Vivre une semaine en famille à Hsinchu

Samedi 1er avril  – Jour 1

Il est temps de dire au revoir à Agnès et j’avoue que cela me rend un peu triste. Dur le réveil, on chope le bus, puis on prend le même train puisqu’elle rentre dans sa famille (c’est la fête des morts à Taiwain). Une demi heure plus tard, le HSR (TGV) me dépose à la gare de Hsinchu.

Éric m’accueille avec un café. En dix minutes de voitures nous voilà dans le hall de son immeuble : un grand bâtiment comme les hôtels particuliers des films américains.

hall d'entrée hscinchu

Alice arrive pour me serrer la main, le bébé en bandoulière. Deux heures passent déjà…on parle éducation. En effet, l’appartement a quelque chose d’un paradis pour enfants: balançoires dans le couloir, jeux partout, une salle de jeux…

spécialités culinaire 2

Pour manger, Éric m’emmène à deux blocs, dans un restaurant…je crois qu’il commande toute la carte pour que j’essaie de tout. L’accueil Taiwanais encore et toujours ! Après le repas, on prend la voiture. Environ deux heures de route pour aller en montagne : un week-end camping en famille. 

 

Camping  familial à la Taiwanaise

C’est exactement le genre d’expériences que je recherche ici ! Vivre avec et comme l’habitant! Le décalage entre mon début de journée et sa fin est saisissant. Imaginez, vous commencez la journée dans la capitale avec une amie de votre âge…et la terminez dans un camping perdu des montagnes… J’adore la temporalité de voyage où une journée devient une semaine de vie et où chaque heure s’apparente à une épopée.

Les amis d’Éric et Alice sont chinois, coréens, Taiwanais…moi qui m’habitue un peu à entendre parler chinois, me voilà noyée dans un flot de langues toutes aussi secrètes pour moi les unes que les autres. Tout le monde essaie de se faire comprendre, en faisant de grands gestes…puis…je crois qu’ils s’habituent à ma présence car il me parlent dans leur langue en semblant oublier que je ne la parle pas. Le petit truc magique, c’est que cela fonctionne. Je les aide à cuisiner. On coupe les champignons, hop une petite brochette sur le grill, des petites sauces…

 

Dimanche 2 avril  – Jour 2

On vit ici au rythme des enfants. Pour le camping ne vous imaginez pas un espace sauvage avec une tente au coin d’un ruisseau. C’est plutôt un grand gazon avec des bâtiments sanitaires, des tentes alignées…un camping familiale. On passe globalement notre temps à préparer à manger…ou manger.

Ce dimanche, nous allons dans un parc conçu pour les enfants, des aires de jeux partout. C’est amusant de voir que les enfants de Taiwan ont les mêmes jeux que mes ptits monstres de colos!

En fin de journée, nous retournons au camping et nous mettons au fourneaux .

On sort les grills, les crevettes, les brochettes, les nouilles, les champignons… Visiblement, les adultes n’ont pas été suffisamment efficaces et rapides, alors les petites se sont chargées de la cuisson !

 

Lundi 3 avril  – Jour 3

Sur la route du retour, nous nous sommes arrêtés sur le chemin pour admirer le plus grand barrage de Taïwan construit par les japonais pendant l’occupation pour irriguer les villages alentours. Alice m’explique ce qu’elle sait du barrage, tout en gigotant pour que le bébé qu’elle porte ne pleure pas trop. Après le tour du site de point de vue, elle s’éclipse un moment et revient avec une glace qu’elle me tend avec un grand sourire. Elle tenait à me faire découvrir ce dont tous les enfants du pays : la glace qui pop. En effet, ce qui est chouette, ce n’est absolument pas son goût, plutôt chimique et trop sucré, mais la façon de l’ouvrir et le petit “pop” qui résonne quelques instants dans vos oreilles. Sacrés marketeurs !


Entre découverte culinaire et du patrimoine

Mardi 4 avril  – Jour 4

Aujourd’hui Eric pose un congés pour s’occuper des enfants car Alice est un peu malade.

spécialité culinaire beef noodlePour lui laisser un peu de repos, nous allons déjeuner dans le meilleur restaurant de beef soup de Hsinchu. Honnêtement, il mérite sa réputation et j’apprécie particulièrement les visites culinaires avec Eric comme guide ! C’est un gourmet, et là dessus on s’entend très bien !

 

Pendant notre dégustation, il me parle de sa conception de l’éducation et des difficultés que cela engendre parfois, dans une société, bien que tolérante sur certains points, assez conservatrices sur d’autres; lui qui a des idées un peu “nouvelles” pour le pays.

village japonais hsinchu 9C’est l’estomac bien tendu et les papilles satisfaites, que nous sortons du restaurant direction le l’ancien village japonais de la ville. Quelques ruines et un temple encore en bonne état qui témoigne d’une occupation qui a laissé sa marque.

mercredi 5 avril  – Jour 5

Alice est toujours patraque et n’a rien mangé depuis hier. Au bout de dix minutes, je vois débarquer la voisine avec son fils. Et oui! Elle a entendu qu’Alice était souffrante, donc, pour lui laisser le temps de se reposer, elle est venue d’elle même se proposer pour garder les enfants. Le salon devient donc une garderie et moi, je suis touchée par cette solidarité sympathique.
J’ai besoin de partir faire une course (un adaptateur)…me voilà dans le shop à scanner toutes les étiquettes des plugs pour utiliser google traduction…je pense que j’ai mis 35 minutes pour être sûre d’avoir trouvé mon bonheur! Tout devient compliqué quand c’est en chinois.

 
DÉCOUVERTE culturelle

Jeudi 6 avril  – Jour 6

Alice, les enfants et moi partons pour le groupe d’éducation. C’est une réunion bi hebdomadaire de parents de Hsinchu qui s’entraident sur les questions de parentalité. Les enfants jouent au parc ensemble pendant que les parents discutent. C’est un concept assez chouette et j’ai beaucoup apprécié de partager ce moment avec eux.

En fin d’après midi nous allons visiter un petit village japonais et Alice m’explique les b.a.ba du temple : rentrer par la porte de droites, prendre des bruns d’encens et passer devant chacun des autels (chacun sa mission : famille, examens…) puis déposer l’encens dans un grand bol de cendres et repartir par la porte de gauche. Alice n’est pas particulièrement croyante mais elle fait cela par tradition de temps en temps.

 

Vendredi 7 avril  – Jour 7

Un petit coup de blues me prend ce matin. Il pleut. Il fait gris et je pars de chez Éric et Alice pour de nouvelles aventures.
Dernier petit déjeuner ensemble, je dis au revoir à Alice qui me prend dans ses bras, me dis de voyager en sécurité et que si j’ai le moindre soucis, je peux l’appeler. J’en ai les larmes aux yeux, tant de tendresse et de gentillesse.
Éric m’emmène jusqu’à la station de train. Au guichet, il commande mon billet et attend que j’ai passé le portique pour me faire un coucou de la main. C’est moins démonstratif que sa femme, mais cela n’en est pas moins touchant!

Je suis sur le quai d’une station bien locale…tout est écrit en chinois.

Assise dans le train 2356, je cale mon sac de voyage que les passagers regardent avec amusement en me faisant des sourires polis. Je sens que le voyage reprend.
Un petit garçon me scrute avec de grands yeux, la plupart des gens dorment et lorsque le train s’arrête, on entend la pluie déferler sur la tôle des toits du quai. On the road again…

spécialités culinaire 2

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Creative Commons CC BY-SA 4.0, auteure Emilie BUAILLON

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