euh, ok, on croise les doigts alors. “Pour l’essence, passez aux stations service plutôt qu’aux vendeurs du bord de la route, c’est moins cher. Et demandez 15000 roupies de plein”. Ah ok.

On file donc dans les rues d’Ubud, Emi à l’arrière, et moi au guidon ! Les quelques premières centaines de mètres je me familiarise avec le poids du scoot, ça n’a quand même rien à avoir avec un vélo. Surtout avec deux personnes dessus ! Mais ça se conduit tellement simplement. Et hop, je me fonds dans la circulation chaotique asiatique. Après mes expériences au Cambodge, c’est cela dit assez simple ici.

Zouh, la prochaine étape est la station service et… c’est 28000 après le plein, affiché sur la pompe. Ah, bon.
Ce n’est que plus tard que j’ai un affreux doute, et sens que j’ai du me faire rouler, le gars n’avait pas du remettre la pompe à zéro avant de me servir… Tsss erreur de débutant.

Goa Gadjah

Plein Est d’Ubud, nous arrivons à notre première étape : le temple de Goa Gadjah, temple des éléphants. “Park here, park here please !” on avait lu que le parking était payant ici, finalement ce n’est pas le cas mais toutes les femmes tenant des échoppes de sarong s’empressent de nous faire garer devant la leur pour ensuite nous proposer une boisson ou un “sarong, c’est obligatoire pour entrer dans le temple !”
On ne se fait pas avoir, et nous empruntons les sarong mis à disposition des visiteurs à l’entrée 🙂

Le long escalier descend en contrebas vers le temple. Tout le complexe avait été laissé à l’abandon pendant des siècles et n’a été rouvert au public qu’en 1923, et restauré en 1954 par les Hollandais (toujours eux).

Entrée de Goa Gadjah

En plein centre, deux bassins avec des statues tenant des barils dont jaillissent quelques filets d’eau. L’élément le plus connu du temple étant une nef creusée dans la roche, dont l’entrée sculptée est impressionnante : il faut passer par la bouche d’une grosse figure (Boma) qui fait peur pour pénétrer dans la crypte troglodytique où sièges des divinités sur trois petits hôtels. Il fait encore plus moite dedans que dehors, alors on ressort vite fait bien fait.

Pour les Hindous “Boma” (ou “Kala”, ou encore “Kittimukha” en sanscrit) est le fils du dieu des eaux Wishnu et de la déesse de la terre Parwati.

Un temple “classique” avec ses pagodes, salles de rassemblement et pièces logistiques (cuisine, toilettes, etc.) jouxte les bassins aux statues. Nous nous éloignons un peu plus loin pour suivre la rivière et descendre vers un mini temple bouddhiste (où un moine veut nous bénir moyennant un billet. Nada !) A défaut d’être subjugué par ces temples, nous aimons l’endroit dans la jungle, avec des plantes colorées jalonnant les escaliers et chemins de pierre.

Yeh Pulu

Allez, c’est décidé, tentons de sortir des sentiers battus. Je regarde la carte du coin et aperçois un petit temple au milieu de nulle part. Zouh allons-y. Je sors le scooter du trafic de la route principale et nous pénétrons dans les rues étroites d’un petit village, où il faut éviter nids de poules et poules bien vivantes.

Une vieille dame vient quémander un droit de parking dérisoire (2000 roupies). Nous posons les casques, achetons le droit de passage au temple, déclinons l’offre d’un guide local pour un trek dans les rizières avoisinantes et partons le pique-nique dans le sac.

On ne croise qu’une touriste ! Effectivement, on est hors des sentiers battus. Un artisan sculpteur de souvenirs qui a installé son petit atelier sur le bord du chemin nous tape la discute. Cela n’a pas l’air d’être simple de vivre d’art part ici il n’y a vraiment pas grand monde, et c’est désolés que nous lui achetons rien (c’est joli et pas cher, mais il faut vraiment qu’on fasse du vide dans les sacs à dos avant de pouvoir s’alourdir à nouveau).

Yeh Pulu

Le petit temple du XIVe siècle est minuscule. Mis au jour en 1925, il est constitué de vingt cinq mètres de bas-reliefs sculptés à même la pierre qui présentent des scènes de vie courante et divinités. Yeh veut dire eau, et Pulu bassin, mais même en cherchant on n’a pas trouvé de vasque dans les sculptures. Une mémé édentée arrive avec un grand sourire pour nous asperger d’eau avant de nous montrer l’urne au pied de Ganesha (la déesse à la tête d’éléphant). Euh… on a déjà payé l’entrée non ?

Ce fut bref, mais les conseils du guide ne sont pas tombés dans les oreilles de sourds. Une porte basse à l’arrière du temple mène dans la jungle. Nous suivons sur quelques dizaines de mètres un sentier (enfin parait-il), en faisant attention de ne pas glisser sur la terre argileuse, fermons les yeux face à une cascade entourée de déchets plastiques, et… tombons sur des rizières en terrasse !

Hop hop hop, nous longeons le bord des terrasses emplies d’eau et de jeunes plants de riz, et grimpons en altitude. Il faut chaud et la faim arrive. Alors quoi de mieux que de se poser dans un abri en bambou dans ces rizières, tels des travailleurs locaux ? D’ailleurs ces mêmes travailleurs locaux, en pause dans la cabane d’après nous regardent avec des yeux circonspects. Ce midi, c’est riz enveloppé dans une feuille de bananiers avec les restes de notre repas de gala de la veille. Miam !

Dans les rizières

Nous finissons de traverser les rizières, pendant que les agriculteurs enfoncés jusqu’aux genoux dans l’eau et la boue brûlantes (comment font-ils) plantent le riz avec le dos plié en deux (maintenant que nous avons travaillé dans les champs, nous compatissons doublement).

Route vers Tampak Siring

Nous revoici sur la selle matelassée du scooter, faible amortissement entre les soubresauts de la route et nos coccyx. Pas de doutes, nous sommes bien dans la zone dense de Bali. Les villages s’enchaînent en laissant peu de place à la nature ni même aux champs pour s’exprimer. Échoppes de toutes sortes, petits restos, maisons avec petits temples hindous.

Ça monte, ça monte, et nous arrivons à la fin de cette belle route large goudronnée : Tampak Siring. En avant pour les deux “attractions phares”.

Tirta Empul et ses eaux sacrées

C’est l’avantage de s’organiser seuls : en regardant la carte sur téléphone, nous tombons sur “Entrée dérobée du temple”. Ah ah ! Haha 🙂 Allons-y Alonso ! Au bout d’une impasse, nous posons le scoot’ et descendons un étrange escalier sans savoir où nous allons vraiment et nous enfonçons dans des portions sous-terrainnes. Un mélange de couloir de RER en banlieue Nord avec des filets d’eau qui tombent du toit et de chemins d’université entourés de jardins bien verts. Très surprenant. La fréquentation ? Nous sommes les seuls blancs, et il semblerait que ce soit le rendez-vous des jeunes couples adolescents qui doivent trouver ici le calme (à défaut de la romance) à leurs amours interdits.

Ah bien oui, ça descend au temple ! Avant qu’on ne nous remarque, nous enfilons un semblant de pantalon souple et un foulard autour de la taille et nous mêlons l’air de rien dans la foule au plus vite. Puis nous rejoignons l’arrière de l’entrée officielle pour attraper un sarong de prêt coloré. Zou, ni vu ni connu, ça a marché !

C’est noir (ou plutôt bariolé) de monde ! C’est dimanche et les locaux en profitent pour visiter, assister aux cérémonies des prêtres et participer à la purification.
Tirta Empul est un temple aux eaux sacrées et protégées. Plusieurs bâtiments hindous hérissés en petites pagodes sont autant de lieux de repos que logistiques. Au centre un prêtre dressé de blanc bénit l’encens, l’eau et le riz dos à une rangée de fidèles. Puis il éclabousse du bout des doigt cette eau sur chacun des membres de l’assistance avant de leur distribuer du riz qu’ils s’empressent de se coller dans les cheveux, au-dessus des oreilles, et entre les deux yeux. Les voir ensuite avec ce riz collé sur le visage vaquer à leurs occupations est tout à fait particulier. C’est cette surprise permanente que nous adorons en voyage : être étonnés des pratiques, tenter de comprendre et surtout accepter les différences sans arrières-pensées.

La deuxième partie du temple est la plus typique. De l’eau de source fait bouillonner le sable au fond d’un grand bassin. La clarté de l’eau et les algues teintent le tout d’un joli bleu vert. Cette eau sacrée est ensuite canalisée pour sortir par une multitude de petites fontaines. Les foules se pressent, habillées de sarong, plongées dans l’eau jusqu’à la taille pour ensuite s’asperger d’eau de chacune de ces fontaines.

Pélerinage à Tirta Empul

On enfile à tour de rôle la grande écharpe d’Emi (sarong improvisé) et nous mêlons aux locaux pour ce pèlerinage original. Des “Bule” (touristes blancs) font la même chose avec des guides, dans leurs sarong vert fluo, au moins nous passons davantage inaperçus ! Mais nous profitons des explications. Chaque fontaine guéri un mal particulier. Les premières sont pour le corps, puis l’esprit, puis l’âme. Une prière au mauvais endroit, et attention aux effets indésirables ! Nous verrons bien.
Ouch elle est fraîche ! Torse poil sarong flottant dans l’eau, je ne suis pas le seul à grelotter. Bien qu’il y ait une pseudo-queue, les familles n’hésitent pas à se passer les unes devant les autres, mais ce sont les cris, les rires et les sourires qui dominent ici. J’aime vraiment l’ambiance locale, les gros poissons qui m’effleurent, et la multitude de pétales de fleurs qui flottent sur l’eau. Je tente au hasard quelques prières devant les petites fontaines surmontées de pyramides d’offrandes, et croise les doigts pour ne pas me gourer ! ne s’agirait pas de devenir chauve demain 🙂

Purification

Nous rendons notre sarong, et rebroussons chemin par la “sneaky way”. Plus que d’échapper au prix du ticket, c’est l’adrénaline et l’aventure de passer inaperçu qui nous a bien plu !

Gunung Kawi

En avant pour l’autre joyau de la ville. “Sarong mister”, “que voulez-vous boire ?”, ça doit être touristique également…

Gunung Kawi

Nous descendons les longues marches le long des échoppes de souvenirs, jusqu’à déboucher au pied d’une gorge décorée de rizières et cocotiers. Tout en bas, les falaises ont été creusées et sculptées pour faire apparaître de grandes pyramides “Candi”. Sanctuaire, temple et résidence dans la nature avec quelques petites cascades. L’ambiance de fin d’après-midi et loin des villes rend ce lieu propice à la relaxation. Nous y prenons notre temps (comme d’hab) à déambuler parmi les vieilles pierres emplies d’histoires tandis que le prêtre prépare la cérémonie de la bénédiction pour un jeune couple et leur enfant aussi turbulent que désintéressé 🙂

Prêtre à Gunung Kawi

La remontée des marches est longue et fatigante sous la chaleur, et nous sommes admiratif devant les deux femmes devant nous.

Portage périlleux

Route dans la campagne

Quitte à conduire un scooter, autant en profiter. Alors nous partons nous perdre dans la campagne et les villages sur une route secondaire pour retourner à Ubud. Par Kedisan puis Pakudui nous traversons de belles rizières, des ponts au-dessus de gorges, des grandes forêts aux grands cocotiers, et des bastions de l’artisanat local. Les petits villages parfois en pierre sont emplis de petits temples décorés de fleurs. Et les échoppes vendent toutes la même chose : des sculptures en plâtre ou bois de divinités hindous. Leur confection manuelle est admirable !

Emi au volant

Rizières de Tegallalang

C’est déjà à la nuit tombante que… “Ici ici ! garez-vous là ! vous voulez des cartes postales ?” Pas de doute nous sommes arrivés aux rizières de Tegallalang. L’air bleu noir donne un air mystique à ces terrasses cultivées et fleuries qui bordent une gorge poilue de grands arbres. C’est joli !

Petit warung local

Arg, des gouttes, ça va flotter. Nous nous arrêtons dans un petit warung sur la route, négocions le prix et nous installons par terre aux petites tables. Nouilles sautés à la sauce soja sucrée, avec œuf et boulettes de poulet. Plat typique indonésien. Nous discutons avec un moment avec ce patron de warung fort sympathique qui pour une fois n’essaie pas de nous vendre des tours organisés et nous donne de bon cœur ses conseils.

Brochette au warung

Épique retour de nuit sous le déluge

Il est temps de reprendre la route. C’est le déluge. Cape de pluie sur le dos, les jambes, le crâne sous le casque, les sacs à dos, les trombes d’eau tentent quand même de s’infiltrer. Ce coup-ci la route descend en pente douce, et se transforme avec une rapidité déconcertante en torrent. Nous avançons doucement alors que des gerbes d’eau giclant de part et d’autre des roues. Toutes les odeurs disparaissent, mes lunettes se teintent de points flous lumineux. Le bruit des moteurs est perdu dans le claquement de la cape de pluie sous le vent et les glouglous et le flouch de l’eau qui jaillit de partout. Eh beh, ça ne plaisante pas la flotte ici !

On rentre même pas mouillés ! alors à la piscine !

Et demain ? On traverse le pays à travers les rizières dont certaines sont classées au patrimoine mondial de L’UNESCO, et pleins d’autres merveilles ! La suite, c’est ici.

La Surf highway, de Patea à New Plymouth

Le plaisir de vivre face à la mer

Sur la plage de Patea, par un temps clément, nous déjeunons sans trop nous presser. Avant de partir, un petit tour sur le sable noir nous permet de prendre les photos que nous n’avions pas pu prendre hier à cause de la pénombre… noir sur noir… ça ne marchait pas bien 😉

Hawera

Un premier arrêt à hawera pour prendre des informations sur les randonnées pratiquables de la région, notamment autour du Mont Egmond, le volcan qui dessine la carte si étrangement ! En effet, sur la carte, une forme circulaire verte dessine les limites du parc national, qui est le volcan lui même.
Un dicton local dit “Si tu ne vois pas le Mont Taranaki c’est qu’il pleut ; si tu le vois, c’est qu’il va pleuvoir !”
Cela annonce la couleur ! Et il nous faudra organiser la visite de cette région avec cette contrainte à l’esprit.

Les avantages du “Slow-Travel”

Nous posons milles questions à la dame du I-Site (Office du Tourisme) qui nous répond poliement mais semble surprise de ces touristes qui posent autant de questions : Combien de temps faut-il pour, quelle est la météo etc… Eh oui ! L’avantage du slow travel c’est aussi de pouvoir faire en fonction de la météo en imaginant l’itinéraire le plus malin possible et en jonglant entre les journées de randonnées sous le soleil, les musées ou la ville par temps moyen et la logistique lors des intempéries.

J’ai enfin vu un kiwi !

Le Pa

C’est un endroit étrange qui semble abandonné. De vieux panneaux en bois indiquent des circuits pour les “forteresses” et pour le “mémorial”.

Nous nous enfonçons sur un sentier peu tracé dans les herbes hautes en suivant les petits panneaux. Bientôt, nous arrivons sur un champ valloné où l’on peut remarquer des trous creusés, qui servaient semble-t-il aux Maoris pour se cacher lors d’une bataille avec les Pakehas (les Blancs).

Tadaaaa ! Le mémorial !

Nous n’apprendrons qu’à la fin de la randonnée que cette bataille comportait 60 Maoris contre 22 éclaireurs blancs, venus chercher de nouvelles terres à cause de la surpopulation à Wellington dans les années 1860. Les Maoris ne voulant pas se voir retirer leurs terres se sont défendus immédiatement en décimant quasiment tout le régiment. Aujourd’hui, il ne reste que des trous dans les collines, des herbes hautes et quelques moutons touffus qui nous regardent avec de grands yeux passifs.

La preuve !

La visite manque d’explications et nous retournons au van un peu sur notre faim quant aux faits historiques concernant le site.

Ohawe et ses falaises

D’immenses falaises blanches à strates géologiques, la mer verte puis bleue foncée est un peu agitée. Quelques surfeurs tentent de dompter la vague qui les fera planer.

Opunake, investie par l’art urbain surprenant

Notre troisième arrêt est plein de surprises ! Déjà, la ville est chouette. Une longue rue de bars et cafés aux ambiances conviviales, des magasins en tous genres. Tout est fermé aujourd’hui, mais on sent un petit esprit hippie qui nous amuse bien. Ensuite, la ville a décidé de se parer de lainages… après tout c’est bientôt Noël alors pourquoi pas ? C’est presque l’été, mais le père Noël arrive. On ne s’y fait toujours pas. Bref, tous les magasins sont recouverts d’objets en crochet !

La statue qui rend hommage à un rugbyman célébre ici se retrouve vêtue de chaussettes à froufrou et d’un caleçon de borat (davantage couvert quand même).

Les cafés présentent des gâteaux en laine, la boucherie une farandoles de saucisses, le “fish and chips” de belles méduses suspendues…et la police des menottes géantes. Définitivement, des comiques ces Kiwis !

Une pluie rapide se manifeste et avec elle, l’odeur du bitume chaud nous rappelle l’été. Un arc-en-ciel se dessine au milieu de la rue et nous avons vraiment le sentiment d’être dans une ville hippie où une licorne de laine pourrait traverser la rue.

Vous ne la voyez pas la licorne ?

Nous essayons d’aller voir la plage, mais à contre-jour, on opte pour continuer la route car l’heure file.

Célestine repart à dos de mouton !

Pungarehu, le fameux phare

Il se dresse sur la colline. Sans nuages, nous pourrions voir derrière le Mont Egmond (Taranaki) mais pour le moment il se cache. Les lumières sur la grève sont jolies. Le couché de soleil arrive. Je danse devant les vaches qui arrêtent un instant de brouter de l’herbe pour m’observer mollement, sans broncher. Lorsque je remonte dans la voiture, les rumineuses reprennent tranquillement ce qu’elles faisaient.

Oakura, la forteresse perdue et la magie de la forêt

Pour ce site historique et archéologique nous prenons les lampes torches au cas où, le soleil est déjà très bas. Après 10 minutes de descente sur un sentier reculé nous voilà devant un panneau qui présente le site.
Il faut 30 minutes aller pour en faire le tour… Zut ! On ne pensait pas que ce serait si grand ! Allez zou, c’est parti !
On suit le sentier dans une lumière entre chien et loup. Quelques marches de bois mises en place par le DOC, puis le sentier nous emmène dans la forêt. On ne voit plus rien du tout… tout est recouvert d’ombrages et le site archéologique est sous la végétation. Trop dommage… déçus, on rebrousse chemin.
Nous éteignons la lampe un instant et… oh… la magie opère ! Des centaines de vers luisants font briller les sous-bois. Le chant des oiseaux résonne comme un écho. Le ciel est parsemé d’étoiles que l’on entrevoit entre les branches si hautes.

Il est temps d’aller camper… au bord de la mer à New Plymouth.

Te Anau et la région des Lacs du Sud

C’est le grand départ aujourd’hui, 2 août. Nous allons quitter la routine du Last Light Lodge pour de nouvelles aventures. J’ai ce sentiment étrange de quitter une vie de famille : habitudes, routines… être une nomade c’est parfois fatiguant et retrouver des automatismes, une vie plus réglée, cela à aussi du bon et c’est reposant !
Après une accolade à Craig, un bisou à Violaine et Surjana, nous prenons une petite photo au soleil. Violaine nous offre un pot de confiture, nous laissons un mot dans le livre d’or et commençons notre nouvelle aventure : la région des lacs du Sud.

Manapouri

Notre première destination : le lac Manapouri. Un lac immense, un grand soleil, une petite ville. Ça y est, le voyage reprend son cours et cela fait aussi du bien. J’ai l’impression de partir en vacances ! Et celles-ci commencent par une promenade le long du lac à la tombée de la nuit. Malgré un froid saisissant, nous ne nous lassons pas des couleurs qui se reflètent sur l’eau et restons un bon moment. Pour dormir, nous choisirons un endroit plus secret, le lac Monowai, petit frère de Manapouri. Caché entre son aîné et une forêt dense. Nous avons hâte d’en découvrir les particularités demain matin !

3 août

La nuit a été fraîche et pour se réchauffer nous lançons le thé. A peine le gaz allumé, que 4 grands gars arrivent et commencent à monter un zodiac gonflable. Il y a deux vieux monsieur et sans doutes leurs grands fistons. Je me demande s’il partent à la pêche, mais nous n’aurons pas le temps de le découvrir car nous nous enfonçons dans le petit bois qui mène à un point de vue sur le lac.

C’est 20 minutes de promenade sous les grands arbres feuillus, près des fougères caressées par le soleil que nous profitons tranquillement de ce début de journée.

La vue y est spectaculaire. L’eau bleu foncée, par endroits, noires, offre un beau miroir aux monts qui lui font face. Ils sont enneigés pour la plupart et le soleil fait briller leur manteau blanc. Nous prenons la photo de rigueur ; et, sous le froid hivernal, le temps d’une prise ou deux, mes petits doigts se glacent !

De retour au van, nous prenons la route pour Te Anau : environ une heure de route avec un soleil magiques, où les montagnes nous entourent de part et d’autre. Je comprends pourquoi le seigneur des anneaux à été tourné par ici, quel spectacle grandiose !

Te Anau

Te Anau, c’est la ville des alentours. Je m’attendais à une ville… il s’agît en fait d’une route le long d’un lac sublime avec quelques motels, une concessionnaire automobile de voiture de collection à l’ancienne, puis, au centre ville, un bourg minuscule avec distributeurs, deux mini supermarchés, une banque qui prend domicile dans une papeterie sous forme d’un comptoir unique (elle fait aussi poste tant qu’à faire!), une station service et le DOC (department of conservation).

Le DOC

Nous arrivons avec déjà quelques questions en tête concernant les randos que nous aimerions faire. L’employée qui nous reçoit est très agréable et pleine de bons conseils. Cela dit, on déchante un peu car l’hiver rend difficile la plupart des chemins que nous envisagions ! Il faut pour certaines être équipé de crampons et piolets… et il y a de sérieux risques d’avalanches. Voyager hors des sentiers battus ou hors périodes touristiques, c’est aussi ça !

Notre itinéraire pour les prochains jours est prêt, nous avons vérifié la météo et préparer les munitions alimentaires.

La route de Milford

Sur la route de 120 km en cul de sac qui mène à Milford Sound, nous faisons quelques haltes pour admirer l’immensité du lieu au soleil couchant. L’un de mes arrêts préféré est le ponton de départ de la Milford Track depuis lequel la vue sur le lac et les montagnes est à coupé le souffle (j’ai déjà dit ça ? ah…et bien ce n’est pas le même lac pourtant!).

Le soleil est déjà presque couché et les couleurs sont très bleues et froides avec quelques reflets rouges par ci par là dans les nuages.

La route est assez longue et l’obscurité arrive, mais on devine que de jour le spectacle sera splendide !

Le camping du DOC

L’aire autorisée par le DOC pour camper est en chantier. Elle est juste, immense, on se croierait à Disney Land, en travaux ! Le sol est bien damé, il y a des petits îlots avec des toilettes partout, quelques cabanes avec des tables et des chaises, et des lapins qui courent partout. Le kiosk pour payer la nuit est juste ridicule et on a du mal à faire rentrer notre enveloppe dans la borne déjà pleine à craquer ; à croire que même le DOC ne se donne pas la peine de venir jusqu’ici à cette période. A tout craquer, nous devons être 4 campersvans sur tout cet espace (et on ne s’en plaint pas) ; dans une vallée d’où l’on entend le ruisseau couler, embrassé par les monts enneigés. Il est l’heure (tardive) de se faire à manger, ce soir ce sera riz, citrouille et jambon cuit avant un gros dodo car demain la journée s’annonce riche en émotion !

Milford et la Routeburn

Pour lire les articles sur : Milford et la randonnée Routeburn.

Retour à Te Anau

Ce matin, lundi 7 août, c’est un temps mitigé. La vue est très jolie, même lorsqu’il fait gris. Le ciel est traversé parfois par quelques rayons de soleil qui s’étalent sur les faces des montagnes ou sur le lac d’une eau sans vagues.
Nous allons à la bibliothèque, le temps pour moi de sauvegarder les photos de notre belle escapade dans les confins des fjords.

Le centre des Oiseaux, la belle surprise de Te Anau

Avant de quitter Te Anau, nous visitons, le 8 août, le centre des oiseaux. C’est un régal ! La ranger (une hippie aux cheveux orange, la cinquantaine, avec des yeux illuminés par la joie) nous accueille dans l’enclos des oiseaux.

Le beau Takahe

Elle nous explique la vie des Takahe, ces oiseaux semblables à de gros perroquets/poules bleus. Ils sont très rares et en grand danger. En effet, il n’en reste que 306 dans toute la Nouvelle-Zélande.

Les Takahe sont des parents très conscienscieux

Après cette fabuleuse rencontre, nous nourrissons les canards qui viennent picorer dans nos mains les graines de leur déjeuner ; puis, nous rencontrer les perroquets natifs de cette île incroyable.

Enfin, nous prenons la route de Queenstown. La route est sublime, une longue asphalte traversée d’un trait jaune qui se dirige tout droit vers les montagnes plus enneigées encore que celles des fiordlands. Ca promet !!