De Ayuttahyah à Nang Khai

Mes premiers pas en solo

Chacun sa route, chacun son chemin

C’est le grand jour ! Nico part à la frontière Cambodgienne, moi Laotienne. Après avoir voyagé un an ensemble en itinérance, dont 8 mois dans un van et 4 mois en Asie, l’idée de chacun nous retrouver seul est un peu étrange.
Il part pour une mission, j’en profite pour découvrir le Laos. Le lonely est déjà dans mon sac et nous prévoyons de nous retrouver d’ici 3 semaines au centre du Laos, à Takek.

Après avoir vérifié nos sacs, fait l’inventaire de nos trousses à pharmacie respectives, réparti les médicaments, téléchargé les guides de voyage, fermé les sacs et déjeuné… nous sommes prêts ! Il nous suffit de traverser à nouveau la rivière à l’aide des petits bateaux de bois et marcher 5 minutes pour arriver à la gare.

Comme dans les films

Le train en direction de Bangkok part à 9h, le mien à 9h40. Un gros câlin sur le quai de la gare, comme dans les films, et Nico traverse la voie ferrée. En quelques secondes il grimpe dedans, agitant sa main depuis le compartiment pour me dire au revoir, jusqu’à ce qu’il disparaisse avec le bruit des rails qui grincent.

Bye bye snif snif

Le goût du voyage

A 9h45, mon train entre en gare. Je monte dans un wagon réservé à la 3ème classe et avance doucement en enjambant les sacs et cartons qui traînent sur le chemin.
Je retire mes chaussures, monte sur la banquette pour coincer mon grand sac à dos au-dessus de ma tête sur le rail de rangement. Je prends place sur mon siège et pousse un petit soupir, mi-amusée mi-déçue : le trajet risque d’être long !

Roots…oups!

Nous avions déjà pris le train 3ème classe avec ventilateur, mais ceux-ci avaient des sièges raisonnablement confortable. Ici, ils sont droits comme des piquets avec très peu d’espace pour les jambes. Une banquette pour deux peut accueillir en réalité une personne et demi. Les fenêtres sont grandes ouvertes mais l’air ne va que dans une direction : celle du siège qui est dans le sens de la marche (pas de bol, je suis en sens inverse). Quant au confort de l’assise… mon fessier risque de s’en rappeler. Aie Aie Aie.

Ne nous laissons pas décourager pour si peu (enfin, 9h de trajets quand même) et occupons-nous comme possible. Je reprends alors la lecture de mon livre du moment, en changeant régulièrement de fesse pour m’asseoir sur le bout de la banquette.

Y’a d’la joie

Le couple en face de moi semble avoir déménagé une quincaillerie de Bangkok. Ils ont des sacs partout, des cartons sous les sièges, des piscines en plastique encore dans leurs emballages, des sacs poubelles remplis d’objets divers qui débordent du bastingage. Je trouve une petite place pour mes pieds, sur l’un de leur carton et une heure passe, sans que je m’en rende vraiment compte.

L’innocence et le jeu

Un petit garçon qui ne doit pas avoir plus de 3 ans saute de siège en siège (sur les genoux des grands mères) surprises, mais amusées. Puis, il se saisit d’un petit train en plastique et le fait rouler dans l’allée, passant sous les jambes que les passagers lèvent lorsqu’il approche.

Une très vieille dame sur la banquette de droite entame la discussion avec tous les voisins qu’elle trouve. Ses mains pleines de bagues sont aussi pleines de rides, comme son visage. Lorsque le contrôleur passe pour poinçonner les tickets, il joue des castagnettes avec sa trouyotteuse pour s’annoncer. La grand mère aux milles bagues arbore un immense sourire qui tire les plis de sa peau, et rajeuni ses yeux, lorsqu’elle tend son billet.

Un peu d’air

Une dame dort sur la banquette, une femme porte un gros pull en laine (comment fait-elle?), les voyageurs se baladent pieds nus, les enfants rient et les paysages défilent. C’est aussi pour cela que j’aime voyager doucement, prendre mon temps, privilégier les classes populaires au confort des classes aseptisées pour les touristes occidentaux : il y a de la vie, partout, tout le temps, et prendre le train, c’est une étape de voyage aussi riche qu’une visite culturelle.

Mieux qu’au cinéma

Petit à petit, le paysage change. Le train passe au dessus d’un lac immense où les gens se baignent, des pêcheurs lancent des filets à la main et de petits bateaux de bois se baladent à un rythme tranquille. Au loin, de grandes étendues vertes ou de terre ocre. D’après maps.me, je traverse la province de Lopburi. Tiens, une idée pour une prochaine excursion en Thaïlande !

Grand lac

Une horde de héron s’envole lorsque le chemin de fer vrombit, dessinant des ombres blanches dans un ciel bleu traversé de lumière. Les paysages de rizières autour rendent le spectacle plus magique encore.

le trajet réserve encore quelques surprises

Après 4h d’un long trajet et d’une chaleur étouffante, le train s’arrête beaucoup plus régulièrement, toutes les 10 minutes. Chaque gare semble différente avec ses maisons colorées, ses toitures aux ornements dorés.

Gare

Tantôt toutes petites avec un simple panneau annonçant la ville, tantôt plutôt grande avec des guichets et plusieurs quais; une seule chose ne change pas, les vendeuses de repas. A chaque étape, des dames se promènent sur les voies, un seau à la main dont elles sortent des sachets de nourriture en tout genre. En passant leur main par la fenêtre, elles incitent les passagers à leur acheter quelque chose.
Mes voisins saisissent des brochettes, d’autres des sachets de fruits, d’autres encore des filaments colorés dont la provenance est un mystère.

Il reste 2h30 de route lorsque mon wagon frôle un buffalo, avec ses grandes cornes. De sa queue, il envoie de l’eau presque à travers la fenêtre. Le temps de saisir mon appareil pour immortaliser l’instant et le train continue sa course.

Buffalos

En face de moi, un petit garçon me fait des grimaces. Il porte des habits trop grands pour lui et de petits bracelets de pierre. Je réponds à sa mimique par une autre. Il éclate d’un rire clair, innocent, qui contamine l’assemblée de voyageurs encore présent dans le train.

Presque arrivés

Une heure et demi avant l’arrivée, les wagons se désertent. Je saisi mon sac et rejoins le wagon première classe, au frais et sur un vrai siège pour savourer un peu ce que l’on appelle le confort. Après ce beau, mais fatiguant trajet, je l’apprécie encore plus, ce confort!

Nong Khai, le train s’arrête. Je descends avec précaution la haute marche du train jusqu’au quai, et en quelques minutes trouve un TukTuk qui accepte de m’emmener à ma chambre d’hôte pour un prix justement négocié (celui de mon guide).

A la frontière Lao-Thai, un climat serein

C’est avec un immense plaisir que je découvre le jardin, occupé par de nombreux hamacs en bambou et balançoires qui swinguent un peu au gré de la brise du soir. Encore avec mon sac sur le dos, j’assiste avec émerveillement au coucher du soleil sur le Mékong. En face, le Laos. Il m’attend !

Couché du soleil sur le Mékong

Avant de dormir ce soir, je passe faire un tour au marché de nuit. L’ambiance y est très agréable, les locaux achètent plein de petites choses aux commerçants et vont les partager sur le quai. Il y a de la musique qui sort des hauts parleurs, les gens ont l’air heureux et l’ambiance est paisible. Je m’achète une salade (profitons d’être seule pour manger un peu moins!) et je vais la déguster dans le jardin, face au Mékong.
Et si j’en profitais pour essayer la méditation Petit Bambou du programme “Manger en conscience” ?. L’endroit est parfait, alors je me laisse porter par la voix pour une expérience méditative de 10 minutes. Un petit moment rien qu’à moi qui met l’accent sur “profiter de l’instant présent”.

Si mon visa ne s’arrêtait pas demain, je resterai bien quelques jours encore ici, une autre idée pour un prochain voyage! Pour le moment, il est temps d’aller lire sous la moustiquaire avant que Morphée m’emporte. Il me faudrait de l’énergie pour passer la frontière demain !

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3 réflexions sur “De Ayuttahyah à Nang Khai

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