Le Mont Taranaki jusqu’au Tarn : Pouakai, côté Nord

Plus tôt que les poules

C’est un réveil bien matinal à 6h et quelques qui nous extirpe des bras de Morphée. La tête un peu dans le gaz, nous mettons tout de suite le cap (en pyjama pour Emi) sur la Mangorai Road, point de départ de la randonnée du jour.

Plutôt que sous la pluie et la brume…

Pourquoi se lever si tôt pour une randonnée de 5h seulement ? Et bien, en vérifiant la météo hier, nous avons conclu que le meilleur moment possible pour avoir une vue sur le Mont Taranaki serait dans la matinée.
A 13h, la vue est censée se boucher, puis une éclaircie à nouveau entre 15h et 17h avant de n’être plus visible du tout…

Divaguations sur le temps des voyageurs

Le rythme de voyage s’accelère car nous devons vendre le van dans un mois et demi avant la fin du visa de Nico. Impossible donc, d’attendre la semaine prochaine pour les éclaircies puisqu’il nous reste 5 semaines pour faire nos visites sur l’île du Nord.
5 semaines ? La plupart d’entre vous rirons en disant que c’est déjà plus que leur propres vacances, et nous en avons bien conscience… mais une fois que l’on commence à voyager doucement, le rythme change réellement… nous attendons la meilleure météo possible pour chaque endroit et dès lors qu’il pleut nous visitons les attractions culturelles telles que les musées… ou nous réfugions dans les bibliothèques pour écrire. A quoi bon faire une randonnée sous la pluie pour ne rien voir ? Depuis quelques jours nous sentons que ce timming ne sera bientôt plus, et que nous devons avancer… avancer oui, mais intelligemment.

Tout ça pour…

Voilà pourquoi, nous sommes au pied du Mont Taranaki à 6h45 ce matin… sous une brume bien épaisse. La météo a dû se tromper un peu… nous déjeunons donc et nous nous recouchons en attendant, dans l’espoir que la chappe blanche lève son voile.

C’est parti !

A 10h30, les nuages se dégagent, nous chaussons les chaussures de randonnée, remplissons le gros sac d’un pique-nique un peu frugal (il ne reste plus grand chose dans la glacière) ainsi que quelques couches de vêtements, les lampes torches (on ne sait jamais nous connaissant) et hop, c’est parti.

Le rêve

Tout d’abord, nos pas foulent un sentier de cailloux assez large qui grimpe jusqu’au panneau du DOC 5 minutes plus loin. De là, on nous promet l’accès à la hut dans 2h30, puis 20 minutes jusqu’au plateau volcanique et le petit lac d’où l’on peut prendre une belle photo du mont et de son reflet.

La réalité

La randonnée commence par une installation en bois, de longues marches à travers la forêt. Une demi-heure après… nous sommes toujours sur le sentier de bois construit par le DOC, au milieu de la forêt, à gravir ces marches qui n’en finissent pas de monter… 1 heure plus tard…même chose.

Avez vous déjà gravi un phare en colimaçon ? On se demande quand les marches s’arrêteront ! Et bien là c’était pareil, pendant une heure et demie ! 90 minutes de marches en pente drue sans vues quelconques… autant dire que mon intérêt pour cette randonnée décroît plus nous montons.

Heureusement, nous pouvons discuter tous les deux et élaborons une stratégie à mettre en œuvre pour être en mesure de sortir notre premier article commun (si cet article sort un jour, c’est que la stratégie à fonctionné !)

Yeah !!!

Les 20 dernières minutes seront un peu plus intéresantes, entre passages de ruisseaux, petits rochers et à flanc de montagne avec vue sur l’horizon… En moins de deux heures nous atteignons le refuge et c’est tant mieux car depuis la crête, un vent incroyable s’est mis à souffler sur nous. 1h50 pour monter au lieu de 2h30, youhou !

Pique-nique dans les nuages

Nous nous abritons un moment, le temps de discuter avec un local qui prend son pique-nique, puis de faire de même. Les nuages sont toujours là, alors, au lieu de redescendre de suite, nous décidons d’attendre encore un peu en allant faire une sieste dans le dortoir du refuge. 20 minutes… sait-on jamais ! Lorsque l’on émerge, une vraie éclaircie apparaît en face de nous dans la vallée et sur la mer, chic ! Malheureusement, derrière le chalet ce n’est pas le cas. Et c’est par là que se trouve le lac. Allez, au pire c’est 20 minutes aller, cela serait dommage de ne pas tenter notre chance.

Le prisé et mystérieux Taranaki

Je cherche mon baton de marche qui a disparu. Zut, quelqu’un a dû le prendre… tant pis ! En commençant le sentier qui mène au second plateau, un vent décapant sévit. Une fois sur le plateau, devant nous, drapé d’une écharpe de nuage mais visible tout de même, se dresse majestueux, le mont Taranaki. Quelle chance !

Partie de cache-cache

Le pic est encore bien sous la neige, mais moins que du côté opposé lors de notre précédente randonnée. Les nuages se mouvent beaucoup et avec eux, plein de formes se créent… tantôt sous un lèger voile, tantôt totalement invisible, le volcan joue à cache-cache avec mon appareil photo et se laisse saisir, parfois.

Les éléments

Nous empruntons le petit sentier le long de la crête, dans une végétation marécageuses : une terre spongieuse, des herbes hautes, jaunes, oranges et vertes, des épineux de-ci-et-là… et le long des cours d’eau, des nappes multicolores comme si de l’huile se répandait partout.


Le vent ne nous a pas oublié et souffle encore très très fort. Je suis obligée de mettre ma super veste en Goretex pour ne pas être frigorifiée malgré l’effort qui me tient plutôt au chaud.

La récompense

Au petit lac Pouakai, la brise (plus douce car protégée des buissons) crée de petits vaguelettes sur l’eau. Mais la vue reste à couper le souffle et nous restons là un moment, heureux d’être arrivés jusqu’ici, d’avoir grimpé ces marches de bois, bravé le vent, usé de patience… pour admirer la beauté de la nature.

Le retour

Je retrouve mon baton ! finalement, “l’emprunteur” n’en voulait plus certainement, et après quelques photos pour se souvenir de cet endroit magnifique, nous redescendons rapidement la montagne pour arriver au van… enfin rapidement… il nous faudra tout de même deux bonnes heures, les marches à répétition étant assez mauvaises pour les genoux alors nous faisons attention pour les préserver.

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